Wendy Gila, présidente de Roller Sports South Africa
L'Afrique du Sud est l'une des nations montantes du roller africain. Le pays structure la pratique du roller et du skateboard depuis plusieurs décennies. Braquons les projecteurs sur l'engagement sans faille de la présidente et de sa famille au sein de la fédération sud-africaine. Rencontre avec Wendy Gila.
Par alfathor
Zoom sur la pratique du roller en Afrique du Sud avec Wendy Gila
Bonjour Wendy Gila, si vous êtes d’accord, nous pouvons commencer par votre histoire liée au roller. Comment avez-vous découvert le patinage à roulettes ?
Bonjour, je suis Wendy Gila. En fait, il avait un rink public en Afrique du Sud dans les années 1950. Et alors, quand les gens patinaient dans un rink commercial, c’était juste un garage de parking. Il avait une station essence avec un espace de parking à l’arrière. C’était à l’intérieur, et il a avait les sessions de patinage à roulettes dans ce garage. Les gens qui patinaient régulièrement voulaient faire de la compétition. Il y avait aussi des rinks commerciaux à Cape Town.

Comment la fédération sud-africaine de roller a-t-elle vue le jour ?
Nous alors avons écrit à la fédération internationale qui à l’époque en Grande-Bretagne. Nous avons appris les règles et nous avons pratiqué le patinage en compétition. Puis, dans les années 1960, nous avons commencé à faire des championnats mondiaux. Pour ma part, je n’ai été impliquée qu’à partir de 1970, dans le skating-rink de mon oncle. On faisait du patinage à roulettes public et on a voulu commencer à patiner dans un club.
C’est alors que mes parents se sont engagés à la Fédération Nationale : la Roller Sport South Africa. Le club d’abord, puis ensuite la Fédération Nationale. Ainsi, depuis 1972, ma mère Madeleine Toeks était à la Fédération. Quand la Fédération a vu le jour en Afrique du Sud, elle proposait simultanément du patinage à glace et à roulettes.
En 1978, mon père Willie Van Heerden est allé à un premier congrès. Et puis, quand il est revenu, il a aussi introduit le patinage de vitesse. C’est pourquoi depuis 1978, nous avons fait de la course et du patinage artistique. Ensuite, nous avons eu des compétitions dans tous les disciplines.
A quel moment vous-êtes vous impliquée personnellement dans la fédération nationale sud-africaine Wendy Gila ?
Malheureusement, mes parents sont décédés dans un accident de la route1 en 2006. Le comité a senti que j’avais le plus de connaissances, donc j’ai été élue en tant que présidente de Roller South Africa en 2006. Dans les années 1970, nous pratiquions l’artistique sur roulettes et le rink hockey, avant même de commencer la course.
Est-ce que tu peux me confirmer quelque chose ? J’ai entendu que la Fédération a été fondée en 1959. Est-ce que c’est vrai ?
Oui, je pense que c’est peut-être même un peu plus tôt, mais ils ont reçu leur affiliation à la FIRS (fédération internationale) en 1959.
Ok, donc la fédération a sans doute vu le jour deux ou trois ans avant ?
Oui, avant ça, oui.
Ok. Oui, tu as raison sur le hockey, parce que j’ai lu que la première participation de l’Afrique du Sud aux championnats du monde de rink hockey en 1992 ou quelque chose comme ça ?
Je ne sais pas, parce qu’ils se sont faits en leur propre en 1974. Ils ont quitté notre fédération et ont commencé une fédération de hockey séparée. Et maintenant que la World Skate régit toutes les disciplines, nous avons aussi accueilli des équipes de skateboard depuis le début de l’année 2020. Ils font partie prenante de Roller Sport South Africa. Donc, nous avons maintenant quatre disciplines.
Avez-vous reçu de l’aide ou du soutien du gouvernement ?
Oui, mais pas toujours de l’aide financière. Ils nous reconnaissent comme l’un des sports officiels du pays. Donc, oui pour le soutien et la reconnaissance, mais le financement, pas toujours.

Etait-ce compliqué avec l’apartheid ? Est-ce que le roller était un sport de blancs ?
A la base, c’était plutôt un sport de blancs oui. Et nous n’avons pas été autorisés à faire des compétitions internationales de 1979 à 1991. La saison 1991-1992 a donc été notre première participation à un mondial. Nous avions donc un groupe de patineurs qui ne pouvait jamais concourir dans les compétitions internationales, même si nous faisions des championnats nationaux. Je suis l’une de celles qui n’ont pas pu concourir jusqu’en 1991.
En 1992, nous avons fait nos premières compétitions internationales. Et c’était vraiment fou, on avait des patineurs de couleur qui voulaient venir voir les championnats africains. Mon père avait dû aller voir le gouvernement local et arranger des laisser-passer spéciaux pour que les patineurs de couleur viennent dans la salle. C’est difficile à imaginer vu de l’extérieur.
Qu’en était-il des compétitions nationales ?
La première participation de personnes de couleur remonte à 1978. Les réglementations, les sports ont dû se transformer. Certaines zones, les zones noires, à l’extérieur des grandes villes, étaient défavorisées. Mes parents, qui étaient en charge de la fédération à l’époque, ont pris cela très sérieusement. Ils sont allés dans des zones très pauvres dans la ville pour développer la pratique. Ils ont eu toutes les opportunités possibles. J’étais déjà en train de coacher à ce moment-là, avec beaucoup d’enfants noirs. Et je pense que notre premier athlète noir s’est rendu aux championnats du monde en 2001. Désormais, notre sport est au moins à 95% noir.
Nous avons eu un énorme succès avec le développement, notamment mi-2005. Nous avons bénéficié du sponsoring de la loterie nationale et nous avons eu de l’argent pour notre développement. Nous avons aussi des dons du gouvernement, mais assez limités. En revanche, la loterie nous a permis, en environ cinq ans, d’étoffer notre équipe, qui est maintenant complètement noire, et nous sommes passés de la dernière position des championnats du monde à trois top 10. Et dans le monde très compétitif de la vitesse, vous savez ce que cela signifie de faire des top 10 ! Nous avons donc eu trois patineurs dans le top 10 en 2009, 2010 et 2011.
Malheureusement, en 2012, la loterie nationale a arrêté de nous financer à cause de… Comment appellent-ils ça en anglais ? Pas de fraude, mais si vous dépensez mal vos fonds.
De la corruption ?
Oui, oui. La loterie nationale a arrêté la plupart du financement de sport. Et le problème n’était pas de notre fait. Tous les sports ont disparu. Et il y a beaucoup d’investissements, même maintenant, des employés qui achètent des affaires et des maisons luxueuses. L’argent a été employé, mais pas pour le sport.
D’accord, je comprends.
Et seulement maintenant, cette année, ils commencent à dépenser et à financer le sport à nouveau. Donc, depuis 2013, nous avons vécu une période très difficile à cause du manque de fonds. L’année dernière, en 2024, nous avons pu participer pour la première fois en 5 ans à des compétitions d’artistique. Et pour la première fois en 7 ans, nous avons pris part à des épreuves de roller course. Tout le monde impliqué dans la compétition sait que vous ne pouvez pas vous défendre si vous n’êtes pas engagé régulièrement dans des compétitions internationales. Surtout nous, qui sommes situés au bas de l’Afrique. Les pays les plus proches avec lesquels nous pouvons concourir sont l’Egypte et l’Italie, c’est une différence de quelques centaines de kilomètres entre les deux.
