1857-1863 : l’émergence du patinage à roulettes aux USA
Alors même que James Leonard Plimpton n'avait pas encore révolutionné l'histoire du patinage à roulettes avec ses patins à essieux directionnels, les prémices d'une mode frémissaient déjà aux Etats-Unis sur la Côte Est des Etats-Unis en 1860-1861. Un engouement annonciateur de la Rinkomanie ?
Par alfathor
De Woodward à Plimpton – les prémices de l’intérêt pour le patinage à roulettes aux Etats-Unis
En 1849, l’Opéra Le Prophète de Giacomo Meyerbeer mettait les patins à roues alignées de Legrand sur le devant de la scène. Un succès international qui se diffusa jusqu’aux Etats-Unis avec des représentations à la Nouvelle-Orléans (Mississippi) en août 1850. Dans les années qui suivirent, le patinage à roulettes fit une apparition discrète dans les colonnes de la presse américaine. Le Ladies’ Boudoir Magazine explique à propos d’un engouement précoce pour le patinage à roulettes en 1855 :
Un exercice à la mode pour les dames, il n’y a rien de si bien adapté au développement et à la monstration d’une belle silhouette que le patinage à roulettes ; Et en aucun cas une femme ne peut présenter une élégance et une grâce égales que lorsqu’elle tourne en rond sur des patins. L’accomplissement devient une partie très importante de l’éducation de chaque jeune femme.
A partir de 18571 à Tipton, dans l’Indiana, des publicités apparaissent pour du matériel :

En 1859, Woodward déposait le premier brevet de l’histoire du roller aux Etats-Unis. Dès l’année suivante, une enseigne proposait ses produits à Washington D.C2. Il fut suivi de près du modèle de Reuben Shaler l’année suivante avec ses roues dotée d’une bande de roulement en caoutchouc indien. Les Etats-Unis n’ont donc pas attendu l’avènement de Plimpton pour voir se développer la pratique. Il nous a donc semblé intéressant de nous pencher sur les quelques années qui ont précédé son invention du patin à essieux directionnels.
Des patins à roues alignées et des patins à essieux
A cette période fortement influencée par la glace, le patinage à roulettes est considéré comme une pratique hivernale. Les dessins dans la presse figurent aussi bien des patins à roues alignées (Shaler) que des patins à essieux, assez similaires à ceux du tycoon de la roulette. Ainsi, les deux modalités techniques cohabitent.


Un premier skating-rink aux Etats-Unis dès 1860
Le Buffalo Post3 souligne son émergence dès 1858-1859 sur le territoire :
L’expérience des deux ou trois dernières années montre que le patinage n’est plus simplement décoratif mais utile. Et la passion pour le patinage s’est tellement répandue qu’il existe non seulement des patinoires (à glace), mais aussi des patinoires d’intérieur. À New York, au 440 Broadway, se trouve un magasin spécialisé dans les patins à roulettes brevetés, ou « patins de salon.
Le journal montre donc qu’il existe déjà un skating-rink aux Etats-Unis, à New-York, au moins trois ans avec celui de Plimpton.
Ici, dans une salle couverte, les garçons glisse avec la rapidité et l’aisance des oiseaux, tirant un merveilleux exercice et un grand amusement du fait que chaque pied était chaussé d’un wagonnet – leurs propres poumons et reins comme force motrice – et tout cela sans les incertitudes de la glace ou de l’exposition au vent et à la neige.
L’auteur de l’article commente d’ailleurs le fait que cette invention si pratique ne tardera pas à investir les trottoirs de Broadway.
Une publicité abondante pour un Parlor Skate dans les archives de presse américaine
A partir du mois de mai 1860 et jusquen 1862 (inclus), l’occurrence « Parlor Skates » apparaît 1045 fois dans les archives de newspapers.com. A cette époque, elle est beaucoup plus usitée que celle de « Roller Skates » (51 occurrences). En l’espace d’une année, des centaines d’articles ou de messages publicitaires sont publiés dans les colonnes de la presse américaine. La stratégie cible clairement le public des femmes et plus particulièrement celles qui souhaitent apprendre à patiner sur glace à l’abri des regards indiscrets. L’idée est alors d’utiliser le patinage à roulettes comme outil d’apprentissage avant de véritablement se lancer sur glace. Toutefois, ce n’est pas parce que les journaux locaux relaient in extenso des informations nationales que la pratique s’implante partout. Il y a donc un écart entre le discours médiatique et la réalité du terrain.

