Podcast : Anthony Avella, rampe, skatecross, roller soccer

Par | Publié le 15 novembre 2023 | Mis à jour le 29 novembre 2023 | Catégories : anthony avella podcast roller podcast | Sous-catégories : Les podcast de REL | 926
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Rencontre avec Anthony Avella, champion du monde de skatecross, spécialiste de la rampe et du street. Nous revenons sur ses débuts en roller, ainsi que sur sa carrière sportive et professionnelle dans ce podcast…

Podcast Anthony Avella
Anthony Avella
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Podcast : Anthony Avella, rampe, skatecross, roller soccer
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Retour sur un parcours de vie tourné vers le roller avec Anthony Avella

L’équipe de REL est partie à la rencontre d’un rider au palmarès bien étoffé, mais aussi aux multiples casquettes. Il a fait de sa passion un métier. Anthony Avella fut notamment double champion du monde de skatecross, champion du monde de roller soccer. Il participa également aux X-Games, à une époque où le roller était encore le bienvenu. Aujourd’hui, nous quittons un peu la capitale et nos interviews de riders franciliens. Pour le sud de la France et Toulon, nous partons à la rencontre d’Anthony Avella.

Bonjour Anthony Avella !

Salut à tous !

Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter s’il te plaît ?

Anthony Avella, 39 ans. Rider depuis à peu près 28-29 ans. Et voilà, comme tu l’as dit, j’habite dans le sud à Toulon.

Comment as-tu découvert le roller Anthony Avella ?

Alors le roller, si mes premiers souvenirs sont bons, comme pas mal de gars de mon âge, la première fois que j’en ai mis, c’était avec ma soeur. De tout petits patins en métal, avec des sangles en cuir qu’on fixait aux chaussures.

Je crois que ça c’est mon tout premier souvenir de paire de rollers. J’ai un autre souvenir lié à ma première paire de rollers.

 » Je me suis acheté ma première paire de patins avec un ami à moi qui s’appelait Stéphane. En fait, quand on était jeune, le matin pour gagner un peu d’argent, on lavait les vitres des voitures. C’est comme ça qu’un matin, on s’est acheté notre première paire de rollers. »

Anthony Avella

Après, j’étais assez un jeune qui était souvent dans les rues, comme tous les jeunes de mon époque. Et donc, du coup, on était sur plein de sports à roulettes : des caisses à savon, des BMX, du skateboard. Donc voilà on mélangeait un petit peu tous les sports à roulettes.

Anthony Avella dans Roller Mag
Anthony Avella dans Roller Mag

Tu vivais où à ce moment-là Anthony Avella?

Je suis né à Toulon et j’ai grandi à Toulon. Donc je suis toujours resté ici plus ou moins.

Tu disais que tu as démarré avec des patins à lanières ?

Oui, et puis j’ai acheté de meilleurs rollers. Le fait de voir s’envoler les riders sur la rampe, de faire des figures assez acrobatiques, ça m’a attiré.

Donc quand je suis arrivé à la rampe de chez moi. Puis, j’ai demandé à un autre collègue de me prêter sa paire de roller pour essayer. J’ai réussi à descendre la rampe, à passer le spine. Et puis après, à partir de là, j’ai accroché. Et tu vas rigoler, parce qu’après mes premiers rollers qu’on m’a acheté, c’était des RollerBall, je sais pas si tu te rappelles. Ils avaient une boule à l’avant et une boule à l’arrière.

rollerball rb 2500se 1996
Rollerball RB 2500SE (1996)

Tu te souviens de la toute première paire que tu as acheté ?

C’était des rollers Carrefour jaune et orange fluo, un truc comme ça. Ça traînait au rayon de Carrefour, ça coûtait 30 francs à l’époque, 30-50 francs. On s’était acheté notre paire de rollers comme ça et puis on était partis dans les rues de Toulon s’amuser.

Donc très rapidement tu es allé vers la rampe. Tu avais essayé d’autres choses en patins ? Tu avais j’imagine tu as commencé un peu par la balade ?

Non, non pas du tout. Quand j’ai accroché au roller j’ai commencé direct sur la rampe. J’ai dit à un ami : je vais essayer, j’avais déjà des aptitudes à savoir rouler en roller. On en avait fait un peu plus jeune par intermittence comme ça. Et donc après de suite je me suis envoyé dans la rampe.

Je connaissais déjà un peu les courbes. J’avais l’habitude d’en faire en skate et en BMX. J’ai donc commencé de suite dans la rampe.

Alors c’était quoi les sensations ? La première fois que tu as démarré en half-pipe, tu as des souvenirs de ça ?

Oui j’ai souvenirs encore de descendre la rampe, de passer le spine, de sentir que c’était quand même un peu plus simple qu’en skateboard. Parce que c’était approché aux pieds. Et après, tout de suite, je fais un deuxième passage, puis un troisième passage. D’aboard, je voulais faire des « air » en fait. Ensuite, je voulais sauter au dessus du coping. Je sais qu’en skate c’était beaucoup plus compliqué. Et là j’y suis arrivé tout de suite. Là, d’un coup, ça a été révélation. C’est ça que je veux faire ! Je veux m’envoler avec mes rollers aux pieds.

La rampe de ses débuts
La rampe de ses débuts

Comme je disais en intro, on a interviewé pas mal de riders de Paris et de région parisienne. Là-bas, il y avait une scène qui était très fournie. A Toulon, quand tu démarres la rampe, on est en quelle année ? Et il y a qui avec toi ?

Dans les années 1990-1995, dans ces eaux-là. Il y avait qui pratiquait. Beaucoup de skaters et beaucoup de rollers. Je pense que c’était la pleine période du boom du roller. Il y avait pas mal de monde, une bonne communauté. Morgane, Jimmy Raisin aussi, je sais pas si tu vois qui c’est, Cédric, Olivier. Enfin j’ai plein de noms. On était vraiment beaucoup. Il y avait une grosse bande de gars en roller.

C’était quoi tes sources d’inspiration pour progresser Anthony Avella ? Vous regardiez des vidéos avec tes potes ?

Les sources d’inspiration, au tout début je me suis inspiré des mecs qui savaient déjà en faire parce que ça envoyait quand même du lourd. Après de mémoire, les inspirations qu’on avait, c’est qu’on attendait chaque mois le magazine qui arrivait à la papeterie. C’était toujours le rendez-vous qu’on attendait avec impatience pour découvrir les figures, la scène actuelle, les compétitions qui s’organisaient.

C’était quoi comme magazine ?

Alors t’avais Roller Saga, RollerMag, Crazy Roller [NDLR : écrit par Gabrielle Denis].

Là Anthony Avella, tu pratiques la rampe, tu montes en puissance tranquillement, il y a un moment où t’as envie de pratiquer en compétition ?

Ouais ça arrive très vite en fait. J’en fais pendant un an comme ça. Donc j’avais 14 ans à l’époque. On parlait d’une compétition qui s’appelait à l’époque « Azur Street Tour ». Il y avait donc trois compétitions : on avait une à Cannes, une à Antibes et une finale à Nice.

On partait avec le groupe de collègues de la rampe pour cette première compétition à Cannes. Je l’ai remporté en fait, dès la première participation.

Donc ça faisait un an et demi que tu roulais ?

C’est ça, ça faisait un an que je suis monté sur la rampe.

T’as pas traîné alors t’as vite progressé, t’y passais beaucoup de temps ?