Donc nous sommes isolés et nous n’avons pas pu acheter d’équipement depuis 2013. Nos patineurs roulent avec du matériel de 10 ou 11 ans d’âge. Et ils se sentent toujours heureux lorsqu’ils ont des roulettes les pieds.
Mais quand nous avons eu le fonds de la Loterie Nationale, nous avons fourni 22 paires de patins à 22 clubs partout dans le pays. Malheureusement, tous les patineurs qui pratiquent en compétition ne possèdent pas leur propre équipement.
Comment cela se passe-t-il pour pratiquer avec un équipement partagé ?
Vous allez au club, vous prenez une paire de patins, vous pouvez vous entraîner ou faire et une compétition, puis ensuite vous rendez les patins après que votre session. Nous avons trouvé que c’était le meilleur moyen de préserver notre parc de rollers pendant si longtemps.
Mais perdre ce parc de patin et ne pas pouvoir en acheter de nouveaux est extrêmement difficile. Des patineurs quittent l’école dans les endroits où nous avons des clubs. Souvenez-vous, ce sont les endroits pauvres en Afrique du Sud. S’ils sont assez chanceux d’avoir un emploi après avoir quitté l’école, ils doivent souvent parcourir de grandes distances pour arriver au plus proche de là où ils peuvent être employés. Et ils gagneraient l’équivalent de peut-être, moins de 200 euros par mois. Et quand on est allé aux championnats du monde les plus proches, les patins coûtaient au minimum 500 dollars par paire. C’est ce que je veux dire.
Effectivement, je me disais qu’acheter du matériel pendant les événements était une bonne idée, mais tu as raison, c’est cher pour vous. Y-a-t-il des boutiques en Afrique du Sud Wendy Gila ?
Nous avons deux boutiques, des boutiques officielles que je connais maintenant. Mais ils ne proposent pas vraiment de modèles pour la compétition. Ce sont plus des rollers loisir, à cause du prix et du nombre de personnes réduit qui pourraient investir dans des rollers de compétition.
Ok, donc c’est plus un plaisir…
Oui.
Où sont-ils situés Wendy Gila ?
Un est à Cape Town et l’autre à Johannesburg.
Ok. Est-ce que vous avez des infrastructures de pratique en Afrique du Sud pour le patinage à roulettes ?
Nous n’avons qu’un seul skating-rink en Afrique du Sud et c’est l’un de nos principaux problèmes. Il est construit à Hammanskraal. C’est à 1.600 kilomètres de Cape Town, et 1000 kilomètres de Port Elizabeth, et 600 kilomètres de Durban. Du fait de la taille de notre pays, organiser des championnats nationaux revient à organiser des championnats d’Europe !
Donc, en Afrique du Sud, nous n’avons pas assez de lieu pour entraîner nos meilleurs patineurs. Vous savez, mettre en place un camp d’entrainement ou autre est très cher pour nous.
Est-ce que vous avez des skateparks ?
Des skateparks pour le skateboard, oui. Il y en a beaucoup plus. La plupart sont dans les plus grandes villes et ils sont payants. Et donc, ils ouvrent la porte à des gens qui ont de l’argent. C’est pourquoi la pratique n’est pas accessible à tout le monde, donc le développement du sport reste compliqué.
Ok, donc vous devez payer un droit d’entrée pour y accéder ?
Oui. Et pour vous rendre sur ces équipements, vous devez avoir du budget pour financer le déplacement. Or, le voyage absorberait notre budget pour accéder à des infrastructures de bonne qualité.
Peut-être que nous pouvons parler de l’histoire des skating-rinks dans votre pays ? J’ai lu, je suppose, sur un site sud-africain, qu’il y a eu plusieurs patinoires à roulettes à la fin du XIXe siècle. Il y en avait notamment trois ou quatre à Port Elizabeth…
C’est un peu avant mon temps. Oui, désolé. (rires). Ce que je sais de mes lectures est que la majorité des rinks étaient à Cape Town et puis Johannesburg, dans les années 1950. Je n’ai pas entendu parler de Port Elizabeth. La ville est à l’est de Cape Town. Mais j’ai un livre quelque part sur l’histoire du roller. Je y jeter un œil.
Si vous avez des éléments sur l’histoire du patinage à roulettes en Afrique du Sud, je serais très heureux d’en avoir.
D’accord.
Je travaille sur un article pour essayer de comprendre comment le patinage à roulettes s’est développé en Afrique. Et je pense que l’Afrique du Sud a été le premier pays à avoir un skating-rink sur le continent. Il se situait probablement à Port Elizabeth
Ok, je vais juste regarder ce livre si je peux le trouver pour vous. D’après moi, les skating-rinks suivants ont ouvert Égypte.

Oui, probablement. Un entrepreneur français, le Baron Baillot a essayé d’en ouvrir un au Caire en 1876 ou quelque chose comme ça. Mais je ne pense pas qu’il ait réussi. Il a été rattrapé par la justice française.
J’ai commencé à aider à enseigner en Égypte au début des années 1990. Ensuite, j’y suis allée plusieurs fois. Je me souviens de gens très vieux et ils me disaient qu’ils avaient patiné dans les années 1940. Quelqu’un m’a raconté cette histoire. Ils m’ont également dit qu’il y avait aussi des skating-rinks au Mozambique, particulièrement pour le rink hockey.
Oui. C’était bien au Mozambique, à Maputo, entre 1903 et 1904.
Ils jouent beaucoup au rink hockey en compétition là-bas. Et c’était des gens portugais de Mozambique qui ont lancé la pratique. Et j’ai été présidente de la confédération africaine pendant quelques années. Mais ils ont considéré que j’étais trop blanche pour représenter l’Afrique et j’ai dû arrêter.
Mais nous avons aidé les gens à créer un club pour le roller course au Kenya. Après ça, il y avait déjà des clubs de patinage à roulettes au Ghana, au Cameroun, etc. Mais ils n’avaient pas encore de clubs officiels. Et puis ils ont essayé de s’affilier à la fédération internationale. Après, bien sûr, il y en a eu beaucoup. Mais l’un des premiers pays à s’affilier était certainement le Mozambique et ensuite, bien sûr, l’Angola à cause du rink-hockey. Oui, du fait des colonies portugaises.
Et pensez-vous que les skating-rinks ont été développés en Afrique du Sud à cause de la colonisation britannique ? Que pensez-vous de cela ?
Avant les années 1950, possiblement, mais pas après en 1950. Les gens d’Afrique du Sud ont écrit à la fédération internationale par eux-mêmes. Le côté compétitif n’a pas été introduit parce qu’on a été une colonie.
Ok. Peut-être qu’on peut parler de la mode du roller. Vous savez qu’il y a eu plusieurs modes de patinage à roulettes dans l’histoire. Et dans les années 1980, il y avait le roller disco. Pensez-vous qu’il y a eu une influence des USA pendant cette période ?
Les USA ont définitivement une influence sur tout ce qui se passe en Afrique à cause du cinéma et de la télévision bien sûr. La télévision a commencé en 1976 en Afrique du Sud.
