Podcast : Vincent Vu Van Kha, patineur freestyle

L'équipe de rollerenligne.com revient sur la carrière de Vincent Vu Van Kha. Retraçons ensemble son parcours de sportif et son engagement institutionnel ces 25 dernières années. En effet, Vincent fut l'un des pionniers du slalom freestyle en France.

Par alfathor

Podcast : Vincent Vu Van Kha, patineur freestyle
Podcast Vincent Vu Van Kha

Vincent Vu Van Kha, champion et patineur engagé

L’équipe de rollerenligne.com revient sur la carrière de Vincent Vu Van Kha. Retraçons ensemble son parcours de sportif et son engagement institutionnel ces 25 dernières années. En effet, Vincent fut l’un des pionniers du slalom freestyle en France. Il fut également l’un des membres fondateurs de la CNRA, mais aussi parmi ceux à l’origine de l’IFSA. Son image est difficilement dissociable des premiers Twister Orange.

Podcast : Vincent Vu Van Kha – télécharger le fichier mp3 (63 Mo – 1h16min43sec.)

Bonjour Vincent Vu Van Kha et merci de te prêter au jeu de l’interview…

Salut Alex, salut Walid.

Walid : Encore une fois une interview un peu particulière parce que Vincent et moi c’est un petit tic et tac ! On a roulé pendant des années ensemble. On a fait plein de conneries, plein de jeux aux Invalides. Et on a été plein de fois sur les compétitions. Donc c’est un peu une interview souvenir. Je pense qu’il y aura quand même des anecdotes. Cela risque d’être tout à fait sympathique ! En tout cas c’est un grand plaisir de retrouver Vincent. Il faut dire que c’est un épisode qu’on voulait faire depuis très longtemps. Mais cela a été un peu compliqué à organiser parce que Vinz habite à La Réunion.

Et c’est très bien que l’on fasse cette interview maintenant. En effet, elle fait le pont avec l’interview de Christian Debackère. Christian nous a permis de nous rafraîchir un peu les idées, notamment sur ton rôle de négociateur féroce au niveau comptable au sein de la CNRA.

Vincent Vu Van Kha au championnat de France à Marseille en 2004
Vincent Vu Van Kha au championnat de France à Marseille en 2004 – photo : Christian Debackère

Mais bon, ce n’est pas par cette partie là qu’on va commencer, on va commencer par la question traditionnelle. Tout d’abord, est-ce que tu peux te présenter Vincent Vu Van Kha pour ceux qui ne te connaîtraient pas?

Bonjour, je suis Vincent Vu Van Kha. J’ai commencé le roller dans les années 90. J’ai 46 ans et j’ai eu un parcours de sportif et d’élu à la fédération, ainsi que dans la politique du sport. Enfin, j’ai aussi un parcours d’entraîneur, mais surtout de passionné du roller.

Parlons de ton parcours sportif. Comment tu as démarré le roller ?

J’ai commencé le roller, j’avais des quads quand j’étais petit, que j’avais mis sur mes chaussures. Des petits quads réglables. Un jour, j’habitais en province et sont arrivés les rollers en ligne en magasin en 1996. J’ai décidé d’en acheter une paire. Après c’était super. J’ai branché un copain. On était à Poitiers à cette époque-là. On a commencé un tout premier club aussi. D’ailleurs, ça s’appelait le Total Glisse Team à l’époque. C’était avec un mec qui s’appelait Rahan (Sylvain Venthenat) qui faisait du saut. Il faisait des démos dans un resto qui s’appelait « Le Resto qui Twiste le Roller ». Et aussi avec un gars qui était aussi champion de France en BMX et un autre gars en skateboard. Voilà on a commencé comme ça.

A quel moment as-tu débuté en compétition ?

Après sont arrivées les compétitions régionales, donc merci aussi à la Ligue Poitou-Charente, Aurélie Guérin, Malika, il y avait plein de noms mais j’oublie. Et donc première compétition, slalom, saut en hauteur, et voilà c’était super. C’est comme ça que je m’y suis mis. Je crois que ce championnat était en 1997.

Donc tu commences directement par toutes ces disciplines que tu viens de citer, du slalom, du saut ?

Exactement, on faisait un peu tout. Au début, oui, slalom et saut, les deux ! Après je pars sur Bordeaux. A Bordeaux je croise l’été un team qui faisait des démonstrations sur la plage, qui s’appelait Sport Aventure, avec Thierry Cadet. Je le croise un soir sur la plage et il me dit :  » Quand tu arrives sur Bordeaux, viens à la démo, je t’intègre dans le team. « 

Et ça s’est fait comme ça, avec les frères Hansler, Alex et Guillaume. Et puis d’autres aussi. Avec le Team Sport Aventure, on a commencé à faire la tournée des plages pour faire des démos, initiations rollers. Et là-dedans, on faisait des sauts en funbox. On avait une vieille funbox de Rollerblade 96. Et puis moi, j’étais aussi sur la partie slalom. Voilà.

Deux choses. La première, c’est que je ne savais pas que Sylvain Venthenat avait été sur Poitiers. Salut Sylvain si tu nous écoutes. Et puis la deuxième chose, c’est que tu n’as pas fait trop de quads au départ. Tu es passé directement sur le roller en ligne ?

Oui c’est ça. En fait j’ai eu des quads en tant qu’enfant. Mon père avait des quads tout moulés qui faisaient du 39. Moi je fais du 43. Passé 13 ans, je ne pouvais plus rentrer dedans. Et donc j’ai acheté directement les patins en ligne.

C’était quel patin au départ Vincent Vu Van Kha ?

Rollerblade, c’était Spirit Blade.

Donc au départ Poitiers, tu commences à faire les premières compétitions, tu arrives à Bordeaux. Bordeaux, on en a déjà parlé avec Luc Bourdin et Kami. C’est quand même une ambiance assez particulière. Avec qui tu roules, où tu roules à Bordeaux et est-ce que ça a été une période qui était importante pour toi ?

Vincent Vu Van Kha : Ah oui, c’était premier sponsor donc on me donne mes premiers patins, un t-shirt, tu fais la démonstration. Il y a des gens qui t’applaudissent, tu partages un super truc, c’était sympa. À l’époque le team était très branché agressif, donc ils n’étaient pas encore très forts en slalom. Donc je suis rentré et j’ai commencé aussi comme ça. Luc n’était pas encore arrivé à Bordeaux. Et donc sur Bordeaux il y avait le spot de Pey-Berland mais aussi les quais. Il y avait encore les hangars.

Après, on a eu une première rampe qui a tout pourri d’ailleurs. Et puis, on avait une première dalle en béton. C’était une bonne ambiance.

Vincent Vu Van Kha - dédicace
Vincent Vu Van Kha – dédicace

Saint-Projet aussi, non ?

Oui, il y avait Saint-Projet aussi, oui. Et aussi le quartier d’affaires de Mériadeck. Puis j’ai fait une école de commerce. Et dans l’école de commerce on avait aussi une association de sport. Ainsi, là-dedans on faisait aussi du roller.

Avec quels patineurs tu faisais du roller Vincent Vu Van Kha ? Parce qu’il y avait quand même une sacrée équipe à l’époque à Bordeaux…

Le temps est passé, j’ai encore les visages. Cela a un peu bougé, mais c’est des anciens. Je n’ai plus tous les prénoms. J’ai aussi bossé à Bordeaux en roller avec cette équipe-là. J’ai bossé en tant que job étudiant à Auchan en roller. Je me souviens quand je leur avais fait acheter ma paire de quads chez Hawaii Surf d’ailleurs. Merci Auchan !

Après à Bordeaux, l’équipe est un petit peu montée, il y avait un peu de slalomeurs. Mais finalement il n’y avait pas tant de niveau que ça. Il y avait un peu de niveau en sèche (hauteur pure). Et donc après je suis monté sur mon premier championnat de France, c’était à Cabourg en 1998. Donc là on est monté avec un copain de Poitiers. On retrouve Sylvain Venthenat d’ailleurs.

Et puis on retrouve d’autres patineurs comme Roy Collet, côté slalom.

Donc Roy Collet dont on parle régulièrement dans les épisodes…

Vincent Vu Van Kha : Bien sûr Rachid Menchar, Stéphan Zuber, Pierre Jouvion, Pierre Bensi. Enfin toute la fine équipe du championnat de France de roller acrobatique. Et puis aussi les équipes : Les Sauterelles, ceux de la Rochelle qui n’étaient qu’encore pas tous seniors à cette époque-là. Il y avait encore des cadets et des juniors chez Franck Volpéï, Pierre Célat, Malika, Aurélie, tout ça. Et donc, Cabourg, grosse ambiance. Il y avait le water jump aussi. Moi, j’ai fait aussi le water jump. Je me souviens. D’ailleurs, il y en a qui s’est ouvert la tête dans le fond de la piscine en faisant un énorme backflip. Et je me demande si ce n’était pas toi, Sylvain. Tu me diras !

[Alexandre Chartier] Walid et Vincent Vu Van Kha, quand vous êtes-vous rencontrés ?

Walid : Alors, je ne sais plus à quelle date on s’est rencontrés, mais je me rappelle encore, j’étais aux Invalides, qui était notre spot. J’étais donc assis là sur le muret, je faisais mon parisien bien relou. Donc on voyait des gens arriver. Et là débarque un mec (Vincent Vu Van Kha), tout en orange et qui commence à faire des trucs avec des cafetières, etc. On le regardait un peu bizarre, genre :  » C’est qui ce mec ?  » Et donc c’était Vince. Et je pense qu’on ne s’est pas parlé tout de suite parce que la fierté et l’ego parisien l’ont voulu ainsi…

Vincent Vu Van Kha aux Invalides
Vincent Vu Van Kha aux Invalides

Mais c’est la première fois qu’on s’est rencontré. Je ne sais plus quand est-ce que c’était. Peut-être pour une démo ou peut-être pour une petite compète qu’avait organisée Sébastien Laffargue. Enfin je ne sais plus ce que c’était. Oui c’est ça, ça devait être en 1999. Alors dans ces années-là, juste avant il y avait une compétition, ça devait être à l’île de Ré. En 1999 on avait emmené la funbox dans l’océan.