Non, je n’ai pas traîné. En fait, je me rappelle encore j’ai toujours le premier arrivé à la rampe avec ma raclette. Parfois, je demandais une raclette aux restaurants qui étaient à côté de là où était la rampe, sur les plages du Mourillon. J’avais mon sandwich dans le sac. J’arrivais le premier et je partais le dernier généralement.

Elle ressemblait à quoi cette rampe ? C’était une middle ? Une big ?

En fait; c’était une mini rampe à spine et c’est toujours celle que j’ai, en fait. Je l’ai récupérée auprès de la mairie de Toulon, il y a quelques années parce qu’ils voulaient changer de rampe et la détruire.

Elle me tenait trop à cœur, parce que j’ai tout appris là-dessus, toutes mes figures. Je l’ai donc remontée dans mon skatepark, le MGlisse park. Je l’ai améliorée, agrandie. Donc voilà, elle est toujours avec moi.

Le MGlisse Park
Le MGlisse Park

Donc ça fait presque 28 ans que tu roules Anthony Avella…

C’est ça exactement. Ouais c’est énorme.

Tu participes à ce contest sur la côte d’Azur. Et après, qu’est-ce qu’il va y avoir ?

Après, je fais l’étape d’Antibes, où je remporte la compétition. Après, ça s’enchaîne. Il y a la finale à Nice, où on me déclare vainqueur de ce circuit Azur Street Tour.

Et de là, ça a commencé avec les premiers sponsors. Tu sais à l’époque il y avait les magasins comme Roller Station, Nice, Antibes. Donc je rencontre Eric, qui était le patron de ce shop. Et je rencontre aussi d’autres sponsors américains le frère de Brook Howard Smith, il s’appelait Damon. Il avait aussi sa société de distribution des produits américains avec les marques Senate ou 976. Ensuite, il me propose un contrat de partenariat.

Il me semble qu’en même temps, Rollerblade m’approche, pas longtemps après. Donc de là, ça s’enchaîne vite en fait. Je me retrouve d’inconnu à « petit connu », avec plein de lots, plein de vêtements, plein de roues, plein de platines. Je me rappelle je faisais beaucoup la distribution auprès de mes collègues. J’avais beaucoup de trucs gratuits. Je ne les vendais pas, pour la plupart j’en donnais. Oui, je donnais pas mal de choses. Et de là, après s’enchaîne ma vraie première compétition. Je rencontre les pros américains. C’était à Saint-Jean-Cap-Ferrat, qui était une étape ASA ou ISS, je sais plus.

Là c’est la révélation parce que je vois vraiment un niveau hors norme avec des pros comme Randy Spizer. Je découvre aussi Taïg Khris ou Vins Isaac. J’ai rencontré Julien Lafarge aussi, à cette époque sur la rampe qui avait un excellent niveau. Kevin Quintin, il me semble. Là je me rends compte qu’il y a vraiment un truc d’énorme à faire.

Et là, le niveau, c’est une autre dimension j’imagine, en effet…

Oui, et en fait, si tu veux, pour la petite histoire, je cherchais un sport où je n’allais pas forcément tout le temps gagner. Parce que j’ai fait beaucoup de sport avant. J’ai fait des années de karaté. Toutes les compétitions que je faisais, j’arrivais premier. Et puis au bout d’un moment, ça m’a lassé. Et quand j’ai commencé le roller, j’ai remporté trois premières compétitions. Alors je me suis dit « putain, je ne veux pas, ça ne va pas refaire comme avant… » Tu vois, je cherchais un truc plus difficile. Et là, Saint-Jean-de-Cap-Ferrat, c’était la révélation. Je me suis dit :  » Ah non, non, là il y a un truc à atteindre, il y a un niveau, il y a un gap entre mon niveau et le niveau des pros. »

Donc là, tu as eu tes premiers sponsors. Comment tu concilies ta pratique avec les études ? Quand tu arrives à ce niveau-là, tu as une 16 ans à peu près ?

J’avais 14 ou 15 ans. Parce que 14 ans, c’était la première année où j’ai fait ce ASA Street Tour. Donc je pense l’année d’après. Voilà, 15 ans. Moi, l’école, ça a été très chaotique depuis le départ. Enfin depuis le collège. J’ai jamais été trop attiré par l’école. J’étais très turbulent. Je passais de conseil de discipline en conseil de discipline. J’ai fait énormément de collèges différents, jusqu’à arriver dans un centre de réinsertion pour jeunes. Pas un truc fermé, mais un truc ouvert, parce que l’école n’a pas réussi à me canaliser. Et donc du coup, j’avais que le sport en tête. Et je te cache pas que j’ai passé pas mal d’après-midi à faire l’école buissonnière, à faire du roller.

Anthony Avella lors de l'ASA de San Diego en 2002
Anthony Avella lors de l’ASA de San Diego en 2002

Ta famille elle en disait quoi à l’époque ?

J’ai eu un schéma familial assez compliqué aussi. Le roller a été vraiment une porte de sortie pour moi. Le discours de mes parents, c’était :  » Cela ne va pas t’apporter à manger. »

Mais en même temps, ils voyaient que j’étais bon. Mon père me laissait donc le choix de continuer de faire du roller. Il mettait en garde en me disant :  » Tu vas pas faire ta vie avec ça. » Parce que c’est vrai que c’est dur. Moi, je m’en rends compte aujourd’hui avec mon fils. Quand je le vois jouer à sa console DS et qu’il ne décolle pas de l’écran, je lui dis :  » ça ne va pas t’apporter à manger ça. » Et il me répond :  » Si. Il y a des concours, les mecs ils gagnent des millions. »
Donc tu vois un peu le schéma.

Et donc, j’étais quand même assez « libre » sur ça, quand je n’étais pas puni. Des fois à l’école, ça ne suivait pas. Mon père, quand même, me bridait un peu et il me faisait travailler en fait. Pour m’empêcher d’aller trop loin dans mes conneries.

Tu nous disais que tu avais fait l’étape de Saint-Jean-Cap-Ferrat ?

Impossible de te dire combien j’ai fait, quel résultat j’ai fait. Il y avait beaucoup de compétitions qui se déroulaient un peu de partout. Je sais que j’ai participé à plein plein plein de petites compétitions dans le sud.

Donc après j’ai été sponsorisé par Rollerblade qui m’a envoyé dans les petites compétitions. Et puis j’ai entendu parler de l’ASA amateur pour passer professionnel. Il y a un petit circuit amateur et si tu réussissais ce circuit là, tu pouvais passer pro l’année d’après. Donc j’ai fait ma première finale. Je me rappelle que c’était en Allemagne. Je crois que d’ailleurs Lamine Fathi en parle dans son dernier post.

Oui, effectivement Lamine Fathi a un parcours un petit peu similaire au tien. Alors lui était parti en Italie pour te qualifier ?

Il avait dû faire un passage par l’Allemagne. Alors je ne sais plus par où je suis passé pour me qualifier. Peut-être que c’était en France. En fait, la première année, pour l’histoire, c’est qu’en Allemagne j’ai raté. Je n’avais pas réussi à me qualifier. Et donc l’année d’après, ils étaient venus deux fois à Paris, il y avait eu la qualif à Paris. Ensuite il y avait encore eu la finale à Vitry-sur-Seine. C’était donc l’année d’après que j’avais réussi à me qualifier pour devenir pro.

Alors tu parles de Vitry-sur-Seine, c’était au mondial du roller en 2000-2001 ?