Je crois que le patinage à roulettes est un sport très à la mode. Il est fait de modes et tout le monde le pratique. On le voit dans les cinémas, à la télévision, dans les publicités. Sa popularité augmente. C’était très populaire dans les années 1980. Pas seulemenet du fait de l’influence de la roller disco mais aussi du fait de sa visibilité. On voit des gens qui patinent dans les films et à la télévision. Donc nous avons eu une croissance importante dans les années 1980 et les Etats-Unis a eu une grande influence sur l’Afrique. Donc je pense que oui, ça a eu un impact.
Il y en a eu d’autres modes au XIXe siècle et au début du siècle 2000 avec l’arrivée du roller en ligne. Avez-vous ressenti cela de la même manière ?
Oui. Nos clubs ne se sont pas beaucoup développés, mais les boutiques ont commencé à vendre des rollers en ligne ou « Rollerblades » à l’époque. Donc le public a été plus exposé aux rollers en ligne qu’aux patins traditionnels. Mais ce n’est pas autant le cas pour la compétition. Le fait d’avoir des rollers en ligne a augmenté le coût de la pratique en compétition. Les rollers en ligne étaient plus chers que les rollers traditionnels. Et pour les clubs, c’était bien sûr un plus grand défi.
Ok. Donc, c’est plus orienté sur le patinage à roulettes en plein air et pas sur la compétition. Combien de clubs et de gens patinent en Afrique du Sud en ce moment ?
On a 22 clubs qui se sont établis dans le pays. Mais comme je l’ai dit, la plupart du temps, c’est parce que notre développement est dans des zones pauvres. On a des zones qui se battent pour l’eau et l’électricité, mais ils ont un club de roller.
Donc, l’Afrique du Sud est différente de l’Europe et de l’Amérique, avec nos zones rurales. Mais, à la campagne, je ne peux pas dire que c’est uniquement parce qu’il y a des enfants partout qui trouvent un petit morceau de ciment pour rouler, mais le roller est plus populaire dans les villes côtières. Près de la mer, il y a une zone où on peut courir, faire du vélo et du roller. A l’intérieur des villes et dans les villes de l’intérieur du pays, à cause du trafic, l’espace pour faire du roller est très limité.

Est-ce que vous avez une idée du nombre de patineurs en Afrique du Sud ? Pour la fédération en premier lieu et ensuite en patineurs loisirs hors cadre fédéral ?
Pour la Fédération, nous sommes à peu près 1600 à 1800. Pour les patineurs loisirs, je n’en ai aucune idée.
Wendy Gila, peut-être qu’on pourrait parler de votre engagement sur le continent africain. Quand a été fondée la première structure continentale ?
La première structure continentale a été fondée en 1993-1994, il me semble.
J’ai vu que l’Egypte était très active dès les années 1950. Puis est intervenue la fondation de la fédération d’Afrique du Sud…
La première réunion des fédération africaines a eu lieu en Egypte. Le président de la fédération d’Égypte est devenu le premier président de la confédération africaine. Puis sont venus s’ajouter les fédérations comme le Mozambique, l’Angola, l’Afrique du Sud. Cela intervient au moment où l’Egypte a rouvert ses frontières au tourisme et que les étrangers pouvaient revenir dans le pays. Parce que pendant des années, on ne pouvait pas aller en Égypte. Et il n’y a pas longtemps après qu’ils ont pu.
L’Égypte est un pays complexe à suivre concernant le roller. Nous avons trouvé beaucoup d’informations sur le patinage à roulettes durant années 1950. Et puis ça s’arrête, puis ça revient, puis ça s’arrête et ça revient à nouveau. Comment voyez-vous ?
En fait, il y a sans doute de la corruption également. C’est le mot que je cherchais tout à l’heure pour les loteries nationales sud-africaines : la corruption, le fait que l’argent disparaît, que c’est payé, mais pas aux bonnes personnes. Malheureusement, l’Égypte a des problèmes de la même manière que l’Afrique du Sud. En effet, presque tous les pays en Afrique ont des problèmes de ce type.
Ils ont de grands clubs de sport en Égypte. Je ne sais pas si vous êtes au courant : après l’école, les gens y vont et peuvent pratiquer presque tous les sports qui sont faits en Égypte dans ce club. Les clubs ont 2.000 à 3.000 membres et c’est très cher pour devenir membre. Bien sûr, il y a des clubs plus chers. Donc, les personnes qui entraînent en Égypte sont payées par le club pour entraîner les patineurs.
C’est un grand bénéfice. Partout dans le monde, on a du mal à gagner un salaire en étant un entraîneur de club. Mais en Egypte, ils ont réussi à le faire. Les clubs emploient beaucoup de patineurs plus âgés. Je pense qu’ils pourraient être avoir beaucoup de réussite s’il n’y avait pas la corruption.
Donc c’est une situation très difficile politiquement. Ce n’est certainement pas sportif. Les gens sont très sérieux et ils commencent maintenant à s’entraîner très dur. Comme je le disais, j’ai été l’une des premières personnes à aider les patineurs égyptiens dans les années 1990. Ils ne savaient vraiment rien.
Il y a deux ans, on avait les championnats d’Afrique. Les gens m’ont appelé pour parler. Je suis la première personne à avoir organisé le sport. Ils savaient qu’il y avait des règles pour pratiquer, qu’il y avait une codification des sauts artistiques, que vous deviez faire avec des noms. Beaucoup de jeunes enfants qui patinaient avec moi à l’époque sont maintenant les coaches de ces clubs. C’est pour cela que je sais qu’ils ont un très bon système.
Ok. Pouvez-vous me dire quelques mots sur la fondation de la Confédération Africaine de Roller Skating ?
La première réunion de fondation a eu lieu en 1991 mais le premier congrès officiel n’est intervenu qu’en 1993. Le gouvernement égyptien a payé pour qu’ils aient de très bons services. Mais malheureusement je ne peux pas dire que des choses positives. Le plus grand intérêt pour la plupart des pays africains n’est pas le développement réel du sport, mais de faire autant de compétitions que possible. Il s’agit d’un jeu politique, pour montrer le développement du sport.
Pour nous, c’est plus important de construire des clubs et de former des entraîneurs. Malheureusement, pour le moment, pour des raisons financières, cela reste limité. Mais la seule véritable façon d’amener l’Afrique au succès est de se concentrer sur le développement réel.
Je ne vois pas l’intérêt de payer pour qu’un athlète d’un pays aille chaque année aux championnats du monde, et qu’il y retourne l’année suivante sans que rien n’ait changé. Ils sont encore là sans rollers. Le vrai développement sera de commencer une éducation par les bases du patinage à roulettes dans les clubs.
Alors, même s’il était le président, son seul intérêt était de savoir s’il pouvait organiser des championnats continentaux. Quel pays peut le faire ? On doit y regarder. Pour nous, on dirait une devanture de magasin. On met de magnifique verre devant mais ça cache la réalité.
Quelles ont été vos actions en tant que président de la confédération africaine de roller ?
