Imperial Roller Skating Club de Nice (05)
Durant la grande mode du patinage à roulettes de la Skatingomanie (années 1910), l'Imperial Roller Skating Club de Nice défraie la chronique mondaine avec toute la noblesse européenne en villégiature.
Par alfathor
L’Imperial Roller Skating Club de Nice – le skating rink et le club le plus huppé de la Côte d’Azur
Le 14 janvier 1911, le baron Meyronnet de Saint-Marc fonde l’Imperial Roller Skating Club de Nice1 et en devient président. Les membres du comité rivalisent de particules, de titres et de grades : Monsieur de Ferry, le marquis de Torre Hermosa, le comte Michel Rohozinski, le marquis HMr The Earl of Devon, le capitaine Stanley Williams, Mr C.N. Williamson, M. P.D. Lani ou encore Mr. Ralph Maude. Ce club très fermé est notamment qualifié de « le rendez-vous mondain le plus couru de la Riviera « 2. D’autre part, il se caractérise par un fort cosmopoliste qui correspond à l’attrait qu’exerce la ville de Nice pour l’aristocratie internationale en ce début de XXe siècle.
Ainsi, des rendez-vous bi-hebdomadaires se tiennent tous les mardis et vendredis avec les personnalités les plus en vue et l’aristocratie en villégiature. On ne compte plus les titres de noblesse qui participent aux thés dansants et aux séances de patinage à roulettes. L’endroit devient » le rendez-vous mondain par excellence3 « .

Un exemple de la fréquentation aristocratique de l’Imperial Roller Skating Club de Nice
Quelques noms valent mieux que de longs discours. Le New-York Herald du 10 avril 1911 liste l’ensemble des personnalités présentes à l’occasion d’une journée à l’Imperial Club :
Grand Duc Boris, Baron et Baronne J. de Mayronnet-Saint-Marc, Mrs. and the Misses Keogh, Mile, de Saint-Cyr, Sir Robert Filmer, Vicomte Bernard d’Attanoux et Mr. Warden. Avec la princesse Isenburg le prince et la princesse Solms-Braunfels, la princess Alexander Hohenlohe, le comte Conrad Hochberg et le Prince Carl Isenburg.
En outre, à la table du comte Rohozinski : la princesse Gagarin, le Comte de Pas, Chatir Bey, le Comte R. de Castelvero et le comte de Beaumont. Par ailleurs, le comte et la comtesse Stackelberg ont diverti le prince et la princesse Maurice Hohenlohe. Avec Mr. Richard Beamish se trouvaient M. and Mme. Marquiset, M. et Mme. de Ruille, le baron de Saint-Cyr et Mr. William Beamish.
Aux autres tables : : Mr. Neilson Wintlirop, Mrs. Synnott, Mrs. Bartol, le prince Constantine Morouzi, le Vicomte de Richebourg, le comte Max de Foras, la comtesse de Geoffre de Chabrignac, le comte Malvasio della Serra, la comtesse d’Osmoy, le comte et la comtesse de Vissec, le comte Gérard de Pas, le comte de Verneville, le baron de Sardent, la baronne Trauttenberg.
Cosmopolitisme et élitisme à l’Imperial Roller Skating Club de Nice
Le 10 mars 1911, l’Excelsior4 mentionne également la présence du Baron Pierre de Couberbin, fondateur des Jeux Olympiques modernes, parmi les invités. Si l’énumération sans fin des titres de noblesse présente assez peu d’intérêt en soi, elle traduit toutefois l’attrait qu’exerce les gens du monde sur la presse. A tel point que ces litanies se retrouvent jusque de l’autre côté de l’Atlantique dans les colonnes du New York Herald5. Notons au passage que les colonies anglo-américaines6 et russes sont parmi les plus représentées.
Les prestations annexes
Le patinage compte parmi une multitudes d’autres activités possibles : tennis, croquet, billard français, salle de bridge, bain et douche, boudoir, salle d’écriture, gallery d’art, restaurant, danse7…
L’organisation des séances de patinage
Les matinées sont réservées à l’apprentissage. Les après-midi, les membres patinent au son d’un orchestre tzigane. Puis, à partir de 16h00, le rendez-vous se transporte du skating-rink en plein air vers le grand hall de l’hôtel. Les tables à thé garnies de fleurs délimitent l’espace de danse. Les convives évoluent sur un parquet en mosaïque.
A propos de l’hôtel Imperial
L’inauguration du Palace de l’Imperial intervient dès 1902 dans le quartier du Piol. Le lieu est souvent qualifié de « quartier russe » du fait de la présence de l’église orthodoxe et de la villégiature de la famille royale. Il ferme ses portes en 1925 et trouve une nouvelle vocation en tant que lycée.

Pour aller plus loin
Histoire de l’hôtel Imperial sur Wikipedia
Un podcast sur l’hôtel Imperial
- Le Soleil de Nice, 14 janvier 1911 (Gallica) ↩︎
- Le Tout Nice, 19 février 1911. (Gallica) ↩︎
- Le Soleil de Nice, 23 février 1911 (Gallica) ↩︎
- Excelsio, 10 mars 1911 (Retronews) ↩︎
- The New York Herald, 10 avril 1911 (Gallica) ↩︎
- The Swiss & Nice Times & Italian Herald, 2 avril 1911 (Gallica) ↩︎
- The Menton & Monte Carlo news with the list of visitors, 23 décembre 1911. (Gallica) ↩︎