Interview de Nolan Beddiaf (EOSkates World Team)

Nolan Beddiaf est progressivement monté en puissance jusqu’en 2017 où il décroche plusieurs titres de champion d’Europe et un titre de Champion du Monde. Au fil des années, le patineur du RILL Lamballe est devenu l’un des piliers de l’équipe de France. Rencontre…

interview nolan beddiaf 2019 05

L’interview de Nolan en vidéo

Nolan dans le texte

Bonjour, je suis Nolan Beddiaf, membre du club de Roller Inline Lamballe en Bretagne, pensionnaire de l’équipe EOSkates depuis maintenant 7 ans. Je suis double Champion du Monde et double Champion d’Europe en 2017, médaillé mondial en 2018 et en quête d’un nouveau titre en 2019.

Comment as-tu débuté le roller ?

J’ai démarré le roller grâce à une ami d’enfance. J’étais avec elle à un cours fin juin, où on peut inviter un copain. J’ai tout de suite accroché et les gens du club ne m’ont pas lâché. Ils m’ont dit : « il faut que tu reviennes en septembre ». C’est comme ça que l’aventure a commencé, il y a 20 ans déjà. J’avais 8 ou 9 ans.

Qu’est-ce qui t’a fait aller vers la course plutôt que vers une autre discipline ?

J’aimais faire la course avec les autres. C’était comme une évidence. En plus, je ne connaissais pas les autres disciplines et le club ne faisait que ça.

Tu as testé d’autres disciplines du roller ?

Oui, en loisir, pour le fun, avec des copains, comme le roller hockey et le rink hockey, mais jamais en compétition.

Nolan Beddiaf - (photo : Youb Solo pour mediaskates.com)

Qu’est-ce qui t’a le plus séduit dans le patinage de vitesse ?

La vitesse bien évidemment, quand on arrive à prendre des hautes vitesses, vent dans le dos, avec des faux plats descendants, c’est grisant. L’atmosphère autour des compétitions également, comme aux 3 Pistes, quand on est dans la cuve…

A quel moment as-tu fait tes premiers résultats ?

Nolan Beddiaf, papa depuis 2017Jeune j’étais assez tranquille. J’ai fait quelques titres Européens, mais ça n’a jamais trop compté selon moi. Je faisais ça parce que j’avais la chance d’en faire.

Quand je suis parti à côté de Toulouse, pour l’école, j’ai commencé à m’entraîner plus sérieusement avec un groupe assez costaud, des gens plus forts. Je suis rentré dans une équipe professionnelle qui était RPM Poli. Quand les gens comptent sur toi, il faut leur rendre leur confiance. J’ai essayé d’être le plus fort possible. C’est là que je m’y suis vraiment mis et que je me suis entraîné dur.

Tu es monté en puissance progressivement. Quel a été le déclic ?

J’ai mis du temps à être performant. J’ai appris dans l’ombre de grands patineurs comme Alexis Contin et Ewen Fernandez. J’arrivais à courir les Championnats d’Europe parce que 3 personnes étaient sélectionnées mais dès qu’on arrivait aux Championnats du Monde où seulement 2 personnes sont retenues, ça devenait plus compliqué. J’étais le 3e dans la hiérarchie. Je n’ai jamais eu trop ma place.

Puis, à un moment donné, il y a eu des désistements et le fait que ma place est venue. Au départ, ça a été vraiment horrible lors des premiers courses, ça a été un peu dur. Puis au fil des courses, j’ai pu montrer que j’étais un maillon fort, sur la route notamment. Maintenant, je ne suis plus un choix par défaut mais un choix avéré pour le sélectionneur. Tous les ans, j’essaie de regagner ma place, comme tout le monde…

Tu as sans doute aussi gagné en maturité…

Oui, le fait d’être devenu papa, d’avoir pris un gros coup dur en 2017 avec le décès de mon père et une double fracture au poignet qui m’a éloignée des pistes pendant un mois, ça forge. On apprend à être patient. On se rend compte de la chance qu’on a de faire du sport comme ça. On prend les choses plus sereinement, parce qu’on se dit que si c’est arrivé, ce n’était pas pour rien. Les choses ne viennent cependant pas toutes seules. J’avais travaillé, c’est arrivé parce que ça devait arriver.

2017 a vraiment été une année charnière pour toi…

Oui, beaucoup de monde parle du titre mondial parce que c’est la plus haute distinction, mais moi je m’arrête beaucoup plus sur le Championnat d’Europe 2017 à Lagos (Portugal) deux mois avant où je prend deux titres en individuel, deux médailles en équipe et une autre médaille en individuel derrière Bart Swings sur marathon. Je pense que ce marathon-là m’a fait passer un cap. Il m’a vraiment permis de prendre confiance en moi et d’arriver aux Championnats du Monde déterminé. Quelques pointures faisaient l’impasse par rapport aux Jeux Olympiques. J’en ai profité pour prendre les titres.

Tu as aussi gagné en confiance…

Oui, ce n’est pas évident de s’affirmer quand on n’a pas de gros succès de référence. Je suis plus du genre à attendre que mon heure vienne. J’ai eu ma chance, ça m’a souri directement, sans doute aussi parce que j’étais prêt. Je n’ai pas été lâché comme ça dans l’arène. Tout ça réuni a fait que ça a marché.

Nolan Beddiaf - (photo : Youb Solo pour mediaskates.com)

Quelle est ta profession ?

