Babacar « Baba » Ndiaye ou l’histoire du roller au Sénégal

Ce Podcast vous invite à partir à la rencontre de Babacar "Baba" Ndiaye, l'un des pionniers du roller au Sénégal. Il découvrit le patinage à roulettes et le roller à l'âge de 5 ans. Depuis, il n'a jamais vraiment déchaussé...

Par alfathor

Babacar « Baba » Ndiaye ou l’histoire du roller au Sénégal
Baba Roller

Baba Roller, invité du podcast Balado Roller

Les modes du patinage à roulettes et du roller en ligne ne se sont pas limitées au continent nord-américain ou à l’Europe. Elles essaimèrent partout à travers le monde. Une fois notre ethnocentrisme naturel mis de côté, penchons-nous sur l’émergence de la pratique sur le continent africain et plus particulièrement au Gabon et au Sénégal, grâce à ce podcast exclusif réalisé avec Babacar Ndiaye, alias « Baba Roller »…

Podcast – rencontre avec Baba Roller, l’un des pionniers du roller au Sénégal – télécharger le fichier du podcast

Introduction d’Alexandre Chartier

Bonjour à tous et soyez les bienvenus sur Balado Roller, le podcast de rollerenligne.com. Aujourd’hui, encore un numéro un petit peu spécial. Un épisode vraiment particulier ! Comme quoi les hasards font bien les choses. En me baladant sur les quais à Bordeaux, je suis tombé sur un rider super connu de l’autre côté de la Méditerranée. Il nous vient du Sénégal. Il a fondé l’association Accro Roller au Sénégal. Vous connaissez peut-être déjà son nom. Il a fait des super vidéos complètement hallucinantes il y a une vingtaine d’années qui nous ont fait découvrir le roller en Afrique alors qu’on s’imaginait que ça restait à l’état embryonnaire. Aujourd’hui, nous sommes avec Baba (Roller).

Bonjour Baba Roller…

Yes, bonjour. Bonjour à tous.

Le mot d’intro de Walid Nouh

Pour cet épisode, il était obligatoire d’avoir avec nous Kalou (Pascal Dupoy), qui fait partie de la grande histoire commune avec Baba. C’est un super grand plaisir d’avoir Baba avec nous parce que ça fait longtemps qu’on voulait faire cet épisode. Et là, effectivement, hasard du calendrier, Baba était sur Paris ! Et on s’est dit que c’était l’occasion.

Donc voilà, c’est super et vous allez voir que Baba est un rider exceptionnel. Et en plus de ça, on va parler avec lui de toute la structuration du roller au Sénégal. De tout ce qu’il a fait avec l’association Accro Roller à Dakar, etc. Nous allons aussi vous expliquer comment nous, à l’époque de RollerFR, nous avons connu et ressenti la découverte du patinage au Sénégal. Donc voilà, c’est vraiment un grand moment, nous sommes hyper heureux. Kalou, est-ce que tu veux dire un mot pour introduire ?

Baba Roller - Palais Royal (Paris, France)
Baba Roller – Palais Royal (Paris, France)

Le mot de Kalou sur Baba Roller

Bonjour! Oh là là, c’est une histoire de 20 ans ! Donc c’est assez marrant d’avoir Baba à nos côtés et de pouvoir lui poser quelques questions. En tout cas de vous le présenter… Parce que je le connais quand même un petit peu. C’est un grand plaisir qu’il soit sur Balado Roller pour une petite présentation.

Alors première question, Baba : est-ce que tu peux commencer par te présenter s’il te plaît ?

Avec grand plaisir. Je commencerai par vous remercier pour cette opportunité de pouvoir participer à cette émission qu’est Balado Roller. Et ça fait super plaisir. Je m’appelle Baba Kandia Ndiaye, mais mon pseudo c’est Baba Roller.

Je porte ce nom Baba Roller depuis facilement une quarantaine d’années. Pratiquant, amoureux, passionné de la discipline, j’en ai fait un peu mon lifestyle en fait, un style de vie. Aussi bien dans mon pays ou dans tous les autres pays où je peux aller pour visiter ou pour juste des vacances. Donc le roller et moi nous formons qu’un. Et je pense que pendant le déroulé de cet entretien, vous aurez l’occasion d’avoir plus d’explications sur cela.

Alors justement, il faut que tu nous expliques comment est-ce que tu as découvert le roller?

Baba Roller : Pour plonger les deux pieds joints dans le sujet, c’est une histoire de vie. Je peux le dire comme ça. C’était une destinée. Je me suis retrouvé en vacances chez un oncle, où je n’avais pas vraiment envie d’être. Et Je devais y rester pendant au moins facilement deux mois. Par le plus grand des hasards, un jour en me baladant dans les couloirs de la maison, je suis tombé sur une paire de quads. J’avouerais que j’avais cinq ans, et c’était du 43 ! Mais n’ayant pas envie d’être dans cette maison, ces rollers ont été mes meilleurs amis pendant ces vacances.

Et c’est de là qu’a commencé mon histoire avec le roller. Donc mes premiers pas, je les ai faits tout seul dans un couloir, d’un mur à l’autre. Aujourd’hui je dois avoir 42 ans de pratique. Donc c’est vraiment, je ne peux pas l’appeler le hasard… Je pourrais dire que c’était ma destinée. Et que je suis allé dans cette maison pour rencontrer cet objet si précieux pour moi. C’est, comme je vous l’ai dit, un style de vie.

Démarchage publicitaire en roller / street marketing
Démarchage publicitaire en roller / street marketing

Alors Baba, tu as donc 5 ans et tu rencontres le roller. Puis tu reviens de ces deux mois de vacances et là que fais-tu ? Tu saoules tes parents pour avoir une paire de rollers ? Comment ça marche ensuite ?

Je fais mes deux mois de roller. Je découvre ça. Mais j’habite dans un « quartier résidentiel » et j’étais emplouré de parents, intello et tout ça. Donc un bon quartier, très vivant pour nous. Nous allons tous à l’école, nous avons tous des parents qui ont bac et d’autres choses. Donc c’est très important ce côté intellectuel. Les parents aussi vont dans la même mouvance, de nous offrir des cadeaux pendant les fêtes, de Noël, plein de choses. Plein de gens pensent que les Africains ne fêtaient pas Noël ou les musulmans. Mais non, c’est une fête pour les enfants. C’est une fête très conviviale. Donc les parents vont dans cet esprit d’offrir des cadeaux.

Il se trouve que moi, oui j’ai voulu une paire de rollers à cette époque là. Mais ma mère elle était hyper contre cette chose là. Donc je naviguais de roller en roller en fait. J’empruntais, une fois que les autres les enlevaient. C’est comme ça que ça s’est passé.

Au fil des années, elle n’a jamais voulu que j’ai une paire de rollers. Quand on me passait une paire de rollers, je pouvais fuguer avec pendant une semaine. Après, plus personne ne voulait me passer de roller. C’est pour cela que je me suis un peu retrouvé dans l’embarras. Mais il se trouve que de mes 5 ans jusqu’à mes 11 ans, dans mon quartier, ça ride.

Pourquoi ça ride ?

Baba Roller : On est parti de tout ce qui est rollers, trottinettes, BMX, jusqu’à commencer à passer aux mobylettes et autres. Donc pendant toute cette période, j’ai vraiment été dans la vague du roller où je n’avais pas de roller pour moi personnellement. C’était un peu galère et il se trouve que toutes ces personnes avec lesquelles j’ai eu à rouler sont passées à autre chose. Et aujourd’hui c’est la raison pour laquelle je suis un porte flambeau de cette génération. Parce qu’il se trouve que de ces 5 ans jusqu’à maintenant, j’ai continué de rouler.

Et la grosse histoire de ma vie par rapport au roller c’est quand j’ai 11 ans, je vais en Afrique centrale, au Gabon. C’est incroyable l’amour du roller que j’ai eu pendant ces 5-6 ans avec une pratique assez difficile. J’arrive au Gabon en 1989. Et il se trouve qu’il y a une patinoire à roulettes là-bas. Je reste au Gabon pendant sept ans. Les deux premières années, j’étais dans la mouvance de connaître le pays, de savoir comment fonctionnaient les choses.

Puis, j’ai su qu’il y avait une patinoire à roulettes. Dites-vous que tellement que j’étais à fond que mes cinq dernières années j’y ai travaillé dans cette patinoire. C’est ce qui a fait de moi celui que je suis aujourd’hui. Parce que travailler dans cette patinoire pendant cinq bonnes années dans mon adolescence m’a fait ouvrir les yeux et j’ai découvert pas mal de choses, vraiment pas mal de choses qu’on partagera au fil, au courant de l’émission.

Le shop de roller qui a ouvert au Sénégal en mars 2024
Le shop de roller qui a ouvert au Sénégal en mars 2024

[Walid] J’ai une question par rapport au matériel : comment vous faisiez pour avoir des rollers ? Parce que toi tu empruntais les rollers des autres, d’accord ? Mais les autres, comment ils avaient leurs rollers ? Comment les rollers arrivaient? Parce que j’imagine qu’il n’y avait pas de shop à l’époque et que c’était pas facile…

Donc on parle de 1990 ou 1991. C’est clair qu’il n’y a pas de shop. Mais durant cette période, comme je vous l’ai dit, les parents sont dans cet esprit de fêter Noël avec leurs enfants, d’offrir des cadeaux. Donc ils ont offert des rollers. C’était des patins à roulettes, des quads à l’ancienne. Je vais vous le rappeler parce que vous devez souvent vous en souvenir vu qu’on est de la même génération… Avec la chaussure montante avec le drapeau des Etats-Unis.

Tu vois, c’était ce style de roller là, vraiment. Les roues n’étaient même pas en gomme. Elles étaient carrément en plastique. Donc quand tu roulais sur du bitume, ça accrochait bien, mais quand c’était sur des carreaux, c’était un peu galère. Donc c’était ce style de roller.

Tu roulais dans quel quartier?

Baba Roller : Mon quartier c’était Mermoz, j’habitais dans le quartier qui s’appelle le Mermoz. C’était un aviateur français du nom de Jean Mermoz. Donc voilà, on n’était pas loin de la mer. Ce qui a été vraiment notre plus, c’est qu’on ait eu ces parents, qui avaient cette culture, cette ouverture d’esprit de fêter Noël, d’offrir des cadeaux et selon la mouvance. Comme je vous l’ai dit, ils sont offert aussi des raquettes de tennis et on jouait au tennis dans le quartier… Mais on a aussi a fait du ping-pong. On a vraiment eu cette ouverture d’esprit et ça je serai reconnaissant vis-à-vis des parents qui étaient dans le quartier.

Et les premières paires de roller qu’on commandait venaient soit des Etats-Unis, soit d’Europe. Parce que c’est clair que ça ne traînait pas dans les containers.

Donc c’est un peu ça l’esprit du roller au Sénégal dans les années 1980.

Pourquoi ta mère, elle était contre que tu fasses du roller ? Elle avait peur de quoi ?

Baba Roller : Je pense que c’est la peur du genre… La première chose que les gens se disent quand ils ne connaissent pas l’Afrique : « il va se casser quelque chose ». C’est la première réflexion qui sort. J’étais un garçon qui ne vivait qu’avec des femmes autour de lui. Donc elle était dans cet esprit de protection.

Ma mère ne voulait même pas que je sorte pour aller jouer avec les autres. Donc déjà avoir une paire de rollers, c’était inadmissible. Un jour je lui poserai la question de pourquoi elle ne voulait pas. Parce que bon, après avec le temps, elle s’est rendue compte que c’était pas vraiment ça, parce que c’était ma destinée. Mais c’est clair qu’elle a été réticente dès le début. Et même quand j’ai travaillé dans ce patinoire au Gabon, j’étais un peu en mode rébellion. Je voulais prendre mes marques. J’ai aimé le roller depuis mon enfance. Donc étant adolescent j’ai continué le parcours. Mais au Sénégal c’était vraiment dans cet esprit d’avoir des rollers qui arrivaient des Etats-Unis ou de la France mais en mode cadeau de Noël.

Quelle était l’ambiance au Gabon dans la patinoire quand tu travaillais là-bas? Quel type de personnes allaient là-bas? Est-ce que c’était plutôt des ados ? Est-ce que c’était des adultes ? Qu’est-ce que tu gardes comme souvenirs de cette période ?

Baba Roller : C’est super sympa de me poser cette question parce que vous savez, moi je suis Sénégalais d’origine, mais j’ai grandi au Gabon. Et quand je dis j’ai grandi au Gabon, je pense que tout être humain qui fait son adolescence dans un autre pays, dans une autre culture, en fait, il se forge vraiment par rapport à cette culture, par rapport à ce pays. Parce que l’adolescence c’est une partie de notre vie où nous sommes comme des éponges en fait. nous absorbons plein de choses. Et quand je suis arrivé dans cette patinoire je n’étais personne. Je n’étais vraiment personne. J’étais un client parmi d’autres dans une patinoire qui pouvait accueillir jusqu’à 500 personnes. D’ailleurs, il y avait 500 paires de rollers déjà à l’époque, en 1989 quand j’y suis arrivé. Et au Gabon ils avaient déjà cette culture de la patinoire à roulettes. Et ça c’était très intéressant.

Je commence donc à y aller dans ma première année de CM2. Mais vraiment c’était une fois tous les 36 du mois parce que j’avais pas encore cette liberté de sortir. Je passe en 6e avec un petit retard. Donc là, j’ai mes 11 / 12 ans. Je commence à m’émanciper un tout petit peu, mais en faisant très attention aux colères de la maman. Et c’est en 5e, donc je suis dans ma troisième année au Gabon. C’est là que je commence à vraiment prendre mes marques, à pouvoir bouger. Je suis au lycée. Il y a les contacts et tout ça, et on me parle de la patinoire. Là, je commence à y aller avec plus d’assiduité. Et c’est comme ça que je me suis fait repérer. En effet, ils faisaient souvent des événements. C’était le Gabon, Libreville, la capitale. C’est quelque chose d’assez petit, donc il n’y a pas des tonnes et des tonnes d’activités.

Baba Roller, quelles étaient les activités possibles pour les jeunes à Libreville ?

Baba Roller : Il y avait le cinéma et la patinoire. Donc la patinoire est un lieu de rencontre de tous les jeunes. Les samedis, les mercredis, c’était vraiment cet esprit de patinoire. Mais je pense que comme ils ont eu beaucoup de contacts avec les Etats-Unis, ils ont pu avoir cet esprit de créer une patinoire à roulettes. Parce que je parle des années 1980.

Quelle était l’ambiance sur place ?

Baba Roller : Il y avait une ambiance du tonnerre. Moi j’arrive du Sénégal où je galère pour avoir une paire de rollers. J’arrive dans cet endroit durant ma première année là-bas. J’avais juste 11 ans. Je vois pas des milliers, mais je vois plus de 500 personnes qui sont en train de tourner dans un sens. C’était le paradis pour moi. C’était LE paradis pour moi. Parce que je n’avais jamais vu autant de gens faire du roller. Et puis dans cette ambiance… Il y a de la musique, il y a un DJ, il y a un espace pour faire tout ce qui est billard, tout ce qui est baby-foot. Un petit endroit pour faire du kart, je crois que c’est ça, de petites voitures de formule 1. Donc c’était vraiment un espace de jeunes.

Baba Roller en action
Baba Roller en action

Et dans cet espace, il y avait une grande piste pour les pros et une petite piste pour les débutants. Moi quand je suis arrivé là-dedans, le premier jour, j’ai pété un câble. Le premier truc que j’ai fait est de louer ma paire de rollers. En fait, les habitués avaient de bonnes paires de rollers. Mais les non connaisseurs comme moi quand ils arrivaient, on leur donnait des paires de rollers tellement pourraves !