Quelles personnes as-tu fréquenté à ce moment-là ?

Et puis je rencontre l’équipe Tecnica, donc Sébastien Laffargue, Marie Roudier, Grégoire Pinto. A ce moment là j’ai fini mon école à Bordeaux. Je pars donc un peu sur Paris. Puis, ils me disent qu’ils font un truc aux Invalides et que si je passe dans le coin, je peux faire une compétition avec eux. Et en fait j’arrive là, il y avait beaucoup de monde. Je suis repassé ce week-end, il y avait beaucoup moins de monde. Mais à ce moment-là, il y avait beaucoup de monde sur tous les murets, dans tous les salles. Il y avait aussi… Jérôme Spanu.

Et oui, donc Jérôme était fort en cafetière en quad. Moi j’arrive effectivement avec faire la cafetière en ligne.

Avec les patins orange ?

Oui, effectivement, les premiers Twister orange et bleus. De là, je quitte le team Sport Aventure et je rejoins l’équipe Tecnica, grâce à Sébastien.

Je reviens sur un point quand même : sur Bordeaux, de mémoire, tu as quand même roulé avec Skali, avec Maxime Galichet… Avec Kami aussi puisqu’il y avait des vidéos de toi Comment c’était l’ambiance à cette époque-là ?

On était tous étudiants, donc libres aussi d’être tard le soir, la nuit sur les quais. Et oui c’était quand même bien sympa. Puis on était dans les années 1998-1999-2000 c’était l’essor du patin en ligne. Donc une grosse activité qui monte avec beaucoup de médias, beaucoup de compétitions, beaucoup d’événements. Enfin, c’était très sympa. À cette époque-là, par exemple, je montais la section acrobatique avec le SPUC, Sport Pessac Union Club, donc à Pessac. Merci à Delphine Martinez qui m’avait accueilli là, avec le club d’artistique ! J’avais un tremplin.

Pour la petite anecdote, on avait mis des roulettes de caddie au tremplin. Parce que moi j’habitais à Talence, à la porte de la barrière Saint-Genès. On traversait comme ça Bordeaux jusqu’à l’autre bout avec les rollers et le tremplin sur ses roulettes de caddie. Nous allions le poser sur les quais. C’est sûr que les cones de slalom, c’est plus facile à transporter !

C’était aussi le début d’Internet en fait. A l’époque c’était un peu les prémices des premiers sites, du premier réseau etc. Alors à l’ancienne, effectivement avant on avait les cassettes VHS et puis est arrivé tout ce premier réseau, grâce à toi Walid notamment. Il y avait MAP, FreeRideBX, Universkate. Et donc tout ça permettait de partager des vidéos plus simplement qu’en se passant des VHS de complète en complète.

Ça a permis aussi beaucoup de se rapprocher. Ça a réduit beaucoup les distances.Grâce à Internet, on appartenait à la même communauté. J’ai passé un certain nombre d’heures ou d’années sur le forum FARF.

Championnat de France 2004
Championnat de France 2004

Pour ceux qui ne connaissent pas, il n’y a que les anciens qui peuvent connaître encore maintenant, FARF était le forum du réseau hybride. En fait tout le monde était dessus. N’importe venait et posait une question. Il y avait Vinz, Seb, moi (Walid), Kami qui répondaient en fait. C’était un endroit assez magique finalement. Alors ça trollait beaucoup, c’était quand même…

Vincent Vu Van Kha : Parfois c’était quand même un peu dur si tu étais un nouveau venu. Mais ça avait l’avantage, un peu d’être comme si tu étais sur Facebook dans un groupe où il y a tout le monde. Donc voilà, c’était comme ça à l’époque. Sauf qu’il y en avait qu’un forum. Il n’y avait pas 36 groupes Facebook ou Whatsapp, tout le monde était au même endroit. Il y avait différentes discussions : ceux qui parlaient des compétitions, ceux qui parlaient des résultats, ceux qui parlaient des tricks, ceux qui parlaient du matos.

C’était une époque un peu magique, ça a resserré toute la communauté. Est-ce que tu sais, pourquoi ça s’appelle FARF ?

Non, je ne sais plus.

FARF, c’est une figure de street. Farfarnungen. Je me demande s’il n’y avait pas un acronyme aussi. Et je crois qu’il est toujours là donc grâce à Mathias. Merci Mathias.

Revenons maintenant sur ce que tu disais de cette période où tu commences à te faire sponsoriser par Tecnica, rentrer dans le team… Qu’est ce que ça veut dire de se faire sponsoriser par Tecnica ?

La différence par rapport à Sport Aventure, c’est que Tecnica est un team de slalomeurs. Il y a Sébastien Laffargue qui roule bien. Jérôme Spanu qui roule bien. Mais aussi Greg, Marie… Après on a eu d’autres, Mathieu Prudent, Séverine Thomas, Thomas. En plus le team monte. Donc je crois qu’à ce moment-là, je fais rentrer Maxime Galichet aussi. On commence aussi à avoir des contacts à l’international. Ainsi, en 2000, je vais à Lausanne. Donc Lausanne, c’était sur la deuxième partie slalom. On avait des contests avec les Suisses, bien sûr, les Italiens, quelques Hollandais et puis les Français. Après, on a eu les Russes, puis les Espagnols, tout ça. À ce moment-là, on avait des règles différentes.

C’était sympa, mais ce n’était pas super bien organisé. Donc, au premier contest à Lausanne, je fais deuxième, je crois, je sais plus. Mais je me souviens qu’on était hommes et femmes ensemble. Et c’était cette fameuse italienne Elena, qui fait le podium aussi. C’était un bon moment et donc le début de l’international. Après, bien sûr, je continue le Championnat de France tout du long, de 1998 jusqu’à je ne sais pas quand. Je crois que le dernier Championnat de France auquel j’ai participé, c’est 2019, avant la Covid19. Et puis côté Lausanne, cette compétition très intéressante, très internationale, centrale pour l’Europe. Je vais jusqu’à la fin, jusqu’à ce qu’ils ferment et qu’ils arrêtent.

D’autres choses à dire sur Lausanne ?

Alors cette compétition non seulement elle est très importante mais elle est vraiment fédératrice puisqu’elle est le moyen pour de voyager. Sébastien voyageait déjà beaucoup parce qu’il avait la possibilité de le faire. Mais pour nous c’était un peu le rendez-vous international qui nous permettait de rencontrer tous les gens. Ce n’était pas forcément hyper facile à l’époque sur internet de voir aussi ce que tous les autres faisaient. Moi je sais qu’on filmait beaucoup pour RollerFR pour mettre les vidéos sur internet pour faire connaître les gens.

Vincent Vu Van Kha, qu’est ce que ça t’apporte ces rencontres avec toutes ces autres cultures du roller et tous ces autres gens qui font finalement du slalom mais avec leur propre style ?

D’abord une rencontre. Voilà moi j’ai l’esprit ouvert. J’aime bien rencontrer les gens. Donc d’abord une rencontre des cultures différentes bien sûr, des tricks différents aussi. Donc des façons de faire les tricks qui sont différentes. On avait nos règles et donc avaient d’autres règles. Ils ont inventé d’autres tricks.

On en parlera dans une deuxième partie mais Christian me dit un jour à Lausanne :  » Tu sais, il va falloir monter, il va falloir unifier tout ça. Il faut que quelqu’un s’en occupe. Et il n’y a pas 36 choix, il faut que tu y ailles ! Il faut que tu le fasses ! «  C’est parti un peu comme ça.

Donc Lausanne s’était monté d’abord par Starway, donc merci à eux.

J’ai les résultats de 2000 sous les yeux. Le vainqueur c’était un garçon en quad qui s’appelait Alessandro Aloïse. Et toi tu étais deuxième ex-aequo avec Elena Minelli, Vincent Vu Van Kha…

T’as meilleure mémoire que moi !

J’ai surtout une base de données !

Et donc Starway on sent bien qu’ils ont besoin d’un relais. Au départ, ils ne sont pas experts du patinage. Donc au bout d’un moment, il y a des nouvelles figures et ils font de leur mieux… Mais on sent qu’ils ont besoin d’un coup d’aide et je me souviens d’une célèbre vidéo de notre ami alf33 qui a fait un peu la parodie de la discipline. La discipline a commencé à avancer et il y en a eu besoin que finalement les patineurs contribuent.

Donc là il y a les premiers Lausanne au début des années 2000. En parallèle il y a d’autres compétitions, je pense qu’on en a fait ensemble, on a dû aller en Italie, à Monza. Il y avait pas mal d’autres compétitions. Comment tu vis ces compétitions ? Quel impacte cela peut avoir sur ta façon de patiner et de voir le jugement, le business du roller, etc. ?

Pour moi, c’est difficile de répondre en tant que patineur pur. J’ai participé à toute cette époque avec plusieurs casquettes. A Bordeaux c’était en tant que ligue, puis en tant que CNRA / fédération, puis en tant qu’IFSA. Donc j’ai essayé de regrouper ces différentes compétitions. Il y a une partie discussion politique avec les organisateurs, avec les parties prenantes, avec les autres patineurs : vous attendez quoi ? Vous voulez faire quoi ? Et puis bien sûr, il y a une partie purement sportive. Donc pouvoir faire les figures. Mais à chaque fois j’ai participé avec ce double regard. Donc effectivement, Monza, en Italie, à côté de Milan, sur ce circuit-là, montre à une compétition traditionnelle qui existe encore aujourd’hui. Donc eux, ils avaient d’autres distances.

À l’époque, on avait le grand slalom notamment. Je ne me demande pas si on n’avait pas du 1,50 m. et du 1 m. On est passé en 1m20 et 80cm. Les Italiens eux avaient du 80cm et du 50cm. Et donc c’est là qu’on a fait la fusion des deux. Et c’est comme ça qu’on est arrivé à avoir trois lignes. Finalement on a fait des questionnaires en disant : Vous seriez prêt à faire quoi ? Vous seriez d’accord avec quoi ? Ou encore vous seriez contre quoi ? Et en demandant à chacune des parties prenantes, on a réussi à avoir un début de règlement commun. Alors le tout début de règlement commun c’était déjà avoir les mêmes lignes.