Le Nord-Est, berceau du patinage à roulettes aux Etats-Unis
Les articles nous apprennent un fait intéressant : le patinage à roulettes se développe alors particulièrement dans le Nord-Est des Etats-Unis :
- Tilton (Indiana) – 1857
- Newport (Rhode-Island) – 1860
- Boston (Massachusetts) – 1860
- Sur la presqu’île de Nahant (Massachusetts) – 1860
- Baltimore (Maryland) – 1860
- New-York (New-York) – 1860
- Saratoga (New-York?) – 1860
- Rochester (New-York) – 1860
- Wilmingthon (Caroline du Nord) – 1860
- Wheeling4 (Virginie Occidentale) – 1860
- Richmond5 (Virginie Occidentale) – 1860
- Hartford6 (Connecticut) – 1860
- Chicago (Illinois) – 1860
- Nouvelle-Orléans (Mississippi) – 1860
- New Bedford (Massachusetts) – 1861
- Buffalo (New-York) – 1861
- Lancaster7 (Pennsylvanie) – 1861
- Pittsburg (Pennsylvanie) – 1861
- Washington DC8 – 1861
La carte ci-dessous montre les villes où le patinage à roulettes s’implante entre 1860 et 1862. Il est important de garder à l’esprit que la guerre de Sécession se déclenche en 1861 et a donc un impact sur la diffusion de la pratique.

Notons ici que les deux tiers des endroits cités ci-dessus sont effectivement des stations balnéaires, comme l’indique la presse de l’époque. Ces lieux de villégiature de l’aristocratie et de la bourgeoisie américaine ont vu se développer une multitude d’activités sportives et de loisirs, particulièrement après la Guerre de Sécession (1861-1865) où la populaire aspire à l’hygiénisme.
Une des rares illutrations de patin à essieux avant l’ère Plimpton
Les patins distribués par Martin L. Bradford & Co à Boston et destinés à un usage en intérieur sont probablement d’origine britannique9.
La traduction
» A l’attention particulières des dames. Nous les invitons à découvrir ce tout nouvel article. Les Parlor Skates sont conçus non seulement comme moyen de divertissement, mais également comme un exercice sain en toute saison. Les mouvements nécessaire pour les utiliser sont similaires à ceux du patinage sur glace. Leur utilisation vous donnera confiance, en particulier pour les patineuses inexpérimentées, et leur permettre de patinese avec facilité et plaisir. Ces patins peuvent être utilisés sur différents types de sols.
Des galeries de patinage seront accessible la saison prochaine à Saratoga, Newport, Nahant et dans d’autres célèbres lieu de baignade.
A vendre chez Martin. L. Bradford & Co. – N° 148 Washington Street. »