Ouais mais en même temps c’est pas grave, l’idée c’est que tu savais patiner déjà avec tous les rollers du monde, de tes potes…

Baba Roller : Exactement, exactement. Je parle de cela parce qu’après, avec le temps, j’y ai travaillé. J’ai donc compris l’histoire des habitués qui ont un type de paire. Parce que ma première fois on m’a donné une paire mais tellement pourrie… mais je ne pouvais pas comprendre. Je ne pouvais pas voir la véritable qualité d’un roller. Parce l’importance pour moi, c’était d’avoir une paire de roller. J’ai roulé pendant deux heures, en me disant : « il faut que je rentre, il faut que je rentre, il faut que je rentre, parce que je pensais à ma daronne. »

Et ça a été comme ça pendant les deux ans. Puis, au bout des deux ans où j’y allais, je n’étais personne à l’intérieur. Mais j’ai fait un forcing en fait, parce cet endroit était un lieu de rencontre pour les jeunes, mais il faisait aussi des événements. Des soirées danse, danse-roller, des gars qui venaient faire du rap, un peu de graffiti, et c’était une belle ambiance en fait. Et moi la première fois que j’ai été à une soirée comme ça, où il y avait du hip-hop, du roller… ça a fini avec une soirée roller-dance. C’était vraiment dans les années 89-90, et j’étais tout jeune.

De fil à aiguille, quand il faisait des événements j’allais à la patinoire tous les jours. Je pense que c’était dans ma troisième année à Libreville avec mon émancipation… ça il faut que je le cite. Parce qu’au Gabon, les cours c’est le matin de 7h00 à 13h00 et les après-midi sont disponibles. Je passais donc tous mes après-midis dans cette patinoire en disant que j’allais au CDI pour étudier. Mais j’allais pas au CDI, j’allais au roller.

Baba Roller, comment s’appelait cet endroit ?

On l’appelait « La patinoire » mais elle s’appelait « le Rolls ». J’avais oublié ce nom. Le Rolls. Si j’ai des amis et des frères du Gabon qui écoutent ça, ils vont se repérer dans cette histoire de patinoire qui s’appelait le Rolls. Elle était derrière Mbolo.

[Walid] Tu sais, je pense que je n’ai aucun souvenir de ce type d’endroit en France à ces époques-là, de choses qui ressemblent à ça. Peut-être La Main Jaune, et encore. Quand tu parles de ça, j’ai l’impression de voir les films américains dans lequel on voit des rinks. La main jaune était dans les années 1980, un peu avant notre génération…

Baba Roller : En tout cas oui c’est pour dire si on doit resituer l’affaire dans le temps. Moi je vais au Gabon en 1989 pour y installer pour 7 ans. Il y a assez de patinoires et déjà cette culture des skating rinks comme je disais tout à l’heure. Et aussi le dénominateur commun, la raison pour laquelle ça vous rappelle ce genre de choses, c’est parce qu’ils avaient une connexion entre les Etats-Unis et le Gabon. Le président Omar Bongo avait une bonne connexion avec les pays de la diaspora. Quelque chose qu’il avait ouvert très tôt dans son pays. C’est pour ça qu’il y avait des gens qui partaient facilement aux Etats-Unis ou qui en revenaient. C’est pour ça qu’il y a eu cette culture du roller et de la patinoire.

Baba Roller avec des enfants patineurs
Baba Roller avec des enfants patineurs

Je vous parle d’un endroit où il y a un bar, un snack, où on peut manger. Il y a aussi des baby-foot, un petit magasin pour vendre des goodies et autres. Ça date d’il y a super longtemps. Et quand j’ai atterri là-dedans en 1989, j’ai halluciné, parce que je n’avais pas cette culture chez moi.

Comment as-tu travaillé là-bas Baba Roller ?

Nous, ça a été la mode du roller, comme cadeau de Noël, puis hop, on est passé à la trottinette. Donc j’arrive là-bas et j’hallucine. J’ai travaillé là-bas pendant 5 ans. J’avais un mentor, parce qu’ils organisaient des événements. Et j’y allais tous les jours. Donc quand ils ont fermé pour peindre, organiser, décorer l’espace pour un spectacle un samedi, je suis allé travailler comme si j’étais un contractuel. J’ai bossé même plus que les gens qui étaient contractuels là-bas.

Et si je dois le situer dans le temps, je devais avoir 14 ans. Et donc je me suis donné à la tâche, mais comme un malade. Après, pendant l’événement du samedi où c’était la soirée, je me suis donné à fond. Ensuite, le dimanche, quand tous les garçons sont réunis pour être payés par la boss, Dany, quelqu’un que je n’oublierai jamais, elle m’a juste dit gentiment :

Mais en fait tu fais chier. En fait t’es trop collant ! T’es là depuis 2-3 jours, on t’a pas demandé de venir bosser. Bon je paye tout le monde, mais toi, je ne peux pas te payer parce que tu fais pas partie de mes gars.

Dany cité par Baba Roller

Bon tout ça c’était pour me charrier. Je lui ai fait comprendre que moi c’était l’esprit d’être dans la patinoire, d’être avec ces gens, je n’étais pas là pour un salaire. Et c’est ce jour là que j’ai reçu ma première paie par rapport au roller. Parce qu’elle m’a rémunéré et après elle m’a dit : « Viens bosser mardi. » Et c’est comme ça qu’est partie mon histoire.

Qu’est-ce que tu faisais comme travail ?

Mon poste consistait à récupérer les chaussures et à donner les patins quand les gens me donnaient leur ticket. Donc j’ai commencé à faire ça, à faire la manutention, démonter, monter les rollers. Et il y avait un sacré niveau quand même à Libreville à cette période. Il y avait des sauteurs, des slalomeurs…

Si j’ai cet amour de la danse aujourd’hui, c’est grâce au Gabon. Parce qu’il y avait beaucoup de danseurs en roller, énormément. Donc j’ai vraiment refait mes bases là-bas, parce que je roulais avec des gens qui avaient un meilleur niveau que moi. Et je baignais dans l’univers du roller avec des gens qui étaient plus âgés que moi. Ils avaient plus d’expérience que moi. Surtout le mec avec qui je bossais.

Ce gars-là je peux dire qu’il s’appelle Omer. Je le considère comme un mentor. Il me considérait comme un petit frère. Il m’a conseillé sur pas mal de choses, bien vrai qu’on allait dans les délires dans tous les sens, mais il avait cet aspect de grand frère pour moi. Ainsi, il m’a donné l’amour du roller aussi.

Tu disais qu’ils avaient des bonnes paires de rollers. C’était quoi à l’époque une bonne paire de rollers ? Tu te rappelles avec quel matos vous rouliez ?

Il y avait à peu près 200 bonnes paires déjà avec un bon maintien de la cheville. C’est à dire des rollers avec un petit talon. Et il y en avait qui étaient très souples avec un super bon cuir. Bien sûr, il y avait aussi de meilleures roues dessus. C’était des Krypto Impulse si je me souviens bien du nom. Sur les autres rollers, le cuir était un peu plus rigide. Tu galérais un peu plus dans ce genre de paire de rollers. Ils avaient des roulements pourraves et les roues n’étaient pas de bonne qualité.

Et donc les 200 paires étaient pratiquement réservées pour les gens qui venaient régulièrement. Eux réservaient leurs paires. Tous les amateurs se tapaient les 300 autres paires. Mais ça partait parce que c’était vraiment dans cet esprit de grosse communauté de roller. Bon, ils faisaient des randos aussi, mais c’était ça la qualité de roller qu’on avait.

[Pascal Dupoy / Kalou] Déjà d’une part première question : il y avait des gens qui venaient avec leur roller ? Et d’autre part est-ce qu’il y a des gens qui roulaient en dehors de la patinoire ?

Très bonne question, oui il y avait des gens qui venaient avec leur propre matériel. Donc, encore une fois, ils ont eu une avance sur nous, sur l’esprit roller. Peut-être qu’ils n’ont pas lancé la chose comme nous. Après, on reviendra sur le niveau Accro Roller. Nous, on a eu la chance peut-être du net, parce que je pense qu’on est né avec ce boom des vidéos sur le net. Cela a donné une visibilité. Mais oui au Gabon, ça roulait déjà !

Et pour répondre à la question de Pascal : Oui, il y avait des gens qui venaient avec leur propre matériel. Et aussi oui, il nous arrivait de faire des petites randos dehors. Mais c’était pas quelque chose de d’assez exceptionnel de rouler à l’extérieur. Ils avaient vraiment cette culture de rouler dans la patinoire.

Après, on pouvait rencontrer des gens qui se déplaçaient en roller. Je faisais partie de ce genre de personnes. Et aussi, je l’ai pas mal développé là-bas parce que moi, je me déplaçais énormément en roller à Livreville. Raison pour laquelle où je vais aujourd’hui dans le monde, j’ai mes rollers avec moi. Il n’y a pas de meilleur moyen de transport tant que c’est roulable.

Est-ce qu’il y avait des gens qui montaient des baskets sur leurs rollers ou est-ce que c’est vraiment un truc de chez nous en France ?

Effectivement il y avait des gens qui faisaient leurs propres montages à cette période-là. Ils venaient avec leurs propres baskets. Mais bien vrai qu’à cette période quand même, si un roller en cuir avec la talonnette c’était le top du top, tout le monde voulait avoir ça. Après l’esprit a évolué avec l’esprit des baskets, des teams pour certains et ainsi de suite. Mais oui à cette période là, ça existait déjà.

Raison pour laquelle, quand je suis retourné à Dakar en 1996, j’ai eu une année sabbatique. Mais la première paire de rollers que j’ai eu, qui était une bonne paire, c’était une paire en mode basket. J’avais pris cette habitude de ne rouler qu’avec les rollers à talons. Donc le fait de me réadapter à des baskets, ça a été un peu complexe. Mais voilà, on est rider ou on l’est pas.

A Libreville, ce que j’ai eu le plus développé là-bas, c’est franchement déjà la gestion des gens, de la clientèle. Ensuite, c’est à Livreville que j’ai donné mon premier cours de roller. J’avais 16 ans. C’est une dame qui est arrivée… Attention, parce que là c’est une anecdote, elle faisait peut-être 4 fois mon poids. Elle était obèse. Elle a dit qu’elle voulait rouler et tous les gars de mon staff avec lesquels je bossais lui ont tous dit :  » Oui, c’est ce gars là-bas qui donne les cours. Donc la dame est arrivée et a dit qu’elle voulait que je lui donne un cours. J’étais très moqueur aussi. Ils avaient pas façon de le faire, mais je me suis retenu ce jour. J’ai failli éclater de rire. Et je sais pas ce qu’il s’est passé dans ma tête, je lui ai donné le cours.

La seule chose dont je me souviens, c’est qu’on avait eu une rambarde autour de la piste. Donc elle s’était accrochée d’un côté de la rambarde et moi de l’autre. Et je pense que j’ai souvent eu cette histoire de la patience, parce que j’ai été très patient avec elle. Et on a roulé pendant une heure. C’était pas super mais elle est revenue. Et je donc j’ai continué avec elle jusqu’à ce qu’elle finisse par rouler. Donc c’est à 16 ans que j’ai donné mon premier cours de roller sans avoir cet esprit d’encadrer quelqu’un. Il y a très longtemps de cela.

Quelles disciplines as-tu pratiqué sur place ?

Je sais qu’à Libreville, j’ai beaucoup appris la danse. Énormément la danse en roller. Tous les mecs qui travaillent dans la patinoire à 19h00, chacun lâche son poste. Puis le DJ met de l’animation. Nous on ferme le local et on va sur la piste. En fait, les gens qui travaillent dans la patinoire, quand ils montent sur la piste, c’est en mode démo. Mais genre, tout le monde attendait que ça. Soit en mode démo tremplin, soit en mode démo de vitesse, à faire des super beaux croisés, des courses en arrière en croisés, faire un peu de slalom, mais beaucoup de danse. Et ça pouvait durer une heure où c’était un showtime en fait, entre 18h00 19h00 ou entre 19h00 et 20h00.

Après chacun retournait à son poste et ça donnait cet engouement aux gens. C’était un spectacle où les gens pouvaient s’inspirer pour faire des choses. Donc c’est plus la danse, la gestion, mais le roller aussi à plat. Le tremplin c’est après que je me suis vraiment lancé là-dedans. J’ai eu des notions à Libreville mais pas à fond comme j’ai eu quand je suis retourné à Dakar.

Quel était le nom des figures qu’il y avait en saut par exemple Baba Roller ?

Ben déjà à Libreville, quand il y avait les sauteurs, les bons sauteurs, ils faisaient très souvent le papillon. On appelait ça le tailleur. Le catch c’est universel. Le zoulou existait déjà, il se faisait à Libreville. Donc oui, en tout cas, mes mentors étaient excellents dans le saut. Les mecs pouvaient mettre une table de jardin, poser des chaises au-dessus, mettre des cônes au-dessus et sauter. Homer était très grand, mon mentor, à la Hakim un peu. Il décollait avec un tremplin de 60 cm. Et les gars, ils allaient haut, très haut.

Baba - saut en hauteur en roller avec tremplin
Baba – saut en hauteur en roller avec tremplin

Franchement, cette culture, même en vous en parlant comme ça, je suis en train de me rendre compte que moi, j’ai atterri dans un pays où peut-être que c’est eux qui m’ont inspiré à développer le roller comme ça après chez moi. Parce que l’amour était là et je pense que je ne pouvais pas avoir un meilleur endroit pour m’inspirer de ça. C’est de l’Afrique centrale et respect à mes frères du Gabon.

Avant qu’on repasse sur ton retour à Dakar, je voulais savoir si tu as gardé des contacts avec les gens avec qui tu as roulé à l’époque ?

En 1997, je suis parti de là-bas. On est en 2024. Les contacts sont là, maintenant avec internet, plus personne ne se perd. Donc oui, on a eu à échanger. Mais je t’avouerai que ma première année, c’était une année sabbatique un peu difficile. Parce que je suis retourné à Dakar sans vraiment le vouloir. C’était l’avis de ma mère. Et donc je n’avais plus mon passeport. Je ne pouvais pas retourner au Gabon.

Donc c’est comme si j’étais rentré de force. Et j’ai recommencé une autre vie en fait. Parce que quand même, quand tu fais ton adolescence dans un pays, jusqu’à tes 19 ans, hop, te ramener comme ça chez toi, c’est une coupure assez brutale. Donc j’avais gardé quelques contacts au début. Mais après, avec le temps, ça s’est effacé.

Puis, avec Internet, oui, il y a 2-3 personnes avec lesquelles je suis en contact. Mais par contre, des amis d’enfance du Gabon, qui sont venus après étudier au Sénégal. Le lien est toujours là, et quelque chose que je voudrais vraiment faire, c’est d’y retourner et d’y rouler à nouveau un jour.

Le Rolls existe toujours ?

Ça roule encore, mais ce n’était plus le Rolls. C’était autre chose. Ils l’ont déplacé à un autre endroit. Toujours l’histoire de la patinoire mais en plus petit. L’esprit roller existe toujours. En plus j’ai eu un de mes membres d’Acro Roller qui est gabonais-sénégalais qui est retourné au Gabon. Il y est retourné avec la force qu’il a eu à Accro Roller. Il développe aussi de son côté avec tout ce qu’il a appris. Mais il y a encore cet engouement à Libreville. Il y a encore des gens qui roulent.

Et ce n’est pas qu’à Livreville, en fait. Dans d’autres villes du pays, les gens roulent aussi. Franchement, le roller et le Gabon, c’est une culture à eux.

Ça donne vraiment envie d’en savoir plus… Parce qu’en fait, on ne connaît pas du tout cette histoire tu vois et ça a l’air vraiment passionnant quand on parle.

C’était très fort. Et je me rends compte aujourd’hui parce que je suis devant le fait accompli. Je raconte une histoire, quelque chose de vécu mais j’ai l’impression d’avoir une vitrine devant moi. Et puis comme c’est des années en arrière je me dis que c’était vraiment hallucinant. Je suis à cette époque; c’était plus le rêve d’un gosse. Mais aujourd’hui avec tout le parcours que j’ai pu avoir, je me rends compte que c’était incroyable… D’abord, j’ai pratiqué entre mes 5 et 11 ans au Sénégal, en mode j’ai pas de rollos, je galère mais je roule quand même. Et j’arrive à avoir un bon niveau.

Mais quand j’arrive au Gabon, c’est le début de mon histoire, réellement. C’est le début de mon histoire. C’est bien de voyager, c’est bien de rencontrer d’autres cultures. Ça c’est quelque chose qu’il faudrait qu’on défende à fond. Ne pas pouvoir mettre des bâtons dans les roues, que les gens puissent partager les connaissances.