Je ne sais plus, parce que je suis allé de nombreuses fois à Vitry. Il y a plein de choses qui se mélangent, parce que j’ai tellement fait de voyages.

Les participants au championnat de France de roller street au Rollerparc de Vitry
Les participants au championnat de France de roller street au Rollerparc de Vitry

Là, Anthony Avella, tu disais que Rollerblade avait commencé à te sponsoriser. À quel moment tu est devenu véritablement pro? Comment ça se passe cette transition?

La transition s’est faite quand je suis passé pro à l’ASA. L’année d’après, je pouvais participer aux compétitions pro ASA. Après je sais pas si entre temps j’ai changé de sponsor, parce que Rollerblade m’a suivi pendant un moment. Et ensuite, Salomon a débarqué et m’a intégré dans son team. Avant c’était Rollerblade. C’était Alex Colin, le manager. Et entre temps, il me semble que vers 17-18 ans, j’avais déjà rencontré une personne qui s’appelait Gilles Albuges, un très bon ami, qui lui aussi s’occupait de faire des photos d’ailleurs, pour Roller Saga ou Roller Mag.

Et lui nous a emmené aussi sur pas mal de compétitions, Tignes 1998, Lausanne, ces compétitions-là.

D’abord tu as eu Rollerblade, puis Salomon. Ces sponsors là te payent tes déplacements. Est-ce que tu touches un salaire à ce moment-là ou est-ce que c’est plutôt matériel et déplacement ?

Ouais, je n’ai jamais touché de salaire. C’est pour ça que c’était dur aussi de se dire pro. Je crois qu’il n’y avait que Salomon. Moi je suis arrivé juste après la grosse époque avec du team international. Ils touchaient des vrais salaires. Nous on avait, je sais pas… On devait avoir 200 balles, un truc comme ça, plus du matériel et effectivement des déplacements qui étaient pris en charge.

Salomon Tour 2001
Salomon Tour 2001

Donc ces équipes là te permettent de monter en puissance. Quand est-ce que tu vas réussir à faire des résultats à l’international Anthony Avella ?

Comme tu le disais tout à l’heure, il y avait une sacrée concurrence à l’époque. Après, j’ai fait plusieurs compétitions en Suisse et en Allemagne. J’ai fait pas mal de résultats. Le souvenir que j’ai le plus, c’est ma première fois aux Etats-Unis. On était parti avec l’équipe de France à l’époque, avec Anis Iboulalem, Aktarus, Stéphane Alfano… C’était la première fois que j’arrivais là-bas, que je participais. Et c’est là que j’ai commencé à faire des résultats. Mais je m’étais fixé que sur le half-pipe. Et à partir de là, une fois qu’on avait fait ces compétitions, là ils me disent :

« Oh, tu nous as plus. Tu es qualifié pour les X-Games. »

Et là, voilà, révélation. Parce que mon rêve, quand j’ai commencé le roller c’était de participer aux X-Games. J’avais allumé la télé sur Eurosport et il y avait les X-Games. Je me suis dit :  » Un jour, je serai là-bas.« 

Et donc ça arrivait. J’avais 18 ans…

Anthony Avella aux X-Games à 18 ans
Anthony Avella aux X-Games à 18 ans

Donc, Anthony Avella, c’est 4 ans plus tard que tu as atteint ton objectif…

Oui, ça fait assez court ! Maintenant que j’y repense, c’est court au niveau de timing. Donc ça a été vraiment une révélation, la première fois qu’on a fait les X-Games c’était à Philadelphie. Et après, j’ai réitéré durant les derniers X-Games où il y a eu le roller en 2003, à Los Angeles, au Staple Center. Je me rappellerai toujours. J’étais avec Alfano et je rentre dans le Staple Center. Et là je vois une rampe qui doit faire au moins 54 mètres avec un hip connecté.

Et là je regarde cette scène. Je me dis :  » Comment je vais faire pour faire un run là dedans ? «  Elle était tellement énorme ! Moi, en fait j’ai jamais vraiment eu de big. Chez moi j’ai toujours eu une mini-rampe. Donc je m’entraînais uniquement sur les compétitions… Ou alors des fois, je suis allé au bowl de Marseille. On s’entraînait dans la méga avec Mike Bonassi, Kevin Quintin. On faisait de la big dans la méga. Voilà, c’est comme ça que j’ai appris la rampe. Avec Kevin aussi, beaucoup de fois… La big, ça met longtemps à s’apprivoiser. Avant de savoir décoller au-dessus de la vert’, ce n’est pas un truc où il suffit de claquer des doigts pour réussir.

Oui, c’est un petit peu ce que nous disait Lamine en fait, la première fois qu’il était allé au X-Games. Il s’était pris une claque sur la longueur de vert’ qu’il y avait sur la rampe. Et finalement, c’était complètement surdimensionné par rapport aux modules qu’on avait en France à l’époque. Donc toi, ça t’a fait un peu le même effet j’ai l’impression.

Ben ouais, carrément ! Nous on était sur des standards de rampe qui étaient de 12 mètres, maximum 24 mètres. Et quand on faisait des démos, c’était toujours sur une rampe de 6 mètres de large. Puis là, quand c’était déjà 24 mètres c’était gros, ça commençait à être vraiment des belles rampes. Mais quand t’arrives sur une rampe comme celle des X-Games, c’est comme un tunnel en face de toi ! Tu te dis « waouh, c’est énorme ». Donc voilà, ça va, mais je m’étais vraiment bien débrouillé. J’avais fait quand même un beau run.

Anthony Avalla aux X-Games 2002 à Philadelphie
Anthony Avalla aux X-Games 2002 à Philadelphie

Tu as parlé de l’équipe de France, brièvement. Ça arrive à quel moment ?

À l’époque, j’étais dans le club de Nice, Nice Roller Attitude, qui a beaucoup fait pour le roller freestyle. Il y avait Gilles Albuges aussi qui était dedans. Il me semble qu’il avait été nommé juste après Luc Bourdin. Ou alors ils bossaient ensemble, je ne sais plus vraiment quel positionnement avait l’un ou l’autre. Mais ils étaient ensemble parce qu’on avait déjà fait un stage de préparation à la suite des étapes ASA amateurs. Donc Luc, pas de soucis. Je rencontre Christian Debackère aussi. Enfin, il y avait une petite équipe qui travaillait autour de ça. Tout se passe bien. Ils nous emmènent de partout. Une bonne entente.

Il y avait qui à ce moment-là avec toi en équipe de France, Anthony Avella ?

Il y avait plusieurs personnes. Moi, je te dis, après les déplacements que j’ai faits aux Etats-Unis, je sais qu’il y avait Aktarus, Alfano, Anis et moi pour le voyage. Après, il y a eu d’autres groupes. Moi, des fois je n’étais pas forcément là, mais je sais qu’il y a eu Nicolas Mougin aussi qui était dedans. Quand on faisait les stages, il y avait Willy Heinemann. Je sais pas si tu te rappelles de lui, un gars aussi de Paris. Il y avait Cédric Duchemin, il y avait Olivier Dereux, Mathias Wetchstein.

Il y avait pas mal de monde. A peu près tous les meilleurs français des quatre coins de la France étaient là. En tout cas sur les stages qu’on faisait on était tous là. Il y avait Anna Seal également…

L'équipe de France de roller street en 2003 avec Christian Debackère
L’équipe de France de roller street en 2003 avec Christian Debackère

Je me souviens qu’ils avaient fait la tournée Royal Air Maroc.