Quand j’ai été présidente de la confédération africaine, j’ai essayé de faire bouger les choses. Mais à ce moment-là, on n’a pas reçu un seul centime d’aide. Mais j’ai essayé, avec les gens que nous pouvions atteindre de leur apprendre les techniques basiques dans toutes les disciplines que nous avions à ce stade. Et aussi de leur apprendre comment monter un club. Pour moi, c’est là-dessus que nous devons nous concentrer. Par sur le fait de réunir des patineurs qui ne savent vraiment patiner ou qui ne roulent jamais.
Donc, la confédération africaine des débuts, nous ne savions pas quel était le niveau de la corruption qui s’est produite, à cause des amitiés en Égypte. Lors des championnats africains, l’Afrique du Sud remportait toutes les médailles. Pourtant, sur les podiums, ils avaient des jeux de médailles supplémentaires qu’ils donnaient aux patineurs égyptiens (or, argent, bronze). Nous leur disions qu’ils ne pouvaient pas faire cela, mais ils nous répondaient que s’ils ne le faisaient pas, ils ne recevaient pas de financements.
Donc ils veulent bien faire une compétition africaine, mais il faut avoir des épreuves où seuls les Égyptiens puissent gagner les médailles et les ramener à leur gouvernement. Et bien sûr, dans un sport organisé, vous ne pouvez pas faire ça.
Quand vous êtes devenue président de la Confédération Africaine, Joseph Mwangi Muchiri a été élu vice-président en 2009.
Oui. Il n’est plus impliqué, mais c’est un gars très gentil.
Sinon, quels sont tes autres engagements nationaux et internationaux ?
Je suis maintenant engagé dans notre Comité Olympique National en Afrique du Sud. Je suis très fière de cela. Être au Comité olympique ouvre de nombreuses portes.
De 2009 à 2014, j’ai été présidente de la Confédération Africaine.
Je suis plus étonnée de grands choses maintenant. Surtout depuis que je suis au Comité Olympique. C’est juste un rôle politique pour beaucoup de gens. Pourtant, tu as besoin d’une passion pour ce sport, sinon tu n’es pas un bon leader.
Et malheureusement, ils disent que ça doit être un business, Le cœur du sport c’est l’émotion. Si vous ne faites que du business, vous tuez le sport. Si vous n’avez pas de passion pour ce que vous essayez de développer ou d’atteindre, vous ne devriez pas y être. C’est aussi simple que ça pour moi. Je ne peux pas, je suis certainement capable de développer le sport en Afrique. Nous avons prouvé cela en Afrique du Sud et je sais ce que ça prend.
Je suis Africaine. Je ne sais pas dans quelle génération quelqu’un est venu d’Hollande ou d’Angleterre, mais je suis africaine. Je n’ai aucun autre endroit dans le monde pour aller si je ne suis pas en Afrique. Je ne vis pas ici et je n’ai pas un passeport d’un autre pays. Je suis africaine, vraiment africaine. Nous pouvons développer le sport dans ce pays, mais nous avons besoin de financement.

Quels seraient les montants nécessaires selon vous Wendy Gila ?
Je ne parle pas de millions et de millions, nous avons besoin de financement basique pour avoir un bon club et une bonne fédération. Juste pour montrer combien de pays sont présents aux championnats mondiaux. Et puis il y a d’autres patineurs dans ce pays qui n’ont jamais entendu parler de ces gens qui ont un ticket pour aller à l’étranger. Pour aller aux championnats du monde. Et pour moi, c’est tellement triste que c’est mieux de se retirer en paix et de laisser eux faire ce qu’ils veulent. Mais ça me fait vraiment mal.
En Afrique du Sud, comme je l’ai dit, nous étions très passionnés et nous suivons les règles du gouvernement. Nous avions pour but de développer la pratique. Et nous avons vraiment des clubs dans des endroits si petits que les gens en Afrique du Sud ne savent même pas où se trouve ce lieu, si on utilise le nom. Ils animent des clubs depuis 10 ans et emmènent leurs patineurs sur les championnats nationaux lors que nous parvenons à les aider financièrement.
Et grâce à cela, nous avons gagné le prix du Sport africain. Pour moi, c’est la plus grande récompense que nous pouvions atteindre, parce qu’il y a 78 fédérations nationales performantes à l’international et même aux Jeux Olympiques. Et malgré cela, nous avons gagné le prix du sport comme la meilleure fédération du pays. Cela remonte à quelques années maintenant, juste avant le confinement.
Félicitations !
Le confinement nous a frappés très fortement, parce qu’il y avait beaucoup de patineurs, même dans notre équipe nationale, qui ne mangeaient qu’un repas par jour, et c’était à l’école. Et puis les écoles ont fermé. Ces gens étaient alors coincés chez eux, ils n’étaient pas en mesure de sortir de leur maison, sans argent, sans nourriture, rien.
Bien sûr, il a été annoncé qu’il y avait de grandes aides du gouvernement, mais encore une fois, une bonne partie de cette nourriture a été détournée au lieu d’atteindre les gens qui en avaient vraiment besoin. C’est le problème en Afrique du Sud, c’est la corruption. Si j’étais un investisseur international, je ne donnerais mon argent à aucune organisation parce que je ne saurais pas si c’est pour l’enrichissement personnel ou pour atteindre les gens que l’on souhaite vraiment atteindre.
Je pense qu’à un certain temps de votre vie, vous atteignez un niveau de connaissance qui vous fait prendre conscience que vous devez investir votre énergie dans des actions qui font vraiment la différence.
Comment vois-tu ton engagement dans la confédération africaine ?
Je suis à la tête de la commission artistique du comité africain dont je parle parfois si mal. Je sais ce qui pourrait être fait pour cette discipline et pour les autres. Mais que faire avec peu de moyens ? Mais il n’y a pas un seul centime de financement pour organiser quoi que ce soit, ni pour mener une formation, ni pour faire quoi que ce soit.

Alors, que faire ? Vous êtes absolument bloqué.
Mais si cela ne se fait pas… si les finances sont contrôlées par le comité exécutif africain — dont je fais partie, mais… — et si l’argent ne descend jamais vers les pays, alors cela ne sert absolument à rien de continuer à organiser des championnats d’Afrique. Parce qu’ils ont de gros sponsors au Bénin pour la vitesse et ils sont « champions d’Afrique », mais ils ne vont pas vraiment aux championnats du monde ; sinon les sponsors verraient qu’ils ne sont pas vraiment bons. Ils sont en dernière position. Donc, il vaut mieux pour eux ne participer qu’en Afrique et être les vainqueurs pour les sponsors.
Et maintenant, de plus en plus, les pays africains qui compètent aux championnats mondiaux sont des patineurs qui vivent en Italie ou en France ou quelque part, et ils ont un passeport de ce pays.
Oui, je vois. Tu parles de la fille qui patine en artistique en Italie ? Je ne me souviens pas de son nom.
Oui, de Côte d’Ivoire, Je ne l’ai jamais rencontrée, j’ai seulement entendu parler d’elle. Mais il y a aussi des patineurs de vitesse. Des gars qui faisaient de la vitesse cette année vivent aussi au nord de l’Italie.
En France, nous avons le champion du monde de saut en hauteur, originaire du Sénégal…
Oh, il vit en France ? Je ne le savais même pas.