Et donc quand tu rentres en 1996 à Dakar, tu te remets à patiner tout de suite dans Dakar ? En fait ça donne quoi l’environnement pour rouler là-bas ?

Quelque chose de très important qu’il faut que j’explique, c’est que quand j’étais à Libreville entre 1989 et 1997, je revenais chaque été au Sénégal. Donc chaque été, pour les deux mois de vacances d’été, je retournais chez moi. Et je n’avais pas arrêté de rouler. Je venais avec ma paire de roller. Donc dis toi que dans ce tronçon de 1989 à 1997, on voyait un patineur dans le pays mais on ne le voyait que 2 à 3 mois dans le paysage. Parce que quand je venais j’étais vraiment à l’ancienne en mode roller catch. En mode prise de vitesse, ça c’est une période de ma vie.

Si aujourd’hui je suis encore là et que j’en parle avec toutes les folies que j’ai pu faire en mode catch, catching, s’accrocher aux voitures et s’arracher parce que j’ai eu de la sensation forte et c’était de la sensation forte pour les gens qui me voyaient. Mais les gens ne me voyaient dans la ville réellement que 3 mois, voire au plus 2 mois et demi. Et je repartais. Et on me revoyait 9 mois après. Je revenais, je refaisais mes mêmes folies parce que je me déplace en roller, je bouge en roller.

J’suis avec 20 potes, ils sont tous en basket, moi je suis en roller. Donc c’est comme ça qu’aujourd’hui encore, du haut de mes presque 50 ans. Dans la ville, quand je bouge en roller, c’est normal.

Par contre quand tu les as pas, qu’est-ce qui se passe en fait ?

Que ce soit à la banque, que ce soit au ministère, où que j’aille, j’ai toujours mes rollers. Quand je vais à la rencontre des parents professeurs pour mon fils dans son lycée, j’y vais en roller. Je pense que j’étais le seul parent qui y allait ainsi. Je suis dans cet esprit. J’arrive en vacances dans mon pays pour deux mois, j’ai mes rollers. Mais je roule, même si personne ne roule. Et il y a eu ce gap. Entre 1989 où je suis parti et 1996 où je suis revenu, les gens étaient passés à autre chose qu’à faire du patin à roulettes. Franchement, c’était beaucoup plus tout ce qui était moto, commencer à avoir des permis de véhicule, devenir des grands. Donc ils ont lâché l’affaire, mois pas.

Et donc quand je suis revenu en 1996, cela a été assez brutal.

Pourquoi ?

Parce que ma mère m’a dit : « Prends tes affaires, tu retournes au Sénégal ». J’avais 19 ans, j’étais un beau rebelle de Gabonais, je peux le dire comme ça. J’ai pris une paire de chaussures, un sac,
il n’y avait rien dans mon sac, mais quand je dis « rien », c’était un t-shirt, le jean que j’avais et ce que j’avais porté chez moi.

Pas une paire de rollers ?

Pas une paire de rollers. Parce que je devais récupérer ma paire de rollers que j’avais laissée à la patinoire. Parce que le truc, il faut que je vous le dise, c’est que le dimanche soir quand je rentre chez moi à 20h00, il y a eu des histoires. J’arrive donc le soir à 20h en me disant : « Je me lave et je ressors ». Et là, je peux le dire haut et fort, si elle m’entend, elle saura que ce qu’elle a fait, ma mère elle m’a séquestré en fait.

Si je me souviens, elle m’a séquestré, elle m’a fait : « Tu ne ressors pas de la maison. »

J’avais 19 ans, mais elle était super vénère. C’est vrai que j’avais fait une super grosse connerie. Donc, je me suis dit : « écoute, mets-toi en veille ». Parce que le lendemain matin, à mon réveil, elle me dit : « T’as un billet, tu pars tout à l’heure. » J’ai fait : « Pardon ? » Puis un oncle arrive par derrière, qui me dit « Pompidou », on va à l’aéroport. Alors, j’ai dit : « Mais vous êtes malade ! » Genre le regard « scarface » de ma mère. Donc j’ai dit : « Ok, d’accord, j’y vais mais je ne prends rien. »

Je l’ai regretté parce que je suis resté à Dakar sans paire de roller, sans habits, sans pognon, sans rien. Ça a été une année sabbatique. Mais ça m’a permis de faire un bon mea culpa, de comprendre les choses. C’est toujours bien de faire un petit break, comme on peut le dire. Et de reculer pour mieux sauter. Parce que cette année sabbatique, j’en ai profité. C’est dommage parce que je devais passer mon bac au Gabon, je ne l’ai pas fait. Parce que j’avais dit à ma mère dans ma rébellion : « écoute je suis en terminale, tu me ramènes à Dakar, j’arrête mes études. » Et c’est ce qui s’est passé.

As-tu pu passer d’autres diplômes ?

Mais n’empêche que j’ai fait d’autres formations. Je suis resté un an où j’ai pas roulé. De mes 5 ans jusqu’à mes 19 ans, ce n’était pas arrivé. Donc j’étais un peu dans le trou. Et dans ce genre de situation, t’as toujours des amis qui vont être là pour te soutenir, mais pour plus te pousser dans le trou parce qu’ils aiment bien qu’on soit tous au même niveau.

J’ai un pote à moi qui s’appelle Henri qui est le premier skater au Sénégal. On me donne ce titre de premier roller du Sénégal, mais moi, je dis tout le temps non. Je suis le porte-flambeau, parce que j’ai eu des aînés qui ont roulé avant moi. Henri était le premier skater, carrément avec son skateboard. On s’était rencontré pendant mes vacances. Donc il m’a vu pendant une année où je commençais vraiment à aller sur la dérive.

Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Un jour il part dans un marché et trouve une paire de rollers à l’ancienne, avec des roues en plastoc. On est en mode chill chez un pote. Mais quand je dis chill, c’est vraiment chill. Quand on a rien à foutre, on est là en mode chill. Et il vient, il me dit : « Viens, bouge-toi. » Je tiens à préciser qu’Henri c’est un gars qu’on l’appelait Musclor, parce qu’il était mastoc ! Et c’est mon aîné d’au moins 4-5 ans. Donc à un moment, quand il me parle, je ne rigole pas, je me lève et je fais ce qu’il me dit. En fait il insiste pour que je bouge de là où j’étais. Il avait attaché une paire de rollers sur sa mobylette. Et cette image, c’est une des plus belles images de ma vie.

Bon j’en ai d’autres, mais ça fait partie de la sélection. Parce que quand j’ai vu cette paire de rollers, c’est comme si j’avais eu un choc. J’ai fait : « non », direct. Il m’a fait : « C’est pour ça que je t’appelle. » Mais direct, j’ai pris la paire et je suis allé faire de la descente. Parce que j’habite sur une pente.

Il m’a sauvé en fait. Je peux le dire comme ça. Henri m’a sauvé. Parce qu’avec cette paire de rollers, je n’avais plus le temps de me poser avec les crevards. Je n’avais plus le temps de me poser avec les gars qui n’ont envie que de se poser.

Baba Roller

Tu sais, quand on parle de liberté dans le roller, c’est vraiment le mot. Cette paire m’a donnée la liberté de ne plus rester làn à ne rien faire et aussi d’aller vers de nouveaux horizons. Pourtant ce n’était pas une bonne paire. Aujourd’hui, tu me donnerais ça pour faire un tour, c’est clair que je n’aurai pas envie de rouler avec ce genre de patins. Mais à ce moment-là, c’était paradisiaque pour moi. Après une année sabbatique.

Tu as fait d’autres formations par la suite Baba Roller ?

Cela m’a donné cette ouverture d’esprit. Je suis resté un an, j’ai rien fait. J’ai voulu aller faire une formation dans tout ce qui est électro-mécanique, mais je n’avais plus de place, ça s’est pas fait. Et finalement, je suis allé faire de l’informatique et de l’anglais. On est en 1998 et je m’inscris dans un lycée où je fais de l’informatique. Mais le truc, c’est que le premier jour j’y vais en roller. Donc je suis bien sapé, je suis lavé, j’y vais en roller.

Et ça a été le truc extraordinaire de cette rentrée de classe. Parce que je suis dans un lycée où c’est un système normal, 6e, 5e, etc. Mais il y a une partie dans ce lycée où on fait de l’informatique. Et le premier jour quand je suis arrivé et que j’ai vu tous les élèves, j’ai eu un peu la trouille de traverser l’école pour aller dans le bâtiment. Je ne savais pas comment faire. Je suis dans une école, il y a des milliers de jeunes, des milliers de gens qui me regardent.

Finalement je laisse tout le monde rentrer et je rentre en dernier. Je préfère me prendre 10 minutes de retard. Mais à la pause, quand on finit les cours, c’est à 10 heures. Et à 10 heures, c’est la récré. Au moment de sortir, j’ai eu le même truc. Mais seulement le professeur derrière moi m’a dit « il faut sortir des locaux, on se revoit demain, je dois fermer ». Et là, je me retrouve dans la cour de l’école et à traverser toute l’école. Et j’ai eu tous les regards sur moi. Je te parle de 1998.

Et ça a été un tollé ! Tout le monde était là. On m’a pointé du doigt, c’était un truc de ouf. J’ai eu une grosse sensation avec ça. Mais le lendemain, je l’ai pris différemment. Je me suis dis : « Attends, je suis un peu un centre d’intérêt en fait. » Donc j’ai commencé à me saper, à sentir bon… Quand tu es dans ce genre de milieu et qu’on parle de toi, c’est surtout des meufs et ça change la donne.

Je me dis donc qu’il y a un intérêt qu’on peut porter à ce que je fais, parce que c’est assez stylé. Les gens me disent : « C’est trop cool, apprends moi à rouler… » Et je commence à avoir des connexions et ça a été le début de la chose et ça m’a permis aussi de m’émanciper, de savoir que j’ai une valeur ajoutée parce que ça intéressait les gens. Dans la classe où j’étais, on me demandait de parler de mon parcours, je parlais du

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Gabon, de la patinoire. Et déjà dans mon entourage proche, les gens commencent à s’intéresser aux rollers. Et ce n’est plus le roller qu’on voyait pendant 3 mois, mais c’est le roller qu’on voit maintenant toute l’année, puisque je suis revenu à Dakar. C’est l’histoire d’une vie. Je me déplace en roller d’un bout à l’autre. Donc il y a des jeunes qui s’intéressent, qui me disent qu’ils voudraient qu’ils nous apprennent à rouler.

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Jusqu’à un jour, il y a des jeunes qui sont venus me voir, 2 ou 3. La première chose que j’ai eu à leur dire, je rends hommage à ma grand-mère qui a fait mon éducation, je parlerai d’elle un peu plus tout à l’heure. Je sais que si aujourd’hui Accro Roller est un exemple dans le monde du roller africain, c’est parce que la base c’est l’éducation. Parce que Accro Roller ce n’est pas seulement une école de roller mais on éduque, on transmet des valeurs sûres, on est dans le civisme, dans le respect de l’environnement, d’autrui et toutes ces choses qui sont les bases d’un corolleur, en fait ça vient de ma grand-mère

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qui a fait mon éducation et ne voyant pas la valeur quand j’étais jeune, c’est en grandissant que j’ai compris toutes les valeurs qu’elle m’a inculquées et aujourd’hui ça fait la personne que je suis et la personne qui a réussi à transmettre ce qu’elle m’a donné mais à des milliers de jeunes. Mais tu sais, je fais juste une aparté. Il y a plusieurs personnes dans nos amis, je pense par exemple à Kim,

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à Nat Chalal, qui disait lui-même, si je n’avais pas été au Trocadéro, que je n’avais pas eu des grands qui m’avaient pris, qui m’avaient foutu des baffes quand il fallait, qui m’avaient éduqué, j’aurais mal tourné. Ça rejoint aussi quelque part un peu ce que tu dis, où finalement, le roller, ça a été un cadre.

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Et après, toi aussi, tu peux transmettre ça et c’est super. Moi je fais juste une petite aparté aussi, tout le monde a manifestement une descente à côté de chez lui quand il était gamin et qu’il faisait du roller, je sais pas pour vous, moi aussi j’ai eu une descente à côté de chez WAM pour faire du roller et c’était genre tac je me lance, dès que tu sors t’as une petite descente, c’est obligé, tu peux pas être sur du plat, y’a un moment ça descend, tout le monde a sa petite descente

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historique. Là t’as piqué ma curiosité, donc là t’as 3 jeunes qui viennent te voir pour te demander de t’apprendre à faire du roller, et là qu’est-ce que tu leur dis? Tu leur dis oui, qu’est-ce que tu leur dis en fait? En fait, Maxi je peux te dire, la première fois, le nombre exact, ils sont 5, ils viennent un peu malfagotté, je vais le dire ainsi, et il se trouve que moi j’allais rouler,

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ils m’ont dit, quand on dirait un peu malfagotté, ils se sont mis en mode, on va rouler donc on peut mettre du crade quoi. Alors que non, bon il y avait quand même certaines vertus, et puis j’étais sur cette phase montante, moi j’ai été crade pendant un an, années sabbatiques où je faisais plus rien, je recommençais à avoir une certaine valeur, les gens s’intéressent à ce que je faisais, je commence à être bien avec tout le monde, pas que les femmes, mon environnement, les filles, tout le monde.

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Tu vois, quand on t’apprécie, t’as tendance à t’apprécier aussi. Je pense que la première des choses c’est d’apprécier toi-même. Donc toutes ces choses ont joué sur moi. Et je pense qu’à ces 20 ans, j’avais 20, je commence à avoir 21 ans, ça commence à faire un effet dans ma tête quand même, les bases que ma grand-mère m’avait inculquées. Et je vais le dire encore, cette année sabbatique où je me suis posé, j’ai été en pleurs, j’ai été presque en dépression,

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j’ai fait toutes les phases où j’étais pas bien, et je pense que ça, ça a été un grand lavage pour moi. Quand j’ai décidé de refaire un boom, j’étais un peu plus orienté sur ce que je voulais faire. Déjà faire du roller d’une telle manière. Et puis l’éducation, les vertus de ma grand-mère, ces choses me revenaient. Et donc ça me permettait déjà de savoir mettre un pas après l’autre. Donc quand ces jeunes sont venus me voir un peu débraillés et autres, je leur ai dit vous voulez apprendre à rouler avec moi? D’accord mais revenez me voir demain, mais soyez clean quoi. Ils m’ont dit mais non on va faire du

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sport, on va tomber. Je leur ai dit regardez moi en fait. Parce qu’elle nous a toujours appris à nous soigner. Et comme je t’ai dit, quand il y a un intérêt autre, tu te soignes aussi. Donc ces jeunes m’ont dit, je leur ai dit, si vous voulez que je roule avec vous, vous vous changez, vous revenez me voir demain. Et réellement, ces jeunes-là sont revenus le lendemain, un truc qui m’avait choqué, ils avaient mis des trucs tellement clean,

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que moi je me suis dit, oula, ils ont envie quoi. Ils avaient un minimum, ils ont appris dans leur quartier, comme moi j’ai fait entre des murs. Donc ils avaient une base de savoir tenir sur les rollers, c’est pas un niveau je t’apprends à te tenir debout pour qu’on puisse faire les premiers pas. Et je suis allé crescendo avec eux. Des groupes comme ça, j’en ai eu entre 98 et 2003, la naissance de l’association, j’ai eu des groupes de gens dans les quartiers qui m’ont fréquenté, par période. Un groupe de 5, ils ont roulé avec moi, après ils ont une petite base,

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il y a un autre groupe qui m’approche, et les groupes ne m’approchaient pas par groupe en fait, il y avait quelqu’un qui venait, qui s’étit au lien de ces 5 autres qui vont partir, mais celui-là en venant, il amène aussi des gens de son quartier. Donc j’ai commencé à voir, mais un groupe de jeunes, on était facilement après une quinzaine à faire du roller, voire une vingtaine, et parmi ces 20, sachant que j’avais appris à rouler à d’autres mais qui sont pas restés. Le dernier groupe avec lequel j’ai

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vraiment roulé c’est avec eux que j’ai monté l’association c’était les rollers de la ville c’était les gars du Félix Fort, ils vont se reconnaître dans cela si jamais ils entendent ça un jour. Parmi eux j’en ai deux trois qui sont montés au ciel, paix à leur âme, mais c’est avec eux que j’ai fait Dambadjer parce que c’est avec eux qu’on ride régulièrement, on avait quelqu’un qui nous avait prêté une caméra, donc on a commencé à capter des images entre 2000,