Dans le centre et le sud du pays, soulignons d’autres distributeurs
Les journaux présentent le patinage à roulettes et les Ladies Parlor Skates comme un moyen de profiter des joies du patinage des terres gelées en des contrées plus accueillantes. Comme le souligne l’ Vicksburg Daily Whig11 :
Nous avons vu quelques gentlemen les porter et courir sur le sol à bonne allure. Profitez d’un sport nordique sous un climat du sud, sans sortir de chez vous !
- Louisville (Kentucky) – 1860
- Vicksburg (Mississippi)
Court descriptif technique des Parlor Skates
Ils ont toutes les apparences d’un patin ordinaire. Cependant, ils possèdent de petites roues en étain couvertes d’un bande de cuir. Ainsi celui qui les porte peut patiner sur un sol ordinaire avec facilité et en toute sécurité. Il est dit que le patinage de « salle de bal » va faire fureur dans les stations balnéaires cet été. »12
Cette description concerne-t-elle des patins à roues alignées ou à essieux ? Le mystère persiste pour l’instant.
Un réseau commercial et des lieux de pratique se mettent en place progressivement
Le Newport Daily News13 nous apprend que T. Mumford Seabury est désigné agent commercial pour la vente des Parlor Skates de Mr. O.M. Vail agent général. T. Mumford Seabury était basé au 140 Thames Street à Newport (R.H.). Mr. O.M. Vail, basé au 446 Broadway à New-York, fait référence à un brevet de « Flexible Roller Parlor Skates »14 que nous n’avons pas encore pu trouver. Alors que d’autres argumentaires préconisent le patinage pour les femmes, il convoque plutôt la santé des enfants fragiles :
Amusement et exercice : Les patins à roulettes flexibles de salon combinent ces deux aspects à un degré élevé, et les milliers de personnes qui viennent chaque jour admirer ces patins aux pieds des patineurs ne tarissent pas d’éloges à leur sujet, y voyant une invention destinée à révolutionner l’éducation physique. Les enfants à la santé fragile tireront un grand bénéfice de cet exercice particulier.
Horaires de patinage : de 10h00 à 18h00 au 446 Broadway. »
D’autres personnes apparaissent au fil des coupures de presse :
- Cook and Stilwells à Rochester (N.Y.)
- J. Skelding Bradley15 à New-York (N.Y., 1861)
- Geo. Myers à Wilmingthon (Caroline du Nord)
- Klein & Brother (Vicksburg, Mississippi)
- Caldwell’s Drug Store (Massachusetts)
- Kendrick & Flinn à Lancaster (Pennsylvanie, 1861)
- W.G. Maxwell16 à Baltimore (Maryland, 1861)
- W.E. Schwerz & Co à Pittsburg (Pennsylvanie, 1861)
- Warner, Miskey & Merrill à Louisville (Kentucky, 1860)
- John Harrold à Richmond (Virginie, 1860)
- McLaughlin à Washington DC (1860)
- Julius Morisse à Saint-Louis (Missouri, 1861)
- J.L. Wayne & Son Cincinnati (Ohio, 1861)
- Chas Day Jr. à Portland (Maine, 1862)
Ce dernier semble posséder un magasin de jouets et y propose donc les Parlor Skates comme d’autres jeux pour enfants.
Central Park Skate Emporium : les modes hivernales aux pieds
Des patins de toutes sortes de 25 cents à 25 dollars avec leurs sacs, courroies, mode d’emploi/guide d’apprentissage.
Patins brevetés. Disponibles chez Conover & Walker, 474, Broadway, entre Grand and Broome streets, New-York.
Un article du Racing Daily sur les nouveaux Parlor Skates
Traduction de l’article du Racing Daily17 du 23 mai 1860.
Un génie a eu l’idée de monter les dames sur des roues, comme un kart, ou sur des roulettes comme une table ou un fauteuil, afin de les déplacer dans la maison ou dans la rue, d’une manière inédite. L’inventeur de la machine l’a baptisée « patins de salon » ; mais l’image que nous en avons vue ressemble davantage à un wagon de chemin de fer encombrant, qui nécessiterait une plaque tournante à chaque extrémité de la pièce.
Il se peut que ce projet de déplacer les femmes dans la maison ou de les faire circuler dans la rue leur plaise, mais nous avons trop confiance en leur bon sens pour y croire. Ce sera parfait pour les dames corpulentes, les personnes âgées, si elles ont un « homme à tout faire » attentionné, celles qui sont « naturellement fatiguées » ou celles qui aiment tellement être servies qu’elles ne peuvent plus se nourrir seules. Mais nous sommes persuadés que les jeunes filles, vives, intelligentes et jolies, seront gênées d’être chaussées de roulettes.
Les Floor Skates ou Ladies Parlor Skates investissent les intérieurs
En 1860, la pratique est alors logiquement qualifiée de « Home Skating » dans le journal The Daily Exchange18 du 2 octobre 1860.
Ces patins roulent sur un sol classique ou sur un tapis sans les abimer et imite parfaitement le patinage sur glace. Grâce à eux, les jeunes femmes et les gentlemen peut s’accomplir dans le patinage sur glace. C’est aussi un amusement à domicile délicieux, admirablement adapté aux enfants. Ils leur procurent à la fois un exercice plaisant et bon pour la santé et aucun présent ne pourra leur plaire davantage. Nous avons toutes les tailles pour tous les âges. Nous avons également reçu un large et bel assortiment d’accessoires du dernier cri.
A défaut de disposer d’un grand nombre de skating-rinks comme dans la période qui suivra, la publicité met en permanence en avant la possibilité de pratiquer chez soi. Dès le mois de décembre 1861, ils figurent dans les recommandations de cadeaux pour les enfants19. O.M. Vail proposait notamment des patins à partir de l’âge de trois ans. Le modèle qu’il distribue fait l’objet d’un brevet déposé le 24 février 1860, date qui correspond à un modèle de la marque Shaler. L’entrepôt de la marque se situait au 46 Broadway à New-York. Il met d’ailleurs en garde ses clients à propos des nombreuses contrefaçons20 qui circulent déjà l’époque.