Vincent Vu Van Kha en karaté
Vincent Vu Van Kha en karaté

C’est donc ainsi qu’est né le paremière trame de réglement…

Est-ce qu’on est d’accord qu’on veut 20 plots ? Est-ce qu’on est d’accord qu’on veut 2 lignes, 3 lignes ? Et les parties prenantes étaient à l’époque l’Italie, parce qu’ils avaient Monza, la Suisse, parce qu’ils avaient Lausanne, la France, parce qu’il y avait le championnat de France, la Hollande et ensuite l’Espagne. Donc voilà, on a réussi à monter avec ça. Est-ce qu’on voulait mettre une note de technique ? Une note d’artistique ? Combien on voulait de catégories ? Est-ce qu’on voulait séparer les hommes et les femmes ? Est-ce qu’on voulait les mettre ensemble ? Sur le style, on était partis sur le principe de séparer les hommes et les femmes parce que ça permet de développer le sport. Mais aussi d’avoir aussi plus de reconnaissance, plus de podium. Cette année-là, je crois que c’était Katia Voronicheva qui gagne. Et alors là, polémique ! On nous reproche d’avoir séparé hommes et femmes parce que c’est une fille qui a gagné.

Je réponds que non et que la décision avait été prise avant. Et d’ailleurs, aujourd’hui, le niveau des hommes et des femme en slalom figure est très proche et très complémentaire. Mais donc on prend cette décision de faire des catégories, de faire des règlements, et ensuite on prend la décision d’essayer de faire monter d’autres pays. Le pays qui monte après c’est la Corée. L’IFSA a monté une étape en 2002. Je crois qu’on y était en 2004. Alors là, la Corée arrive avec l’étape de Séoul à l’Olympic Park ou je sais plus comment ça s’appelle. Ils ont des dalles de 30 cm, et donc ils font du slalom en 60 cm et en 90 cm.

Comment ça se passe Vincent Vu Van Kha ?

On leur dit :  » Vous n’avez pas de chance, on vient de faire les règles, c’est en 50 cm et en 80 cm. » Et donc on les intègre comme ça. On essaye d’unifier les règles en disant que le plus important reste que l’on patine ensemble et que l’on puisse faire un championnat ensemble. Donc on fait ça. Quand on va au tout début en Corée, c’est en tant que sportif avec Sébastien Laffargue, avec Soraya Ghadéri, avec Végéta. Et on fait des démos. On fait un tour de Corée du Sud. Et là on croise des petits dont un certain Kim Sung Jin. Personne ne parlait anglais là-bas et nous ne parlions pas trop coréen non plus.

Il y avait qui d’autre que KSJ ?

Plusieurs patineurs, mais j’ai encore mangé les noms. Et donc après ils grandissent et puis ils deviennent des patineurs internationaux. Mais à cette époque-là, on les rencontre tous et puis on rencontre aussi ces nouvelles marques. La première s’appelait MX, qui fut en partenariat ensuite avec SEBA.

En 2004, le Team Tecnica change parce que Technica rachète Rollerblade. Il est alors dit qu’il n’aura plus de Team Tecnica, il s’appellera Team Rollerblade. Une partie des patineurs partent vivre leur vie pour développer le roller sur d’autres marques, différemment, avec d’autres produits et c’est super. Et donc on rencontre un peu toute la scène asiatique. On se pose alors entre les athlètes. Je suis en train de sauter, un peu une étape, mais entre les athlètes asiatiques qui ne peuvent pas venir en Europe parce que c’est trop cher, et les athlètes européens qui ne peuvent pas aller en Asie parce que c’est trop cher, la question est alors de savoir comment on va réussir à faire un championnat si on n’arrive pas à patiner les uns avec les autres.

Comment cela s’est passé finalement ?

On se posait ce type de questions. En même temps, il y a ceux qui étaient au milieu, les Russes. Ils montent avec des nouvelles figures, des nouvelles capacités d’entraînement, de la rigueur, mais aussi des figures super bien maîtrisées. On pense à notre ami Sergueï Kuznetsov, Donc lui aussi, avec des super figures, des super gainage, super tenue. Puis en même temps, en tant qu’athlète, on continue à inventer des figures. Là où dans les années 1990, on faisait la cafetière, dans les années 2000, la cafetière, elle est faite en arrière, puis après elle est alternée d’un pied sur l’autre, ça s’appelle la kazakchok.

Je me souviens qu’on sort cette figure en même temps avec Sébastien au championnat de France à Marseille.

Patineurs au championnat de France à Marseille en 2004 - photo : Marina
Patineurs au championnat de France à Marseille en 2004 – photo : Marina

C’était quelle année Marseille ?

Je ne sais plus. 2001 ? Non. Peut-être. 2000. Ou c’était Nice 2001, je ne sais plus. Il faudra vérifier dans les archives. 2000 Marseille, peut-être 2001, comme ça. Et donc on sort en même temps cette figure.

Et puis après, il y a encore d’autres figures qui s’inventent. Après la kazakchok, on passe la kazakchok spin. Salut à notre camarade Kalou, excuse-moi, qui, déjà dans les années 2000 faisait tout un slalom en wheeling.

Donc là, au départ, c’est impossible. Puis après, tout le monde s’y met. Puis du wheeling, on passe au retournement wheeling. Et puis voilà. D’autre part, les Coréens sortent les rotations wheeling avec Kim Soon-Jin, qui avait enchaîné deux sevent sur le talon, deux sevent sur les pointes, c’était superbe.

Et donc, toutes ces figures poussent la discipline et on apprend. Ça me rappelle les nombreuses heures qu’on a pu passer aux Invalides à s’entraîner, à essayer de faire des kazakchok ou des figures.

Tu as une anecdote Walid à ce propos ?

Walid : Oui, pour donner une grande différence entre Vinz et moi, une petite anecdote tout à fait sympathique. Un jour, je ne sais plus quelle année c’était, on était tous les deux. Et on faisait un truc qu’on appelait les jeux à la con. Un jour, il y avait un jeu à la con : il fallait faire une cafetière et il fallait se lever pour se mettre que sur la roue avant. Donc lui, il était en ligne et moi j’étais en quad. Au bout d’une heure, moi ça m’avait saoulé, j’avais arrêté.

Et puis un jour, il arrive, il va en compétition et il sort ce truc-là. Donc la différence, c’est que moi ça m’avait saoulé, j’avais arrêté. Mais lui par contre, il s’est entraîné comme un acharné pour arriver à réussir cette figure. Donc voilà, c’est un peu la différence entre lui et moi. Effectivement, je pense qu’à cette époque-là aussi, il y avait énormément d’émulation et donc il y avait beaucoup de créativité pour essayer de faire toutes ces figures.

Il y a aussi pas mal de fusions. On n’en a pas parlé, mais il y a aussi pas mal de fusions avec toute la partie freeskate aussi, donc tous les slides, etc. Donc il y a énormément de motivation un peu partout.

Alors, on était à Paris à ce moment-là. Moi, j’ai des souvenirs de très grosses motivations à cette époque, avant les téléphones portables. Donc tu savais que tu allais sur le spot et tout le monde était là.

Oui, effectivement. Là, ce qui a beaucoup bougé, c’est que j’ai déménagé à Paris.

J’ai choisi d’habiter aux Invalides pour être proche du spot. J’étais à peu près à 2 minutes du spot. En gros, j’arrive le premier, je pars le dernier. J’ai fait ça pendant un certain nombre d’années. Forcément, en passant du temps sur le spot. Pas en étant toujours assis sur le mur et à discuter. Finalement, on s’entraîne, on s’entraîne, on s’entraîne. Et à force, la condition physique arrive, la maîtrise arrive. Et les figures arrivent aussi naturellement et même les inventions de figures arrivent.

Celle que tu décris là c’était cafetière wheeling. Donc cette cafetière wheeling au départ je partais très vite sur le 1m20. Et puis bon, maintenant, ça a beaucoup évolué. On peut la faire au ralenti. Voilà donc la maîtrise a bougé. Mais au début ça paraissait impossible et effectivement c’est sorti.

J’ai une question pour toi Vince. Parce que toi dans tes slaloms, le truc qu’on remarque directement à chaque fois qu’on te voit sur une compète, ce sont tes signatures. Alors les signatures, c’est arrivé quand ? Tes dédicaces ?

Il y en avait déjà. Donc on les avait rentrées un petit peu dans le règlement, parce que ça faisait partie du slalom, des choses qui font une figure et qui finalement rentrent dans le run pour embellir la partie chorégraphique.

Mais c’est arrivé quand ?

Ça s’est aussi arrivé avec toutes les démonstrations. Parce qu’on a pris beaucoup de plaisir à faire des démos. Je l’ai dit avec Sport Aventure. Mais après à Paris, avec Mouss aussi, qui nous a emmené ici et là faire des démos. C’était assez agréable. Et donc quand on a des démos, on a envie de faire le show. On a envie de faire le spectacle. C’est d’abord parce qu’on s’amuse bien, qu’on a envie de rigoler entre copains et puis qu’on a aussi envie de faire le show.

Et les musiques, caractéristiques des goûts musicaux de Vincent aussi ?

La musique c’est arrivé à Lausanne, avant il n’y avait pas de musique.

Et puis au fur et à mesure, à chaque fois on allait voir le DJ et on lui disait :  » Bon quand je passe, tu passeras telle musique, puis tu passeras telle musique. » Et puis à force, c’est vraiment rentré dans le run. Et puis après, on a changé un peu la discipline en disant ça se fait en musique. Tu viens, tu donnes ta musique et tu passes.