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2000, 2001, 2002, on a pu capter des images avec ces jeunes là qui ont roulé avec moi, et c’est avec eux qu’on a eu une première opération de street marketing, parce que c’est quelque chose que j’ai développé aussi parallèlement, la communication de rue en roller, et comme je m’étais aventuré à donner mon premier cours quand j’avais 16 ans, quelqu’un m’a interpellé pour me dire

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« j’aimerais faire une opération marketing, nanana » je lui ai dit « ouais, c’est dans mes cordes » et je suis allé chez moi, j’ai dit à ma soeur « c’est quoi marketing, c’est quoi? » c’était juste un truc de ouf quoi. Donc autodidacte en fait, aussi bien dans le monde pour transmettre le roller et autodidacte par rapport à ma structure de street marketing qui fait de l’animation

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jusqu’à aujourd’hui, qui fait des roadshows, qui fait des démonstrations, qui fait la distribution de flyers, la visibilité et autres. Donc ce groupe de jeunes, j’ai monté l’association avec eux, mais avant que l’association ne se fasse, j’avais cette chose de Libreville en fait, la danse en roller. Donc il y a une marque de cigarettes qui nous a fait signe, c’est complètement dingue, mais c’est une marque de cigarette, nous on fait du sport. Ils avaient vu que nous on faisait des événements, on roulait

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et quelqu’un nous a approché un jour, est-ce que ça vous plairait de faire un truc parce qu’on a ça, là, là? Je lui ai dit ouais, ça m’intéresserait. Moi je m’engage même sans savoir où je vais. En fait c’était une marque de cigarette qui devait faire une tournée dans le Sénégal, mais ils devaient faire des prestations mais dans des trucs privés, donc c’était pas en plein air parce qu’ils n’avaient pas le droit. Ils avaient pris des breakers, ils nous avaient pris nous les rollers. Donc les

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premiers délires de roller que j’ai pu faire en disant que le roller m’a fait voyager c’est déjà dans mon pays, dans les régions. J’ai fait certaines régions, au moins 4 ou 5 régions avec cette marque de cigarette où quand on arrivait, j’avais avec le groupe de jeunes qui roulait avec moi, j’avais déjà monté des chorégraphies de danse. Donc c’était des spectacles où il y avait de la danse, en choré, puisque c’est ce que je savais faire des Libreville, et aussi du freestyle.

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Mettre des chaises sur la scène, faire une démo sans vraiment savoir ce que tu fais, mais pour toi dans ta tête c’est carré, c’est propre. Donc j’ai eu à monter ces premiers spectacles à Libreville, à Dakar, avec ces jeunes là, et de fil à aiguille, après on rencontre des gens et là, bam, je fais un premier clip avec un groupe de rap. Et ça, ça a été franchement la chose qui m’a donné une grosse visibilité. C’est un groupe qui était connu au Sénégal?

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Oui, en fait, il y a d’abord un grand groupe du nom de Daradji qui m’ont fait signe. Daradji Family, le DJ, il me dit c’est super cool ce que tu fais dans les rues parce qu’il m’a vu catcher derrière un véhicule, faire des sauts, faire des 180, mais il s’est dit mais il est complètement malade et il me fait arrêter, il me dit moi je suis le manager de tel groupe, je lui dis c’est trop cool et il me dit ça t’intéresserait de faire un spectacle avec nous, c’est un groupe qui était en phase montante quoi et ça c’est la période où j’avais commencé mes cours dans ce lycée, je refais un petit

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recul en arrière, là t’as quel âge là? là juste avant les 21 où j’ai commencé à encadrer tous ces jeunes, mais quand j’avais commencé mes cours en 98, où j’avais quand même une certaine visibilité, c’est là où ce manager me voit et me dit, ce serait bien que tu viennes faire un truc avec Daradji, dans un concert dans les écoles. J’ai fait OK, moi je suis tout excité, je me dis que je vais présenter de la danse en roller avec Daradji, donc ça va être un bon tremplin pour moi.

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Mais j’arrive, le mec me fait, tu fais la première partie quoi. Je lui dis non. Alors tu m’as dit que j’allais monter avec le groupe quoi. Il me dit non, ce serait bien, c’est pour te donner de la visibilité. En fait, c’est là où j’ai compris que non, je ne mange pas dans ce pain quoi. Je garde mes visions, ma façon de faire et ma dignité quoi.

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Je lui dis mais jamais. Je lui dis mais ici, personne ne connaît la danse en roller. Je n’ai pas arrivé comme ça, comme un rigolo sur la scène, faire de la danse en roller, ça peut accrocher comme ça ne peut pas accrocher. Là j’étais seul à cette période, je n’avais pas encore commencé à entraîner ces jeunes.

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Et je lui ai dit non, il me dit je te donne une chance, je lui ai dit mais t’es dingue de me donner une chance, tu ne me donnes pas une chance en fait, tu cherches à remplir ton timing. Il me dit comme ça, je me casse en fait. Et le gars il ne pensait pas que j’allais me casser et je suis parti. Robelote, un autre groupe de rap, c’est PBS, qui sont très connus aussi, qui ont

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fait des trucs avec KRS-ONE et autres ils me proposent un truc comme ça, je leur dis ok, arrivé à la dernière minute, il me faut un truc à l’envers pareil, je m’en vais finalement j’en ai deux ou trois, le troisième groupe qui me le propose, mais c’est des gens tellement humbles que direct j’ai dit oui parce que c’était pas une histoire d’argent, c’était une histoire de…

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c’est des vibes qui se sentent en fait et là on fait un clip dans ce clip on me voit avec un groupe de 4-5 personnes, on fait du roller, on s’accroche derrière les raps et tout ça. Et ça fait un buzz en fait. Et c’est sur ce clip, ce premier clip, où on voit des gens qui font du roller au Sénégal. Et ça a fait une tollée quoi, parce que c’est un son que les gens ils aimaient bien chantonner.

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Et jusqu’à présent, les gens quand ils veulent quelque part… Hey bavard, tu te souviens de ça? Mais oui, c’était en 98-99. Et après, de fil à aiguille, j’ai commencé à encadrer ces jeunes, qui aujourd’hui, après, j’ai monté avec eux l’assaut. Et comme on avait monté l’assaut, j’ai parlé du street marketing tout à l’heure. Donc le street marketing avait commencé à se façonner avant 2003, où je suis allé

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demander plein de questions à ma soeur, c’est quoi le street marketing, elle m’a orienté vers des trucs que je suis allé lire. Donc j’ai commencé à savoir comment vendre un produit, comment valoriser un produit. Donc j’ai fait une grosse opération pour une station service, où j’ai monté une équipe de 20 rollers, et ça je peux dire que c’était en 2000, en 2002. On est 20 rollers habillés aux couleurs de cette station d’essence, on fait juste une balade en roller dans la ville, mais ça fait un

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boom parce qu’on avait jamais vu 20 rollers faire du roller avec des belles couleurs, bien habillés et tout ça. Donc leur opération marketing a marqué un grand coup et moi aussi ça m’a bien lancé dans ce truc là. La première paie qu’on a eu, une fois que j’ai payé tout le monde, chacun a recodisé la modique somme de 10 000. 10 000 francs à peu près c’est moins de 20 euros. Et avec cette somme nous avons eu le premier montant dans la caisse pour faire les premiers t-shirts d’acro-roller, sachant qu’on a déposé notre récépissé, on a eu notre récépissé

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en 2003. Donc on peut dire que la naissance de l’association acro-roller, ça s’est fait en 2003, mais à travers un travail qu’on a eu, tout le monde a cotisé, on a eu notre première caisse, et on a dit que voilà, ça c’est la quête de l’association. Vous étiez combien au départ de l’assaut? En fait j’ai monté l’assaut avec Moana, ça c’est mon frère jumeau, c’est un thaïtien qui a fait du skate avec moi au Sénégal, qui est un frère, carrément, carrément, carrément, c’est un skater. C’est avec lui que j’ai monté l’assaut, donc sans oublier de vous dire que bien avant

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Moana, j’avais eu cet esprit de monter une assaut à chaque vacances d’été, quand je venais, mais ça se faisait pas. Il manquait tel papier, il manquait tel papier, il manquait tel papier. Donc c’est pas une idée de 2003, ni d’idée de 2000, c’est une idée qui date d’il y a fort longtemps, mais les choses se font à un temps bien déterminé, donc c’est avec Monac que ça s’est fait. Au début, quand on a monté l’assaut et qu’on a dit

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ok maintenant, entre ceux qui ont cotisé, il y avait une quinzaine de personnes qui avaient cotisé, donc ces membres qui avaient cotisé, eux étaient des membres d’office inscrits directs dans l’association. Franchement, le premier mois, quand on a dit qu’on a ouvert l’assaut, on était peut-être une vingtaine, et au bout de cinq ans, on avait dépassé les 1000 personnes qui s’étaient déjà inscrites à CrowRoller. Si on regarde bien, depuis sa création à maintenant, on a eu plus de 3000, voire 4000 personnes qui sont inscrites à CrowRoller.

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Que je comprenne bien, toutes les opérations de marketing etc. à partir du moment où la création de l’asso s’est faite dans le cadre de l’association, ou tu as une structure à côté pour faire ça? En fait, comme je l’ai bien précisé tout à l’heure, le street marketing c’est façonné avant l’association, avant qu’on ait notre récépissé. Donc c’est deux choses que j’ai eu à faire de façon distincte.

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Séparé quoi? Ouais, j’ai séparé les deux choses. Ça c’était pour une opération. J’ai été conseillé par ma sœur, encore une fois, j’ai demandé plein de choses, et la meilleure des choses à faire, le premier conseil qu’elle m’avait donné, c’est de ne pas mélanger les deux choses en fait, c’est de faire des choses séparées.

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Et heureusement que j’ai eu à le faire parce que l’association c’est une association un peu non lucrative et parallèlement j’ai ma structure de footmarque. Ouais, pour l’instant je ne suis pas beaucoup intervenu, j’ai beaucoup écouté parce que je me régale à écouter. Ouais, tu parlais de 1000 personnes dans l’assaut. C’est l’équivalent des plus grosses assauts type Raid on Lil, qui a eu à peu près la même période dans le nord de la France,

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ou même à Paris, ils avaient des assauts à 1000. Sauf qu’à Paris on avait plein de shops et on avait des infrastructures pour rouler. Comment vous en arrivez à des chiffres aussi hallucinants? Où est-ce que les gens trouvent leurs matos? Ça me paraît fou. C’est là où intervient M.

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Calou, mon partenaire. Si on doit parler de ça, on va revenir un peu. Il faut qu’on parle d’Aimbédière alors pour mettre le fil pour en arriver jusque là. Alors il faut que tu reprennes sur Aimbédière que tu as commencé à expliquer tout à l’heure, ce que c’est que Aimbédière et que tu expliques un peu comment vous l’avez faite. Et après, je laisserai Calou expliquer comment nous on l’a reçu.

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OK parfait. En fait, on va en arriver là Alexandre parce que d’Aimbédière, comme je l’ai dit, de 1998 à 2002, je roule avec des jeunes de façon récurrente. Et l’affaire c’était vraiment tout le temps, tout le temps, on était en mode catch, prendre de la vitesse et après j’ai commencé à poser la rampe, on a fait un tremplin, on a commencé à faire beaucoup d’agressifs dans la ville, partout on voyait des marches d’escalier, partout on voyait des choses.

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choses, donc avec ce petit côté danse aussi, on a une petite pente à Dakar, c’est le phare des Mamelles, donc on pouvait faire un peu de descente aussi, donc ça montrait un peu la folie du ride au Sénégal parce que quand même on avait de la pente, on roulait un peu sur des sols, des butumes, mais aujourd’hui quand je regarde la vidéo je me dis waouh on a roulé comme ça quoi, et parce qu’on peut pas avoir ce genre de choses quand on est animé d’une passion, quand on a l’envie de faire quelque chose.

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Donc comme on avait cette caméra et on se baladait souvent avec, on arrivait à capter des images. Et un bon jour, avec Moana mon frère, on décide de commencer à faire un montage. Mais seulement on est des adeptes, on ne sait pas comment monter, on a des rushs, on a plein d’images. Et on rencontre Jenny, une personne qui est d’une rareté exceptionnelle, quelqu’un qui a beaucoup contribué pour le mouvement Acro-Roller et le roller au Sénégal.

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C’est des gens qui sont derrière et qu’on ne voit pas. Donc je lui rends un vif hommage, un grand hommage à Jenny pour tout ce qu’elle a eu à faire pour nous. On la rencontre, mon frère et moi, mon axe et moi. Elle aussi, elle est directe dans la même mouvance que nous. Elle vient d’arriver au Sénégal, elle est là en tant qu’étudiante.

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Elle vient aussi pour découvrir. Donc il y a un groupe de jeunes qui se rencontrent, qui sont à Dakar et qui sont tous dans l’esprit de tout ce qui est informatique. Faire des sites internet, elle a été venue pour le centre culturel français, donc il y avait une communauté quand même de français qui était posée quelque part et qui était dans le même objectif quoi. Tout ce qui est création de web, de design, de ceci et de cela. Moi, on a aussi été dans ce domaine.

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Un jour, il y a un lien qui se fait et on atterrit chez un pote qui s’appelle Pimps, qui est un pote à Calou. Jenny, qui nous donne des petits coups de main pour les montages parce qu’elle s’y connaissait un peu, elle nous a dit, je suis un pote qui sait faire du montage vidéo.

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Il s’appelle Pimps, si vous faites ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça,

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ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, un jour il dit, ah mais trop cool votre vidéo, moi j’ai un pote qui est en France qui fait du patin à roulettes, ils ont un site, ils font des trucs, si vous voulez je peux leur donner la vidéo de CD. Ils nous ont dit mais carrément, mais genre, on est trop content quoi.

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Ils nous disent mais sérieux, si vous voulez. Je dis mais bien sûr, avec grand plaisir. Et en fait ce travail qu’on avait fait sur 2-3 ans sans savoir que c’était du bon boulot en fait, parce que c’est bien de capter des moments pendant la vie quoi. Ça a tiré entre les mains de Calou, ça a tiré entre les mains de RollerFR parce qu’en ce moment vous aviez une plateforme où vous

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diffusiez des vidéos, des vidéos de roller. Toi tu la connaissais avant ou pas? En fait c’est quand Pimps nous en a fait part, c’est après qu’on a regardé un peu et c’est même pas de suite qu’on a regardé quoi. Il nous a dit j’ai un pote, on a dit c’est cool, il va lui amener ça. Mais c’est après, quand il y a un suivi, parce que Calou vous l’avez mis, vous l’avez diffusé, ça a commencé à amener des réactions et on nous a dit mais regardez les gars, il y a un truc.