Quelqu’un m’a dit : « Oh, vous pouvez organiser les championnats artistiques d’Afrique maintenant, parce qu’il y a aussi la Côte d’Ivoire ». Cela ferait donc Côte d’Ivoire, Afrique du Sud et Egypte. Mais je ne sais même pas si elle a déjà mis les pieds en Côte d’Ivoire. Il n’y a pas de club en Côte d’Ivoire pour le patinage artistique sur roulettes. Je ne sais pas. Nous faisons de la danse, des shows, du solo et l’Egypte fait du freestyle. Alors comment pourrais-je organiser un championnat d’Afrique pour trois pays qui pratiquent trois disciplines différentes ?
J’ai retrouvé le nom de la patineuse artistique de Côte d’Ivoire : Corinna Soro Bonati Yene.
Oui, mais je ne vois pas vraiment en quoi on est légitime à participer à une compétition en Afrique si on ne vit pas en Afrique. Pour la Côte d’Ivoire, si tu n’as même pas un club dans le pays, qu’est-ce que cela signifie réellement d’avoir une patineuse aux championnats du monde ? Ce ne sont que des images, de la mise en scène. C’est cette « vitrine » dont j’aime tant parler.
Tu es là depuis longtemps maintenant, donc j’imagine que tu as vu l’évolution du roller par rapport aux Jeux olympiques. En 1992, il y avait le rink hockey à Barcelone. Comment vois-tu l’intégration du roller aux Jeux ? Comment cela a-t-il évolué ?
Je ne pense pas que le skateboard, en tant que sport organisé et gouverné, existe réellement dans beaucoup de pays. Je pense qu’il y a très peu de pays qui ont une pratique du skateboard vraiment structurée avec des championnats nationaux et tout ce qui va avec.
Dans les pays que je connais : la France, l’Australie, l’Argentine, le Brésil, l’Italie ont une scène structurée — que l’on peut qualifier de « nationale ».
Mais même là, si tu parles au Brésil, ils disent : « Oh, il y a encore beaucoup de problèmes. » Donc la structure du skateboard a commencé par les Jeux olympiques, et maintenant ils doivent construire vers le bas.
La structuration du skateboard a commencé par les Jeux olympiques, et maintenant ils doivent construire vers le bas. Tous les autres sports de roller ont commencé par le bas : ils se sont structurés d’abord dans les clubs, puis dans les provinces, ensuite au plan national et enfin à l’international.
Et ils ont tous les comités pour prouver cela. Que ces commissions fonctionnent ou non, c’est un autre débat. Mais l’Olympique pour montrer qu’il était dans tous les continents.
Aux Jeux olympiques, ça a commencé tout en haut.
Et là aussi, ils ont un quota continental aux Jeux pour montrer que le sport existe sur tous les continents. Donc l’Afrique du Sud avait quatre athlètes qualifiés à Tokyo et trois à Paris. Et la fille du Maroc s’est qualifiée en park femmes. Je ne pense pas qu’elle ait vraiment concouru, mais elle a fait un événement qualificatif.
Elle s’est blessée oui…
Elle n’a pas… Oui, elle l’a fait. Son résultat était assez mauvais. Elle a fait un seul événement qualificatif, et aucune autre fille n’avait fait un événement qualificatif. Donc elle s’est qualifiée pour les Jeux.

Ce que j’essaie de comprendre, c’est : pourquoi est-ce si compliqué pour le roller d’entrer aux Jeux olympiques ? Qu’en penses-tu ?
C’est de la politique. Parce qu’on nous promettait, à nous les patineurs de vitesse, que nous étions sur le point d’y entrer. Je crois que pendant trois ou quatre ans, nous faisions partie des trois ou cinq sports sélectionnés — et nous n’avons jamais été choisis.
Chaque année, ils mettaient une carotte devant nous :
- « Non, il faut une participation égale hommes/femmes. »
- « Non, il faut un certain nombre de pays dans World Skate. »
- « Non, il faut faire ceci maintenant. »
Ils déplaçaient toujours les objectifs. Ils n’allaient jamais nous laisser entrer jusqu’à ce qu’arrive ce concept de « sport urbain », de renouvellement, de sport nouveau, attirant un public jeune — ce sont tous les termes qu’ils utilisent.
En Afrique du Sud, si tu regardes la vitesse, l’artistique, n’importe laquelle de nos disciplines, j’essaie maintenant de travailler pour l’intégrer au sport scolaire. Parce que les enfants — la nouvelle génération — ne veulent plus faire les sports sud-africains traditionnels : rugby, cricket, tennis, athlétisme. Ils veulent quelque chose de plus excitant. Et surtout des sports individuels.
C’était le rêve éternel pour tous nos patineurs de vitesse. C’est pour ça que beaucoup passent maintenant à la glace : parce que la glace permet d’accéder aux Jeux. Les Jeux olympiques, c’est un rêve.
Et j’ai dit il y a longtemps : nous devons oublier ce rêve olympique et vraiment célébrer nos champions simplement parce qu’ils sont champions du monde. Et nous en avons eu d’excellents — tu le sais mieux que moi — qui ont dominé la vitesse année après année.
Nous devons célébrer cela, parce que nous ne pouvons pas tomber dans le piège qui consiste à dire qu’un sport ne vaut rien s’il n’est pas olympique.
Et cela existe dans notre comité olympique aussi. Le comité sportif et olympique ne se soucie que des sports olympiques. Les autres sports sont vus comme des Mickey Mouse.
Je ne pense pas qu’il était juste que le skateboard entre aux Jeux… mais c’était un pied dans la porte.
Penses-tu que c’était une stratégie : faire entrer le skateboard d’abord, puis ensuite faire entrer le roller ?
Un pied dans la porte, oui, mais… Je ne sais pas. Nous avons besoin de nombreuses infrastructures pour la vitesse, nous avons dix disciplines en artistique, et je ne parle même pas du sport collectif maintenant — les Jeux sont trop grands, ils ne savent déjà plus comment les gérer.
Ils utilisent ces mots pour faire plaisir à tout le monde. Mais si cela arrivera vraiment ? Ma mère disait — parce qu’elle travaillait là-dessus depuis le milieu des années 1970 — elle disait :
L’entrée du roller aux Jeux Olympiques : Cela n’arrivera jamais de mon vivant. Je mourrai avant que cela arrive.
Et c’était vrai. Et je peux presque dire que je ne verrai peut-être jamais la vitesse aux Jeux olympiques. Mais quand vous dit ça, on vous traite de pessimiste.
Mais les Jeux olympiques ont pris de l’ampleur. Et c’est pourquoi ils abandonnent certains sports pour en privilégier d’autres qui, selon eux, attireront davantage de téléspectateurs.
Quand vos parents étaient actifs, y a-t-il eu des moments où le roller était proche d’intégrer les Jeux olympiques ?
À chaque fois, c’était toujours le roller, le squash et le golf. Et puis le golf y est arrivé. Mais, vous savez, je ne sais pas s’il y a eu une année où c’était plus proche qu’une autre.
Pendant des années, on avait l’impression qu’on faisait partie des trois sports favoris pour entrer aux Jeux, mais c’était toujours l’un des trois autres. Deux sports ont été sélectionnés, pas nous.