Les femmes au coeur de l’argumentaire commercial des marques
Le Rochester Democrat21 mentionne un article à vendre dans la ville éponyme, une nouveauté comparable à toute invention moderne. Elle est appelée « Ladies Parlor Skates » et est prévue pour permettre la pratique gracieuse de l’exercice du patinage à la maison et durant la saison où il n’y a pas de glace sur laquelle patiner. Ainsi, elles paraîtront bientôt en public avec une expérience préliminaire. Les « Ladies Parlor Skates » diffèrent de patins ordinaires par le fait que les roues en fer sont remplacées par de petites roues en étain enrobées de cuir, ainsi la patineuse peut patiner sur un sol ordinaire avec facilité et en sécurité. Il est également dit que cette rage va investir les stations balnéaire à la mode cet été à Sarasota, Newport, etc.
Ce discours résolument orienté vers la pratique des femmes va perdurer plusieurs décennies, aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde. En 1884, E. Smith22 publie « Roller Skating Made Easy » et explique :
Que les dames dont les poumons ou les chevilles fragiles, ainsi que le manque de vigueur général, les empêchent de faire de longues marches ou des exercices physiques intenses en plein air, apprennent à patiner sur roulettes et s’adonnent ensuite régulièrement à la douce et gracieuse activité du patinage sur roulettes. Elles seront ravies de constater qu’elles peuvent en retirer un bénéfice considérable, en plus du plaisir.
1860-1861 : Une école et un skating-rink à la Nouvelle-Orléans
Comme vu plus haut, l’influence du patinage à la Nouvelle-Orléans remonte à la période du Prophète de Meyberbeer. Dès 1860, une école de patinage à roulettes s’établit dans le haut de la ville23. Il est possible de s’y initier à la pratique. Elle dispense des leçons régulières pour maîtriser « les mystères de l’art du patinage » sur des patins brevetés.
Par ailleurs, Blondin24 réalise des exhibitions au Canterbury Hall et au Palace Garden Hall en 1861. AU même endroit, les amateurs peuvent patiner sur Parlor Skates pour la modique somme de 25 cents « sur une glace imaginaire, sans danger. »
Décembre 1861 : une Skating Academy à New-York
La presse fait également référence à une autre école de patinage à Brooklyn, près de New-York, en 1861-1862. Les femmes, les hommes et les enfants y apprennent l’art du Parlor Skate, « tous désireux d’acquérir les techniques les plus en vogue dans la science de la glisse.25«
Quelques recherches permettent de découvrir que des leçons de patinage sur patins brevetés se sont tenues au Burham’s Gymnasium26 d’Atlantic Street (n°176) de Brooklyn. Le journal The Evening Post fait référence à une « Skating Academy for Ladies and Gentlemen« . Adultes et enfants peuvent venir apprendre le patinage à roulettes pour 10 cents l’entrée et 15 cents la demi-heure dans une salle spacieuse. Un tarif qui destine donc plutôt la pratique à des personnes aisées.
Un discours orienté sur les bienfaits pour la santé
Celles qui désirent apprendre à patiner peuvent s’entraîner à la maisons sur les tapis ou dans les halls sans craindre les blessures. Ils vont être de plus en plus utilisés et devenir le loisir favori cet été. C’est excellent pour la santé et une exervice plaisant qui n’a pas d’équivalent.27
1859-1863 : Le virage du patin en ligne au patin à essieux et les prémices de la première grande mode
Là où le patin de Shaler est purement en ligne, celui de Woodward possède une double roue centrale sous la voute plantaire afin d’accroître la stabilité. En effet, les patins de cette période s’attachaient avec des sangles et n’offraient donc aucun maintien latéral autre que celui que la chaussure que vous portiez. C’est comme si vous vouliez faire du roller en ligne aujourd’hui avec une paire de basket !