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Et là on a regardé, on a halluciné, moi, la et moi, et la connexion s’est faite, et la vidéo a eu à faire son coup. Et je pense que cette partie, Calou va pouvoir raconter ça, avant que je reprenne tout ce qui est collecte, matos et tout ça quoi. Ouais ouais Calou il faut que t’expliques. Alors déjà ça veut dire quoi déjà Dembejia? Très important, le titre du film qui s’appelle Dembejia c’est aller jusqu’au bout,

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aller jusqu’au bout de la chose genre sans relâche en fait. Quand on te dit Dembejia ça veut dire allez vas-y go go go go go et genre ne reviens pas sur tes pas, y’a pas de demi-tour possible, c’est aller jusqu’au bout de la chose quoi, c’est ça Dumbledore, parce que c’est vrai qu’elle est assez folle cette vidéo où il y a beaucoup de catch, il y a de la danse aussi, on voit un petit peu aussi l’état des routes du sénégal à Dakar, l’état du matos aussi, voilà il y a quand même pas de shop quoi, donc il faut quand même trouver des rollers et donc cette vidéo qui dure 15 minutes fait un beau résumé de deux ans

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de ce qu’a filmé Baba et toutes les personnes qu’il y avait autour avec Moana et Jenny. Et donc voilà, cette vidéo tombe dans les mains. Alors c’est pas via Pimps, c’est via la copine de Pimps que je passe par hasard chez mon pote qui est juste à côté, Manu, et il y a la copine de Pim’s qui me croise dans la rue et qui me dit « Hey Calou, j’ai un petit truc pour toi, ça vient du Sénégal » J’étais pas au courant, elle revenait du Sénégal, ça faisait deux jours quoi

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Donc la galette elle était toute chaude Je vous passe les détails techniques mais c’était un peu compliqué à ouvrir la vidéo Et bref, on arrive à ouvrir la vidéo et puis je vois ça et je fais « What? » « What the fuck? » C’est une ambiance, il faut se rappeler qu’à cette époque-là, en France, en 2002-2003, c’était un peu le feu dans le monde du roller à Paris et compagnie. C’était une ambiance qui n’était pas la même que celle qu’on a connue dans les années 90,

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où il y avait vraiment des gens qui avaient une vraie envie de faire du roller. Et en fait on retrouve, enfin en tout cas moi je retrouve cette énergie qu’on avait au début des années 90, à Kim dont on parlait tout à l’heure, me l’a aussi évoqué, et une énergie juste de 20 bonhommes qui s’en foutent sur quoi ils roulent, ils ont juste l’envie de rouler comme des fadacs. Et donc je vois ça, et assez rapidement je montre ça à mes deux copains de chez Roller FR Ben et Walid, et puis les mecs on a décidé assez rapidement, heureusement il y avait un petit mail à la fin de la

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vidéo, parce que voilà on a écrit un petit mail, bonjour c’est Calou, Ben et Walid on est de Roller FR, on a vu votre vidéo, on aimerait bien la diffuser sur notre site, et on a eu un retour assez rapide, et puis c’est parti, en plus la vidéo fait quand même 15 minutes, donc c’est pas court. On a mis les 15 minutes et puis c’est parti comme des petits pas. Super rapidement, on a atteint des vues dignes des plus belles vidéos qu’on a pu faire pour Roller FR à l’époque.

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Voilà, on a commencé à prendre contact avec Baba et Accro Roller par ce biais là. C’était un beau début, c’était un starter assez génial. Le souvenir que j’en ai, c’est qu’à l’époque, donc dans les débuts des années 2000, tu l’as expliqué un peu Calou, mais je vais préciser ce que j’en retiens. A cette époque-là, tout le monde se tirait un peu au labour

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pour essayer de faire la vidéo freeskate, le machin bidule, le montage de co-ad de ouf, machin. Je veux dire que le skating, c’est pas que c’était accessoire mais c’était un… T’avais un peu un état d’esprit où tout le monde se tirait la bourre et genre fallait montrer que t’avais la plus grosse quoi tu vois c’était un peu ça à l’époque. Et là on voit arriver Dembédiaire et là genre c’est le skating à l’état pur quoi. On était tellement ouf quand la vidéo elle

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arrivait. Moi je me rappelle c’était complètement ouf quoi. Et c’est assez rapidement qu’on est en train de préparer un dvd et qu’on se dit qu’il faut mettre cette vidéo dedans. Alors, l’espace sur le DVD, il était restreint. Donc on n’a pas pu mettre toute la vidéo. Ben, il a dû faire des coupes, mais on tenait vraiment à la mettre dedans parce que justement, c’était pour nous, c’était l’esprit du roller.

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Quoi, tu vois, c’est pas qu’on l’avait perdu. Quoi, c’est juste qu’en fait, c’est vraiment l’esprit originel du roller tel que nous, on l’a fait aussi quand on a commencé dans les années 80 ou 90. Tu vois, et voilà. Et donc, c’est comme ça, en fait, que nous, ça arrive chez nous et que ça commence de notre côté en fait. C’est comme ça que ça commence de votre côté, c’est comme ça que Calou décide de faire une collecte de matos.

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Attends, on a fait une autre vidéo aussi entre temps où vous aviez filmé avec Moana. Ouais, mais après c’est d’autres vidéos qui ont suivi quoi. Ouais. Mais après bien sûr on a eu à faire d’autres vidéos qui ont suivi, mais la collecte de matos tu l’as lancé à partir de DEMBÉDIAR, dans DEMBÉDIAR il y a une image où on voit que les gars galèrent sur des rollers,

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parce qu’il y a une roue qui est partie, un roulement qui est mort, je pense que c’est plutôt un roulement qui est mort et qui a mangé un peu trop de sable, c’est la seule image qu’il y a sur 15 minutes, et c’est aussi ça que j’ai trouvé assez humble dans cette vidéo, c’est ce côté là où les mecs, ouais ok on sent que le matos, comparé nous au matos qu’on avait à cette époque là, avait rien à voir, mais que les mecs ils s’en foutaient en fait, ils roulaient avec ce qu’ils avaient, ils avaient juste l’envie de rouler. Et voilà, et en fait

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finalement avec Roller FR on avait quand même quelques contacts, et ça nous a donné, je me suis dit tiens, moi j’ai peut-être une paire ou deux qui traînent dans un placard qui peut toujours rouler mais qui ne me sert plus, qui prend la poussière, bon bah autant essayer de faire en sorte de pouvoir les envoyer à Dakar, pourquoi pas. Donc voilà, on est parti de ce statut assez simple, et voilà on a commencé à engager engagé via Roller FR, c’est vrai que ce site nous a donné quand même une belle opportunité de pouvoir récupérer du matos, donc on a tous un peu collecté le matos qu’on avait

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dans nos placards les gars de Roller FR et puis les copains qui sont autour de Roller FR et puis il y avait des forums à l’époque où on commence à demander si vous avez des rollers. Je tiens aussi à souligner que Nomad nous a filé aussi un bout de son parc de location parce que les marques leur refilaient des rollers un peu tous les ans donc le parc qu’ils avaient il était renouvelé un peu tous les ans donc on a aussi récupéré du matériel là. Qui d’autre encore il y a Taïg alors indirectement parce que c’est son papa qui m’avait filé un carton entier de roues qui est aussi parti là bas et

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voilà et on a fait plusieurs envois, le premier… Il faut qu’on explique la logistique de mémoire, mais ça tu vas corriger, c’est que les gens ils pouvaient laisser dans les shops du matos, toi t’étais ensuite parti faire le tour des shops pour récupérer le matos et le stocker chez toi, enfin ou quelque part, je sais plus où, donc ça c’était ça la première chose, ensuite derrière Ensuite derrière, on avait un copain qui est plus là, on en parlait dans l’interview avec Vincizac, Bruno Roland,

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il s’appelle, paix à son âme, un grand merci à lui, qui était routier et qui est passé prendre le matos. Le matos, il l’a emmené à Toulon. À Toulon, on avait un de nos potes du roller qu’on appelait Naval, qui s’appelle Jérôme Henry, à qui je fais coucou. Il a fait partie des transporteurs.

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Je le coupe juste parce que, effectivement, Bruno, il a participé, mais le premier envoi, je m’en rappelle bien parce que c’est moi qui l’ai fait. Ça c’était les autres renvois d’ailleurs. Ça c’était les autres renvois mais moi le premier renvoi en fait je l’ai fait, donc j’ai eu une collecte, j’ai quelqu’un à qui j’ai parlé de ça, j’étais assez

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désargenté à l’époque et donc j’avais pas de moyens, j’avais collecté quand même allez je sais pas peut-être 300 kilos de matos et comment je fais pour l’amener? Alors effectivement, il y a Naval qui se proposait de l’amener, mais… Fallait aller à Toulon. Mais le truc, c’est qu’il fallait aller à Toulon. Et donc, j’ai quelqu’un à qui je parle de ça, qui me dit écoute, tiens, voilà les

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clés de ma bagnole, je te prête la bagnole. Et donc, je fais un aller-retour Paris-Toulon tout seul, pas sur l’autoroute parce que ça coûte cher, sur les petites nationales, avec 300 kg de matos, ça sentait un petit peu la cocotte dans la bagnole. C’est clair. Et puis voilà, j’ai retrouvé Naval et j’ai filé le paquet à Naval et je suis remonté. Et je me souviens que l’aller-retour en deux, trois jours tout seul, Paris-Toulon-Paris,

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a quand même un peu piqué. Mais c’était juste parce que j’avais envie de faire ça. Et voilà, Naval avait un petit espace dans son grand bateau. Donc il nous a en tout cas envoyé ce premier renvoi. Et voilà, c’est parti. On ne savait pas trop comment, mais c’était parti.

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Et voilà, une fois que c’était arrivé à Dakar, Naval nous a fait part qu’il était arrivé à Dakar et on a appelé Baba. Et Baba allait chercher le matos. Pour les gens qui ne savent pas, Naval, c’était un pote parisien à nous avec qui on faisait du roller, qui était à l’époque en école d’officier de marine. Donc ce roller FR à l’époque il avait fait un tour du monde avec la Jeanne d’Arc et

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le bateau Ecole, il nous envoyait des photos de Katch alors qu’il était au Soya, il faisait des papillons alors qu’il était devant les pyramides et tout, c’est un truc de ouf. Et donc il avait effectivement, entre autres, fait du convoyage. Excellent, c’est comme ça que l’histoire prend forme. Moi je me demande, si la petite anecdote c’est aussi comment tu l’as récupéré parce que t’es quand même allé à un endroit où…

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Bah ouais c’était un endroit… Un peu secret quoi. Un endroit pour les militaires en fait, c’est ça. C’était la base naval, j’ai loué une voiture et puis je suis arrivé, on s’est appelé, on a récupéré tout le matos et puis on s’en souvient parce que… parce que Naval je pense qu’il n’a pas fait qu’un seul…

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Il a amené plusieurs fois du matos, si je ne me trompe. Au moins deux fois, je dirais. Parce qu’il y a une fois, le matos, moi je suis arrivé sur le quai, mais il y a une fois, le matos quand il est arrivé, il fallait le chercher au fond du bateau. Et pour le fond du bateau, c’était moi qui s’étais tapé la galère. Moi quand je suis arrivé comme une fleur, j’ai trouvé le matériel sur le quai,

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j’ai vu des cartons et des cartons, j’ai halluciné. On a tout mis dans la communauté et on est arrivé à Mermont chez moi et là ma grand-mère tout le monde voit le matériel, sachant que Calou je ne le connaissais pas en fait, parce que Calou c’est deux ans après qu’on s’est connu. Je tiens à préciser que pendant au moins cinq bonnes années, Calou nous a envoyé du matériel régulièrement.

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A cette période là je parlais de lui parce que c’est lui que je connaissais par rapport à tout ce qui était l’envoi du matos et tout ça et par moins de 500 paires on l’a reçu de calou. Je me souviens du jour où il m’a dit bon maintenant tu te démerdes, moi j’ai fait ce que j’avais à faire donc tes rollers blablabla, mais c’est vrai parce que le gars il avait envoyé au minimum 500 paires de rollers sans compter les roues, les dérivés, toutes ces choses là. Mais le premier renvoi a fait qu’on

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puisse dire nous commençons les activités de l’association Afro-Roller. C’est ce premier renvoi de presque 300 kg de pertes, parce que tu t’inscris dans l’association pour 5000 francs, pour 9 euros, à peu près, ou 8,50 euros, tu t’inscris, tu as droit à un tee-shirt avec le logo de l’association, tu as droit à deux séances de roller par semaine, et tu as droit à quelqu’un qui t’apprend à rouler. Donc j’avais ouvert la porte, j’avais, en fait tout le matériel était installé chez moi, on avait acheté des armoires, on avait mis…

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Juste au passage, je tiens à vous dire que j’aurais pu être le premier revendeur de rollers au Sénégal. Mais comme on était habité par cet esprit d’association, ben non, parce qu’il y a des gens qui m’ont dit, mais c’est magnifique que tu reçoives ça. Et moi, l’animation que j’avais, c’était l’association, parce que cette histoire d’association, je l’avais depuis belle durée.

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Donc le premier renvoi qui tombe avec notre récipient séculaire que nous avons reçu, en 2003, nous commençons les activités deux fois par semaine, dans une ruelle en forme de L parce que j’habitais sur la pente, et après tu prends le virage sur la gauche et on exploitait aussi cette bande de terre. Donc les entraînements se passaient sur une descente, un virage à gauche et sur cette partie au plat. Et sur le plat je laissais les enfants de 3 à 5-6 ans, et ceux qui savaient bien rouler faisaient de la rente sur la pente, faisaient du slalom sur la pente.

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Voilà, il y avait de la musique. Ça a été une acceptation par rapport aux gens du quartier, parce que deux fois par semaine pendant cinq ans, on met de la musique de 16h30 à 18h30. Il y a un monde fou dans le quartier. Les gens qui y habitent, ils sont obligés de faire des détours.

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Mais justement, là, tu parles de l’acceptation par les habitants. Moi, la question que je me pose, c’est quel est votre rapport aux autorités aussi à la police parce que c’est toujours un rapport hyper compliqué dans beaucoup de pays et comment c’était perçu chez vous au Sénégal? Bon déjà moi j’habitais dans un quartier comme je l’avais dit au tout début c’était pas résidentiel mais c’était un quartier assez avec une bonne ouverture d’esprit. Quand on était tout jeune à nos 5-6 ans, 7 ans on mettait carrément un filet en plein sur la route et on jouait au tennis quoi.

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Mais on le faisait quand on était dimanche, quand on savait que tous les parents sont là, quand il y a un taxi qui devait passer, on rembobinait le filet, après on remettait le filet. Donc c’est dans un quartier en fait, c’est pas sur une grosse artère où on sait que là,

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on doit dévier des véhicules et des véhicules. C’est vraiment dans la ruelle de mon quartier. Et aussi, ayant grandi dans ce quartier et que tous ses parents aussi ont eu à offrir des paires de rollers à leur enfant dans leur enfance. Et puis voilà, on était un peu les années 80 et maintenant les années 90.

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Et maintenant, ce n’est plus la même chose. Il y avait toujours cette… c’était vivable. On est tous une famille dans un quartier, surtout si on a tous grandi ensemble depuis le bas âge. Les parents d’un tel deviennent nos parents aussi. On les appellera tonton par respect. Donc voilà, c’est quelque chose que les gens ont accepté pour moi quand j’ai monté l’association.

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J’ai quand même eu à aller chez les gens, dans tout le voisinage, avec un courrier pour leur dire que j’ai une association et que je vais faire les activités deux fois par semaine dans la rue et qu’il y aura de la musique. Donc j’ai quand même fait de la sensibilisation auparavant. Je ne suis pas arrivé comme ça un mardi, un mercredi, j’ai mis de la musique. Et puis au début, ils nous voyaient nous entraîner là-bas avant même que l’association ne se formalise, ils voyaient que plein de jeunes venaient dans le quartier me chercher et qu’on allait rouler en bande, donc c’est quelque

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chose qu’ils ont eu à se familiariser et du jour au lendemain quand j’ai dû poser les premiers actes en disant nous allons commencer les activités par exemple tel mercredi de 16h30 à 18h30, au préalable j’étais allé voir les voisins parce que ma grand-mère m’avait dit il faut faire de la sensibilisation, il faut parler aux gens, leur expliquer. Donc heureusement que en posant cette question, ça me rafraîchit la mémoire. On a vraiment fait de la sensibilisation. Les gamins du quartier, ils faisaient aussi du roller avec toi ou pas? Parce qu’en terme

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d’acceptation? C’était vraiment au début, comme je l’ai dit, aux entraînements. En fait, l’histoire du roller par rapport à Accro Roller, d’abord au début on était une bande de jeunes, que des hommes. Ensuite on a une fille qui nous a intégrés, elle a pris cher, partout où on allait on l’a traité de tous les noms, tu devrais pas être avec tous ces gars, tu devrais être à la cuisine, bon tu vois l’esprit un peu à se builde, à rirer quoi. Donc après que cette fille soit venue et a commencé à rêver avec nous, ça a poussé

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d’autres filles à venir quand on a ouvert l’association et cette fille elle s’appelle Marianne Correa, elle a été la première à s’inscrire dans l’association en crawler. Donc le premier membre de l’association c’est une fille, pour te dire, et c’est à retenir parce que son papa avait confiance, lui aussi il avait une bonne ouverture d’esprit, écoute c’est un sport, c’est pas parce que… donc Marianne était la seule fille dans notre groupe quoi. Donc faisant les activités dans le quartier, même si l’association a pris forme, on était d’abord

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un bon petit groupe de 30 personnes, au début. Après, beaucoup de gens des quartiers extérieurs nous ont rattachés à nous, mais ça c’est parce qu’on a fait une politique derrière. On avait une politique pour aller récupérer des membres dans les quartiers, en faisant des événements périodiquement dans les quartiers. Et là on allait demander des autorisations

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au chef du quartier, à la mairie de la ville, du quartier, et on y est arrivé avec l’esprit de venir faire un set-settle. Le set-settle c’est l’esprit de venir nettoyer d’abord. Donc comme je vous l’ai dit, on a toujours eu ces sports culture et civisme, c’est ça qu’on a déclaré au niveau de l’association Accro Roller, nous sommes une association à but non lucratif, nous développons les sports de glisse, roller

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et skateboard, mais on est dans la culture et le civisme. Le civisme pour sensibiliser, on attire les jeunes par rapport à quelque chose de nouveau, qui était le roller qui venait d’être la mode, et on leur transmettait des valeurs, et beaucoup de civisme par exemple, parce que ça, ça fait partie de nos lances de guerre. Et quand on dit culture, c’est pas la culture sénégalaise, mais culture au sens large du terme. Ça peut être la danse, ça peut être la musique, ça peut être ainsi de suite, ainsi de suite. C’est pour ça qu’aujourd’hui, l’association a développé aussi ce côté culturel.