Donc je ne sais pas si on s’est rapprochés. Je ne pense pas que l’intégration du skateboard soit due à notre proximité avec les Jeux. Le CIO nous connaissait. Sabatino Aracu et Roberto Marotta ont investi beaucoup d’énergie pour que notre sport soit toujours visible et là où il devait être. Ils y ont consacré beaucoup d’énergie et d’argent. Mais je pense que l’intégration du skateboard est due à leur volonté de proposer un sport nouveau, jeune et dynamique, comme l’escalade et le skateboard. C’est révélateur, car ce n’était pas un sport traditionnel ou un sport majeur comme le rugby à sept ou le golf, avec leurs budgets colossaux. Ils cherchaient simplement un nouveau sport pour attirer un public plus jeune, car les Jeux olympiques n’intéressaient plus grand monde.
Oui, j’ai lu que le public vieillissait. C’est pourquoi ils essaient de se concentrer sur des sports mieux mis en avant chez les jeunes, par ESPN par exemple. C’est assez ironique, je trouve, parce que le patinage a trouvé sa place. Et peut-être que la trottinette l’obtiendra aussi avant le roller, même si c’est une fédération de roller.
Oui. Et le problème, c’est que pour les grandes fédérations, c’était peut-être plus facile. Mais dans notre fédération en Afrique du Sud, ça risque de mécontenter beaucoup de monde. Parce qu’en skateboard, on a des jeunes de 14 ans et ils veulent qu’on les paie juste pour participer aux championnats nationaux et qu’on leur verse des prix. Mais dans nos autres sports, le patinage artistique et la vitesse, il n’y a pas d’argent. Pour que le skateboard survive en Afrique du Sud, nous avons dû faire appel à des personnes issues de milieux très pauvres. Nous avons dû diversifier nos membres, passant de blancs à noirs, pour maintenir la popularité de ce sport.
Nos concurrents en skateboard sont désormais les plus riches du pays, à l’exception d’une fille. Les autres ont tous les moyens de participer aux qualifications internationales et deviennent… C’est pourquoi je ne suis même pas sûr qu’ils soient les meilleurs d’Afrique. Il leur suffit de participer aux qualifications en Europe pour se qualifier pour les Jeux olympiques. C’est presque comme acheter sa place aux JO.

Donc, le skateboard est plutôt un sport de riches en Afrique du Sud ?
Oui.
Pouvez-vous me dire quelques mots sur la popularité du roller en Afrique du Sud ? Est-ce un sport populaire ? Est-ce un sport méconnu ?
Il est méconnu en raison de la taille de notre fédération. Mais il est très populaire si on le fait découvrir au grand public. Et c’est, je pense, l’un des aspects les plus importants du roller partout dans le monde, surtout maintenant avec la multiplication des disciplines.
Ça attire immédiatement l’attention, qu’il s’agisse d’un patineur qui saute par-dessus une voiture dans la rue, d’un patineur artistique qui fait un saut ou une pirouette, ou d’un patineur de vitesse qui file à toute allure. C’est excitant. C’est grisant. Tous les enfants veulent essayer. Mais en Afrique du Sud, je ne peux pas l’affirmer avec certitude, mais je prédis que ça ne deviendra jamais très populaire à cause du coût. Ce n’est pas un sport pour les pauvres à cause du prix du matériel.
Nous avons trouvé une solution en achetant du très bon matériel pour la Fédération, mais cela implique que votre Fédération soit forte et riche.
Comment trouver des financements pour votre activité fédérale Wendy Gila ?
Nous avons maintenant recours à la seule solution qui, je crois, nous permettra de générer suffisamment de revenus pour non seulement maintenir notre fédération, mais aussi la développer à son plein potentiel : organiser les Championnats du Monde de patinage artistique de 2028 en Afrique du Sud.
Or, nous savons tous que l’Afrique n’a jamais accueilli de grands événements de ce type, à l’exception du championnat du monde de rink hockey 2013 en Angola. Nous n’avons jamais organisé de grand événement. De plus, nous disposons d’installations qui nous permettent de pratiquer les 12 disciplines sur un seul site, dans un rayon de huit kilomètres. Ainsi, tout le monde peut voir toutes les disciplines se dérouler autour de soi.
Et c’était l’un des points clés de la création des World Skate Games : favoriser l’interaction entre les disciplines.
Nous travaillons déjà d’arrache-pied pour obtenir les World Skate Games de 2028.
C’est un objectif ambitieux, n’est-ce pas ?
Très ambitieux. Et j’espère vraiment que la World Skate prendra la bonne décision et nous prendra au sérieux.
Mais concernant ces décisions, et je ne veux pas être négatif, entre nous, c’est aussi très politique.
Qui va obtenir l’organisation ? Quel sera le prochain pays ?
Le prochain ? Ils ne l’ont pas annoncé officiellement, mais officieusement, il pourrait s’agir de Dubaï, aux Émirats arabes unis.
Là où il y a de l’argent…
Ça m’inquiète. Mais nous pouvons offrir quelque chose d’unique. Ce sera une expérience totalement différente car c’est un environnement extrêmement naturel. Et nous avons un parc animalier juste à côté du site, avec les cinq grands animaux d’Afrique. Vous pouvez participer aux championnats du monde de patinage et le lendemain matin aller voir des éléphants. Et des lions, si vous avez la chance d’en apercevoir lors de votre safari. Le cadre est totalement naturel. C’est absolument magnifique.
Ce serait formidable !
Oui, on y travaille vraiment. Tous les patineurs qui connaissent les installations les apprécient. Beaucoup y ont pratiqué lors de compétitions internationales mineures et disent : « Je patinerai encore quatre ans juste pour pouvoir y revenir. »
Alors on y travaille vraiment. Ce sera un moyen de générer suffisamment de revenus pour assurer notre pérennité. On n’y est jamais parvenus jusqu’à présent. Mais cela garantira la survie du patinage à roulettes en Afrique du Sud.
On pourrait peut-être parler de Roll Ball. Vous connaissez le Roll Ball ?
Oui, oui, je connais le Roll Ball.
C’est assez étrange. J’ai remarqué que ce sport est très développé en Asie et en Afrique. Comment expliquez-vous cela ?
C’est un sponsoring venant d’Inde, je crois, ou du Pakistan, je ne suis pas sûr, qui finance la participation des pays africains aux championnats du monde. Ils prennent en charge l’hébergement, les vols, les vêtements, etc. Quant à savoir s’il existe une réelle organisation dans les pays africains, une véritable croissance nationale et la création de nouvelles équipes, c’est discutable. Donc, c’est grâce aux moyens fournis par l’Inde que ça fonctionne. Oui.

Parce que c’était assez étrange de voir des pays d’Afrique et d’Asie développer ce sport et pas les autres.
Oui. Les autres… je ne sais pas. Il y a suffisamment de sports de balle dans le monde, il me semble. Enfin, je suppose. Mais le problème, c’est que c’est tellement facile de se faire avoir.
Si un pays nous finançait nos patineurs de vitesse, comme nous l’avons fait avec les loteries nationales, en quatre ans, nous aurions des athlètes suffisamment forts pour figurer parmi les dix meilleurs. Un de nos athlètes a participé au Grand Prix de Padoue et en est revenu avec cinq médailles, dont trois en or, lors de cette compétition qui a toujours eu lieu en Italie. Depuis ses débuts en patinage jusqu’à l’obtention de ces médailles, il ne s’est déroulé que quatre ou cinq ans.
