Le roller quad à l’assaut des rues de Londres
La scène roller quad mondiale a explosé depuis les confinements de la COVID19. Londres ne fait pas exception à la règle avec une communauté bien vivante qui cherche sa place et tente de vivre sa passion malgré la disparition de ses espaces de pratique.
Par alfathor
Arte et Tracks partent à la rencontre avec les trois styles de la communauté roller quad de Londres
L’émission Tracks d’Arte nous invite à une balade en roller quad à travers les rues et les spots de la ville de Londres ! La capitale britannique se caractérise par un style bien à elle : c’est toujours plus fun en arrière ! Suivons les trois styles : speed-skaters (adeptes de la vitesse), jam-skaters (la danse) et les street skaters (la rue).
Une scène vivante, des spots qui disparaissent
Le reportage débute par un constat : le nombre de pratiques à Londres ne cesse de se réduire. Pourtant, depuis les confinements et la pandémie de COVID19, la scène roller locale a explosé ! Les riders investissent donc les parkings couverts pour patiner à l’abri. Le roller conserve cet avantage sur d’autres sport qu’il reste peu coûteux dans la durée. Une fois les patins achetés, il n’est pas obligatoire d’évoluer en club ou d’avoir une licence. C’est pourquoi il voit se réunir une grande diversité de riders qui n’ont pas nécessairement les moyens financiers d’accéder à d’autres loisirs sportifs. Ils aspirent simplement au bonheur d’être ensemble, de s’amuser, de partager des moments entre amis d’une communauté qui leur ressemble.
Des événements roller quad communautaires informels à Londres
Les réseaux sociaux jouent un grand rôle dans l’organisation de ces rendez-vous. Seven est artiste/peintre. Elle organise des compétitions de roller dans le parking d’un supermarché le weekend. Adam, musicien, producteur et DJ assure l’ambiance. Ces rassemblements ne sont ni légaux ni déclarés. Les autorités débarquent dès qu’elles ont connaissance de ces réunions festives. Cette dimension transgressive, l’interdit, participe au charme de la chose. Les courses se déroulent en fakie !
Faute de lieux dédiés, les patineurs se retrouvent notamment dans des parcs comme à Bethnal Green, un ancien quartier populaire de l’est londonien qui s’est gentrifié. Deux patineuses sont membre de l’association « Save Our Space » et dénoncent la privatisation de certains espaces publics qui étaient auparavant des spots emblématiques : Ishariah (danseuse en roller) et La journaliste Lillie Almond montrent commun un terrain de padel est venu s’installer en plein milieu de l’espace autrefois investi par les roller… pour devenir payant à 28€ de l’heure.
Une réinvention et une réappropriation des espaces
Les riders locaux sentent qu’ils se font déposséder de leurs lieux d’expression. Qu’à cela ne tiennent, ils se réinventent en mouvement. Le reportage retrace l’histoire du roller à Londres depuis les années 1980 et fait le parallèle avec la scène afro-américaine. Si la danse occupe le premier plan, les randonnées sauvages font aussi partie du paysage avec les rendez-vous hebdomadaires de la BPS Community. Cette forme de réappropriation de la ville n’est pas sans rappeler les premières heures de la grande mode inline à Paris… mais en roller-quad ! Un mélange de revendication, de rébellion, d’expression de sa liberté à travers le mouvement.
Pour aller plus loin
La page de la vidéo sur le site d’Arte / Tracks
Tous nos remerciements à Walid pour cette trouvaille