Le Pélican de Robert Rauschenberg
Le 9 mai 1963, Robert Rauschenberg présentait une chorégraphie intitulée "Pélican" sur scène. L'avant-première eut lieu à Washington DC, aux Etats-Unis. Une oeuvre où le patinage à roulettes se met au service de l'expression artistique.
Par alfathor
Robert Rauschenberg ravive (involontairement ? ) la mémoire de Jean Berain
Le 9 mai 1963, Robert Rauschenberg présentait une chorégraphie intitulée « Pélican » sur scène. D’autre part, l’avant-première eut lieu à Washington Square, à New-York, Etats-Unis. Une oeuvre où le patinage à roulettes se met au service de l’expression artistique. Ainsi, elle se déroula lors d’une soirée de spectacle du Judson Dance Theater. On retrouve cette oeuvre dans la biographie de son créateur 1968. En outre, la documentation vidéo de « Pelican » a été présentée en 2020 dans le cadre de l’exposition en ligne Timeshare de Performa Arts Center.
La représentation
Cette performance emblématique met en scène Robert Rauschenberg et l’artiste Per Olof Ultvedt. Celui-ci est remplacé par Alex Hay dans les représentations suivantes. Carolyn Brown, membre de la Merce Cunningham Dance Company, danse sur pointes entre eux. Ils portent des structures circulaires en soie de parachute tendue sur le dos. Les artistes se propulsent sur des patins à roulettes. Une esthétique qui n’est pas sans rappeler les ébauches de Berain père en 1670, les débuts de l’histoire du patinage à roulettes. La bande son qui l’accompagne a aussi été créée par Robert Rauschenberg. Il s’agit d’un collage de sons allant de la radio, de la télévision et du cinéma. Elle s’associe à la musique de George Frideric Handel et de Franz Joseph Haydn.
Robert Rauschenberg et « Pelican » (1963) : quand l’art rencontre le patin à roulettes
Un artiste pionnier entre art et mouvement
Robert Rauschenberg (1925-2008) est également une figure importante de l’art américain du XXe siècle. Il est souvent associé au mouvement Pop Art et notamment à l’émergence des « Combines ». Ce sont des œuvres hybrides mêlant peinture, sculpture et objets du quotidien. Mais c’est aussi un artiste profondément engagé dans l’expérimentation scénique et chorégraphique. Sa collaboration avec le Judson Dance Theater à New York dans les années 1960 en est un bon exemple. C’est dans ce contexte qu’il crée « Pelican » en 1963. Dans cette performance, le patin à roulettes occupe une place centrale et devient un outil d’expression.

« Pelican » : une performance sur roulettes
« Pelican » est une œuvre chorégraphiée et performée par Rauschenberg lui-même, aux côtés de Carolyn Brown et Per Olof Ultvedt. Présentée pour la première fois lors du Pop Festival de la Washington Gallery en 1963, cette performance se déroule sur une piste initialement conçue pour le patinage. Robert Rauschenberg, n’étant pas danseur de formation, choisit d’utiliser des patins à roulettes pour faciliter ses déplacements. Il crée ainsi des interactions fluides avec ses partenaires et rompt avec le statisme traditionnel de la scène.
Les patins à roulettes ne sont pas qu’un accessoire : ils deviennent un langage. Ils permettent aux interprètes de glisser, de tourner, de s’approcher ou de s’éloigner, transformant l’espace scénique en un terrain de jeu dynamique. Cette utilisation innovante du patinage illustre la volonté de Rauschenberg de brouiller les frontières entre art, vie et mouvement, une préoccupation constante dans son travail.

Le patinage à roulettes, symbole de liberté et d’hybridation
Dans « Pelican », le patinage à roulettes incarne la recherche de fluidité et d’improvisation, valeurs chères à Rauschenberg et au Judson Dance Theater. L’artiste s’inspire de la fonction première de la piste pour en détourner l’usage, créant ainsi une « choréo-animation » où les corps et les objets sont en perpétuel mouvement. Les patins, souvent associés à la culture populaire et au loisir, deviennent ici un outil de subversion artistique, permettant de questionner les codes de la danse et de la performancekoregos.org.
Cette œuvre s’inscrit dans une période où Rauschenberg explore l’interdisciplinarité, mêlant arts visuels, danse, musique et objets du quotidien. « Pelican » est un exemple frappant de cette hybridation, où le patinage à roulettes n’est plus seulement un sport ou un divertissement, mais un médium artistique à part entière.

Héritage et influence de Robert Rauschenberg
« Pelican » marque un tournant dans la carrière de Rauschenberg. Il continue par la suite à intégrer le mouvement et la performance dans son travail. L’œuvre s’inscrit dans une génération d’artistes et de chorégraphes, pour qui la frontière entre art et vie devient de plus en plus poreuse. Aujourd’hui, « Pelican » est souvent cité comme un jalon important dans l’histoire de l’art performatif. Son utilisation des patins à roulettes reste un symbole original de créativité et de liberté. Cependant, ce n’est pas non plus le premier spectacle de patinage à roulettes, de nombreux autres artistes avaient déjà semé les graines de sa popularité durant les siècles précédents.

Le patinage à roulettes est souvent associé à la culture urbaine, au sport ou à la détente. « Pelican » rappelle qu’il peut aussi être un vecteur d’expression artistique et de réflexion sur le mouvement. En intégrant les patins à roulettes dans une performance avant-gardiste, Rauschenberg a participé à sa façon à la reconnaissance du patinage à roulettes.

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