Oui, on était partis au Maroc aussi, je m’en rappelle. J’étais allé une fois, peut-être pas la première année où ils avaient fait le tour, mais j’avais participé à la finale du tour, à Agadir.

Anthony Avella - démonstration de l'équipe de France à Agadir en 2002
Anthony Avella – démonstration de l’équipe de France à Agadir en 2002

Oui, c’était en 2002. Ça a été mon premier déplacement avec les équipes de France de l’époque où il y avait le magazine Ride Mag. J’ai souvenir d’avoir un peu de temps là-bas avec les gars, c’était cool. Quel est ton meilleur souvenir de cette période Rampe ?

C’était les X-Games Los Angeles. Pour moi ça a été consécration d’arriver en finale et d’avoir gardé ce souvenir en vidéo. Parce qu’il y a toujours les images. Cela aurait pu se passer autrement parce qu’ils ont voulu me disqualifier. En effet, j’avais un peu pété les plombs sur un résultat qu’ils avaient donné à César Mora. Il était tombé pendant son run et ils l’ont fait passer directement devant moi.

Comme je te dis, à l’époque j’étais assez tendu comme garçon. J’avais pris une bouteille d’eau et je l’avais tirée dans la tête des juges directement. Donc ils avaient voulu me disqualifier, me virer. Mais ça va je suis passé au travers des mailles du filet. Ouais c’était pas évident en terre américaine, face à un américain, ce n’est jamais simple. Surtout quand tu es jeune. J’avais vraiment une autre façon de penser à l’époque. Je me rappelle les premières fois où je suis arrivé à Lausanne. T’avais tous les pros riders de rampe comme Chris Edwards, Paul Molina et d’autres grosses têtes sur la rampe. Et moi j’étais avec Kevin.

Quand je te dis qu’on ponçait la rampe, c’est à dire que les mecs n’avaient même pas le temps de mettre le pied sur le coping ! On était déjà en train de faire des airs, on s’en foutait. Et moi dans ma tête c’était, hé les gars vous vous êtes des pros, vous avez une rampe, vous entraînez toute l’année, moi j’ai rien du tout, donc je prends la place. Et ils pétaient les plombs. C’était trop marrant ! Enfin, quand je repense à tout ça, c’est comme ça qu’on a progressé parce qu’on prenait notre place. Et pro ou pas pro, on s’en foutait. On était là pour rider !

A quel moment cette période rampe s’arrête pour toi Anthony Avella ? En tout cas, en big rampe, parce que je sais qu’après, par la suite, tu as fait quand même pas mal de compétitions, avec de la mini à spine, notamment au FISE.

En fait j’ai fait de tout : j’ai fait du street… parce qu’à la base je commençais par la mini rampe. Mais les premières compétitions, c’était des compétitions de street, avec des tables, des curbs et tout ça. Donc j’ai toujours fait les deux quasiment. Il y a juste eu des périodes où je me suis dit : « cette saison, je préfère ne faire que de la rampe », ou :  » Cette saison, je vais ne faire que du street. » ou alors carrément :  » Je fais tout, je fais les deux. » Donc en fait j’ai toujours tout ridé, que ce soit du bowl, de la rampe, du street, du street, dans la rue j’en ai fait aussi.

Donc ça s’est jamais vraiment arrêté en fait, c’est juste que je prenais ce qu’il y avait, selon le moment, comment je le sentais.

Anthony Avella au FISE en 2005
Anthony Avella au FISE en 2005

T’as un spot qui te tient à coeur particulièrement ? On a parlé de ta rampe, celle que t’as voulu garder. Est-ce qu’il y a d’autres spots comme ça un peu emblématiques que t’adores rouler ?

Aujourd’hui le fait d’avoir monté mon parc, c’est un endroit que j’affectionne, parce que c’est moi qui l’ai créé, qui le développe. Après pas forcément de spot préféré, c’est surtout avec les gens avec qui je vais le faire, qui est le plus important pour moi. Parce que des fois tu vois même je me retrouve dans mon parc, je suis solo, je n’ai pas envie de rouler.

Il suffit que j’ai 2-3 amis à moi qui viennent et là d’un coup ça change le game et puis je m’amuse, ils me sont poussé des ailes, j’en parlais d’ailleurs avec Nicolas Mougin au téléphone et que j’ai croisé assez souvent, je lui ai demandé je sais pas comment tu fais pour te taper des sessions big, mettre ton téléphone, t’envoyer des tricks, le filmer, t’es solo, je sais pas comment il fait, c’est un truc que je suis impossible de faire.

Oui, il est incroyable. Il continue de rouler. Tout mon respect. Mais ça, cette faculté-là de se dire :  » Je vais tout seul sur la big m’envoyer, impossible. J’ai toujours ridé en groupe avec des amis. On s’est toujours tiré vers le haut. Et du coup, de me retrouver solo à rouler, c’est difficile. Donc j’ai pas de spot particulier. Ça fait plusieurs fois que j’appelle Kevin à Marseille, il dit : « Tous les dimanches, viens on se remet à la big ». Moi j’attends que ça, de partager des moments avec les potes.

Donc tu te déplaces pour aller voir les copains, eux ils viennent aussi chez toi? J’ai vu qu’il y avait eu pas mal d’échanges…

Ouais mais en ce moment, c’est vrai qu’avec le boulot et les enfants, j’ai de plus en plus de mal à me déplacer.

Vu que maintenant j’ai mon spot, c’est plus moi qui appelle les collègues pour qu’ils viennent.

Anthony Avella, on a parlé de ta période rampe. En parallèle, tu as fait d’autres activités comme le street. Le street qui t’a sans doute permis d’aller vers le skatecross. Est-ce qu’on peut aborder cette période-là? A quel moment tu découvres le skate cross ?

Le skatecross, c’est Kevin qui me l’a fait découvrir. Kevin a toujours été un peu précurseur des disciplines nouvelles, comme le roller foot. C’est la première fois que je découvre le roller foot, c’est lui qui m’en a parlé. Il me dit « Ouais, on a découvert un truc, du football en roller, c’est quoi ton truc ? » Ils sont partis en Allemagne faire ça.

Pareil, après dans la foulée, est venu le skatecross. Alors j’avais déjà connu à Lausanne avec le border-cross de Salomon. Il y avait Wilfried Rossignol qui avait participé. Moi je n’avais pas trop accroché, ils passaient même sur un bus ! C’était en pleine descente, c’était vraiment un truc assez chaud. Et puis après, en 2011, Kevin se met à fond dedans avec Seba qui fait le circuit de skatecross (WSX).

Les deux titres de champion du monde de skatcrosss d'Anthony Avella
Les deux titres de champion du monde de skatcrosss d’Anthony Avella

Oui, les World Skatecross Series…

Voilà, 2012. Et puis je vois ça, je me dis, ça a l’air pas mal du tout. Je sens qu’au fond de moi j’ai un très bon départ, une très bonne accélération. Parce que quand j’avais passé ma première fois mon brevet d’état, il fallait mixer la pratique freeskate, c’est-à-dire le slalom et le street.

Et donc, j’étais parti dans un club où il y avait des mecs qui faisaient du slalom vitesse, tu vois. Et quand la première fois, ils m’ont vu démarrer en accélération, ils ont halluciné. Pour moi, c’est normal d’accélérer entre les modules, passer d’un module à l’autre. Donc, je me prends au jeu et je fais un petit branchage sur un groupe où ils étaient tous, les gars du skatecros, j’ai dit :  » Les gars, préparez-vous, 2013 j’arrive et je gagne tout. »
Et ça rigole un peu, tu vois.