Tout cela grâce aux fonds qui nous permettaient de l’envoyer à des compétitions internationales, car les athlètes africains sont très forts. Et si l’on dispose d’un encadrement qui les guide, assure un suivi et les encourage à s’entraîner, alors tout change.
Le pays ne manque donc pas de patineurs et d’athlètes performants, mais vraiment de moyens.
On peut avoir des athlètes de niveau mondial dans de nombreux sports, et il est facile de se laisser berner. Nous avons vraiment développé des clubs, et beaucoup d’entre eux ont été créés grâce aux fonds des loteries nationales. Mais lorsque ces fonds se sont taris, maintenir ces clubs à flot est devenu un véritable casse-tête pour la présidence de la fédération : comment assurer la pérennité de ces clubs ? Comment trouver des pièces de rechange pour les patins ? Parce qu’il n’y a pas d’argent pour former de nouveaux patineurs. Donc, si quelqu’un en Inde nous paie pour emmener un groupe de patineurs chaque année aux Championnats du monde, ce groupe va progresser. Et nous y allons chaque année et nous allons nous améliorer sans cesse. Cela peut paraître très fructueux.
Mais si le financement ne concerne que l’envoi de patineurs aux Championnats du monde, sans formation d’entraîneurs pour en recruter de nouveaux quand ceux-ci s’arrêtent, il est facile de se bercer d’illusions et de croire à la réussite.
Qu’est-ce que la vraie réussite ?
Est-ce que dix personnes participent aux Championnats du monde et qu’une seule se qualifie ? Ou est-ce que la réussite consiste à développer davantage de clubs et à faire en sorte que les championnats nationaux prennent de l’ampleur ? Et ensuite, il faut financer la participation des vainqueurs des championnats nationaux aux compétitions internationales. La réussite peut donc se mesurer de bien des façons.
D’accord, donc c’est quelque chose de plus artificiel, je dirais, ou d’horrible ? Ouais, je ne sais pas.
D’ailleurs, parfois, si l’Afrique réussit bien, c’est parce que la participation est limitée. Prenez le saut en hauteur.
Si ce sport se développe de plus en plus en Italie, en Espagne, au Portugal, en Argentine, etc., l’Afrique gagnera-t-elle encore ? Je ne sais pas. Regardez le nombre de pays qui y participent. Dame Fall, par exemple, est assez fort.
Connaissez-vous Baba Roller au Sénégal ?
Oui, au Sénégal, il y a énormément de patineurs très talentueux. Oui. L’Afrique en général, ils sont tous très forts.
Tous les Africains. Et la plupart de ces patineurs sont bien plus forts que les patineurs français. Alors je saute. Ouais. Mais à mesure que le sport se développe et se technicise, de nombreux pays africains rencontrent des difficultés techniques, notamment en patinage artistique, où la maîtrise technique est primordiale.
Si vos entraîneurs africains ne sont pas compétents, même si vous en trouvez un excellent, il n’y aura personne pour prendre la relève. Le Sénégal bénéficie actuellement de financements pour former la prochaine génération de jeunes patineurs. Et il y aura probablement de bons entraîneurs sénégalais à l’avenir. Mais le problème se pose surtout avec l’émergence de ces nouvelles disciplines. Il y a une plus grande concurrence entre les disciplines traditionnelles et les nouvelles disciplines, c’est assez complexe.
Quand on voit le niveau et le nombre d’entraîneurs en Italie, je pense que c’est l’une des disciplines les plus difficiles à développer. Oui. Parce c’est une discipline avec énormément de concurrence.
On ne devient pas professeur de ballet en un ou deux ans. Il faut vingt ans d’expérience. C’est pareil que pour les arts plastiques : il faut un chorégraphe, etc. Mais même en patinage de vitesse, avec de la force brute et une bonne condition physique, on peut devenir un patineur de vitesse relativement bon. Mais pour ce qui est de la technique précise pour gagner un 200 mètres, c’est différent…
Oui, je vois exactement ce que tu veux dire. L’Iran est un exemple intéressant pour cela, en slalom de vitesse par exemple.
Oui.
L’Iran était assez méconnu avant. Et maintenant, ils gagnent une compétition de slalom de vitesse. Ils sont plus forts que les Chinois. C’est impressionnant. Et je ne sais pas comment ils font. Ils n’ont qu’un seul endroit pour s’entraîner en Iran, à Téhéran. Et maintenant, ils sont les meilleurs au monde. Mais c’est un autre sujet… Revenons à ton engagement dans les instances olympiques d’Afrique du Sud
Maintenant, j’occupe le poste le plus élevé en Afrique du Sud en tant qu’administrateur sportif. Je suis membre du comité exécutif du Comité olympique. Je fais donc partie des personnes du pays qui peuvent transformer le sport dans son ensemble. Nous étions 19 candidats à l’élection, et seulement cinq ont été élus. Sur 78 disciplines sportives représentées.
Oui, c’est un immense accomplissement pour toi.
Oui, un accomplissement. C’est le mot juste. Car le sport sud-africain est encore peu développé, et les personnes qui ont voté pour moi l’ont fait simplement parce qu’elles ont discuté avec moi ou m’ont vue lors de réunions, notamment lorsque je pose des questions. C’est comme ça qu’elles apprennent à me connaître. Et c’est un véritable accomplissement que tant de personnes votent pour vous, que vous soyez élu. Et c’est vraiment parce que je n’ai pas un profil politique.
Je veux que les acteurs du sport agissent de manière responsable, qu’ils développent le sport. Je ne veux pas que d’autres considérations annexes aient une telle importance. Mais même pendant ces élections, j’étais tellement naïve quant aux manœuvres des autres candidats. J’ai été absolument choquée par le jeu politique ambiant. Et honnêtement, je pense que j’ai été élue justement parce que je n’ai pas participé à ces jeux.
Je pense que les gens en ont assez d’être contactés avant les élections avec des promesses du genre « Je peux faire ceci pour vous », et je ne l’ai pas fait. Je n’ai pas fait campagne et j’ai été élue.
Beaucoup de gens souhaitent donc élire des personnes qui veulent réellement améliorer le sport et pas seulement défendre leurs propres intérêts. Honnêtement, je pense que c’est pour cela que j’ai été élu : parce que je veux que le sport progresse, et pas seulement occuper une haute fonction.
Quelles sont les prochaines étapes pour vous Wendy Gila ?
Notre travail ne fera que commencer maintenant, car les élections ont eu lieu en décembre. Et l’Afrique du Sud est en pause. Ce sont nos vacances d’été en décembre. Nous ne commencerons donc à travailler avec le Comité olympique qu’en janvier. Je suis absolument choquée par les manœuvres politiques qui se déroulent ici.
Maintenant que vous êtes au Comité exécutif olympique, que pourriez-vous faire pour aider le patinage ?
Pas seulement pour le patinage, comme je l’ai dit, mais pour tous les sports. Si vous êtes membre du comité, vous devez présider une commission, parmi les différentes commissions qu’ils proposent. Et j’ai demandé à être affectée soit à la commission du développement du sport, soit à celle du sport scolaire. Je me battrais et ferais tout mon possible pour que le sport scolaire propose un plus large choix d’activités sportives, car dans la plupart des écoles, ce sont les sports traditionnels comme le football, le rugby et le netball. Ce sont les seuls choix offerts aux enfants.
