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Le 10 March 2009 à 03:21 | mise à jour le 09 March 2009 à 22:24

Interview D. Lefebvre : "Personne n'est à l'abri"


Interview D. Lefebvre :


Le MRHC a profité du déplacement de Rethel à Montpellier pour s'entretenir avec celui qui est, pour quelques jours encore au moins, le président du Comité national de roller hockey. Didier Lefebvre a accepté de revenir sur l'actualité du club des Mantas et de sa situation financière.
Peu avant, à la fin de la rencontre nettement remportée par Rethel (8-2), Eric Roustit, le président du Club Entreprises du MRHC avait pris la parole pour annoncer au public que l'Agglomération de Montpellier était finalement revenue sur sa décision de réduire de 25% son engagement auprès du club.

Mantas.com : M. Lefebvre, comment réagissez-vous à l'annonce qui vient d'être faite par Eric Roustit ?

"C'est manifestement une bonne nouvelle pour le club de Montpellier, il faut donc bien sûr s'en réjouir. C'est rassurant pour tout le monde."


Comment aviez-vous appréhendé la nouvelle sur les difficultés financières du MRHC voici plusieurs semaines ?
"J'avais été surpris, je l'admets. Car on a beau dire ça et là qu'une situation telle que celle-ci n'arrive pas du jour au lendemain, on doit aussi reconnaître les difficultés que tout le monde connaît actuellement. Il faut le dire clairement, aujourd'hui, personne n'est à l'abris de vivre ce que connaît le MRHC. Il y a eu des clubs dans la difficultés par le passé, je pense à Nice, à Bordeaux et nul ne peut prédire les choses. Le club de Rethel lui-aussi est menacé, c'est une évidence. Je ne dis pas qu'il y a une menace immédiate, non, je dis que nous comme tous les autres clubs, nous devons être très prudents car les prochains mois vont être très importants. Montpellier a bien réagi face à cet événement. Ils ne l'ont pas caché et le club s'est montré plutôt digne je trouve."


En qualité de président d'un Comité national, parvenez-vous à entendre qu'une collectivité locale décidé de réduire de 25% son apport au sport de haut-niveau pour construire une ligne de tramway ?
"Je n'ai pas à m'engager dans le commentaire des décisions prises par les pouvoirs publics, mais il est certain que la décision peut surprendre. Je ne connais pas la situation de Montpellier, mais je sais que cela s'est également produit à Reims. C'est une donnée complexe à analyser car d'un côté il faut bien comprendre que les collectivités ont à travailler sur leur développement, sur les infrastructures, les transports et qu'on leur impose une maîtrise des budgets. Mais dans le même temps, on ne doit pas oublier que le tissu associatif touche 14 millions de personnes dans notre pays. Ici on parle de sport de haut-niveau, d'Elite, mais sans les associations, on n'arrive à rien. Pas de formation, pas de haut-niveau. Pas de hautniveau, pas de formation. Tout est lié."


Les fédérations, les directions techniques nationales ou les comités ont-ils un pouvoir sur tout ça ?
"La fédération française ou la DTN de football, certainement. Celles de rugby ou de hand peut-être aussi. Mais nous, nous sommes le Comité de roller hockey au sein de la fédération française de roller skating. Autant dire que nous ne sommes rien."


On entend dire ici ou là que si des clubs qui paient certains de leurs joueurs ont des difficultés, ils n'ont pas intérêt à se plaindre. Qu'en pensez-vous ?
"C'est une analyse minimaliste et mal pensée. Je ne crois pas que Bordeaux ou Nice aient payé des joueurs et pourtant ils ont bel et bien connu des ennuis financiers. Le problème est ailleurs. Le championnat Elite impose des moyens lourds pour le sport que nous sommes et les fonds que nous sommes en mesure de lever. Il ne faut pas se tromper, à Rethel nous payons des joueurs, mais nous avons beaucoup travaillé en amont pour cela. Il s'est agit de préparer des plans de financement, de calculer. Tout comme Montpellier, je pense. Mais il y a un point sur lequel nous sommes tous égaux. La capacité des partenaires des clubs à ne pas renouveler leurs engagements dans quelques mois en raison de la grave actualité. Nous en reparlerons. La fameuse crise que nous connaissons, en mai 2008, personne n'en parlait. Pas plus dans le roller hockey qu'ailleurs."


La grande majorité des fédérations ou des comités dont dépendent des sports collectifs de haut-niveau possèdent des commission de contrôle de gestion. C'est le cas du football, du handball, du hockey sur glace notamment. Est-ce un outil dont devra se doter le roller hockey ?
"Oui, je pense. En tout cas c'est une idée qui me paraît intéressante et logique. Ça ne pourrait faire de mal."



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