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C’est pour ça qu’on a eu à faire des festivals un peu à gauche et à droite, et ça on en reviendra aussi. Mais au début c’était beaucoup plus, oui on était une trentaine. Après, une personne du quartier m’a dit, est-ce que c’est possible pour que mon enfant puisse faire avec vous? Je lui ai dit, oui, puisque c’est devant la porte de chez vous. Donc, on a eu les enfants du quartier.

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Donc, quand il y a des enfants qui commencent à venir, ça implique les parents. Donc, ça a été un groupe de jeunes, après ça a été cette Marianne, qui a ainsi de suite fait venir. Après, les parents se sont dit, il y a des filles, des garçons, mais pourquoi pas des

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enfants. Donc certains ont eu confiance, ils nous ont amené des enfants. Et qui dit enfants dit parents. Et c’est comme ça que la famille Accro Roller a vraiment pris forme en ayant des enfants, des filles, des garçons, des parents qui venaient déposer les enfants, qui s’assoyaient sur les rebords des trottoirs pendant deux heures de séance.

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Parce qu’on n’offrait pas des chaises, c’était vraiment acrylique. Mais au moins il y avait cet amour, cette passion, et surtout cette gestion d’encadrement sécuritaire. Parce qu’on mettait des balises, des ralentisseurs, c’était toute une stratégie qu’on avait développée dans le quartier. C’est clair qu’à un moment on prit la tête, parce qu’il y avait la musique. Et puis on est passé d’un jour dans la cour de chez moi, que Calou connait parce qu’il est venu à Mermoz, à une fin d’entraînement, une fin de séance, j’ai regardé dans la cour, j’ai compté par groupe de 10, il y avait

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au moins une centaine de personnes dans ma cour. Entre les rôleurs, les nounous qui venaient chercher les enfants, les chauffeurs, les parents, un vrai marché. Alors que ce n’est pas une énorme cour, mais j’avais au moins 100 personnes à l’intérieur. Et cette activité a eu lieu dans mon quartier nous ont supporté, des va-et-vient de centaines de jeunes, et pas que deux fois par semaine, parce que le mardi, le mercredi et le samedi, c’était l’association qui organisait son activité, mais les mardis et jeudis, le groupe de moniteurs

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que moi-même je formais personnellement pour qu’on puisse s’occuper, c’était nos séances d’entraînement, donc il y avait quatre séances dans la semaine dans le quartier. Donc on a dû… Et quand nous on s’entraînait, on pouvait partir jusqu’à 21h quoi. Mais on nous l’a toléré, toléré, toléré, toléré. Et c’est même dans une de ces séances d’entraînement que les Kiffen Riders sont venus nous voir au Sénégal et on a eu de belles séances aussi avec eux dans mon quartier, dans les clubs med et puis voilà. Ça a été le début des backflips avec leur visite au Sénégal.

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Oui, alors tu as glissé à un moment, avant c’était vivable, ça veut dire comment ça a évolué maintenant? Bon quand je dis c’était vivable, de moins en moins les gens perdent la tolérance, c’est quelque chose de mondial, ce n’est pas par rapport à mon pays ou par rapport à une position géographique. Quand je dis c’était vivable c’est que les gens étaient aimants avant, les gens

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avaient la convivialité, les gens étaient plus tolérables. Mais plus on avance dans ce monde, les gens se plaignent pour un tout, pour un rien. Quand je dis que c’était vivable, comme je l’ai dit, au début on était une trentaine, mais on pouvait se retrouver à 100, 200 dans le quartier, les parents, les chauffeurs, les ceci, les cela. Donc tout ça, les gens me l’ont accepté pendant 5 ans.

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Il y avait beaucoup de la noblesse de ma grand-mère qui a fait ça, parce qu’elle avait un certain aura et les gens du quartier lui donnaient beaucoup de respect. Moi aussi j’essayais d’avoir une certaine forme de respect vis-à-vis des voisinages, de ne pas être le pont de service parce qu’ils toléraient quelque chose pour moi. Il y a eu des péripéties, il y a eu des hauts, des bas, des moments pas faciles, des saisons de pluie, des moments forts, des moments moins forts, une association avec tout ce qu’on y vit.

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Aujourd’hui j’ai 20 ans d’expérience dans l’association Accro Roller, j’ai beaucoup donné aux gens, mais j’ai beaucoup appris et j’ai beaucoup pris aussi de toutes ces personnes parce qu’on devient riche par rapport à la culture des autres, par rapport à la façon de faire des autres et puis voilà. Je pense qu’aujourd’hui, on est en 2024, imposer quelque chose comme ça dans mon quartier serait beaucoup plus difficile et les gens vont se plaindre.

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Oui la musique, non on a besoin de ceci, donc en fait les gens râlent maintenant, sans même voir l’essence de la chose. A cette période là, les gens étaient beaucoup plus consentants, pourquoi? Parce qu’il y avait aussi cet esprit d’enfant. On avait des enfants de 4 ans avec nous aux séances d’entraînement, des enfants de 3 ans, 4 ans, on avait vraiment une petite ribambelle d’enfants et toute personne qui

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voulait se plaindre, nous voyons nous en train de faire de l’acrobatie, du saut sur la pente, quand elle arrivait au niveau bas de la pente et voyait une trentaine, une quarantaine d’enfants de moins de 8, 9 ans en train de faire du roller, en fait, ils tombaient en amour par rapport à cela. Donc c’était vraiment dans la cordialité quoi. Et pendant 5 ans, ça s’est passé dans mon quartier et c’est à la veille de mon premier

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voyage en Europe en 2008 que j’ai pu avoir un espace où j’ai pu mettre l’association où on est sorti de la rue pour se poser dans un espace où c’est un endroit roulable, avec un local, avec ceci cela. Ça c’était en 2008. Donc les 5 premières années c’était carrément dans ma rue, dans ma maison. C’est intéressant ce que tu dis parce qu’on a parlé des forces de l’ordre, on a parlé des habitants et on n’a pas parlé encore de la manière dont les instances publiques

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ont pu aider ou soutenir l’assaut. Qu’est-ce qui s’est fait par rapport à ça? Les instances publiques, les villes, le gouvernement, le ministère? Déjà nous on a été la première association de rollers du Sénégal, nous sommes la première association de rollers du Sénégal donc on a eu le premier récépissé concernant l’association de rollers donc il n’y avait pas d’aide, vous avez votre association, déjà pour l’avoir on nous a fait courir au moins pendant 2 ans pour avoir ce récépissé, et 2 longues années avant d’avoir notre récépissé parce que

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qu’est-ce qu’ils faisaient à cette époque là, c’était genre il faut faire une enquête, il faut savoir qui vous êtes, qu’est-ce que vous voulez faire, un truc de fou quoi. Maintenant quand je vois que les gosses ils déposent rapidement, on leur donne leur récépissé au bout de 6 mois voire un an, je me dis c’est trop cool quoi. Parce que nous c’était carrément enquête, en fait enquête de la police, après ceci, et puis c’était une des polices qui dessernait d’abord une autorisation pour qui devait aller au ministère.

1:18:09
Après, une fois qu’on a eu notre récépissé, bon d’accord, basta, vous avez votre récépissé, mais il n’y a rien derrière. Il n’y a absolument rien, quoi. Donc on a fait de l’auto-gestion, en fait. C’était nos cotisations mensuelles, c’était les inscriptions, et la cotisation mensuelle, c’était 1000 francs, c’était 1,50 €. 1,50 € et tu as deux fois un cours de roller par semaine, de 16h30 à 18h30.

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On te prête le matériel, parce qu’on prêtait, on ne nous louait pas, ça c’est important de le dire. On ne nous louait pas. Une fois que tu es membre de l’association, tu as droit au matériel, mais à titre gracieux. Bien sûr, parce que tu t’es inscrit,

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et que bien sûr, parce qu’on avait le matériel, à portée de main. C’est bien après, après la naissance des autres associations, il a commencé à avoir un certain engouement et que c’est bien après que les premières aides ont commencé à tomber, mais c’est au bout de cinq, six ans, ce n’est pas dans les deux premières années. Parce que franchement c’était vraiment de l’auto-gestion sur tous les plans. En quoi votre asso, elle a contribué à la

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structuration du roller au Sénégal? Ça me fait penser, il y a une dame qu’on voit beaucoup depuis quelques années sur les réseaux sociaux, qui est Awa. Awa Fall, elle est hyper présente sur les réseaux. Est-ce que votre asso elle a fait des petits? Est-ce qu’elle a aidé à la création d’un embryon de fédération? Est-ce que vous êtes rattaché à une fédé maintenant? Tu peux nous décrire un peu ce paysage institutionnel aujourd’hui? Ok, donc là si je pars sur ça, ce sera à faire un bond de 2008 où on est allé au acro-roller et sorti de la rue pour aller dans un endroit assez spécifique.

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Je saute de là-bas pour arriver en 2017. C’est en 2017 qu’il y a la naissance d’une fédération. Il y a une expression très importante chez moi, et je vais dire ça en Wolof d’abord, ensuite j’essaierai de traduire. On dit souvent « Lusotti Amborum ». par se concrétiser aura une appartenance et pas obligatoirement l’appartenance de la personne qui a lancé l’affaire. Je ne sais pas si vous me suivez dans mes propos. Aujourd’hui cette dame dont vous parlez, elle a eu à monter la deuxième, elle n’a même pas monté

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la deuxième association. Il y a une deuxième association qui a vu le jour après Actro Roller au bout de deux ans. Cette association, c’était des jeunes qui l’avaient montée, c’était une association du nom de Maestro Roller. On a tous le même dénominateur commun. Roller, roller, roller, roller, roller, le freestyle roller, Diamond Roller, etc, etc, roller. Et c’est des jeunes qui ont monté cette association

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et qui sont allés la voir pour lui dire qu’ils auraient voulu qu’elle devienne leur marraine. C’est ça les propos. Aujourd’hui, il n’y a pas mieux placé que moi pour vous faire l’historique du roller sénégalais. Et franchement, sous toutes ses formes.

1:20:49
Bon, de ce que je sais, parce qu’après il y a des histoires en coulisses qui ne seront pas mes histoires à moi, mais je sais que la deuxième association après Acro Roller c’était Maestro Roller, la troisième c’était Freestyle Roller. Et les jeunes de Maestro Roller sont allés voir cette dame Awa, qui aujourd’hui est la présidente de la fédération. Donc voilà, ces jeunes sont allés la voir pour lui dire qu’on aimerait que tu deviennes notre marraine, donc c’est de là qu’elle est partie.

1:21:13
Dans les toutes premières compètes de roller que j’ai eu à organiser, parce que Acro Roller a été un organisateur de compètes depuis le début. L’association a vu jour en 2003. En 2008, Seba est venu au Sénégal, Greg est venu au Sénégal, Planet Roller est venu au Sénégal, Calou est venu au Sénégal. C’est en 2008 qu’on voit la première fois notre parrain de l’association,

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qui était Calou. En 2008, ça a été un gros boom en fait. Tous ces jeunes qui m’ont suivi pendant 5 ans se sont rendu compte que c’était pas du rêve que je leur vendais quoi. Parce qu’à chaque réunion du vendredi, il y avait ça aussi. Tous les vendredis on faisait une réunion. On faisait aussi après des projections. Et là c’était nos vidéos à nous sur RollerFR, vos vidéos à vous, des vidéos de Seba et bien après des vidéos de Scali aussi. Donc à chaque réunion, on faisait une projection après. Entre 2003

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et 2008, on est familiarisé au slalom, on est familiarisé à plein de choses, les vidéos des sauteurs de Notre-Dame, ainsi de suite, ainsi de suite. Et en 2008, les gars ils arrivent quoi, je les ai fait venir au Sénégal quoi. On a quand même un bon gratin de riders qui viennent. On a Calou, on a Claire de Planet Roller et on a quand même Seba. On a Seba qui vient, qui est un numéro 1 mondial et tout ça. Donc les jeunes se disent, mais c’est du sérieux.

1:22:29
Et on a quand même organisé 8 à 9 ans de World Slalom Series au Sénégal, avec différents juges qui sont arrivés. Donc il y a un gros travail qui s’est fait en amont, qui a fait de telle sorte qu’il y a eu un CNP. Un CNP-SG, c’est un comité national de promotion du sport de glisse, avant la Fédération.

1:22:47
Et là, j’étais le troisième vice-président dans ce CNP, parce qu’on était en jumelage avec les surfeurs. En fait on voulait avoir une certaine force pour pouvoir créer une fédération, vu que les associations commençaient à avoir le jour, et on s’est dit que si les surfeurs et les rollers s’unissent, en créant un CNP, après le but c’est de pouvoir monter en fédération et que chaque structure puisse gérer sa propre fédération.

1:23:10
C’est un peu ce qui s’est fait, parce qu’il y a eu le CNP, et avec le CNP bien sûr il y a eu, vous savez l’esprit de bataille tant que c’est une bataille propre parce qu’on est sur le terrain et c’est pendant la compète, j’ai donné ça aux jeunes pendant 10 ans, où ils venaient, pas parce qu’il y avait un price money, parce que j’ai toujours été contre le price money, parce que moi je ne voulais pas que les jeunes se confondent pour de l’argent, donc j’ai toujours mis en avant, tu gagnes du matériel, tu gagnes des choses qui vont te servir par rapport à ta pratique et surtout tu

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honores le nom de ton club. Donc franchement on est parti sur un esprit mais super sympa. On a un champion du monde qui est Damphal aujourd’hui, qui est le meilleur sauteur au monde avec un record du monde de 1m72 mais dites vous qu’il est Damphal, on en a des milliers au Sénégal. Le roller c’est une discipline que l’on pratique tout seul, c’est pas comme le foot mais par contre ça te pousse à être dans une grosse communauté.