[Alexandre] Walid, lève le doigt, il me semble qu’il a une anecdote sur les musiques choisies par Vincent

Walid : Alors sur l’aspect musical, je ne peux pas ne pas raconter une anecdote aussi de l’époque. Je ne sais plus en quelle année c’était peut-être 2003 ou 2004. Un jour Vincent vient nous voir et nous dit, à Ben, Kalou et peut-être même Zub…

Je me rappelle très bien, on était un vendredi soir, on devait manger un restau chinois à côté de Palais Royal ou un truc comme ça. Et Vinz nous expose son projet. Il nous dit bon ben voilà les gars, je voudrais faire une vidéo, on fait du roller, ça commence le matin à l’aube et ça se termine le soir au coucher du soleil.

Donc on est là à lui dire : « Ouais c’est cool. » Et puis à un moment, il nous fait écouter la musique qu’il veut mettre. Et là tout le monde dit :  » Non là, ça va pas être possible ta musique !  » Je me rappelle. Et donc en fait finalement on a fait un compromis, on a fait trois versions. La version vue par Ben avec la musique de Ben, de la musique classique qui pète grave parce que c’est Ben (Dies Irae, le Requiem de Mozart).

La vidéo avec la musique de Vincent

Walid : La deuxième version, c’était Kalou. Une version Yalla, c’est cool, c’est la fête ! Un peu déjantée. A la Kalou quoi… Et la troisième la version de Vince. Et donc ces trois vidéos sont devenues « Vinz In Paris » (VIP). On était vendredi soir, on s’est dit : Bon, bein on filme demain matin. Et nous voilà dans le froid à 6 heures du matin. C’était parti !

Vincent Vu Van Kha: C’était au mois de janvier. On était à l’aube. Il y avait une lumière violette, c’était très beau. Et quand on est arrivé à Montmartre, c’était la nuit, pour avoir le lever de soleil. Alors là, il faut y aller. Quand il y a cette petite lumière violette, c’était le moment de filmer. Et là sur le trottoir, l’eau qui avait coulé, elle avait gelé. Donc déjà on a tapé un peu la glace. Et puis ensuite, il a fallu retirer le manteau, parce que quand même, ça faisait moche sur la vidéo. On a filmé. Donc merci à vous quatre.

Ouais, il y avait les tac-tac dans les marches du Trocadéro aussi, avec les concours de tac-tac…

Walid : Enfin, on s’était bien marrés à l’époque à faire ces vidéos. Voilà. C’était le lendemain du Nouvel An. Les Parisiens avaient cassé les bouteilles de champagne dans les marches. On a mis un petit coup de balai sur un mètre de large. Et on allait direct faire le slalom dans les marches. Il y a pas mal de vidéos qui ont été faites avec Vinz au fil du temps.

Vincent Vu Van Kha, tu retiens quelle vidéo en particulier ?

Ah bah je pense peut-être la première, parce que d’abord vous m’avez bien aidé tous les quatre. C’était un petit groupe. Et c’était aussi le début, c’était sympa celle-là, Vinz in Paris.

[Alexandre] Moi j’en ai une autre qui me revient mais qui n’est pas du tout liée à tes débuts. C’est une vidéo que tu as fait pour Renault avec Kangoo, sur laquelle je suis retombé il n’y a pas longtemps, ça devait être en 2006 ou quelque chose comme ça. Comment tu as eu ce genre de partenariat ?

Kangoo a fait un prototype avec Rollerblade. Un concept car, effectivement. D’ailleurs, je suis allé au Motor Show, le salon de l’automobile de Bologne. Et j’ai dû faire une semaine ou dix jours de démonstrations. En fait, toutes les quinze minutes on faisait une démo de cinq minutes. Et donc on continue, on rebouclait, on rebouclait, avec des sauteurs italiens avec Elena Minnelli, avec Pierre. Ainsi qu’avec les slalomeurs et c’est assez sympa. Ils parlaient italien et portugais et personne ne parlait anglais. On a bien rigolé. Mais c’est comme ça que je suis arrivé là, c’est parce que c’est Renault a demandé à Rollerblade de faire ce concept car et d’avoir les démonstrations.

Alors on a beaucoup parlé de ta partie compétitive, sans pour autant parler vraiment de tes résultats à l’international. Au moment où l’IFSA se créée, tu as la double casquette, tu es à la fois athlète et institutionnel. Quel est le niveau maximum que tu as atteint en slalom à cette époque là ?

Vincent Vu Van Kha : Aujourd’hui j’ai gagné plusieurs fois le championnat de France. J’ai dû le gagner 6 ou 7 fois en senior, une fois en vétéran… parce qu’après on devient vieux. C’était 2019, j’étais bien content. A l’international j’ai gagné plusieurs compétitions et en même temps il n’y avait pas de championnat du monde. On a d’abord fait un championnat international, le championnat IFSA.

Ensuite il fallait avoir la double casquette, il fallait créer le championnat pour pouvoir le gagner. C’était un peu compliqué. Et donc on rencontre la Fédération Internationale. À ce moment-là, j’enchaîne un petit peu les deux en même temps. La Fédération Internationale nous dit : « C’est simple, on possède ce titre de championnat du monde, donc si vous voulez organiser un championnat du monde, il faut payer 10.000 euros. Prix d’ami, moitié prix au début. »

Et puis après, moi je leur dis : « Nous on a tous les athlètes, tous les juges, on a les règles, donc on apporte une vraie valeur ajoutée. Vous avez un truc, ça nous intéresse aussi. Donc ce qu’on va faire, c’est qu’on va faire un partenariat donnant-donnant. On vous apporte une discipline et vous la légitimité. En plus on était déjà à ce moment-là en lien avec le CIO, Comité International Olympique, qui regardait les sports jeunes.

Oui, il me semble d’ailleurs qu’on avait abordé ce sujet lors du podcast avec Christian Debackère…

Alors on avait travaillé avec les Américains, avec Christian et avec l’ASA à ce moment-là. Nous voulions faire rentrer le roller en tant que sport olympique. Et puis dans un deuxième temps, le CIO était venu nous voir en tant que sport à l’étude. Pas forcément pour faire rentrer le roller, mais pour le connaître. Et donc la Fédération Internationale de Roller Skating, la FIRS, était très intéressée de faire rentrer aussi le roller aux Jeux Olympiques. La FIRS voulait avoir une bonne relation avec le CIO. On avait tout intérêt à tous travailler ensemble. Après avoir fait un championnat international, on a eu le label et on a fait le premier championnat du monde et la première Coupe du monde.

Logo de l'IFSA
Logo de l’IFSA

En quoi consiste la Coupe du Monde IFSA ?

La Coupe du monde, c’est un circuit à points. Le résultat dépend du nombre de fois où l’on a gagné de compétition. Il y a des qualifications et il y en a une finale. J’ai dû la gagner en 2004. C’était en Italie.

Qui retrouve-t-on dans ces championnats ? Tout à l’heure on parlait de l’Asie en plein boom. Est-ce que vous avez réussi à faire venir tout le monde ou est-ce qu’il y a des régions qui n’y arrivaient pas?

L’Asie n’y arrivait pas concrètement. Au départ on les a invités. J’étais notamment en contact avec un manager du team Twincam. Et donc j’avais réussi à faire venir les riders, mais c’était vraiment les exceptions. Les Asiatiques n’arrivaient pas à venir, en plus ils étaient jeunes. Donc pour les encadrer c’était parfois compliqué. Et à l’inverse, quand on allait en Asie, on était une petite poignée d’Européens à avoir fait le déplacement. Il y a eu aussi quelques déceptions à cette époque-là, parce que comme les jeunes ne parlaient pas forcément anglais, ils ne connaissaient pas forcément toutes les règles.

Chacun fonctionnait avec ses règles chez lui. Puis quand ils arrivaient et qu’ils participaient avec les règles de l’autre pays, ils ne gagnaient pas forcément. Cela a été le cas pour Alessandro mais aussi pour ce jeune Coréen, je me souviens. C’était le début. Mais ça s’est mis en place, puis après ça a bien fonctionné.

Donc moi j’ai gagné, oui, pour répondre à ta question, une fois sur la partie internationale. Et quand la Coupe du Monde et Championnat du Monde ont été officiels, j’ai gagné deux fois la Coupe du Monde.

Et là, tu fais partie des patineurs qui ne se sont jamais arrêtés. Tu es un inoxydable. Et on a l’impression qu’en fait, tu prends toujours autant de plaisir à rouler et que tu t’amuses toujours autant sur les patins Vincent Vu Van Kha…

Vincent Vu Van Kha : Eh oui ! Je crois que la Fédération m’a mis une plaque en tant que patineur. Il y avait le centenaire de la fédération en 2010. On avait pour chaque discipline un athlète récompensé. C’est peut-être Luc Bourdin ou Christian Debackère qui m’a sponsorisé, je ne sais pas. Aujourd’hui, je patine encore. Je pense que d’abord le sport c’est bon pour la santé. Je pense aussi que le roller c’est plaisant. Quand on a plus de temps et qu’on peut s’entraîner, les figures arrivent. C’est très plaisant. Après, quand on a un peu moins de temps, on entretient des figures.

Mais aussi l’entretien physique c’est quelque chose d’assez sympa. Samedi soir, par exemple, il y avait une soirée encore chez MaglissXS, dans le 92 à côté de Paris.

Oui chez Magali…

Chez Magali exactement. Et donc voilà j’étais content de participer. Puis j’ai encore participé à deux entraînements ce week-end pour aussi pour transmettre aux jeunes ou aux nouveaux venus. Parce que c’est un sport que j’aime.

[Walid] Vincent, tu as un mystère pour moi, je le dis à chaque fois. Comment c’est possible de rester autant de temps à faire du roller en compétition ? Tu as un peu répondu, mais ça reste quand même un mystère pour moi…

Walid : C’est intéressant de voir que finalement, chacun d’entre nous fait de la transmission d’une manière ou d’une autre. Vincent, c’est de la transmission à travers la pratique et à travers le patinage. Et nous, c’est de la transmission à travers l’audio et les histoires des gens qui patinent ou qui patinent encore ou qui ont patiné.

Vincent Vu Van Kha : La mémoire, merci messieurs pour ça !

Alors vous ne voyez pas à l’écran mais Vincent vient de sortir sa paire de roller. C’est quoi la paire de roller que tu viens de sortir ?