Je suis coureur professionnel et aussi entraîneur à côté. J’ai la chance de vivre de ma passion. c’est quelque chose d’énorme. Je fais quelques stages, du temps périscolaire. A côté, je m’entraîne et je cours pour la marque EOSkates. Quand les sélections sont là, je me donne à fond pour l’équipe de France.

Comment s’est passée ton entrée chez EOSkates ?

Nolan Beddiaf, vainqueur des 3 Piste 2017L’équipe RPM Poli, chez laquelle j’ai roulé jusqu’en 2012 s’arrêtait. Le sponsor principal avait décidé d’arrêter. Laetitia Lebihan m’a recommandé auprès de Daniel Busser, d’EOSkates, pour entrer dans l’équipe. A partir de là, j’ai fait mes armes auprès de Yann Guyader, Fabio Francolini au début, puis Ewen Fernandez. Nos niveaux étaient proches. Ewen est parti. Naturellement, je suis devenu un leader avec Paxti Peula Cabello. Aujourd’hui, je suis avec des jeunes pousses [NDLR : Martin Ferrié et Flavien Foucher], c’est à moi d’être devant, de montrer l’exemple. J’espère encore le faire pendant une année ou deux sur les courses classiques et peut être un peu plus longtemps sur les marathons.

Quels sont tes objectifs pour la saison ?

Les World Roller Games à Barcelone (Espagne), ça va être vraiment un événement énorme J’ai à coeur de reconquérir un titre, que ce soit sur route ou sur piste. J’y vais avec cet objectif. Si je n’y arrive pas, on verra ce qui a été bon ou pas bon. Pour l’instant, la préparation d’hiver a été bonne, je suis assez confiant.

Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

Ma première victoire sur marathon, avec RPM Poli en 2008, 10 ans déjà ! ça a été une victoire importante. Ensuite, il y a mon premier titre de Champion de France où je gagne la course à points, ça m’a permis de marquer un peu mon territoire en France. Puis il y a eu une victoire sur un marathon en Corée du Sud, avec un gros niveau international. Le dernier et le plus marquant est le titre de champion du Monde sur marathon. J’ai eu le chance de courir avec le maillot arc-en-ciel dans beaucoup de villes en France et à l’étranger. C’est le sommet de ma carrière. Je pense aussi au « Petit Berlin » que j’ai gagné en solitaire.

Comment vois-tu l’avenir du roller course ?

Je le vois beaucoup plus sur les marathons. Je pense qu’il faut aller chercher les gens dans les centres-villes. Il faut essayer de se tourner vers le grand public, la masse, grâce à des marathons comme Berlin qui intéressent davantage parce qu’il n’y a qu’une seule grande boucle. Le marathon de Dijon va dans ce sens-là cette année. Le marathon de Paris aussi, ça se développe, ça passer par les marathons et ça reviendra par les courses sur piste ensuite même si elles sont bien plus dures et réservées à une élite. Chez les jeunes c’est formateur, chez les grands, c’est vraiment de l’élite. En france, il y a 10 ou 12 patineurs qui peuvent prétendre à un Championnat d’Europe ou à un Championnat du Monde.

Des remerciements pour conclure ?

Merci à ma femme qui m’aide beaucoup. En 2017, elle a été un pilier de mes victoires. Je n’oublie pas mes entraîneurs comme Benoit Talbourdet à Lamballe, Vincent Morvan qui m’a suivi, Matthieu Barrault, Pascal Briand qui me donne de temps en temps quelques conseils… puis dernièrement Alain Nègre qui fait partie des travailleurs de l’ombre pour ces titres d’il y a deux ans et pour la médaille de l’an dernier…

Merci Nolan ! Bon courage pour les Roller Games !

Nolan Beddiaf en tête de course au France Piste 2019

Fiche technique

Nolan Beddiaf victorieuxNom : Beddiaf
Prénom : Nolan
Date de naissance : 26 Février 1991
Lieu de naissance : Saint-Beirut
Taille: 1m75
Poids : 71kg
Pays : France
Vit à : Ségoufielle (dans le Gers, proche de Toulouse)
Premiers pas sur les patins à l’âge de : 8ans
Catégorie : élite
Études : DUT GEII et DEJEPS course
Point fort :
Point faible :
Dernier film vu : Nous finirons ensembles
Musique préférée :
Jeux vidéo : Fortnite et FIFA en stage France
Livres : Guillaume Musso – Demain
J’aime : la montagne et le sport !
Je n’aime pas : les salsifis !
Qualité : persévérant
Défaut : râleur
Club : RILL Lamballe pour toujours
Equipe : EOSkates
Langues parlées : anglais, espagnol
Alcool ou jus de fruit ? Alcool
Plage ou montagne ? Montagne
Matin ou soir ? matin
Fromage ou dessert ? les deux
Rap, métal ou techno ? Rap
Football ou rugby : Rugby ô Toulouse !
4×110 ou 3×125 m : 110 mm

Palmarès

  • 2 fois Champion du monde
  • 2 fois Champion d’Europe
  • 15 victoires en marathon
  • 5 fois vainqueur de la Coupe de France des marathons

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Photos : ASTA Nantes, Olivier Lemaître, Blandine Houdayer, Youb Solo – mediaskates.com

Auteur

Alexandre Chartier

''alfathor''

Fondateur et webmaster de rollerenligne.com depuis 2003. Alexandre est un passionné de roller en général et sous tous ses aspects : histoire, économie, sociologie, évolution technologique... Aspirine ou café recommandée si vous abordez un de ces sujets !

Photographe

Hubert MANIABAL

''MANIABAL''

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