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Le 15 April 2020 à 07:04 | mise à jour le 15 April 2020 à 08:55

Vers un aménagement de pistes cyclables urbaines temporaires pour contrer le COVID-19


Vers un aménagement de pistes cyclables urbaines temporaires pour contrer le COVID-19

L'épidémie de COVID-19 n'aura pas eu que de mauvais côtés, la réflexion sur l'après confinement et la gestion raisonnée des modes de transports arrive sur le devant de la scène.

La ministre de la Transition Écologique et solidaire Elisabeth Borne a demandé à l'écologiste Pierre Serne de "recenser et d'appuyer les initiatives des collectivités" visant à favoriser les déplacements en vélo lorsque le déconfinement sera assoupli le 11 mai 2020. Pierre Serne (EELV) est l'ancien vice-président en charge des transports de la région Ile-de-France. Il est président du Club des villes et territoires cyclables.

Trains, bus, tramways, métros : des lieux à risque

Les transports en commun sont considérés comme des lieux de contamination potentielle majeurs du fait de leur exiguité. C'est pourquoi le vélo, et par extension l'ensemble des modes de déplacement doux, sont considérés comme des solutions alternatives à ne pas négliger pour accroître la distanciation sociale et ainsi freiner la propagation du Coronavirus.

Le vélo comme alternative logique et crédible pour des déplacements plus sûrs

Les mouvements de grêve ont montré que le vélo constituait un mode de transport privilégié en l'absence de transports en commun. Tout porte à croire que les usagers éviteront de les utiliser durant les premières semaines de sortie du confinement. L'arrivée des beaux jours devrait être favorable à l'émergence des autres solutions de transport individuelles.

Pierre Serne fait donc référence à des aménagements temporaires ou « aménagements tactiques » dans les villes. La métaphore guerrière est abondamment utilisée en cette période !

Des aménagements temporaires pour répondre à la demande

Roller sur le canal de l'OurcqComment cela se traduirait-il sur le terrain ? Les élus locaux sont incités à réduire la place de la voiture en aménageant les voies existantes. Des zones cyclables seraient aménagées à l'aide de plots ou de barrières. Des rues, avenues et boulevards entiers pourraient même totalement exclure l'automobile pour laisser la place aux autres solutions de transports... de façon provisoire, dans un premier temps.

Exemple était donné ce matin sur France Inter de la ville de Bogota (Colombie) qui aurait aménagé plus de 117 km de piste en une nuit ! Les capitales Européennes comme Berlin ont d'ores et déjà doublé la largeur de leurs pistes pour répondre à la hausse du trafic des petites reines.

Les grandes métropoles et les centres urbains peuvent sans doute déployer des moyens pour aller dans le sens de ces incitations. Cette expérimentation doit se faire, elle pourrait sans doute montrer que la toute puissante voiture n'est pas forcément la panacée en zone urbaine. Cette transition pourrait amener à une réflexion plus poussée sur l'aménagement des villes et la pris en compte des modes de déplacements alternatifs : les vélos, trottinettes, gyropodes, rollers et skateboards ont leur place dans l'éventail des modes de transport. Ne les négligeons pas !

Les limites du raisonnement

Toutefois, reste à voir si ces démarches d'aménagements seront réellement mises en place par des municipalités qui restent dans l'attente des futures élections locales. La toute puissante économie voudra vite reprendre ses droits au non de la sacro-sainte croissance, et il faudra toute la largeur de la route au convoi pour combler le vide économique creusé pendant cette "trève".

La voiture restera aussi, sans doute, le mode de transport privilégié d'un grand nombre de personnes. Quelle autre solution quand vous habitez en banlieue éloignée ou en zone rurale et qu'aucune autre alternative n'existe au quotidien ?

D'autre part, il ne serait pas surprenant que nombre d'usagers des transports optent pour la voiture plutôt que pour le vélo. Ils engorgeraient ainsi encore davantage des centre-villes congestionnés par un rétrécissement des chaussées dû aux aménagements mis en place. Nos centre-villes n'auront connu qu'une brève accalmie durant ces deux mois de confinement où l'air était pourtant redevenu plus respirable partout à travers le monde. La résilience de la nature qui a temporairement repris ces droits pourrait être balayée par la résilience humaine : nous sommes prompts à oublier les épisodes difficiles pour retrouver nos vieux démons. Peut-être serait-il vraiment temps de nous poser pour réfléchir sur la société que nous voulons véritablement pour notre avenir et celui de nos enfants.

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Fondateur et webmaster de rollerenligne.com. Alexandre est un passionné de roller en général et sous tous ses aspects : histoire, économie, sociologie, évolution technologique... Ne le branchez pas sur ces sujets sans avoir une aspirine à portée de main !

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