Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Ainsi pourrait-on résumer la réponse à cette question car, si les chances de voir du roller aux prochains Jeux Olympiques de Tokyo sont nulles, il est encore trop tôt pour tirer un trait sur les éditions 2024 et 2028. D'autant plus que nous ne savons toujours pas qui, de Paris ou de Los Angeles, sera la ville organisatrice. Il se murmure que, pour laisser tout le monde bons amis, le France hériterait des Jeux 2024 et les États-Unis des Jeux 2028. Toutefois, aucune de ces deux villes n'a pour l'instant fait de proposition très avancée concernant le roller dans leurs projets.

Après le skateboard, le roller ?

Mais s'il y a de l'espoir c'est parce qu'en 2020, cinq nouveaux sports feront leur entrée aux Jeux. Et ils suscitent tous un grand intérêt puisqu'il y aura le surf, l'escalade, le karaté, le baseball-softball (qui avait déjà été au programme des Jeux entre 1992 et 2008) et le skateboard. C'est bien sûr ce dernier qui retient notre attention, car si le skate est désormais un sport olympique, la marche à franchir pour le roller ne devrait plus être très haute, surtout quand on voit le nombre de médailles distribuées aux Jeux d'Hiver pour les patineurs sur glace, aussi bien artistiques que de vitesse, dont la discipline n'a que peu de différence avec celle du roller. Le skateboard organisera 4 compétitions différentes, deux de street skate (masculin et féminin) et deux de park skate (masculin et féminin), on n'en demanderait pas plus pour le roller.

Skateboard : source : Pixabay

Le roller avait déposé un dossier auprès du CIO, tout comme d'autres sports qui ont été recalés par Tokyo, tels que le bowling, le squash ou le wushu (art martial asiatique). Il devrait donc refaire une demande sans trop tarder, sitôt l'annonce de la ville organisatrice des prochains Jeux faite, d'ici septembre prochain. Il aura probablement face à lui d'autres disciplines qui voudront elles aussi prendre part à la plus belle des compétitions sportives telles que le beach soccer, le futsal ou le cricket (tous trois de sérieux concurrents), ou même des sports plus exotiques tels que le poker, dont Daniel Negreanu, le meilleur joueur au monde, défend bec et ongle la candidature, le pentathlon de golf ou la pétanque.
Mais les critères de décision du Comité International Olympique sont assez stricts. Ainsi, il faut disposer d'une organisation internationale gérant son sport, ce dont le roller dispose avec le FIRS. Ensuite, il faut avoir des hommes pratiquant dans plus de 75 pays différents sur 4 continents et des femmes dans 40 pays et 3 continents. Il doit y avoir des championnats du monde organisés de manière récurrente et globale. Le critère numéro 5 pourrait poser plus de problème au roller, puisqu'il interdit tout sport dépendant essentiellement d'une propulsion mécanique. Mais avec l'adoubement du skate et l'existence du tir, on peut supposer qu'il n'en sera rien.

Si le roller semble donc remplir toutes les conditions nécessaires, il se pourrait qu'il ne soit pas suffisamment efficace dans la phase suivante, la plus importante malheureusement, à savoir le lobbying. Il faut des gens qui se retroussent les manches pour aller frapper aux portes, serrer des mains et écrire des dossiers pour tenter de convaincre les décideurs du CIO. C'est certainement là que le bât blesse car le roller a définitivement un gros potentiel, notamment avec le hockey. De nombreux champions de roller se lancent dans le patin à glace pour disposer d'une chance d'aller enfin aux Jeux Olympiques, en l'occurrence les Jeux d'Hiver.

Patinage artistique sur glace - Source : Wikimédia

Avec ce genre de défi, chaque geste compte, même les nôtres. Il est important de faire passer une image positive, et surtout populaire, de notre sport. Montrer qu'il est suivi par de nombreux fidèles et qu'il donne lieu à des compétitions acharnées, de qualité, au potentiel attractif intéressant. Il ne faut pas négliger non plus toute pétition circulant sur le net pour favoriser l'accès du roller aux Jeux. Le plus important reste simplement de participer (comme la devise de Pierre de Coubertin, créateur des Jeux Olympiques modernes) car plus le roller aura de participants, de supporters et de compétitions et plus il sera visible aux yeux du CIO, et donc plus il aura de chance de faire son apparition lors de la prochaine édition des Jeux, qui aura très certainement lieu en France. En ces périodes d'élections, une petite lettre au comité d'organisation de Paris 2024, ou bien aux représentants officiels de l'évènement, ne pourrait pas faire de mal. L'avenir de notre sport est en jeu.

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