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Ça te permet d’avoir, de rencontrer ces communautés, donc d’être dans l’esprit freestyle du partage, de partage de sensations. Il y a combien d’associations ou de clubs au Sénégal? On peut dire qu’il y a à peu près 30 à 33 clubs qui ont été déclarés avec leur récépissé. Donc au bout de 20 ans, il y a plus d’une trentaine de clubs

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et il y a pas mal d’autres clubs qui sont en train de voir le jour alors qu’il n’y a que 14 régions. Pour se dire qu’il y a une grande mouvance de la pratique du roller au Sénégal. Et des damphales, on en a beaucoup au Sénégal. Aussi bien dans le domaine du marathon, du slalom que dans le domaine du saut. Oui, justement c’était la question que j’allais te poser. Donc t’anticipes, c’est très bien. Effectivement, on a parlé de damphales pour la partie hauteur pure freestyle. Quelles sont les autres disciplines dans lesquelles le Sénégal va émerger dans

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les années à venir? On avait un excellent niveau dans le slalom parce qu’on a eu des jeunes qui sont quand même allés au championnat du monde parmi lesquels mon fils qui a fait deux champions du monde avec les compétitions de SEBA et de Universkate. On avait un autre qui s’appelait Tamba, on avait une bonne crème de la crème à un moment parce que quand même 8 World Slalom Series au Sénégal avec différents juges qui sont venus, le niveau du slalom était bien monté au Sénégal, le meilleur niveau

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sur le plan africain. Bon, après il y a eu une phase descendante quoi, avec tous les soucis, tous les problèmes de malgestion, de fédération, de budget, donc après ça casse un certain mythe quoi. Sinon, on a de bons marathoniens au Sénégal, qui sont assez bons dans le domaine de la glisse, dans le domaine de tout ce qui est 42 km, on avait de très très bons sauteurs, mais bon ce qui n’est pas une discipline aujourd’hui, c’est devenu

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plus du freestyle, et même ce freestyle les gens le font de moins en moins, on voit plus de freestyle jump, alors qu’il y avait des notations pour le freestyle jump, en acrobatie, en tout cas pour la démonstration, on a de très très bons sauteurs, sinon concrètement aujourd’hui, les disciplines dans lesquelles on pourrait vraiment vraiment émerger et pouvoir dire on peut retrouver la place number one, c’est la hauteur pure et aussi le skate cross. On a de bons gars qui s’y donnent, on organise des compétitions de skate cross au Sénégal et c’est pas mal. C’est juste

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pour familiariser les gens à cette discipline aussi parce que il y a le roller soccer aussi, le roller soccer est pas mal de disciplines qui sont développées à part le saut. J’ai une question Baba, est-ce qu’il y a des structures, des équipements qui se mettent en place ou pas? Des skateparks qui sont montés finalement parce que bon, voilà, 33 assos ça commence à peser un peu.

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Alors soit au Sénégal ou aussi même plus largement en Afrique de l’Ouest, je pense au Mali, je pense à la Guinée, je pense à… enfin voilà, aussi avoir un peu, toi ta position, j’ai oublié le nom de ta position, mais où en fait tu es président de… Président de commission. De commission, te permet aussi d’avoir un peu une vision de l’élubilité et j’aimerais bien que tu nous parles de ça.

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Excuse-moi, il n’y a pas longtemps, j’ai vu la place des cultures urbaines s’ouvrir au Sénégal. Ok, c’est bien ça, oui. Mais bon, avant la place des cultures urbaines, il y a eu un skatepark privé qui s’est ouvert sur la corniche, mais c’était vraiment privé privé, mais c’était à peut-être 7 à 8 ans de cela.

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C’était à un prix un peu exorbitant où ce n’était pas vraiment ouvert à tout le monde. Quand on dit privé, ça l’était vraiment. J’ai installé la première équipe de moniteurs parce que les propriétaires ont fait signe à moi par rapport à mon passé, mon historique et tout ça. Donc je leur ai monté une première équipe de moniteurs. Mais après, quand on est là pour le business, c’est le business. Il y a des choses à respecter, sinon après

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on se lanche. Récemment, comme vient de le dire Alexandre, il y a la place des cultures urbaines qui a été inaugurée il y a peut-être 3 mois de cela, un peu dans la proche banlieue, dans la périphérique entre la banlieue et la ville, avec un skatepark, avec des modules, avec quelques modules. C’est une bonne chose, mais vous savez, le skatepark c’est pas quelque chose, c’est pas la culture, ça fait pas partie vraiment de la culture de la pratique du roller au Sénégal. Donc pour moi, c’est quelque chose qu’on aurait dû ouvrir, mais avec une certaine politique qui va avec, pour mettre les pratiquants et

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les gens qui vont y aller en toute sécurité. Mais effectivement, nous avons un skate park au Sénégal. Par rapport aux autres pays de la sous-région, oui, comme par exemple au Maroc, ils ont des vrais skate parks là-bas, ils ont du bon. Il y a certains pays, oui, en Afrique de l’Ouest aussi,

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mais ça ne prolifère pas pour l’instant. Ce que disait tout à l’heure Calou par rapport à ce titre de président de commission, moi je suis président de commission du Inline Freestyle, c’est tout ce qui concerne le skate cross, le slalom, le battle speed et classique et en même temps la hauteur pure. Donc c’est ça que je gère en ce moment au niveau de

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la sous région par rapport à 33 pays d’Afrique qui sont dans cette confédération africaine. Donc ce qui me permet de côtoyer pas mal de pays, Benin, Nigeria, ainsi de suite, ainsi de suite. Et donc il y a une grosse communication qui se passe par rapport à ça. Donc, parce que Calou me demandait aussi par rapport à ce statut, comment moi j’ai un aperçu. Bon déjà, j’ai été nominé par le président de la Confédération Africaine

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par rapport à, il a vu mon historique et il m’a dit, voilà j’ai besoin de toi à ce poste-là. Et aujourd’hui j’ai eu à organiser au Bénin et en Egypte des compétitions de la World Skate Africa, en tout cas la partie inline freestyle, où j’ai été avec Renan Martin qui est un partenaire, où j’ai été avec Thierry Ménard aussi, qui donne un gros coup de main pour l’organisation de ces événements en Afrique, tout ça pour le développement du roller en Afrique.

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Donc aujourd’hui ce que je peux dire c’est que, à la base, dans tous ces pays d’Afrique où je vais, où les responsables que je rencontre, ils commencent par nous remercier d’abord nous Accro Roller, parce que vous savez, la chance qu’on a eu pour revenir dans un bon en arrière c’est vraiment, c’est le net en fait. Le net, nous on a pu montrer nos affaires et une fois qu’on a commencé à ça, ben avec moi là dans les parages, on savait c’était quoi les montages, ben on en a balancé, balancé, balancé, et ça a inspiré les autres pays

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d’Afrique. Et aujourd’hui quand ils me voient eux, de vue vue, en vrai, les premières choses qu’ils disent c’est merci Accro Roller, merci Babacar, parce que vous nous avez donné l’envie. Donc Accro Roller du Sénégal a été un bon tremplin de cette pratique du roller en Afrique. Parce que ce n’est pas que je veux me jeter des fleurs, mais c’est des retours que j’ai eus, et aujourd’hui par rapport à ce poste que j’ai, où je vais dans d’autres pays pour organiser des championnats, et avec le temps, oui, les modules vont voir jour parce que dans tous ces pays ils ont tous des projets comme

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ça, de pouvoir installer des modules, de pouvoir développer, excusez-moi, de pouvoir installer des modules et même faire des pistes de course pour des trucs réglementaires, parce qu’aujourd’hui les africains ils savent qu’ils ont leur place aussi dans tous les championnats du monde. Il y a une discipline qu’on a absolument pas abordée et qui monte en Afrique et pas qu’en Afrique d’ailleurs en Inde. Je crois qu’Ouali me voit venir et il est en train de se marrer. Le roll ball en fait c’est la discipline

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où tu as le Kenya qui est champion du monde qui se développe un petit peu hors du circuit de la world skate parce que les indiens n’ont pas vraiment envie de lâcher le morceau. Toi tu vois ça comment l’arrivée du roll ball et comment se positionne le Sénégal par rapport à ça vous avez une équipe il me semble? Je vais commencer par dire le roller est un sport très ouvert avec différentes disciplines quoi. On peut faire du ping pong roller quoi, parce que je le fais chez moi avec mon fils par exemple. On peut faire du basket roller, on peut faire du roll ball, on fait du roller

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soccer, on fait du water jump donc pourquoi pas le roll ball quoi. Moi le seul truc qui me dérange dans le roll ball c’est que c’est cette grosse tête en balle de basket qui peut te péter les phalanges quoi et que tu peux prendre en pleine face. Parce qu’en tout cas, pratiquer chez nous, c’est avec une grosse balle de basket, et aussi en Inde c’est pratiquer comme ça. Mais ça c’est mon point de vue.

1:32:11
Parce que je pense à l’aspect sécuritaire aussi des pratiquants. Parmi cela, oui, c’est comme le hockey. Moi je développe le hockey au Sénégal avec ma team, on joue énormément au hockey, d’autres jouent énormément au roller-soccer, pourquoi pas au roll-ball? Maintenant, ça doit juste se faire dans les règles de l’art, c’est tout.

1:32:26
Il se trouve que chez nous, celle qui a amené le roll ball au Sénégal, c’est Awa. De mon point de vue en tant que sportif et en tant que pratiquant du roller, je suis ouvert à toutes ces disciplines parce que ça donne encore plus de valeur à notre sport, comme quoi on n’est pas figé comme le foot. Je m’excuse, je donne cet exemple, mais je ne suis pas contre le foot. On sait que c’est la même chose, courir derrière la balle, 90 minutes.

1:32:47
Au roller, tu as envie de faire de la pente, tu vas faire de la pente, t’as envie de faire du slalom, t’as envie de faire du… Etc, etc, quoi. Donc le roll ball, je suis très honnête à ça. Mais tant que les choses se fonderont les règles de là. On a commencé un peu à évoquer tes activités, moi ce que j’aimerais savoir c’est un peu quelles sont toutes les activités que t’as à l’heure actuelle, et qu’est-ce qui te fait vivre en fait à l’heure actuelle?

1:33:06
Ok, bon je vais répondre à ça, mais juste avant je répondrai à la question de Calou qui demandait tout à l’heure est-ce qu’il y a des infrastructures maintenant qui font blablabla, bon oui on a les grandes structures, je sais pas si je peux les citer là, Decathlon et autres qui font des rollers mais c’est pas la qualité quoi, donc eux ils vendent pour vendre quoi. Donc dire qu’on a carrément des structures en tant que telles qui vendent du matériel de qualité, on en a pas encore, mais il y a des pays qui font des efforts, par exemple au Béna je sais que des gars

1:33:30
qui ont ouvert des shops de rollers et qui essaient de vendre de la qualité, qui essaient de vendre aussi bien du Powerslide que du FR, je sais qu’au Nigeria où je suis allé, il y a un mec, je suis allé dans sa shop, dans son shop de rollers, j’ai vu qu’il vend des rollers de qualité. Aujourd’hui, nous-mêmes au Sénégal, nous avons ce projet-là en cours, qui va être inauguré peut-être dans les deux mois à venir. Il y aura la première shop de rollers avec du matériel de qualité qualité quoi. Et aussi avec d’autres concepts, parce que connaissant le problème des gens quelquefois qui a un problème de moyens, parce que les rollers coûtent un bras. c’est un peu comme un cotin bras, nous on va être lancé dans l’esprit de faire de

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l’échange si il le faut, de faire du relookage, de customiser les rollers, une paire de rollers d’une telle qualité, on peut passer à autre chose, donc on va trouver des formules pour que ce soit toujours accessible à tous et pour toutes les bourses. Donc les gens sont en train d’aller dans cet esprit, parce qu’avant il fallait coup de coup de commande taper en France, attendre ou la commander aux Etats-Unis ou ailleurs, ou en Chine. Et de nos jours maintenant, s’il y a des shops, c’est une bonne chose,

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parce que ça donne encore plus de visibilité, plus de valeur à la discipline. Maintenant pour ce qui est de moi, j’ai une structure qui fait du street marketing, maintenant c’est à Dandesie. Il y a 15 ans de cela, j’étais pratiquement seul sur le marché, c’était magnifique. Et vous savez quand vous formez des jeunes au travail, et que derrière après ils deviennent des concurrents, et qu’ils te le disent en même de face, on peut être un peu grincheux, mais avec l’expérience et le temps on se rend

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compte que oui, on a semé une bonne graine parce que ces jeunes qui eux te prennent comme un concurrent, toi tu les prends comme une bonne réussite pour toi, parce qu’aujourd’hui il y en a beaucoup qui font du street marketing comme moi, qui sont déclarés comme moi, qui gagnent leur vie grâce au street marketing, donc quelque chose que je leur ai inculqué et que je leur ai appris. Donc quand on me dit, Baba qu’est-ce que t’as vraiment fait pour ton pays? Sur le terme, qu’est-ce que t’as apporté?

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Ben un, j’ai apporté une discipline, une passion à des jeunes, ça c’est le premier point. Deux, je leur ai donné les moyens de fréquenter, de rencontrer des grosses pointures du monde du rôlo, qui se rendent compte que ce n’est pas inaccessible. Troisièmement, ben y’en a plein qui sont devenus des moniteurs aujourd’hui, entre guillemets, parce qu’il y en a pas un qui a un vrai diplôme pour dire qu’il est moniteur. Et aussi, je tiens à préciser que maîtriser une chose, ça ne

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veut pas dire qu’on sait la transmettre, ça c’est pour tous ces gens qui s’appellent moniteurs dans mon pays, alors qu’ils devraient venir me voir pour que je leur fasse une formation. Ah oui, je le dis haut et fort, je suis à fond là-dedans, je suis moniteur, je suis encadreur, je suis éducateur, je travaille avec les écoles, les écoles primaires, je travaille beaucoup avec pas mal de structures où il y a des enfants. Par exemple, je suis dans deux écoles, je suis dans ma 19e année, dans une école où mes premiers élèves aujourd’hui c’est des Bac 4 ou des Bac 5, donc c’était

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il y a 19 ans de cela. J’ai toujours maintenu sur ce cap, j’ai été à la base française où j’ai donné 18 ans de cours là-bas aussi, je suis à Jean-Nermaux dans une autre école. Donc aujourd’hui, le footmarketing qui a dents de scie, parce que comme je vous l’ai dit, plein de mes enfants aujourd’hui qui sont devenus bons donc qui prennent pas mal de marché et j’en suis très fier parce que si c’est un marché que je n’ai pas, c’est que ça ne devait pas être le mien.

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Donc si quelqu’un d’autre l’a et qu’il arrive à faire tourner sa structure et payer des gens, pour moi l’essentiel c’est que ces jeunes puissent dire écoute cette semaine j’ai pu gagner de l’argent parce que j’ai travaillé avec quelque chose que j’aime bien qui sont mes rollers quoi. Donc avoir développé cette chose là c’est une bonne chose et aussi dans la vente de matériel depuis quelques années, c’est pour ça qu’aujourd’hui on arrive à une consécration où on s’est

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dit que ce serait bien d’ouvrir une boutique et puis voilà on a plus d’un tour dans l’autre sac. Hormis le roller, je suis un peu horticulteur, j’aime bien planter, il fait un temps que je faisais des décorations florales dans certaines maisons, ça peut te permettre de gagner de l’argent mais ça te permet d’être en contact avec la terre, quelque chose qui est très important. Voilà, mais en grosso modo, c’est beaucoup plus dans le roller que je gagne ma vie.

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En tant que professeur dans les écoles, en tant qu’éducateur, les prestations que je peux faire, les démonstrations que je peux faire, je fais des spectacles, j’ai créé quelque chose qui s’appelle l’aïki roller parce que je suis pratiquant d’aïkido et de roller depuis un certain nombre d’années. Donc j’ai vraiment créé un truc qui m’est propre, c’est l’aïkido et le roller en fusion. Il m’arrive de faire des spectacles, de faire des démonstrations pour ça,

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dans des festivals et ça peut être rémunéré aussi. Le roller tourne vraiment autour de mon orbite. Quand j’entends tout ce que tu fais en roller, j’ai une question un peu con, mais tu ne serais pas un peu hyperactif? Ça c’est une question où je pense que les gens, mes proches t’entendraient dire ça. Ils te diront mais merci, oui je suis un super actif et je ne sais pas combien de temps je vais

1:38:06
pouvoir continuer comme ça. Quand je vais donner par exemple 5h de cours de roller, exemple le lundi je peux mettre mes rollers à 13h30, je les enlève peut être vers 19h. C’est énorme, c’est long. Je peux le faire le lundi, le mardi, le jeudi, le vendredi, le samedi je vais rouler, j’ai mes séances d’aïkido en même temps, je suis dans la natation aussi, je nage beaucoup, donc je fais même des compètes

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en natation. Entre les jours où je vais donner des cours, où je me retrouve pendant 5 heures sur mes rollers, où moi je dis c’est ma séance, en fait, quand je donne cours je me dis je suis pas en mode entraînement, mais je suis quand même en mode je donne un cours de roller, je suis pas statique, donc je le veux une heure, je sais fonctionner mon corps, après quand je vais faire ma séance, bah pareil, oui je suis un peu super actif, un peu trop même. Il faut voir Baba c’est quand même un vrai athlète. J’ai un peu roulé avec lui dernièrement et je me suis pris une petite branlée. Il me

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bluffe un peu parce qu’il a effectivement jamais arrêté de rouler. Bon il n’a pas trop le choix maintenant mais c’est quand même un truc de vingt. Alors il roule toujours quand même très fort. Ouais et puis le style quoi, la fluidité, je l’ai vu en slalom à nouveau il n’y a pas longtemps mais putain t’as… c’est fluide, ça glisse bien, c’est magnifique. Je suis allé glisser là-bas mais je le referais pas parce que ça bouffait mes roues d’une manière. Ah oui bah ouais les quais de Bordeaux sont hyper abrasifs.