Et en 2013, je me mets à fond dedans et je fais toutes les étapes. Puis je gagne à la fin.

Oui tu fais champion du monde de skatecross en 2013. Tu te retrouves à faire un deuxième titre… c’est l’année d’après ?

Ouais c’est ça, en 2014. Sur la même dynamique. Je me disais :  » Tu l’as fait une fois, il va falloir confirmer et le refaire une deuxième fois. »

Et donc je pars dans la dans la même optique de compétition. Et c’est pareil. J’y arrive, ça me demande beaucoup d’efforts, puis le niveau augmente aussi de plus en plus. Je dois avoir un sacré mental, tu sais pour déjà y arriver une fois et puis une deuxième fois.

« Quand je vois des mecs comme Florian Petitcollin qui enchaînent d’année en année les titres, ça demande un mental et un entraînement hors norme. »

Anthony Avella

C’est clair que ce n’est pas facile. Florian est un gros travailleur, un forçat. Quand tu le vois bosser, en plus il combine à la fois la hauteur pure et le skatecross.

Mais tu vois il y est vraiment allé par étapes. C’est à dire qu’il est arrivé vraiment en découverte. Et puis après quand il a vu qu’il pouvait être bon, il s’est mis au travail. C’est un gros travailleur.

D’ailleurs lui, il est un peu comme toi, il a un départ canon. Après il est hyper technique sur les modules, mais c’est vrai qu’il démarre très très fort. Ouais, il a une grosse accélération.

En tout cas, moi j’ai vu le gap quand je l’ai rencontré, je crois que c’était en 2014 ou 2015. Je le croise deux fois pendant que je fais les compétitions. Et après je le recroise, il y a deux ans ou l’an dernier. Je le vois, je le suis sur le parcours et il y a eu un gap. Le mec est passé du bas à tout en haut. Mais quand je dis tout en haut, à Lyon, quand tu mets déjà une seconde à tout le monde sur ton chrono c’est bien que t’as du niveau.

Tu roulais avec quoi toi comme matos sur le skate cross Anthony Avella ?

En skatecross, je roulais déjà en roues de 80 mm. Moi j’étais un des seuls à rouler en roues de 80 mm. Au tout début tout le monde roulait en 84. Il y en avait un peu en 90 de diamètre. Mais moi je préférais les 80 mm pour les relances très rapides. Cela correspondait plus à ma façon de patiner. D’autre part, les parcours étaient faits un peu pour ça. Après, on a découvert les trois roues. Je me rappelle c’était avec Marc Frémont, on était à Rennes.

Donc, je fais mon parcours de qualification pour les chronos. Je vois que je suis dixième ou un truc comme ça. Alors que j’envoie la sauce ! Après, il me dit :  » Tu devrais essayer les trois roues, il y a vraiment une différence avec les trois roues. » Je me dis bon, ok. Je suis parti au stand FR / Seba. J’ai pris une platine trois roues. Du coup, j’ai enchaîné la compétition avec les 3 roues. Et je crois que je sors deuxième ou troisième de cette compétition avec les 3 roues.

Anthony Avella et Kevin Quintin en skatecross à Shanghaï en 2013
Anthony Avella et Kevin Quintin en skatecross à Shanghaï en 2013

Le temps d’adaptation a été plutôt rapide !

Ouais, bon après c’est vrai que tu as un changement un peu de position et d’appui sur les 3 roues. Mais c’est vrai que ça allait beaucoup plus vite. Alors maintenant quand je vois par exemple Florian Petitcollin qui est en 4×100, je suis admiratif… Et puis même les petites chaussures basses, le fait de ne pas avoir les chevilles fixées, il y en a de plus en plus qui se mettent à ça.

Qu’est-ce que tu penses de ce compromis Anthony Avella ?

Je ne sais pas, je n’ai pas essayé. Mais il y a une différence au niveau matos. Il est vraiment sur des patins de course alors que la plupart des gens roulent avec des patins freeride qui ont un petit peu plus de maintien. Lui, il passe les modules avec des patins bas. Il y a Yohan Fort aussi qui a ce genre de patins aussi. Pour moi, pour le moment, quand je les vois, je me dis « Wouah, impossible, j’ai trop peur de me péter la cheville. »

Anthony Avella en skatecross à Barcelone - photo : Anthony Finocchiaro
Anthony Avella en skatecross à Barcelone – photo : Anthony Finocchiaro

C’est clair… Donc en parallèle, tout à l’heure, tu parlais du roller soccer, du roller foot. C’est Kevin qui t’a un petit peu mis là-dedans aussi avec Marseille ?

Oui, en fait, ça part de quasiment de là, d’avoir monté mon club. Il m’appelle un après-midi et me dit :  » Viens avec deux ou trois gars, on se fait une partie de roller-soccer. »

Ils revenaient d’Allemagne après leur première Coupe du monde des clubs. Et donc du coup pareil, on part à Marseille avec les collègues et puis on se fait un match classique. Je kiffe. Moi j’ai toujours joué au foot comme ça avec les potes. Et donc je me suis tellement pris au jeu et j’ai tellement kiffé que je me suis dit qu’il fallait monter un club. Donc là, on est en 2005/2006. Je rentre et puis je fonde mon club avec pour dans le but d’avoir une équipe de roller foot toulonnaise. Voilà comment l’histoire a commencé.

Alors Anthony Avella, RSCT c’est 2006 a priori avant il y avait Utopie ?

Ouais en fait 2006 c’était ça, Utopie. On était parti dans un délire assez vaste en fait. Parce que tu sais, quand tu commences une asso, t’as beaucoup beaucoup de gens qui sont autour, qui lancent plein d’idées, donc on était parti sur des trucs super larges. Concept festival, puis tout se mélangait : les arts urbains, enfin tout ce qu’on connaissait, graffiti, skate, roller, BMX. Donc on a commencé comme ça. Et puis Utopie, c’était jouer avec les mots et de se dire c’est un rêve mais c’est une réalité. De transformer le rêve en réalité. Après j’ai changé de nom parce qu’il fallait que je me recentre un peu. Et en plus je m’étais professionnalisé. J’avais passé mon BE.

Entre temps j’ai fait une pige d’un an à AMSCAS où j’avais travaillé aussi, en tant qu’éducateur sportif. En revenant, il fallait que je professionnalise un peu plus l’image. À l’époque, vu qu’il y avait le Rugby Club Toulonnais qui montait très fort et qui avait un fort impact médiatique, j’ai voulu jouer sur les mots. Donc j’ai transformé en Roller Sport Club Toulonnais RSCT. A partir de là, j’ai commencé à constituer mes écoles de roller, à avoir mon équipe de roller foot. C’est à cette époque-là. Donc 2011, quand je suis rentré d’AMSCAS.

Oui, AMSCAS j’avais trouvé 2011 et 2012 comme date…

Ouais, et après, quand mon premier fils est né, j’ai fait encore quelques mois. Et puis après j’ai arrêté, je suis rentré. Je me suis concentré uniquement sur sur mon club. On est sur du roller soccer.

Et comment se passent les compétitions de roller soccer ? Comment vous arrivez au titre ? Parce qu’à l’époque tu as Marseille qui est extrêmement costaud, qui pousse un peu la scène française. Comment toi, en si peu de temps, tu arrives à monter une équipe qui finira championne du monde ?