Donc depuis je roule un peu moins sur les circuits depuis 2020 à cause de la Covid19. Mais aussi effectivement parce que j’habite désormais à la Réunion.

Donc ça me fait 11 heures de vol pour revenir. Et puis un billet qui doit faire dans les 1000 euros. Donc c’est un peu compliqué. A la Réunion je roule des patineurs en course en roller agressif ou en roller hockey. Puis il y a les deux frères fort, Yohan et Jimmy. Nous vonsa un super équipement, donc ça fait super plaisir. Une piste de roller course avec un sol Vesmaco. On fait du… Donc moi j’ai plaisir à faire du speed slalom aussi là-bas. C’est à peu près trois fois plus grand qu’aux Invalides !

La piste de roller course de Saint-Denis avec son nouveau revêtement Vesmaco
La piste de roller course de Saint-Denis avec son nouveau revêtement Vesmaco

Je ne me cogne dans personne, donc c’est bien sympa. Et donc depuis 2020, avec ce temps-là, j’ai aussi bossé un peu avec Rollerblade qui m’a proposé de développer des patins de slalom en carbone. Ils s’appellent les Crossfire. Ils sont en vente aujourd’hui. Et j’allais dire que c’est depuis peut-être depuis 2005 ou 2008 que j’explique à Rollerblade qu’il faudrait faire un grand frère au Twister. Le patin que j’ai eu de 1997 à 2020. Et qu’il faudrait faire un patin en carbone et un patin d’une autre gamme.

Et ils ont mis du temps à t’écouter !

Rollerblade a réfléchi un certain nombre de fois, mais ils ne sont jamais passés à l’action. D’ailleurs, ça en a fait partir certains, ce temps de réflexion. Parce que peut-être 15 ans pour passer à cette décision-là, c’était un temps important. Mais en 2020, ils nous proposent la chose. On a dû aller changer au moins trois fois de responsable de marque. Et donc, on a commencé comme ça. Et en 2023, après de nombreux prototypes. C’est en vente, ces patins existent. J’ai travaillé avec des Américains sur la conduite du projet, puis avec des Italiens sur la définition des matériaux et des spécifications techniques. Et enfin avec des Chinois sur la réalisation. Et moi je suis à la réunion.

Alors en décalage horaire, ça fait de chouettes réunions pour essayer de se parler tous ensemble. Donc ça c’était assez sympa. Maintenant on y travaille encore. Donc là on a fait des patins qui sont des patins à 4 roues avec des platines réglables, spoiler réglable. Et maintenant on travaille sur d’autres choses. Sur des platines 3 roues. Mais bon, un produit c’est toujours l’adéquation d’une technique, de patineur, de client. Et puis aussi d’un timing, parce que des fois la boîte le peut, des fois elle ne peut pas. Moi, j’y travaille parce que ça m’amuse, ça me passionne et puis j’aime bien rouler dessus. Depuis je roule en 3×110 mm, sur le speed et c’est aussi super sympa.

Moi c’est vrai que je t’ai énormément vu en style. Après c’est vrai que tu t’amusais aussi volontiers en slalom vitesse. Qu’est-ce qui t’a fait choisir plutôt le style que le speed par exemple ?

Alors très pratiquement aux Invalides, on est borné d’un côté par un escalier et de l’autre côté par des voisins sympathiques qui s’appellent les hockeyeurs. Si on fait du speed avec les hockeyeurs, il y a des chances pour qu’on ne finisse pas le mois. Soit les uns soit les autres, mais en fait on n’avait pas la place. Voilà, on n’avait simplement juste pas la place de pratiquer en toute sécurité cette discipline du slalom vitesse. Le speed c’est quand même une discipline cardio, avec un goût de l’effort, qui m’intéresse à mon âge aujourd’hui.

Et puis le style c’est une discipline très complète, créative. Sympa aussi parce qu’il y a la musique, il y a tout ça. Créatif, donc on peut inventer des figures. C’est une discipline très exigeante de style parce qu’il faut avoir une grosse condition physique. Mais aussi parce qu’il y a des dizaines et des dizaines de figures. Et pour les garder toutes, à un certain moment, il faut beaucoup, beaucoup d’heures de pratique. Aujourd’hui, dans la vie active, c’est un peu plus compliqué d’avoir toutes ces heures. Célibataire à Paris, c’était plus simple d’être au roller tous les soirs et tous les week-ends.

Tu n’en parles pas et pourtant à l’époque, tu faisais beaucoup de sauts aussi, on sautait beaucoup ensemble, beaucoup de sèches.

Je disais que j’ai commencé avec Team Sport Aventure à Bordeaux sur la Funbox, donc en courbe. Ensuite, j’ai passé un certain temps sur le tremplin plat. Le tremplin plat, le problème c’est qu’il faut avoir un club. Il faut avoir un gymnase où il est rangé, où on peut le sortir du placard. Parce que si on n’a pas de tremplin plat, si on n’habite pas à la Défense ou au Trocadéro avec un tremplin à dispo, on ne peut pas en faire. Voilà donc ça c’était assez sympa. Je me suis quand même pris des points de suture sur le menton. Je suis quand même tombé 2-3 fois en tremplin. Et puis après, la sèche, c’était beaucoup plus simple. Parce que finalement, on peut en faire un peu partout.

Effectivement, la sèche ça doit être aux environ de 2007. Je termine vice-champion de France derrière Hakim Naït-Chalal avec un saut à 1m45. C’est mon record et depuis je l’ai parfait.

Ça fait quand même une sacrée hauteur au regard de l’époque. Si tu regardes les performances du dernier championnat du monde par exemple, tu as Florian Petitcollin qui est à 1m63 de mémoire. Il doit y avoir Dam Fall à 1m69 et les 3e derrière sont à 1m45.

A l’époque 1m45, c’était pas ouf non plus, Hakim, Sylvain Venthenat, Sylvain Tharreau, etc. Tous ces gens là sautaient 1m50, 1m55 sans problème. Tu allais aux Invalides, Hakim était là, avec Végéta, etc. 1m50, ça arrivait régulièrement. Seb aussi sautait beaucoup et sautait pas mal en hauteur. C’était loin de, après, des gens comme Pierre Jouvion, Pierre Bensi aussi, c’était des gens qui sautaient hyper haut aussi. Donc c’était 1,45 à l’époque, dans les années 90 et les années 2000, c’était normal quoi, je veux dire t’étais pas un extraterrestre, c’est clair.

Les championnats de France se battaient au moins à 1,50 m…

Oui c’est ça. Les sauteurs étaient au-dessus de 1,45 m. Et puis après, les slalomers faisaient du saut et ils arrivaient au-dessus de 1,30 m. À cette époque-là, on faisait de tout. C’est-à-dire que les sauteurs faisaient aussi du speed slalom, parfois du slalom figure. C’était un petit peu différent. %ais oui, quand on venait aux championnats, on faisait toutes les disciplines, pour le plaisir.

Passons à une autre partie qu’on a effleuré un peu, ton engagement fédéral. J’aimerais bien que tu nous racontes un peu ce que vous avez fait à l’époque avec Christian Debackère et Luc Bourdin, etc. Comment as-tu ressenti cela ? Qu’est-ce que tu en gardes comme souvenirs ?

Je pense que c’est un investissement. A un moment, il faut y croire. Il faut croire que l’investissement dans les structures politiques du sport permet au sport de se développer. Le fait d’avoir réussi à créer le championnat du monde, je pense, avec le grand-père de Delphine Martinez… Là j’ai rencontré beaucoup de passionnés du roller. Des gens qui venaient de la course, des années 60 ou des années 70. En tant que retraités, ils passaient beaucoup de soirées finalement sur ces sujets-là.

Et moi j’étais un peu le seul jeune à essayer de défendre cette nouvelle discipline qui s’appelait le roller acrobatique. Il y avait ce scénario au niveau national mais au niveau régional. En effet, il n’y avait pas grand chose. Et puis ensuite au niveau départemental il n’y avait pas grand chose non plus, tout comme au niveau régional. A la ligue, on avait Thierry Cadet. Donc pouvoir développer ces disciplines dans les structures fédérales et aussi pouvoir monter les clubs, c’était ça l’investissement associatif. Le travail se fait également dans les clubs. C’est du temps à passer dans des réunions pour avoir des créneaux, pour avoir des budgets, pour toutes ces choses-là.

C’est à ce moment que se développe le CNRA…

Donc humblement d’abord au niveau local et puis après au niveau national, il est arrivé l’épisode de la CNRA. A cette époque-là, effectivement Christian Debackère, lors d’une assemblée générale, portait un certain nombre de critiques. Des gens disaient que la CNRA n’était pas bien gérée. Il y avait une certaine frange de contestation qu’elle allait rentrer dedans pour voir ce qu’il s’y passait, sans renverser la table, juste rentrer dedans. Et Christian a dit :  » Très bien, on me reproche de pas avoir de bureau, de ne pas avoir un secrétaire, un trésorier, un président… Le Président c’est moi ! «  Mais il n’y avait pas les deux autres. Christian continue et me désigne comme trésorier. C’était un vote à main levée. Ce choix a été accepé. En fait, je n’ai même pas eu le temps d’être candidat !

Vincent Vu Van Kha au championnat de France 2019
Vincent Vu Van Kha au championnat de France 2019

Alors il faut quand même expliquer Vince, il faut que tu rappelles un peu quel est ton métier…

Je suis compteur de gestion et donc la partie pour faire les budgets ça va bien. A ce moment-là, à la CNRA, il n’y avait pas de trésorier. Donc amener de la rigueur a été une bonne chose. Et puis voir comment fonctionnaient les comptes également. Venant d’un club, je voulais que l’argent aille dans les clubs, je voulais aller dans le développement. Puis j’ai appris qu’à la fédération, en fait, on touche une subvention. Donc finalement, l’essentiel des recettes de la fédération, c’est de l’argent qui vient de l’Etat, qui est donné pour le sport de haut-niveau. Donc ils payent pour avoir une équipe de France. Ils payent aussi pour avoir des championnats du monde et avoir des médailles. Ainsi, ils ne payent pas pour développer les clubs. Et si on utilise l’argent là où il n’est pas fléché, l’année d’après il n’y a pas de subvention. Aussi simplement que ça.