La ruée vers l’ouest
A partir de 1861-1862, le patinage à roulettes se répand progressivement vers l’Ouest du Pays. Les coupures de presse permettent de constater une diffusion vers des villes comme Madison28 (Wisconsin), Portland29 (Maine), Chicago30 (Illinois) à nouveau après 1860. En 1863, ajoutons West Chester31 (Pennsylvanie), Saint-Louis32 (Missouri, 1861) Sacramento33 (Californie, 1861). Le journal The Sacramento Bee souligne que cette mode est bel et bien née dans l’Est du territoire américain.
Plimpton comme catalyseur d’une future tendance sociétale
En 1863, l’américain James Leonard Plimpton, change la donne en créant des patins à essieux directionnels. Au-delà de son ingénieuse invention, le magnat du patinage à roulettes a créé un véritable modèle économique qui inscrit durablement le patinage à roulettes dans la culture américaine. L’engouement est tel qu’il va d’ailleurs majoritairement toucher l’Europe, plus développée au plan urbanistique que le reste du monde. Les Etats-Unis suivront un peu plus tard, à compter des années 1880.

Le Canada, voisin immédiat des Etats-Unis
Le patinage à roulettes n’a pas eu à franchir une grande distance pour investir la ville de Montréal. En 1863, le Victoria Skating Rink accueille une foule de patineurs !

Pour aller plus loin
Sources
- The Tipton County Argus, vendredi 21 août 1857, page 10, newspapers.com ↩︎
- Evening Star, 29 juin 1860, page 2, newspapers.com ↩︎
- Buffalo Post, mercredi 30 janvier 1861, page 3, newspapers.com ↩︎
- The Wheeling Daily Intelligencer, vendredi 19 octobre 1860, page 3, newspapers.com ↩︎
- Richmond Dispatch, vendredi 21 décembre 1860, page 2, newspapers.com ↩︎
- Hartford Courant, samedi 18 août 1860, page 3, newspapers.com ↩︎
- Lancaster Examiner and The Semi-Weekly New Era, mercredi 1 mai 1861, page 3, newspapers.com ↩︎
- Evening Star, lundi 18 février 1861, page 2, newspapers.com ↩︎
- Boston Evening Transcript, lundi 16 décembre 1861, newspapers.com ↩︎
- Boston Evening Transcript, jeudi 3 mai 1860, page 3, newspapers.com ↩︎
- Vicksburg Daily Whig, vendredi 19 octobre 1860, page 3, newspapers.com ↩︎
- The Patriot-News, lundi 21 mai 1869, page 3, newspapers.com. ↩︎
- Newport Daily News, lundi 3 septembre 1860, page 3, newspapers.com ↩︎
- New-York Tribune, jeudi 27 septembre 1860, page 2, newspapers.com ↩︎
- New York Daily Herald, dimanche 20 janvier 1861, page 5, newspapers.com ↩︎
- The Baltimore Sun, lundi 7 janvier 1861, page 2, newspapers.com ↩︎
- The Racine Daily Journal, mercredi 23 mai 1860, page 1, newspapers.com ↩︎
- The Daily Exchange, mardi 2 octobre 1860, page 2, newspapers.com ↩︎
- The Standard-Times, 31 décembre 1861, page 3, newpspapers.com ↩︎
- The New York Times, jeudi 4 avril 1861, page 7, newspapers.com ↩︎
- The Kingston Daily News, jeudi 15 mai 1860, page 2, newspapers.com ↩︎
- Smith, E. (1884). Roller Skating Made Easy. Portland, Maine. ↩︎
- The Sunday Delta, dimanche 30 décembre 1860, newspapers.com ↩︎
- The Sunday Delta, dimanche 17 février 1861, page 5, newspapers.com ↩︎
- Washington Chronicle, vendredi 19 décembre 1862, page 1, newspapers.com ↩︎
- Brooklyn Eagle, jeudi 3 octobre 1861, page 1, newspapers.com ↩︎
- The Times-Union, vendredi 18 mai 1860, page 2, newspapers.com ↩︎
- Wisconsin State Journal, 5 mai 1862, page 2, newspapers.com ↩︎
- Portland Presse Herald, 12 décembre 1862, page 3, newspapers.com ↩︎
- Chicago Tribune, 30 décembre 1862, page 2, newspapers.com ↩︎
- The Record, 24 octobre 1863, page 4, newspapers.com ↩︎
- The St Louis Republic, dimanche 22 décembre 1861, page 2, newspapers.com ↩︎
- The Sacramento Bee, 29 avril 1861, page 2, newspapers.com ↩︎