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Ouais, je vous donne juste une idée par exemple, un mercredi tranquille, je me réveille un mercredi, il est 6h du matin, je sors de chez moi, il est 6h30, j’arrive à la mer à 7h-10, à 7h je suis dans l’eau jusqu’à 9h, donc j’ai 2h de natation. Et c’est pas 2h de natation où je suis en mode tranquillou. Et puis c’est pas une piscine, c’est la mer. Je nage à la mer, oui. Récemment j’ai commencé avec un coach parce que je nage ça fait 20 ans.

1:40:03
Cette année je ne sais pas ce qu’il me prend, je fais une traversée de la traversée de Dakar Gorée chaque année. Donc j’ai 15 ans de traversée de Dakar Gorée et cette année à ma 15e traversée, à la fin je me dis l’année prochaine j’aimerais bien être classé, j’en ai marre de faire juste la traversée. C’est maintenant à 15 ans après que je me réveille en me disant j’ai envie de faire

1:40:20
partie des 10 premiers. Donc je rencontre un coach qui me dit tu as le potentiel, tu as l’envie, ok je t’entraîne. Il me dit on commence quand? Je lui dis ben demain alors que j’ai fait la traversée aujourd’hui. Je lui ai dit je commence demain les entraînements. Quand j’y vais c’est qu’il me fait vraiment travailler tous les trucs que j’aimais pas, entre guillemets c’est bien d’être coaché parce que ça te permet de mieux te mettre sur la voie. C’est un conseil que je donne à tous les athlètes, même si tu es bon,

1:40:41
t’as besoin d’un regard extérieur, de quelqu’un qui a plus d’expérience pour pouvoir t’orienter, te rectifier. Parce que je nage depuis des années mais on m’a rectifié en deux mois et j’ai vu le résultat. Donc quand j’y vais c’est deux heures de natation où c’est intense. Donc ma première activité je nage pendant deux heures, quand je rentre chez moi j’ai le temps de me changer, tac tac tac, ok j’ai un petit break et hop après il faudra donner cours. Et quand je vais au cours c’est de 13h30, je mets les rollers, jusqu’à grosso modo 18h30. Quand j’arrive chez moi j’ai

1:41:10
le temps de me changer rapidement parce que j’ai une séance d’aïkido à 19h30 et j’y vais. La séance d’aïkido peut durer au moins 2 heures. Une fois que je fais ça, je reviens chez moi, peut-être il est 22h, 22h30, j’ai le temps de me changer, de manger quelque chose, de me poser devant ma machine, de travailler un peu. Ce qui est sûr, c’est que vers minuit, il faut que je ressorte parce que j’ai un chien

1:41:34
et qu’il faut aller balader. Et quand je vais balader ce chien, c’est un Malinois, il est à fond, il peut faire du 40-50 km à l’heure. Mais pour moi c’est pas du sport, c’est une balade pour le chien. Je me rends compte que les trucs que je fais en me disant je fais pas de sport, mais en fait je fais du sport toute la journée. Quelquefois je reviens 1h après, 1h30 avec le Malinois,

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j’enlève mes rollers, là je peux dire que je viens de finir ma journée. Et c’est revolote comme ça le lendemain, il y a peut-être 2-3 choses qui changent parce que j’ai une séance de rollers où je roule avec ma team, on va faire du slalom pendant deux heures, ou il y a une répétition d’haïki roller, des trucs comme ça. Donc moi je rends grâce parce que dans mon âge les gens me disent que j’ai pas cet âge là mais je rends grâce parce que moi je pense que le sport m’a sauvé comme je

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vous l’ai dit, le roller, et le roller m’a amené vers d’autres disciplines qui sont la natation et l’aïkido. L’aïkido c’est de la self-defense mais c’est beaucoup de contrôle de soi et de l’énergie. Aujourd’hui, je me dis qu’on pourrait encadrer plus facilement des jeunes de tout horizon, qu’ils soient stables ou pas stables, créer des liens entre les jeunes des pays d’Afrique et des pays du monde à travers le sport,

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parce qu’il dit sport, il dit un esprit sain dans un corps sain, où ça a tendance à t’orienter en tout cas vers une voie un peu plus positive, parce que rien que de faire l’effort, de se mettre à l’effort, de transpirer, de sentir ton corps vivre. Donc il y a beaucoup de choses qu’on peut développer sur ça. On va arriver vers la fin de l’interview, mais avant il y a quand même un sujet dont tu as parlé assez rapidement et que j’aimerais bien qu’on vienne. Tu as parlé de ton fils qui fait du roller et qui fait des compètes.

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J’aimerais bien que tu nous en parles un peu en fait. Comment il a commencé, qu’est-ce qu’il fait, etc. Comment il a commencé à faire du roller, des compètes et tout. J’aimerais bien que tu nous en dises quelques mots avant qu’on finisse. Ouais, donc Khalil il s’appelle, je l’appelle Lilou. Déjà c’est un garçon magnifique, mâchallah, que j’adore.

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Par sa résilience et par son envie de faire les choses correctement. Donc je rends grâce qu’on m’ait donné un enfant comme ça. Parce que moi j’ai été un peu une tête brûlée, donc je suis content que le bon Dieu m’ait donné un enfant assez carré et assez bien dans ses bottes. Je vais vous dire, la première fois qu’il a mis une paire de rollers et il est parti d’un point A à un point B, c’est après qu’il a réalisé et qu’il a crié comme pas possible.

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Il avait 14 mois, donc ça veut dire un an et deux mois. Il avait mis ses rollers, il avait mis mes rollers, il avait mis du 43, écoute bien. Il s’est déplacé d’un fauteuil à l’autre, c’était juste incroyable. Et c’est quand il s’est accroché à l’autre fauteuil, ça m’a rappelé après mon histoire d’un mur à l’autre quoi. Et c’est là où il a réalisé ce qu’il venait de faire, mais il a gueulé comme pas possible. Après cette histoire à 14 mois, ben on lui a trouvé une paire de rollers. hommage à cette nounou qui était derrière lui tout le temps pendant des heures à ne

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plus avoir de dos parce que le gosse une fois qu’on lui mettait les rollers au pied pour lui enlever il fallait qu’il dorme en fait et à chaque fois qu’il commençait à gueuler ma grand mère disait laissez l’enfant avec ses rollers laissez l’enfant donc il avait sa cartouche qui pouvait le défendre c’était la grand mère qui était ma grand mère à moi qui était son arrière grand mère à lui et aujourd’hui on a aussi cette valeur quand on a pu vivre avec moi j’ai pu jouer avec ma grand-mère qui

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était son arrière-grand-mère à lui donc on a les valeurs les mêmes valeurs un peu lui et moi. Il aime le roller depuis qu’il est tout petit parce que dans tout son… il a grandi dans ça dans le milieu associatif voir du monde à la maison des gens qui font du saut qui font de la rampe qui font des démos donc très tôt et sa première compétition il a eu l’affaire il a eu à l’affaire quand il avait quatre ans c’était une détente c’était du saut pur il l’avait gagné.

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Donc ce matin là on avait organisé une compétition avec beaucoup d’autres clubs, il a été le premier à nous ramener un trophée, après on a organisé un petit mini marathon pour eux dans un grand marathon pour les grands, il a participé, après le World Salon de Cérise, ainsi de suite, ainsi de suite. Par contre j’ai eu un peu à le protéger par rapport à moi, contrairement à moi, par rapport au saut.

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Il commençait vraiment à s’intéresser à la rampe, décoller, atterrir sur le thume comme ça, moi si aujourd’hui j’ai des problèmes avec mes genoux, avec ma colonne vertébrale, on a sauté, on est monté à 3 mètres de haut, atterrir comme ça sec sur le sol avec des rollers pourris, parce qu’on ne sautait pas avec les mêmes rollers que les jumpers du Trocadéro et de Notre Dame, nous on sautait avec les rollers Blade 3 crochet où c’était très sec, à l’atterrissage tu entends un méchant cac dans le dos, donc il sait faire du saut mais je l’ai protégé par rapport à ça et

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il s’est orienté vers le slalom et c’est un excellent slalomeur, pas parce que c’est mon fiston mais parce que il a eu à participer à toutes les compétitions de sa catégorie étant gosse à Dakar c’est lui qui l’ait gagné. Après quand ils sont montés chez les grands, leur première participation, lui et un autre qui s’appelle Tamba, ils ont pris 6e et 5e et la compétition d’après, il n’y avait plus aucun adulte quoi, c’était eux les numéros 1 au Sénégal. Jusqu’à ce que Tamba puisse aller avec Awa au championnat du monde en Chine,

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mais il n’a pas pu faire de bons résultats parce qu’il y a plein de raisons. Khalil est allé au championnat du monde, il a raté le podium de peu à cause du lasso-fricks. C’était sa première participation au championnat du monde, après il en a fait une deuxième et il a continué à pratiquer. A moi il a décroché à cause du foot. C’est bien, c’est bien de vérifier d’autres choses. Là c’est un étudiant,

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entre le foot et les études, il a dû faire un choix, il s’est concentré sur ses études. Et récemment, il y a pas longtemps, il m’a relancé en me disant qu’il a repris les compètes. J’étais super content. On force rien.

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Si tu as envie, on est là, on te donne un coup de main. Si tu veux faire un break pareil. Donc l’Uberto de Strict, nos parents ont eu, on va l’avoir aussi pour nos projets nutures. En ce moment il est sur Bordeaux, il roule avec Air Roller. Air Roller n’avait pas de compétiteur parce que c’était un club un peu là-bas, dans

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le tas. Avec Rallul, avec eux, déjà il leur a ramené deux fois deux premières places, deux deuxième places à une première compète, première starter. Au deuxième starter il a pris deux fois la première place, là il va faire sa première compétition, première étoile, on va voir ce que ça va donner. Il s’est focalisé là dans le speed slalom et dans le saut pur, sans oublier qu’il garde

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aussi sa soulamane, tout ce qui est battle slalom et autres parce qu’il aime bien. Donc c’est un athlète, c’est un sportif aussi et ça branche dans ses études, c’est dans le domaine du management sportif et autre. Donc voilà, je pense que si je continue comme ça, on finira par travailler ensemble, on montrera des trucs et puis les gens viendront à Dakar pour être dans un endroit

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assez sympathique où on pourra voir le tout. Le sport, la culture et le civisme, comme Accro a déclaré. Il est en Staps? Pardon? Oui, il est à Bordeaux. Là, oui, il est dans le management sportif. Il est en quelle année?

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Il est à quelle école? Il est à quelle école? Il est à Hamos. Ah il est à Hamos, ok ouais. S’il avait été à la fac je l’aurais peut-être fait en cours, ça aurait été marrant. Donc peut-être qu’un de ces quatre vous allez vous rencontrer et vous êtes dans la même ville, Alexandre, allez-y toi.

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Mais voilà, c’est le seul que j’ai et j’en rends grâce. Et en tout cas le fait qu’il soit dans le domaine du sport et qu’il comprenne, parce que c’est un peu ça en fait. Mettons nos enfants dans le sport à bas âge et ça pourra les orienter, ça pourra les sauver, ça pourra… Parce que en tout cas moi je suis un pur produit de ça. C’est le sport qui a fait celui que je suis aujourd’hui. Et j’espère pouvoir

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continuer à pratiquer jusqu’à… Là je suis pas loin des 50, encore au moins pour 50 ans j’espère. Pourquoi pas! Ça fait deux heures qu’on parle, j’ai encore plein de questions mais je pense qu’on va pas tarder à s’arrêter. Je voudrais savoir si Alexandre et Calou ils ont d’autres questions avant qu’on te laisse faire une tribune libre. Non c’est bon, ça faisait presque office de tribune libre ce qu’il venait de dire. Calou, est-ce que tu as des choses à rajouter?

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Euh… Ah moi ça va, ça va. Bah je pense qu’on va s’arrêter là. C’était vraiment passionnant. Je pense qu’on a tous appris plein de trucs. Je pense que c’est une des meilleures interviews qu’on a faites, moi j’ai passé un excellent moment à t’entendre parler de la philosophie, de la culture du

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roller etc. qui est pour nous très très cher, on a tous notre culture et la culture roller elle a transmettre quelque chose qui nous est très cher quoi, c’est vraiment super, est-ce que tu veux faire une dernière tribune libre, dire un mot de la fin Baba avant qu’on se quitte? Oui, en fait je remercierais toutes les personnes de près ou de loin, je pourrais pas citer mais parce que citer ce serait peut-être mettre d’autres dans l’embarras de dire qu’il a oublié de me dire mais je remercie tout le monde, tout le monde, tout le monde quoi.

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C’est super sympa de pouvoir le faire avec vous, je commencerai par vous remercier vous parce que c’est une autre opportunité que vous me donnez de pouvoir dire les choses, de pouvoir partager les choses et c’est toujours bon surtout quand c’est positif. Donc un grand merci à vous et vive l’amour du roller que nous avons parce que c’est aller au-delà des frontières et ça c’est magnifique. Moi je vis au Sénégal, vous êtes là en Europe, mais on est une grosse famille. Et quand on se voit, on est super content de se voir, c’est comme si on s’était vu il y a deux semaines alors

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qu’on peut rester 4-5 ans sans ne pas se voir. Je remercie aussi les gens de ma team actuelle, ceux qui sont là en ce moment, parce que qui dit association dit renouvellement, il y a des gens, du renouveau tout le temps, il y a des gens qui partent, d’autres qui viennent. En ce moment j’ai une team avec moi qui sont là, qui sont tout proches parce que c’est moi qui parle, c’est moi qui suis devant de la scène, mais il y a beaucoup de gens derrière qui donnent un gros coup de pouce, donc à toutes ces personnes de l’ombre je

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vous remercie du fond du coeur et voilà, que cette aventure continue parce qu’on est dans l’esprit de la transmission, on continuera à transmettre et d’autres transmettront aussi et je pense que c’est comme ça qu’on peut laisser une belle traçabilité dans ce monde quoi. On a tous une mission à faire donc jouons en notre partition quoi. Encore une fois merci à tous. Ben voilà, je pense qu’il n’y a plus rien à dire à part espérer que vous avez passé

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vous, auditrice et auditeur, un aussi bon moment que nous. C’est encore une fois l’histoire du roller avec le grand H. Il n’y a pas très longtemps on a enregistré avec Vin Cisac et c’était aussi l’histoire avec le grand H et avec Vincent Duvancasse c’est aussi l’histoire avec le grand H et là avec Baba c’est vraiment encore hyper passionnant quoi c’est vraiment très cool. Si ça vous a plu parlez-en autour de vous, bonne continuation on espère que tu vas rouler encore 50 ans quoi et puis on espère. Baba on donne rendez-vous dans 50 ans pour faire une course

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Voilà merci beaucoup à bientôt et puis une prochaine et faites du roller et parlez roller et vivez roller à bientôt !

En attendant la retranscription du reste de l’interview de Baba Roller, nous vous invitons à écouter la version complète en podcast !

La vidéo extraite du DVD Soon de RollerFR, mettant en scène Baba Roller

Pour aller plus loin

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Son compte Instagram

Interview menée par Walid Nouh, Pascal Dupoy et Alexandre Chartier

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Auteur
Alexandre Chartier 'alfathor'

Alexandre Chartier est le fondateur et webmaster de rollerenligne.com. Le site a vu le jour officiellement le 11 décembre 2003 mais l'idée germait déjà depuis 2001. C'est un passionné de roller en général, tant en patin traditionnel qu'en roller en ligne. Il aime le patinage à roulettes sous toutes ses formes et tous ses aspects : histoire, économie, sociologie, évolution technologique... Aspirine et/ou café recommandés si vous abordez l'un de ces sujets !

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