Comment cela s’est-il passé Vincent Vu Van Kha ?

Vincent Vu Van Kha : Donc en fait j’ai appris la règle du jeu, que je ne connaissais pas avant. Et puis après, j’ai aidé à faire au mieux avec cette règle du jeu. On a fait de chouettes trucs. Nous avons pu en tant que France supporter l’international aussi et contribuer au développement de l’international. On a développé l’international. Moi je garde ce beau voyage aussi, Christian nous avait emmené avec Nicolas Mougin, développer le roller agressif aux Etats-Unis. On était allé en Californie à une réunion avec l’ASA à Woodward, Woodward West. Les gens de la course étaient persuadés qu’il fallait pousser la course comme première discipline pour être aux Jeux Olympiques.

Les gens de l’agressif comme discipline olympique, et notamment parce qu’ils avaient le soutien des annonceurs, des sponsors. Enfin ils avaient beaucoup d’argent qui les suivait. Et puis les français pensaient qu’au contraire il fallait avoir une discipline bien établie, avec des règles, avec un dossier fédéral, et voilà. Donc on avait des approches très différentes. D’ailleurs à cette époque là, quand on était en Fédération, on expliquait l’associatif aux Russes. Et les Russes nous disaient « mais vous ne gagnez pas d’argent avec ça, mais pourquoi vous faites ça? »

Beaucoup de visions du monde très différentes, complémentaires, et qui ont permis ensemble de construire les championnats du monde de roller acrobatique et de slalom. Donc c’était ça le développement du régional au national et puis ensuite vers l’international.

Tu es resté combien de temps au niveau de la CNRA ?

Alors la CNRA, c’est quatre ans, en fait. Une olympiade. C’est comme ça que ça fonctionne. Donc on est élu pour quatre ans. Je me demande si ce n’était pas 2004-2008. Enfin, je sais plus. On fonctionne pendant quatre ans, puis au bout de quatre ans avec Christian, on se représente, on refait une liste. Donc avant il n’y avait pas beaucoup de candidats, Mais en 2008, il y avait plusieurs candidats, il y en avait au moins trois. Il y avait Monique Hemar et Eric de Nice, pour Roller Attitude.

Et donc voilà, suite à cette élection, c’est Monique Hemar qui passe. A ce moment-là, l’équipe de la CNRA s’arrête. Donc je m’arrête avec Christian. Et puis en 2008, j’avais aussi beaucoup de travail avec l’IFSA qu’on avait lancé pour organiser chaque circuit.

Parles-nous de l’IFSA…

L’organisation des championnats du monde c’est une mécanique infernale, il faut trouver des villes candidates et pour chaque ville candidate il faut mettre en place une équipe projet, donc j’avais aussi essayé de recruter des équipes projets avec différents responsables projet ville par ville. Il faut avoir un budget, il faut relire les budgets pour chacun pour être sûr qu’ils vont pouvoir organiser cette étape. Il faut avoir un cahier des charges, il faut avoir du matériel, vérifier que chacun puisse mener à bien cette organisation.

Vincent à la tribune de l'IFSA en 2005
Vincent à la tribune de l’IFSA en 2005

C’est un gros défi, je le fais. Ce qui est infernal c’est qu’une fois qu’on l’a fait pour tout un circuit, et des fois jusqu’à 8-10 étapes, l’année d’après ça recommence et ça recommence. C’est une machine sans fin qui se lance. Et ça demande quand même beaucoup d’énergie. Donc il fallait passer au moins deux heures par jour à faire ça tous les jours. En plus d’aller faire du roller.

J’aimerais bien que tu nous racontes un peu l’histoire de l’FSA, c’est-à-dire comment et pourquoi cela a commencé et jusqu’au moment où ça s’arrête…

En 2002, on essaye de monter un circuit à plusieurs pays parce qu’on se retrouvait tous à Lausanne. Mais on avait envie d’avoir un circuit avec plusieurs étapes.

Donc on discute pendant une année pour trouver des règles communes. Et bien sûr, être candidat pour l’année suivante à organiser un circuit. Je crois que le premier circuit ça devait être 4 étapes : Monza à côté de Milan, Lausanne, puis le championnat de France et enfin Amsterdam. Quand on s’est lancé comme ça, au départ, Christian me dit :  » Mais il faut personnaliser le truc, il faut conduire le projet, il faut impulser la chose, il faut que tu te lances, il faut le faire.« 

Donc je prends les choses en main et je monte une association qui s’appelle l’IFSA : International Freestyle Skaters Association. Alors on avait déjà l’ASA, l’Aggressive Skaters Association et donc on s’est dit :  » Bon, on va en faire un pour le slalom. »

Quelles ont été les étapes de la structuration de l’IFSA, Vincent Vu Van Kha ?

On n’avait pas le titre mondial. Donc on s’était dit qu’on allait l’appeler International. Ça se lance comme ça et puis il faut monter une structure. A un moment il nous faut quand même aussi un peu d’argent pour pouvoir financer des choses, pour pouvoir aider un petit peu au fonctionnement, avoir un site internet où on met les dates, etc. Il faut avoir des juges. Après, il faut avoir des tenues pour les juges. Quand le circuit se lance, il nous faut un cahier des charges. On organise quelle discipline ? Il nous faut combien de temps ? Il y a combien de patineurs ? Quel matériel est nécessaire ? Il nous faut des cellules, des plots, des lices, des tentes, des vestiaires. Et puis derrière les juges, après il faut les former. Donc on organise aussi des formations de juges avec un test, un examen, pour dire que ça marche ou ça marche pas.

Les règles ne devaient pas être la partie la plus simple…

Oui, il faut aussi que les règles soient suffisamment claires pour que tous les juges réussissent à les mettre en œuvre. Le but n’est pas qu’un juge trouve 3 sur 5 quand l’autre a trouvé 5 sur 5. Il faut trouver des règles objectives. Et toute cette mise en place demande beaucoup d’investissement. Moi j’ai passé à peu près deux heures tous les jours pour organiser ça. Trouver les villes, trouver les organisateurs, les responsables de projet, les budgets.

Et donc l’IFSA monte comme ça. Et au bout d’un moment ça fonctionne bien. On organise l’Assemblée Générale à Paris. Les Espagnols, les Italiens ou encore les Russes viennent aux Assemblées Générales pour voir comment ça fonctionne, ce qu’on veut changer, ce qu’on veut améliorer. Donc au bout d’un moment, quand ça roule bien, on rencontre la FIRS. Ainsi, on transforme ce championnat international en un championnat du monde. Et là finalement, ça amène notre sport là où on voulait.

Puis après, la dimension supérieure olympique, alors là il faut avoir 50 nations qui participent, ça deviendrait trop compliqué. Alors on a eu des bons moments, enfin des moments rigolos dans le développement avec le Sénégal, avec les différents pays lointains, avec la Colombie, avec le Pakistan.

Vincent Vu Van Kha et Luc Bourdin à Singapour en 2004
Vincent Vu Van Kha et Luc Bourdin à Singapour en 2004

Tu as des anecdotes ?

Je me souviens d’une fois où des patineurs aussi venaient d’Inde. On doit organiser finalement beaucoup de chose pour les visas. Et des fois, ils avaient des profils pas très patineurs, pas très sportifs. Donc on a touché des situations un peu délicates. On a été dans des situations délicates également avec la Chine, avec Taïwan, avec Singapour, où tout le monde n’a pas la même notion du développement du sport. Donc il fallait réussir à se mettre d’accord, à s’harmoniser. Les fédérations sont là depuis longtemps. Et puis il y en a qui aimeraient bien être juges de salom, même s’ils étaient juges d’artistique par exemple.

Voilà, donc on met une certaine rigueur sportive, associative, avec une empreinte française. Mais parce qu’on part de là, et on monte ça au titre de championnat du monde. Et arrive un moment, l’accréditation de l’IFSA s’arrête. Puis la FIRS reprend finalement la chose avec la WSSA et notamment avec des sponsors qui sont plus présents, plus engagés dans ce championnat du monde. Pour moi, Rollerblade et Tecnica étaient des sponsors mais qui étaient engagés sur de l’événementiel, sur de la promotion, sur des choses comme Lausanne. C’était des événements, on va dire, moins formalisés, mais plus grand public. Parce que leur patin était comme ça. Et donc à ce moment-là, on ne trouve pas… Moi, je ne trouve pas forcément les relais pour suivre.

Et puis, il faut dire les choses comme elles sont, c’est qu’à un moment, le Championnat du Monde, à organiser tous les ans, c’est beaucoup, beaucoup d’énergie. Et trouver une porte de sortie, c’est bien aussi.

Qu’est-ce que tu fais après l’IFSA, Vincent Vu Van Kha ?

Dans un premier temps, on continue à faire des étapes internationales, notamment avec Carlos. J’ai pu organiser beaucoup de masterclass. Après, je passe vétéran, donc il y a quand même une génération qui passe, et beaucoup de jeunes. Je continue toujours le roller, parce que ça m’intéresse toujours beaucoup en tant que sport.

D’autre part, je pousse aussi au développement et donc j’entraîne. Je redéveloppe. À un moment je suis muté en province à côté de la Suisse, à Besançon, dans des endroits où le sport n’est pas très développé. Donc on redynamise. Je refais des clubs. Retrouver des créneaux, remonter un championnat, un championnat régional pour pousser pour les gamins. Voilà, c’est ça que je fais. Au bout du long, je continue de travailler avec Rollerblade sur les patins.

Sur les tout premiers twisters qu’on avait, qui étaient orange, ils sont devenus après noir. Après un jour, on a fait un spoiler parce qu’il n’y en avait pas au départ. Des choses sont intégrées. Ensuite, on change les matériaux. Ensuite, on rechange les platines pour les solidifier. Puis on arrive à travailler sur ces rollers carbone dont on a déjà parlé, qui sont plus légers, plus rigides, qui répondent mieux par rapport à des patins plastiques, qui ont également des platines réglables. Donc, ça va patiner en 76, 80, 80, 76. Des dimensions de roues qui permettent d’avoir une banane ou un rockering et d’avoir une meilleure rotation sur les patins.

