Les patins à roues alignées Skorka
Michael Skorka (Hongrie), dépose un brevet de patin à roues alignées proche du patinage sur glace le 10 octobre 1925 aux Etats-Unis. Il est officiellement validé le 9 février 1926 sous le numéro US1572567. Il reçoit les éloges des patineurs sur glace.
Par alfathor
Richard Skorka et ses patins à roues alignées qui séduisent les patineurs sur glace
Plaire aux promoteurs du patinage sur glace n’est jamais chose aisée pour un inventeur de patins à roues alignées. La discipline a des standards élevés qu’elle ne souhaite pas voir échoir dans les mains d’un vulgaire patineur à roulettes. Le patin à roues alignées de le Hongrois Richard Skorka est parvenu à trouver grâce aux yeux de la fédération des sports d’hiver en France en 1926. Michael Skorka, originaire de Budapest en Hongrie, dépose le brevet de son patin le 10 octobre 1925 aux Etats-Unis. Il est officiellement validé le 9 février 1926 sous le numéro US1572567.
Une conception innovante
Le patin Skorka se distingue par ses petites roulettes alignées en rangée unique. Chacune se fixe à des ressorts longitudinaux plats et élastiques. Ces ressorts permettent à seulement deux ou trois roulettes adjacentes d’être en contact avec le sol à la fois. Ce système reproduit la souplesse d’un patin à glace.
Freinage automatique et polyvalence
Les roulettes avant et arrière intègrent des freins automatiques. En reportant le poids du corps vers l’avant ou l’arrière, le patineur active ces freins. Ils permettent de ralentir ou s’arrêter brusquement, sans à-coups. Ainsi, le patin s’adapte aux figures grâce à la forme courbe produite par les roues. Les ressorts sont conçus pour absorber les mouvements et transmettre le poids de manière optimale. Des pièces de renfort empêchent les vis de se desserrer. Les bords relevés des ressorts guident leur déplacement et évitent tout décalage latéral.
Ce brevet pose donc les bases d’un patin à roulettes plus stable, précis et proche du patinage sur glace.
Le pdf du brevet de Richard Skorka
L’article de « Sports de neige et de glace » in extenso
Il y a peu de temps encore la voie s’ouvrait librement aux inventeurs qui cherchaient à transposer sur notre sol dur les qualités non pareilles du patin qui glisse sur la glace avec une si idéale douceur; nous n’avions, il n’y a pas bien longtemps, comme patin de terre ferme, que l’affreux petit chariot qui connaît tous les vingt ans une vogue spasmodique et fugitive et qui roule à grand bruit sur quatre massives roulettes de buis que vint matelasser dernièrement comme suprême perfectionnement une bande de roulement en caoutchouc durci.
Oui, nous n’avions que cela, puis, il y a deux ans environ, naquit le paticycle, curieux et intéressant engin qui nécessite deux équilibres, le latéral et le longitudinal, mais qui permit la conquête de la route et connaît actuellement un succès mérité à telle enseigne qu’il y a depuis peu une Fédération de Paticycle ; et, voici que maintenant se présente à nous le patin multiroues « Skorka », reflet du patin à glace et son véritable frère, qui donne à chacun le pouvoir de reproduire sur l’asphaalte tout, exactement tout ce que permet un Salchow, par exemple, et ce qu’il était seul à permettre avant cette invention réellement méritoire.
Le patin Skorka comporte essentiellement une rangée de roulettes en forme d’olives et qui sont disposées à la façon d’une lame de patin sur un axe médian qui affecte de profil la forme d’un arc incurvé ou d’une ligne droite selon lès circonstances, et c’est là la merveille ; le problème était le suivant : il fallait que la courbe du patin touchant le sol devînt rectiligne sur la même longueur que réalise le patin ordinaire en « mordant » dans la glace, et que cette disposition rectiligne pût ebanger sur la courbe entière sans résistance et sans à-coups. La solution était trouvée lorsqu’on eut l’idée de monter les roulettes sur des paliers élastiques qui permettent à une ou à plusieurs roulettes de tenir le contact avec le sol suivant le poids du patineur ou suivant les positions qu’il prend ; on peut ainsi réaliser sans choc le passage d’une roulette à une autre, contrairement à ce qui se passait avec les rudimentaires appareils de jadis : avec le nouveau patin on peut prendre de la carre et on glisse réellement avec une souplesse uniforme et sûre qu’il est difficile de comprendre si on n’en a pas fait l’essai. D’autre part les roulettes terminales sont dotées de freins automatiques qui agissent progressivement dès que l’on fait porter sur elles le poids du corps, en sorte que l’on peut à volonté ralentir ou s’arrêter brusquement.
On le voit, l’appareil est complet et tout a été prévu, mais que de tâtonnements pour en arriver là. Il a fallu à l’inventeur de longues années d’études, d’essais et d’expériences pour aboutir à l’instrument réellement parfait qu’il nous présente aujourd’hui ; l’analogie entre le patin à glaee et le patin Skorka est complète. La seule différence qui ait été relevée est un léger changement de vitesse, le patin à glace étant un peu plus rapide.
On voit donc les perspectives illimitées qu’offre ce petit appareil qui va permettre aux travailleurs de continuer leur entraînement même pendant l’été. Les photographies ci-contre montrent que M. Michel Skorka, l’inventeur, lequel n’est cependant plus un jeune homme et n’avait jamais patiné à glace, s’est parfaitement assimilé le style du patinage artistique ; s’il a pu arriver à ce résultat en ayant commencé à un âge où la plupart songent déjà à la retraite, on voit les services que peuvent attendre de ce nouvel instrument ceux qui lui demanderont simplement d’entretenir leur souplesse pendant la belle saison, ou même ceux que la fantaisie prendra de faire du patinage en chambre.
Il nous est apparu que c’était rendre un véritable service aux patineurs en leur signalant cette invention peu connue encore en France et en Belgique, mais qui est appelée certainement à faire des conquêtes rapides dans nos milieux,
*Voir aux pages d’annonces les renseignements concer: liant ces patins.
Pour aller plus loin