Championnat de France vitesse du 1000 mètres 1914 à Paris
Le Palais des Sports (Vélodrome d'Hiver) voit se dérouler le Championnat de France du 25 kilomètres le 19 avril 1914 à 13h30.
Par alfathor
- Roller course
Le Championnat de France du 25 km au Vélodrome d’Hiver en 1914
Le Palais des Sports (Vélodrome d’Hiver) voit se dérouler le Championnat de France de vitesse sur 1000 m kilomètres le 2 avril 1914. Le journal l’Action du même jour lui dédie quelques lignes sous la plume de G. Collot. Mais c’est La presse Sportive1 qui lui consacre l’article le plus détaillé.
L’article de La Presse Sportive
René Beaujard, champion 1913, défend énergiquement son titre et le conserve
La belle course ! Et combien elle fut émouvante, non seulement par l’enjeu du titre qui en était le prix — le seul prix — mais encore par sa science, ses tactiques et l’énergie farouche avec laquelle elle fut disputée. Les médisants vous répètent, que le roller-skating est mort, ou qu’il en reste si peu… Ah ! soyez fiers de ce qui en reste : ceux qui vous prétendent qu’une course comme ce Championnat de France n’est pas du sport sont des fous. La belle course et la belle victoire que celle de René Beaujard, « le Hourlier du skating », l’homme imbattable sur les courtes distances quand il est bien en forme et quand il a la rage de vaincre comme celle qui le crispait tout entier jeudi dernier… Sans arrière-pensée, avec toute la joie que j’ai de féliciter un homme de sa trempe et de sa valeur, qui fait l’honneur de son club, j’adresse ici à René Beaujard deux fois consécutivement champion de France vitesse, l’assurance que nous avons eu tous de voir la victoire du meilleur.
Henry Dudon.
Le Palmarès
Le Championnat de France qui s’est couru jeudi était le cinquième du nom, organisé par la Fédération des Patineurs à Roulettes de France. Voici quels en furent les vainqueurs :
1910 Gnieu ; 1911 Cerf ; 1912 Sergent ; 1913 René Beaujard ; 1914 René Beaujard (L. S.C.) Que sont devenus ces « as » du Roller Skating ? Ghieu et Cerf ont disparus de nos pistes. Sergent a abandonné le patinage pour faire dans le cyclisme une entrée magnifique grâce à ses dons étonnants qui l’ont mis en si peu de temps au rang des meilleurs. Seul Beaujard nous est resté : il a bien fait du reste, puisque seul il est parvenu à inscrire deux fois son nom sur la courte mais déjà célèbre liste.
Et ce n’est peut-être pas pour la dernière fois.
La course
Quinze coureurs prirent le départ en 4 séries. Voici quels furent les résultats.
- Première série : 1. Beaujard, 2. Morel jeune, à 30 mètres, 3. Sueur. Temps : 2 m. 4 s. 2/5.
- Deuxième série : 1. Forgeot, 2. Férol, à 2 mètres, T. Blin, 4. Bunas, 5. Grainzevelle, 2 m. 6 s. 1/5.
- Troisième série : 1. Jourde, 2. Morel, à 1 mètre, 3. Samuel, 2 m. 6 s. 2/5.
- Quatrième série : 1. Seinsot, 2. Lanners, 3. Stembert, 2 m. 16 s. 1/5.
- Repêchage : 1. Morel, 2. Férbl, 3. Morel jeune, 4. Lanners.
Etaient donc qualifiés pour la finale : Beanjard, Forgeot, Jourde, Seinsot, Morel. Celle-ci fut l’occasion d’une lutte magnifique entre Beaujard et Jourde, dont les chances étaient de premier ordre, et qui fit l’impossible pour battre son dangereux rival. A plusieurs reprises du reste nous eûmes l’impression que « ça y était ». Jourde s’échappa violemment, prit la tête, mena pendant un tour, mais ne put continuer son effort et faiblit précisément au moment où Beaujard emballé poussant sa pointe finale.
Jourade a fait une excellente impression et à montre qu’il était en bonne forme, sans un rhume malencontreux qui lui enlevait « la résistance de l’estomac » il pouvait s’attribuer le titre tant convoité. Il finit du reste très près de notre champion, presque « dead heat » avec Morel.
Voici le classement de la final :
- René Beaujard (LSC) en 1 m. 59 s. 4/5
- Henri Jourde (RSA) à 5 mètres
- Charles Morel (RSA) à une poitrine
- Seinsot (PHC)
- Forgeot (LSC)
Il ne faut pas manquer de louer l’esprit sportif de ce dernier, qui préféra délibérément sacrifier sa place, qui aurait pu être très belle, pour faire avec Beaujard une entente tout-à-fait intelligente, absolument loyale, et qui favorisa grandement le champion du Lutèce S.C. Ce n’est qu’une petite chose, je l’accorde, esprit de sacrifice et bonne, camaraderie. L’on viendra nous dire que ce n’est pas du sport… …Mais nous en rirons.

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