Dis-nous quelques mots sur le matériel…

Avec des platines où on peut remonter les roues de devant et de derrière, on peut rouler en tout 80. Cela permet de faire des wheelings sur des roues plus grosses, qui roulent un peu mieux. On pousse les spoilers réglables pour avoir une bonne flexion, et permettre d’avoir un bon wheeling talon, là où d’autres patins peuvent bloquer. Cela permet aussi faciliter la figure assise, avec le genou en avant.

Vincent en cafetière wheeling au Trocadéro
Vincent en cafetière wheeling au Trocadéro

Donc là on est passé avec l’IFSA d’un circuit qui était très orienté sur le slalom classic à un format qui est plus orienté battle. Et aujourd’hui finalement on voit quand même une certaine résurgence du slalom classic. Comment tu vois l’évolution de la discipline dans les années passées. Et à ton avis comment elle va évoluer dans les années à venir ?

Moi j’étais contre le battle. Ma position c’était que le nombre de patineurs et le nombre d’athlètes n’était pas suffisant pour avoir deux disciplines.

On a toujours été sur un sport en développement. Cela veut dire qu’à un moment donné, on voulait sélectionner le nombre d’athlètes qui pouvaient aller en finale ou au championnat du monde et les limiter. Un sport en développement c’est au contraire de lever ses limites pour encourager le plus de gens possible à venir. Un sport en développement c’est aussi avoir suffisamment de monde, regrouper suffisamment les catégories pour avoir suffisamment de participants dans les disciplines. Et le battle était pour moi trop cousin du slalom figure. J’étais ni pour ni contre l’un ou l’autre, mais j’étais contre la division. Il faut se souvenir qu’au tout début le battle n’était pas venu dans les mêmes… En effet, il était venu sur d’autres événements.

Il y avait un événement battle et un événement classic. Après ils ont été fusionnés. C’était bien aussi. Au départ, c’était réorganiser la discipline autour d’une forme moins réglementaire, moins organisée, plus souples, plus « de rue ». Ce qui était une bonne vision aussi.

Ma vision à moi c’était de dire qu’il ne fallait pas se séparer. On est trop trop petits. Il y a d’autres sports comme le football, le rugby, le basket, le tennis, ils sont énormes. Si on veut exister sur la scène sportive et puis être un petit peu connu, un peu reconnu parce qu’on ne passait pas tous les matins à la télé ou dans le stade non plus. On n’était pas connu de tout le monde. Beaucoup nous voyaient comme un spectacle. Si on voulait être un petit peu connu, il fallait être ensemble. C’était ma position au début.

Comment vois-tu l’évolution du battle Vincent Vu Van Kha ?

Le battle a évolué et a permis d’être strictement technique et donc a bien fait progresser la discipline en termes de performance technique. Je pense aussi que c’est ce qu’on faisait dans les jeux aux Invalides, à faire de la pure technique. Donc moi ça m’allait, ça me plaisait. Mais dans un format ensemble. Voilà, donc il y a eu cette vertu là. Moi je crois maintenant que tu me demandes l’avenir, je vois un petit peu les performances techniques d’aujourd’hui, le championnat du monde vient d’avoir lieu, sont époustouflantes. Elles sont époustouflantes. Oui, elles sont vraiment très très fortes et avec des niveaux, des jeunes qui ont des niveaux très très impressionnants.

Vincent à l'étape IFSA de Moscou en 2007
Vincent à l’étape IFSA de Moscou en 2007

Mais…

Mais pour autant, je crois que la technique pure n’apportera pas l’adhésion d’un public pour la discipline. Parce que ça devient un peu trop compliqué. Donc ça marche qu’on ait beaucoup de patineurs parce qu’entre patineurs on reconnaît la performance. L’avantage du classic, c’est qu’il marie à la fois la performance et le spectacle. On arrive à entraîner le public avec nous. Et avec le public aussi l’économie de notre sport, les annonceurs. Et voilà, ça c’est très important pour exister dans toutes les dimensions du sport, je veux dire politique, économique, sportive.

De la même façon, on s’était posé la question dans notre développement du sport. Est-ce qu’on doit avoir des championnats en intérieur pour des conditions sportives optimales ou est-ce qu’on doit avoir des championnats du monde en extérieur pour être visible du grand public ?

Quelle a été votre réponse ?

Bon, quand on les a fait en extérieur, des fois, ce n’était pas très bien. On était dans de la pente, il y avait des trous, des fois un peu de sable. Mais je me souviens par exemple qu’il y avait des fois des compétitions, il y avait des gens dans le public et le lendemain, enfin les années d’après, ils se sont mis au roller et sont devenus d’autres athlètes. Et je connais des champions comme ça qui ont été des spectateurs de compétition en fait. C’est intéressant de partager son sport et développer son sport. Cela passe aussi par le faire voir à tout le monde.

Il y a quelque chose dont tu n’as pas du tout parlé et pourtant ça me semble important pour éclairer aussi et balancer un peu ce côté compétition, c’est ta maîtrise des langues. Parce que tu parles plusieurs langues parfaitement, ou au moins très bien, et que je pense que comparé à d’autres, ça a certainement aidé et facilité les choses. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

Alors oui, moi j’ai quelques facilités au départ. L’anglais c’était assez facile. Christian aussi, il parle très bien anglais. Le sport ça donne envie de parler plusieurs langues. Donc voilà, j’avais déjà les langues avant de me mettre au roller, parce que je m’y suis mis vers 18 ans pour de vrai. Mais la volonté de parler aux autres, ça donne envie d’apprendre les langues. Je citerai les Russes. Au départ, on ne pouvait rien leur dire.

Et puis après, il y en a beaucoup qui se sont mis à bien parler, à parler plusieurs langues. Il y en a qui parlaient déjà très bien, mais certains parlaient que russe. Puis ils s’y sont mis. Les Coréens qui parlaient que coréens, c’est pareil. Maintenant, ils parlent très bien l’anglais. Les Espagnols et les Italiens, ils parlent aussi anglais, mais ils parlent bien espagnol et bien italien quand même. Donc moi, j’ai fait anglais. Après, j’ai fait allemand. Ça, c’était moins utile parce que finalement, les Allemands étaient aussi, comme les Hollandais, assez polyglottes.

Vincent en Corée avec les juges en 2003
Vincent en Corée avec les juges en 2003

Après, j’ai fait espagnol. Et alors là, notamment quand j’étais… J’ai fait les masterclass en Espagne. Et bien quand on parle espagnol, c’est quand même beaucoup mieux que quand on parle anglais. Voilà, ça, c’était ma base. Et puis après, quand on a rencontré les Russes, qui aussi étaient polyglottes,

Toi aussi Walid, t’es mis au Russe…

Et puis leur niveau de patinage était bon, ça donnait envie vraiment d’aller vers leur culture, et puis aussi sur la façon de patiner, la façon de s’entraîner, la façon de tenir les sites web, l’information. Enfin, on avait plein de points communs. Et donc en voulant se rapprocher, on a appris un peu comme ça.

Au départ avec quelques phrases type. Je citerai l’ami Skali avec le « poney mayo » dire « Yannis Poney Mayo ». C’est à dire « je comprends pas » mais on avait des trucs mémotechniques. Et puis on a monté notre team friends avec Christophe Flinois, avec Olivier Herroro, avec Skali, avec Luc Bourdin… On a fait des beaux voyages et c’est grâce aux rollers. Il y a eu le sport, la découverte et c’est passé aussi par les langues.

Sur l’évolution du sport à l’international, effectivement au départ les Européens ont bien mené la barque et puis après il y a eu le gros boom du roller en Corée.

La Corée est montée. La Chine est montée un petit peu après la Corée. La Russie est montée aussi de son côté.

Aujourd’hui, ce sont des nations qui ont l’air de vraiment dominer complètement la place en slalom. Est-ce que les Européens ont encore un avenir en slalom freestyle, battle, voire en speed-slalom ?

Il y a des nouvelles des nouvelles nations qui montent.

Ah oui, il y a l’Iran aussi en speed.

Exactement, il y a l’Iran en speed, ils font des temps incroyables. Quand on était à Lausanne, on se rapprochait des 5 secondes, et puis il y en a un qui était descendu en dessous des 5 secondes. Et là, ils viennent de descendre en dessous des 4 secondes. Alors, ok, en free start, c’est des temps incroyables. Depuis, on est passé en 3 roues, ils sont en chaussures basse de vitesse. Voilà, donc la discipline a beaucoup progressé. Aujourd’hui, l’Italie est très forte sur la scène freestyle. Les patineurs. C’est vrai qu’avec Lorenzo Demuru et Lorenzo Guslandi.

L’Espagne est très forte aussi. Carlos Nelson roule bien. Je ne vais pas citer tous les noms parce que sinon forcément je vais en oublier. L’Italie et l’Espagne roulent très bien. Côté France, on a eu un bon relais sur la hauteur pure et le skatecross. C’est vrai que sur la partie slalom vitesse et freestyle on n’a pas lâché mais on n’est pas sur les podiums. Donc ça continue mais moins fort. Côté Russie, Biélorussie, Ukraine aussi, ça roule bien. Avec toujours cette caractéristique quand même qu’il faut dire, c’est que dans les pays où il fait froid, il y a des skateparks indoor.

Karaté aux Invalides en 2006
Karaté aux Invalides en 2006

Tout le monde n’a pas de skatepark indoor malheureusement…

Et quand il y a des skateparks indoor, on peut rouler tous les jours. Dans les pays où il fait franchement chaud, on peut rouler tous les jours. Et dans les pays où il fait moitié/moitié un peu comme en France métropolitaine il n’y a pas assez de monde qui va dans le skatepark indoor donc le skatepark indoor fait faillite. On repense à notre célèbre RollerParc Avenue où on a passé un certain temps aussi à s’entraîner avec tous les parisiens. Donc ça roule bien l’été et puis l’hiver ça se finit sous un pont dans une salle trop petite ou dans un gymnase pas très grand et encore un créneau par semaine. Et ça, ça peut peser aussi sur la performance.