Et je pense qu’il est très important d’avoir plus de sports individuels, et pas seulement des sports d’équipe, comme le font la plupart des écoles. Il faut aussi proposer des sports individuels, car les enfants d’aujourd’hui sont très différents de ceux d’il y a 20, 30 ou 40 ans. Il y a aujourd’hui plus d’introvertis que jamais. Et ils n’ont pas forcément envie de faire partie d’une équipe.
Alors, je pense vraiment pouvoir le dire pour une fois : ne devrions-nous pas faire un sondage pour savoir ce que les enfants veulent vraiment faire comme sport, au lieu de laisser des personnes âgées décider en commission du sport scolaire.
Vous avez raison, en effet.
Il faudrait peut-être communiquer avec les jeunes et leur demander : « Qu’est-ce que vous aimeriez faire ? »
Il faut d’abord consulter les enfants. Ce serait formidable si le roller était choisi.
Je pense que nous sommes d’accord sur ce point. L’école est un bon moyen d’initier les enfants au patinage. J’espère qu’il en sera de même pour la France.
En Afrique du Sud, j’aimerais offrir aux patineurs qui s’entraînent pour les championnats du monde pendant quatre, cinq, six, voire sept ans de leur vie, la possibilité de gagner un petit revenu. Il ne s’agit pas d’un salaire mirobolant, mais simplement d’une indemnité journalière qui leur permette de continuer à pratiquer leur sport, de se nourrir et de subvenir aux besoins de leur famille. Car ils ont souvent la famille élargie qui vit sous le même toit, et qui peut ainsi contribuer aux dépenses du foyer.
Sinon, ils travailleront comme jardiniers, femmes de ménage, etc. Ils gagneront le salaire minimum. Mais je voudrais leur apprendre à devenir entraîneurs et à percevoir ce salaire minimum grâce à leur sport. De cette façon, on aura de meilleurs entraîneurs dans différents clubs, car ces jeunes auront déjà participé aux championnats du monde. Mais trouver du travail en Afrique du Sud est extrêmement difficile.
Et si on pouvait avoir ce petit peu d’argent… C’est pour ça qu’on peut avoir ce financement si on organise les World Skate Games.
On peut mettre de l’argent de côté dans un fonds ou une fiducie. Cet argent ne servira pas uniquement à payer les déplacements des officiels à l’étranger.
En Afrique du Sud, ça ne s’est jamais produit. Nous privilégions toujours les patineurs. Mais il faudrait des fonds pour financer une équipe d’entraîneurs qui aillent encadrer tous ces clubs. Et pour chaque club existant, il y en a d’autres qui aimeraient en créer un, mais qui n’ont pas les moyens d’acheter le matériel, d’embaucher un entraîneur, etc.
Pour moi, tout tourne autour de l’organisation des World Skate Games 2028. La motivation est différente de celle de tous les pays qui ont accueilli les World Skate Games jusqu’à présent. Parce que pour nous, c’est une question de survie.
C’est notre voie à suivre. Et cet argent ne va pas enrichir un administrateur ou qui que ce soit d’autre. Il va enrichir la Fédération.
En France, nous avons une reconnaissance de haut niveau, ce qui permet aux patineurs de gagner de l’argent et de vivre décemment.
[Parenthèse d’Alexandre Chartier sur la France] J’espère qu’il en sera de même pour vous et vos équipes. Mais c’est assez compliqué, car tous les quatre ans, nous devons prouver que nos patineurs sont suffisamment performants pour conserver cette reconnaissance. Si le sport n’est pas suffisamment reconnu, ils perdent leurs indemnités. Ça dépend de la visibilité et des résultats.
Lorsqu’il s’agit d’un sport olympique, vous êtes automatiquement soutenus par l’État. En fait, tous les sports olympiques sont rémunérés automatiquement. Mais pour un sport non olympique, cela dépend du nombre de pays participants aux championnats du monde et des résultats de chaque pays. Si vos patineurs sont assez bons et s’il y a suffisamment de pays participants, vous bénéficiez d’un soutien gouvernemental.
Mais si vous n’êtes pas assez performants et s’il n’y a pas assez de pays participants, cela dépend. C’est une pratique courante en France. Et c’est assez similaire chez vous. La plupart des sports en France dépendent des subventions de la loterie nationale.
En France, le financement du sport ne touche qu’une infime partie des gains de la loterie. Environ 2 % de mémoire.
Continuons l’interview après cette parenthèse Wendy Gila…
Oui, je crois qu’en Afrique du Sud, la loterie a été créée pour financer le sport. Il y a une réglementation qui nous permet de toucher 25 %.
C’est plus qu’en France…
Le problème, c’est qu’on a 78 disciplines sportives qui veulent toutes être financées. En Afrique du Sud, on pourrait faire beaucoup de choses avec cet argent. Mais quand on voyage à l’étranger, le coût des déplacements a beaucoup augmenté du fait de la perte de valeur de la monnaie d’Afrique du Sud, le Rand. Quand on a commencé le patinage dans les années 1970, on obtenait un dollar américain pour un rand. Il y avait parité.
Et maintenant, c’est 18 rands pour un dollar. Du coup, l’argent ne vaut plus rien. On paie entre 18 et 20 rands. Quand on était en Italie, c’était 20 rands pour un euro. Donc en Afrique du Sud, on pourrait faire quelque chose avec cet argent.
Mais quand on voyage à l’étranger, c’est différent. J’étais tellement choquée ! C’était la première fois en cinq ans qu’on accompagnait des patineurs aux World Skate Games, et c’était vraiment choquant de voir à quel point c’est cher maintenant. Voyager devient impossible.
Parce que l’argent en Afrique du Sud n’a plus assez de valeur ? Pourquoi l’argent a-t-il perdu de sa valeur ?
Je pense que la principale raison, c’est la corruption. On ne reçoit pas beaucoup de financements internationaux parce qu’ils sont tout simplement volés. C’est le cas pour la majeure partie de l’Afrique. Nos politiciens s’enrichissent et tous les autres s’appauvrissent.
Et puis les gens quittent le pays. Les grandes entreprises se retirent, et de plus en plus de gens se retrouvent sans emploi. L’Afrique du Sud est très bon marché pour fabriquer.
Même avec l’aide caritative, c’est toujours la même chose. Si on ne se renseigne pas vraiment sur l’organisme et qu’on ne vérifie pas que l’argent est bien utilisé, c’est du gaspillage.
Si vous le permettez, auriez-vous quelque chose à ajouter pour conclure Wendy Gila ?
Non, je vais plutôt chercher des documents qui pourront vous aider. Merci pour cette conversation agréable. Au revoir !
Au revoir et un grand merci Wendy Gila !
Pour aller plus loin
Compte Facebook de Roller Sports South Africa
Un article de cnandco.com (2022)
- Daughter watches parents die in horror crash, iol.co.za, consulté le 25 novembre 2025 ↩︎
- Port Elizabeth of Yore: A Brief History of Roller Skating, Dean McCleland, The Casual Observer, 5 octobre 2020, consulté le 30 novembre 2025 ↩︎