Alors si peu de temps… Là cette fois-ci, ça a mis du temps. Et ça a été compliqué au tout début. Déjà, pour faire du roller foot, il faut savoir faire du roller. J’ai eu très peu de personnes qui sont venues du foot qui sont restées dans l’équipe. Déjà, c’était une lacune, parce que comparé à Marseille, les Marseillais, le football, c’est dans leurs gènes.

Et donc nous, à l’époque, on nous appelait les bouchers. Les bouchers parce que c’est ce qu’on était en fait. On ne savait pas jouer au foot. Mais par contre on était des vaillants. On ne reculait jamais. S’il fallait tout déblayer, on déblayait tout. Donc on s’est pris des valises et des valises, des valises. Plein de fois on allait à Marseille et on repartait avec des 10-0, des 10-1, des 10-2. Dès qu’on marquait un but, on était content de ne pas rentrer fanny. Donc après, on participe à la première Coupe du Monde des clubs qui était à Paris en 2007. C’était organisé par Planet Roller.

Match de roller soccer contre l'équipe de Marseille
Match de roller soccer contre l’équipe de Marseille

Oui, par Claire Léonard effectivement…

Exactement. Donc pareil, on monte là-bas, on fait cette compétition, je crois qu’on finit 4e ou 5e du plateau. Je suis élu parmi les meilleurs joueurs. Enfin, je fais partie des meilleurs joueurs de la Coupe. Je crois que deux ans après, 2009, on monte en Belgique. Et je crois qu’on arrive jusqu’en demi-finale. Après on en fait une autre, donc Amsterdam. On fait Amsterdam.

Quand-est-ce que votre niveau est vraiment monté, Anthony Avella ?

Notre niveau il a changé quand Sabri Ali Messaoud de l’équipe d’AMSCAS est venu à Toulon. C’est lui vraiment qui a posé le jeu. Je lui ai délégué l’entraînement. Déjà, c’est lui qui est venu me voir, il m’a dit :  » Moi j’ai un projet pour Toulon, je veux venir parce que je vois que vous avez une bonne équipe. »

L’ambiance dans l’équipe d’AMSCAS ne lui convenait plus. Donc il avait besoin d’un nouveau challenge. Et je lui ai dit :  » Ben carrément, t’as l’expérience, t’as ce qu’il faut, t’as du ballon… »

Son père était un ancien pro de football. C’était la personne qu’il nous fallait pour développer ça. Il est arrivé à Toulon. Il a commencé à prendre en charge les entraînements. Puis, il a appris à toute l’équipe ce qu’était le ballon. Le roller, on l’avait tous, il ne manquait que le ballon. A partir de là, la physionomie et la tête de l’équipe ont vraiment changé. En 2013, on monte à Amsterdam.

Equipe de roller foot de Toulon
Equipe de roller foot de Toulon

Oui, à Zamdam…

Voilà, Zamdam. On fait la compétition et on perd en finale contre Amsterdam à 1-0 ou un truc comme ça.

Oui exactement 1-0.

Voilà, donc à la suite de ça, on s’est dit que vu qu’à chaque fois qu’on participait à une coupe du monde on grattait des places et qu’on montait, il fallait qu’on l’organise à Toulon en 2015. Et c’est accepté. C’est la première fois que ça se déroule en extérieur. Parce que d’habitude, c’est tout le temps en intérieur. Mais je mets en avant le fait qu’à Toulon, on a 265 jours de soleil par an. En été, c’est très rare qu’il pleuve. Et donc on pose ça du 25 au 28 ou 29 août 2015.

Et donc là en finale vous rencontrez les Phoenix Roller Foot de Marseille et vous gagnez 3-2…

Ouais c’est ça ! En prolongation. t’as le but de la délivrance de Sabri sur une faute. Sur un coup franc, il pose tout de suite le ballon et tire, ça part direct dans le petit filet et il reste une minute de jeu.

Et là, durant la minute de jeu, je crois qu’il y a une grosse contre-attaque. C’est Kevin qui tape. Le ballon part direct dans notre cage, mais il tape juste la transversale. Et puis là l’arbitre arrête le jeu. Et délivrance ! On y arrive enfin !

 » Le titre en roller foot, je crois que c’est le plus beau truc que j’ai vécu sportivement avec mes titres de champion du monde de skatecross. Mais celui-là, il reste particulier dans ma mémoire. Le fait que ce soit du collectif. Et puis je suis passé par tous les stades, l’ascenseur émotionnel, j’ai mon père qui est mort le premier jour de la compétition. Et donc voilà, je suis descendu tout en bas pour vivre un truc collectif et remonter tout en haut. »

Anthony Avella

J’arrive pas à regarder les images du match de la finale sans verser une larme. Et je n’arrive pas jusqu’à la fin, j’y arrive pas. Même encore aujourd’hui. Trop de choses sont associées à ça.

Anthony Avella et Sabri Ali Messaoud (équipe de roller foot de Toulon)
Anthony Avella et Sabri Ali Messaoud (équipe de roller foot de Toulon)

Après Anthony Avella, on va dire que tu glisses vers le Red Bull Crashed Ice. Tu fais deux étapes a priori…

Ouais, en fait, c’est en 2013 je crois ou 2014. Je rencontre Jim DePaoli, qui est un rider qui faisait du skatecross et le Crashed Ice. Je regarde le truc à la télé et je me dis :  » Bon, ça ressemble au skatecross « . Et puis il me propose de m’inviter sur une étape. Je suis d’accord pour tester. Mais je ne savais pas faire de patin à glace ! Je suis allé 3-4 fois sur une patinoire, je ne savais freiner que dans un sens. J’ai fait une vidéo vite fait pour montrer ce que je savais faire en patin. Il y avait quelques trucs qui ressemblaient au roller. Mais derrière, c’est Daniel Molinari qui me donne une paire de patins à glace, des Bauer de hockey.

Cela ne devait pas être simple de changer de milieu et de type de surface de glisse…

Moi je ne comprenais rien du tout. Je pars en Finlande tout seul, je prends l’avion. Alors moi le mec du sud, on n’a jamais la neige ici ! Jamais de glace, ni rien. J’arrive là-bas en mode « Rasta Roquette ». Il fait moins 20°C. 5 heures du matin, premier réveil. Tu te retrouves dans un vestiaire avec que des Golgothes. Et tu vois, je suis en train de me changer, je vois les frères Croxall, Scott et Carl, comme ça, là. Ce sont deux montagnes canadiennes. Et puis là je me dis :  » Putain, si je regarde tout autour de moi, si y’en a un qui t’emplâtre dans la barrière, dans un virage, je vole ! « 

T’as les mecs comme le champion du monde Derek Wedge là. Un mec super bonheur open et tout. Il me voit et il me dit : « Ah, je t’ai vu ! C’est toi le champion du monde de skatecross ? » Et d’un coup il baisse la tête, il regarde les patins que Danny m’avait filés, il me dit « Ouah la la, les antiquités ! » Je lui répond « ah ouais, comment ça ? »

Ton matos était vraiment hors d’âge ?

Oui, le gars montre mes patins à tous ses potes. C’est comme si je m’étais ramené avec une paire de Poppy en roller, tu vois. Et du coup, moi je suis là, et après je les vois tous passer. Je les vois tous affuter leurs lames avec la machine. Je vois des numéros, des trucs de correspondance, mordant / pas mordant, je vois un lièvre, une tortue, je comprends rien du tout. Du coup, je regarde un peu à droite à gauche. On m’explique que c’est pour accrocher dans les virages.