Entre celui qui va tous les soirs s’entraîner au skatepark… Et puis en plus les Russes ont des skateparks super sympas avec café à côté, avec de la musique. Et par-dessus ça, il ne faut pas oublier qu’ils ont un talent pour tenir les écoles, les écoles de roller et les entraîneurs. Ils s’entraînent fort, ils sont assidus et donc ils ont des résultats.

[Walid] C’est la première chose qui nous a frappés, je crois, quand on les a rencontrés, c’est le dévouement au sport. J’ai une anecdote d’ailleurs.

[Walid] Je me rappelle toujours de Dmitri, un des russes historiques. Dmitri Miloshin. Il avait un bon pote dans une banque, il a arrêté pour faire du roller et être vendeur chez Rollerclub. On était là à lui demander :  » Mais pourquoi tu as fait ça ? « 

Il dit :  » Parce que je veux faire du roller. »

Et en fait, en gros, je ne peux pas dire que c’est un concept qui est inconnu chez nous, mais ils n’ont pas le même rapport à l’entraînement. Et ce qui, pour nous, est parfois plus un hobby, pour eux, ça ne rigole pas. En tout cas, c’est comme ça que je le voyais moi à l’époque, quand on les a rencontrés. J’ai encore les premiers souvenirs de la première fois où je suis arrivé à Lausanne et que j’ai vu m’entraîner les deux à l’époque.

J’ai pris mon téléphone et j’ai appelé Vinz et je lui ai dit : « Ok ça va être compliqué là. On a des clients. »

[Vincent] Ouais c’était compliqué mais on s’y est mis. Côté France, on a eu le classement sportif de haut niveau et à un moment on s’entraînait vraiment fort, c’est à dire à peu près tous les jours.

Toi tu l’étais d’ailleurs ?

Ouais moi j’étais. On en a pas parlé. Et donc aller à la salle de sport en plus en complément musculaire et puis donc notamment sur la presse à cuisse, donc ça a complété. Puis, aussi de l’entretien pour les étirements, pour éviter les claquages, donc une discipline sportive. Je pense qu’aujourd’hui nos athlètes en hauteur pure ont une discipline sportive très sérieuse. Elle n’a rien a envier aux autres. On peut avoir aussi cette discipline sportive.

Je dis juste que les infrastructures dans ces pays où il fait plus froid, facilitent cet entraînement quotidien. Après, l’entraînement quotidien, ça demande beaucoup de sacrifices. Je repense aux athlètes qui finissent la saison aujourd’hui. Cet engagement, ces sacrifices… Parce que ça veut dire qu’il faut vivre roller tous les jours donc : pas marié, pas d’enfant. Et à un moment, ça devient compliqué de tout de faire tout en même temps.

Vincent Vu Van Kha, championnat de France à Annecy en 2005
Vincent Vu Van Kha, championnat de France à Annecy en 2005

Vincent Vu Van Kha, tu peux nous expliquer quel était ton quotidien à l’époque quand tu étais athlète de haut niveau? Comment ça se passait en fait par rapport au boulot, par rapport au l’entraînement etc. ?

Vincent Vu Van Kha : Ça fait donc des exercices tous les jours à pied et puis rouler par plaisir tous les soirs, mais quand même s’entraîner.

Et puis passer à peu près tout le week-end sur les rollers. Donc, ça veut dire faire beaucoup d’heures. Je n’avais pas forcément une grande efficience dans mes heures d’entraînement parce que j’avais beaucoup d’heures. Donc, au bout de la journée, l’entraînement était fait.

Mais ça veut dire un planning de travail qui est adapté ? Qu’est-ce que ça veut dire être sportif de haut niveau? Qu’est-ce que ça apporte ?

Alors, sportif de haut niveau, ça veut dire qu’on a une sélection équipe de France.

Le planning adapté, ça dépend de ta boîte. Et moi la mienne, elle a mis au moins trois ans à trouver le texte. Mais en fait, à la fin, on l’a trouvé. Et ça dit que quand t’es sportif de haut niveau, quand tu vas en sélection équipe de France, t’as le droit des jours de congés supplémentaires pour aller en déplacement ou en compétition. Tu as le droit des jours de trajet supplémentaire. Et donc oui, oui, j’ai fait ça.

Si je parle de Vincent Vu Van Kha, il y a un mot qui me vient tout de suite à l’esprit, à la fois en amitié même si on ne se voit pas tout le temps. Mais aussi la fidélité dans ton engagement en termes d’organisation, de transmission etc. Et ta fidélité à Rollerblade aussi ?

Vincent Vu Van Kha : Ou effectivement je pense qu’il y a beaucoup de gens qui seraient partis depuis longtemps en n’ayant pas justement plus de latitude. Je dirais que c’est aussi de la constance dans ce qu’on aime. Moi j’ai eu des propositions pour pouvoir aller travailler chez d’autres marques de roller. Mais comme on l’a dit tout à l’heure, je suis contrôleur de gestion donc j’ai une carrière à faire dans ce métier-là. Maintenant, je suis responsable financier. Ça m’a semblé être une carrière professionnelle qui me permet de faire ce dont j’ai envie. Alors que le développement du roller, c’est une industrie qui est un peu plus courte dans le temps et je n’ai pas voulu suivre cette voie. Ce que j’aime dans le roller et ma constance, elle est en tant qu’athlète, en tant que développement du sport.

Que t’apporte ta collaboration avec RB

Elle n’est pas en tant que business. Ça m’intéresse un petit peu moi en fait. À un moment avec Rollerblade j’étais sponsorisé avec une aide financière en tant qu’athlète. Ce n’est pas en tant que vendeur, ni en tant que démo, c’est pas en tant que concepteur. Alors aujourd’hui la conception de produits, pourquoi je le fais? C’est aussi parce que je pense que ça permet en tant qu’athlète de mieux patiner, d’avoir un patin qui correspond mieux pour moi-même, mais aussi pour les autres qui ont envie de faire du slalom. Je le fais avec passion, mais pas avec ambition professionnelle. Donc voilà pour Rollerblade. Et puis, je n’oublie pas tout ce que je dois au roller.

Effectivement, tous les bons moments qu’on a eus, d’amitié, de succès, des fois les échecs aussi, parce que quand on fait du sport il faut gagner et perdre, ça fait partie de son nécessaire. Le développement qu’on a pu faire, les voyages, les rencontres. Puis j’oublie pas que tout ce qu’on a fait en roller c’est aussi un capital santé qu’on a gagné de pouvoir faire toute cette activité sportive là. Donc ça c’est important je pense que c’est bon pour la santé, il faut rouler.

On va arriver à la fin de l’entretien. A chaque fois, on a une question un peu rituelle. On a même deux questions rituelles. La première c’est, qui aimerais-tu qu’on interview et dont tu aimerais bien entendre parler au micro de Balado Roller?

Vous avez déjà fait de chouettes interview comme Luc Bourdin. Vous faites de chouettes interviews et merci de remettre la mémoire un petit peu de tout le monde. C’est sympa à écouter, merci.

Vincent Vu Van Kha en route pour Berlin 2023
Vincent Vu Van Kha en route pour Berlin 2023

La dernière question pour toi Vincent Vu Van Kha, c’est la rribune Libre, voilà si tu veux faire passer un message aux auditrices et aux auditeurs de Balado Roller.

Vincent Vu Van Kha : Faites du roller, faites du roller, c’est une belle école, c’est bon pour la santé, c’est bon pour la créativité, c’est bon pour la bonne humeur, c’est bon pour rencontrer d’autres gens qui ont envie de partager cette activité, ce sport. Le sport c’est aussi bon pour le développement personnel, c’est bon pour les valeurs. Parce qu’il y a une valeur simple qui dit quand on s’entraîne, on progresse. Et puis c’est amusant. N’oubliez pas de rouler surtout, à tout âge. A 3 ans, à 7 ans, à 30 ans, à 70 ans, allez-y !

Vous pouvez commencer à tout âge, amusez-vous, doucement, doucement, souvent, et vous progresserez, vous prendrez beaucoup de plaisir, c’est super sympa. Roulez. Mon mot de la fin à moi c’est juste, on s’est bien marré quand même. Voilà.

Merci Vincent de nous avoir consacré ce temps !

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Auteur
Alexandre Chartier 'alfathor'

Alexandre Chartier est le fondateur et webmaster de rollerenligne.com. Le site a vu le jour officiellement le 11 décembre 2003 mais l'idée germait déjà depuis 2001. C'est un passionné de roller en général, tant en patin traditionnel qu'en roller en ligne. Il aime le patinage à roulettes sous toutes ses formes et tous ses aspects : histoire, économie, sociologie, évolution technologique... Aspirine et/ou café recommandés si vous abordez l'un de ces sujets !

2 responses to “Podcast : Vincent Vu Van Kha, patineur freestyle”

  1. Locus
    13 mars 2024 at 7 h 21 min
    Très tres enrichissante encore une fois ton interview! Je l'ai croisé la première fois sur la première compétition fédérale organisée à Nice sur la promenade des anglais ! J'ai rencontré une personne geniale ,tres communicative et m'a montré une vision plus fun et marrante du Slalom !!! Merciii à toute l'équipe pour votre travail !
  2. Franck Andersen
    30 janvier 2024 at 2 h 14 min
    Quel plaisir d'entendre Vincent Vu Van Kha, que j'avais eu la chance de croiser aux Invalides, à une époque où je n'étais moi-même, pas Parisien. Son engagement, sa culture de notre sport est proportionnelle à sa modestie. Un véritable athlète qui a su montrer toutes les compétences dans ses rôles respectifs. Lors de notre rencontre, il dégageait déjà une sagesse qui ne s'est pas éteinte semble-t-il. Bravo à lui et merci Alexandre et à ROL.

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