Et puis je les regarde, je me rappelle et je leur répond :  » De toute façon, ça va glisser, donc bon je m’en fous ! «  Et donc, je mets tout mon équipement, tout mon barda et puis là je pars. T’as même pas une patinoire pour t’échauffer, ni rien. Ils t’emmènent tout en haut de la piste et là c’est un mur de glace !

Alors, ça a donné quoi ?

En plus la piste que j’avais faite était vraiment compliquée pour les débutants. Je me suis pris des pelles. Mais quand je te dis la première descente que je fais, il est 6h30 du matin. T’as 3 essais avant de faire le time-trial et la première descente. Je ne fais que flipper de haut en bas. Du début de la course jusqu’en bas, je tmobe. A chaque fois que je me relève, je prends un virage, je me démonte, je rentre dans les barrières. Je fais le flippé, j’arrive en bas. J’ai les larmes aux yeux, tellement je suis à deux doigts de criser des nerfs !

Je me dis :

 » Mais qu’est-ce que tu fais là, sérieux ? qu’est-ce que tu fais là ? tu vas crever ! « 

Anthony Avella

Alors, je remonte une deuxième fois, deuxième fois je descends, je tombe deux trois fois, je vois que ça s’améliore un peu, et là le temps il passe en fait, et le temps que je remonte, il me dit déjà, c’est ton time trial, c’est à toi de passer.

Je leur dis :  » Ah mais les gars j’ai juste eu le temps de faire deux essais ! « 
Ils me répondent :  » Ouais, mais là c’est trop tard, il faut partir. « 

Et ensuite ?

Et donc mon time trial, je le fais par miracle. Je ne tombe pas. Mais attention, je descends vraiment comme un débutant. Et j’arrive en bas, je fais mon freinage et là, j’ai la platine du patin à glace qui se pète direct ! Le plastique était trop vieux en fait. J’ai eu un choc thermique et du coup ça s’arrête là. Je fais trois descentes et hop, je repars à la maison ! Je dis que je ne peux pas en rester là quand même. Il faut que je change de matériel.

Donc je m’achète du bon matos. Je prends vraiment de bons patins avec des lames bien larges, comme ils préconisaient. Puis, je repars à Moscou pour une autre étape. Et là, ça s’est quand même mieux passé. Je commence à mieux gérer et j’arrive jusqu’aux premières courses de qualifications. Je fais les repêchages, je démarre, je fais la course de qualification, mais dans un virage, je prends un virage et je me tords le genou. Sans doute une entorse. Donc je peux pas terminer la course. Je saute par-dessus les barrières et j’arrête. Mon objectif était le Crashed-Ice. Si j’avais été bon tout de suite, j’aurais continué. Mais cela allait demander trop d’efforts. Donc bon, je suis passé à autre chose et j’ai arrêté. Vu que j’avais déjà dépensé pas mal de pognon pour partir en Finlande et puis Moscou, j’ai arrêté l’histoire là.

Redbull Crashed Ice Russie
Redbull Crashed Ice Russie

Oui, c’est quand même une expérience qui t’a enrichie, Anthony Avella ?

Ouais carrément ! Et puis découvrir ce sport, la manière dont ils montent l’événement. Mais moi, j’aurais rêvé qu’il n’y ait pas de glace sur ces pistes. Parce que quand tu vois l’investissement qu’ils font… Et quand la piste est montée, avant d’être glacée, tu vois les serpentins. C’est vraiment une piste que tu peux rouler en roller et ça serait énorme ! D’ailleurs il y en a une en Russie qui est comme ça. L’été, elle est en « mode bois ». Et puis l’hiver, ils la recouvrent de glace. En fait, ma perspective était d’essayer de les attirer plus sur le roller et d’arrêter de mettre la glace sur leur piste.

On va basculer un petit peu sur la partie club, mais avant je voudrais quand même qu’on parle de tes engagements avec la fédération. En effet, à partir de 2009, tu t’es engagé en tant qu’entraîneur…

Oui, entraîneur de l’équipe de France et sélectionneur. Et bien en fait, on me propose le poste. A l’époque, c’était Monic Hémar la Présidente. Il y avait aussi Eric Ferrando. Du coup, on me propose ce poste-là : de sélectionner, de m’occuper de l’équipe de France. Et j’accepte, naturellement ! Alors que je faisais toujours de la compétition, j’étais quand même toujours à un bon niveau. Je me dis qu’il y a un circuit qui est là, qui est posé, avec un classement mondial, donc allons-y. Et je commence cette expérience-là.

Tu la continues encore aujourd’hui, ou comment ça se passe ?

Non, je l’ai fait de 2009 jusqu’à 2012, 2013. Aujourd’hui, non, je ne suis plus dedans, ça fait un moment. En fait, cette première expérience en tant que manager, sélectionneur, c’était une expérience humaine très enrichissante à gérer. Il faut composer avec des athlètes, avec de fortes de personnalités, gérer de la logistique, les voyages, les résultats. Je faisais aussi des vidéos, des photos… je faisais tout ! Et donc j’en garde un bon souvenir en tout cas.

Pour revenir aux clubs, tu disais que tu avais fréquenté Nice Roller Attitude vers 2004 et avant, ou encore AMSCAS en 2011-2012. Et puis tu avais aussi monté Utopie, RSCT. Aujourd’hui, tu as Metropole Glisse / M-Glisse. Comment as-tu fait évoluer tes projets au fil du temps ?

Comme je te disais tout à l’heure, Utopie… En fait, j’avais une vision déjà qui était là avec cette fameuse rampe où j’ai débuté, que j’ai démonté, que j’ai stocké dans un terrain pendant des années. Et ma vision c’était vraiment d’avoir mon skatepark, de le créer en partant de cette base de mini rampe que j’avais. Et puis après c’était toujours ce mot dans la tête, c’était un rêve, une réalité.

Quels ont été les facteurs de changement ?

Je ne rêvais que des X-Games. j’ai réalisé ce rêve, j’y suis allé. Donc c’était toujours dans cette continuité là. Après professionnellement parlant, j’ai dû changer de nom parce que Utopie c’était pas assez pro en tout cas au niveau professionnel, démarchage, crédibilité. Donc ça on l’a gardé dans le cœur. Et du coup j’ai décidé Roller Sport Club Toulonnais. Récemment, j’ai voulu changer parce que le club se développe de plus en plus. Et puis on est plus sur un club en tout cas métropolitain puisqu’on intervient dans plusieurs villes de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée, on est sur Carqueiranne, Toulon, La Crau. Donc on a une vision à se développer sur toute la métropole et au-delà.

Et donc vu qu’on a eu l’opportunité d’avoir un superbe site sportif qui s’appelle le Vallon du Soleil dans la commune de La Crau, qui appartient à la métropole TPM, avec le directeur des sports de la ville, je me suis dis que j’aimerais bien changer d’image de club, de code couleur. Parce que là, on prend une autre dimension. En tout cas on est plus sur une dimension uniquement toulonnaise, on est vraiment sur une dimension de métropole. Donc j’ai appelé ça Métropole Glisse avec un diminutif de M Glisse parce que j’aime la glisse. On l’a changé récemment, l’année dernière et je suis tout à fait content.

L'équipe de France de roller street avec Gilles Albuge
L’équipe de France de roller street avec Gilles Albuge

Là tu disais que tu avais stocké la rampe pendant un petit moment. Donc tu as monté ton skatepark finalement. Comment ça s’est passé pour trouver du terrain ? Parce que mettre un skatepark il faut un enrobé qui roule bien, il faut de la surface. La mairie t’a fini d’un coup de main ?

Alors ce n’est pas la mairie, c’est la métropole Toulon-Provence-Méditerranée. En fait, il y a un site, un grand site sportif, qui s’appelle Vallon du Soleil qu’ils ont mis à disposition. Il y avait beaucoup de terrains abandonnés. Parce qu’avant c’était un ancien centre d’entraînement où Yannick Noah donnait des cours. Il y avait plein de terrains de tennis. Avec le temps, le site a été abandonné. Et puis, il y avait des carrés entiers grillagés mais qui étaient remplis de hautes herbes et qui étaient à l’abandon. Donc on a proposé comme projet, conjointement avec la métropole en visite sur site, de construire une aire de glisse et de développer les sports de glisse sur ce site.

Donc le projet est simple : nous investissions dans les infrastructures et la métropole nous mettait le terrain à disposition. Il fallait juste couler une dalle de béton. La métropole a coulé une belle dalle. Après on a investi, on a remonté la première rampe. Puis, on en a rajouté d’autres. On a mis une big rampe et on a acheté un airbag.

Comment tu as trouvé les financements ?

Le travail !

T’as bossé, t’as utilisé tes économies ?

Pas mes économies personnelles, c’est l’argent de l’association, c’est énormément de cours. On me donne des cours toute l’année et cela fait des années que je n’ai pas de vacances. Je ne sais même pas combien de fois j’ai réussi à prendre une semaine quelque part. Une semaine par ci, une semaine par là. Mais sinon je n’ai pas de vacances.

Depuis le COVID19, j’ai travaillé pendant 3 ans d’affilée, en tant que veilleur de nuit aussi. J’avais un double boulot, je travaillais la nuit plus le jour. Je faisais du 22h00 à 7h00 du matin. Et après j’enchaînais directement ma journée. Comme je t’ai dit, c’est beaucoup de travail, beaucoup de cours. Et le skatepark a donc été financé sur fonds propres. Ce ne sont même pas des subventions qui nous ont financées. On a tout financé sur fonds propres. C’est quand même un gros boulot dans le temps.

Et aujourd’hui, Anthony Avella, tu arrives à vivre de ton activité finalement…

Ça fait plusieurs années que je suis embauché dans ma structure et que j’emploie aussi d’autres personnes en contrat CDI 35 heures. Donc on est tous employés de l’association. A l’heure actuelle, on est deux avec Jonathan, un jeune que j’ai formé dans le club. Je l’ai connu tout petit. Et maintenant, il a passé plusieurs étapes jusqu’à avoir son premier diplôme et que je l’ai embauché.

Donc ouais, ça y est, t’as un petit peu fait mentir tes parents et t’as réussi à vivre de ton sport. Ça c’est cool…

Ouais carrément !

L'école de glisse
L’école de glisse

Anthony Avella, une question traditionnelle, on touche bientôt à la fin de l’interview. Qui est-ce que tu aimerais qu’on invite au micro pour parler de sa vie roller et son passé roller ?

Alors, je sais pas si vous avez déjà invité Kevin Quintin ou pas encore. Après il y a d’autres personnes aussi qui m’ont plus inspiré et qui mérite d’avoir vraiment une interview. Kevin, t’as vu ce qu’il fait en ce moment ? Il a fait le record de 42 km dans le bowl de Marseill, il a fait le double marathon roller et course à pied à Berlin. Je sais pas comment il fait ! On a fait les lièvres pour lui dans le bowl. J’ai fait 2 tours et j’étais cramé ! Lui, il a enchaîné je ne sais pas combien, une centaine de tours. Donc c’est un sportif hors normes.

Je verrais donc bien une interview de sa part, parce qu’en plus il a une ancienneté. Il a commencé très tôt et il a beaucoup de choses à dire aussi.

Ce sera avec plaisir qu’on invitera Kevin au micro, effectivement avec un énorme passé en roller, l’enfant du bol de Marseille comme on l’appelle souvent…

C’est ça. Et puis pareil, il a aussi un passif lui aussi dans le roller soccer, il a roulé pas mal avec Rollerblade. Il a fait de l’endurance avec des solos au Mans. C’est un précurseur de nouvelles pratiques.

Après si je l’écoute, je ne vais plus m’en sortir, donc je ne suis jamais allé avec lui faire ses traversées de Marseille-Strasbourg ou ses autres grosses randonnées. Et je n’ai jamais fait les descentes dans les pistes de Bobsleigh aussi. Il a essayé de me chauffer mais j’ai dit qu’on verrait plus tard. Donc voilà, je sais qu’il va lire ce truc. Alors Kevin, le dimanche matin, rendez-vous de 10h00 à 13h00. Je t’attends sur la rampe !

Dernière partie de ce podcast roller et question traditionnelle avec la tribune libre. Donc si tu as envie d’ajouter quelque chose qui te tient à coeur et dont on n’a pas parlé, voilà le micro est à toi Anthony Avella !

Je vois 2-3 petits trucs qui me chagrinent un peu dans le roller. En fait, il faut garder l’esprit roller, il faut le garder libre et ne pas le politiser, surtout ne pas le politiser. Parce qu’à l’heure actuelle, je vois des choses qui me dérangent. Je vais pas m’étaler, mais ça me dérange qu’on utilise ce moyen d’expression libre, cette sensation de liberté pour politiser certaines choses. Donc voilà, je profite de cette tribune unique pour le dire.

J’ai encore, la semaine dernière, une de mes élèves, une toute jeune élève nouvelle à qui j’apprends à descendre les modules et qui, à la fin de son passage sur le module, se retourne avec des grands yeux. Elle me regarde et me dit « Waouh, je me sens libre ». C’est ce que me procure le roller. Et c’est pour ça qu’on a tous commencé ce sport et qu’on continue. C’est parce qu’on a vraiment ce sentiment de liberté, ce moyen de locomotion qui est différent de la marche à pied ou du vélo. Et ça c’est le plus important ! De garder cet esprit-là et se souvenir de pourquoi on fait du roller. Et ne pas le détourner pour des choses qui à ce jour n’ont pas forcément de sens.

Session street à Toulon
Session street à Toulon

Alexandre : Je te remercie pour ces mots. Cela a été vraiment plaisir de prendre le temps avec toi. On a toujours suivi ton parcours, tes résultats ou tes classements. Mais on n’avait jamais pris le temps de faire une vraie interview, donc c’était important de le faire.

Moi aussi je veux te remercier pour tout l’investissement que tu as depuis toutes ces années dans le roller et le fait de garder toutes ces archives et l’historique. Parce que c’est du gros boulot et on en a besoin pour l’histoire de notre sport. Des fois je lis des interviews ou des passages que tu fais avec des gars dont je n’ai jamais entendu parler. Ça rappelle au combien on est petit malgré tout ce qu’on a pu faire avant et qu’il y aura toujours des gens avant nous et il y aura toujours des gens après nous et ça fait plaisir.

Pour aller plus loin

Son compte Facebook

Le site de son club

Auteur

Alexandre Chartier

''alfathor''

Alexandre est le fondateur et webmaster de rollerenligne.com depuis 2003. C'est un passionné de roller en général, tant en patin traditionnel qu'en roller en ligne. Il aime le patinage à roulettes sous tous ses aspects : histoire, économie, sociologie, évolution technologique... Aspirine et/ou café recommandés si vous abordez un de ces sujets !

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