ENTRE ROUTE ET TROTTOIR : LA RÉGLEMENTATION ROLLER

Peut être qu'un jour, le roller sera considéré comme un moyen de transport à part entière, et qu'à ce titre, il possèdera un véritable statut. Pour l'instant, les patineurs sont assimilés aux piétons et aucune réglementation spécifique n’existe en la matière...
Les patineurs ont encore un statut assimilé à celui des piétons. Si certains pays tels que la Belgique ont aménagé leur législation, les rollers français, à cheval entre le trottoir et la route, sont toujours en quête de légitimité.

Quelques textes de référence

Comme rappelé dans le J.O. du Sénat du 22 Février 1996 PK 409 "Réglementation de l'utilisation des patins à roulettes ou roller-skate en ville" :
"Les patins à roulettes ne sont pas encore considérés comme un moyen de transport, mais comme un jeu qui ne nécessite pas d'autorisation préalable."
Cela pose problème aux Préfectures car le rider n'a pas la même vitesse qu'un piéton sur les trottoirs !
Une réglementation serait à l'étude pour réguler la circulation des rollers sur les trottoirs et les faire rouler sur les pistes cyclables. Le code de la route n'y fait pas référence aux patineurs. Il n'y aura certainement pas de loi spécifique pour le roller dans la mesure où cela impliquerait de légiférer pour les autres pratiques tels que la trottinette, les chaussures à roulettes ou autres engins de glisse non identifiés.

Alors à quoi faut-il se fier ?

Le Skateboarder ne peut rider sur les trottoirs (jugement du 31 janvier 1984) car considéré comme dangereux et passible de contravention. C'est un peu pareil pour les patineur. Alors où aller ? C'est un peu le vide juridique...
Le rider à roller peut donc être considéré comme un piéton pour le moment et donc doit se soumettre à une réglementation précise (R. 412-34 à R. 412-43 du code de la route).
En cas d'accident, votre responsabilité civile est engagée sur la base des articles 1382 et 1383 du code civil. Les autorités locales doivent réglementer l'usage des rollers (article L.22131-2 et L 2512-14 du code général des collectivités locales) ou créer des aires spécialement aménagées (voir le cas de Neuilly près de Paris).
Lorsque le trottoir est encombré ou impraticable, le code de la route autorise les piétons à emprunter la chaussée (article R. 412-35 du code de la route).

La circulation dans les stations du métro

Il peut être appliquée une sanction maximale de 750 euros (si l'histoire va jusqu'au procès), de 375 euros (si, sans aller au procès, le démêlé sort de la RATP pour aller au ministère public).
Dans les métros, tout agent peut vous forcer à arrêter de rouler s'il estime que "vous troublez la tranquillité des voyageurs" et tout particulièrement si vous les mettez en danger.

Le roller sera t'il peut-être un jour autorisé sur la chaussée ?

La cour de cassation s'est prononcée à Paris sur un patineur à roller qui circulait sur la chaussée et a estimé que : "le patin à roulettes est un véritable moyen de locomotion, au même titre que les vélos, les patinettes ou les trottinettes qui empruntent la chaussée." (13 mars 2001).
Ces décisions font bien évidemment grincer les dents, mais ont le mérite d'avoir posé la question du roller comme moyen de transport à part entière. Il est certain que tous les patineurs n'ont pas le niveau technique pour patineur sur les chaussées, mais la vitesse d'un roller peut être 10 fois supérieure à celle d'un piéton et le trottoir pose le problème du respect des piétons.

Des travaux sont-ils en cours ?

La commission interministérielle chargée de mettre en place une modification du statut du roller serait en passe d'aboutir à une conclusion. Cette volonté de modification a donné naissance au "Livre Blanc" en 2001 qui préconise l'ouverture des voies cyclables aux patineurs qui se servent de leurs rollers comme d'un moyen de transport (et ainsi circulent plus rapidement qu'un piéton ).
Trois ans de travaux avec l'aide des associations rollers les plus connues ont été nécessaires pour définir ce statut. Mais, il n'est pas évident que le gouvernement tiendra compte du livre blanc pour l'élaboration d'une loi. A Paris, il est fréquent de voir les patineurs utiliser les voies de bus, mais elles sont très empruntées par les taxis, les livreurs, etc. Le danger reste important.
Cette décision devrait faire jurisprudence...

Une proposition de loi n°1849 a été déposée devant l’Assemblée nationale dans le but de favoriser la prise en compte du développement de la pratique du roller par les dispositions réglementaires (Code de la Route) et par les collectivités territoriales (installation de pistes), et de lui donner une reconnaissance légale.
La loi d’orientation des transports intérieurs (L. no 82-1153, 30 déc. 1982), modifiée par la loi sur l’air (L. n o 96-1236, 30 déc. 1996), indique que le développement des transports non polluants, comme le vélo ou la marche à pied, doit être pris en compte dans les orientations des plans de déplacements urbains. La proposition de loi ajoute le roller à ces préoccupations.
De plus, la loi sur l’air préconise la création d’itinéraires cyclables, dont l’utilisation serait étendue aux rollers considérés, dans le silence des textes, comme des piétons et tenus d’utiliser jusqu’à présent les trottoirs (C. route, art. 412-34).
Le livre blanc est le fruit de la collaboration d'associations, de ministères, d'acteurs du monde du roller. Il regroupe un ensemble de propositions concernant le roller qui pourront servir de base à la création d'une législation concernant le statut des rollers.
Cet ouvrage permet de mieux connaître le roller, de montrer aux collectivités qu'il est un moyen de déplacement alternatif à inclure dans les plans de déplacement urbains. Il propose finalement des pistes de réflexions sur la place du roller dans l'espace public.
Télécharger le livre Blanc (Format pdf) :
Partie 1; Partie 2; Annexes
Editeur : C.E.R.T.U
Service Editions
Parution :
Août 2001
Prix : 25 Euros
Adresse : 9, rue Juliette Récamier
69456 LYON cedex 06 - France
Tel : 04.72.74.59.59
Site : www.certu.fr

Yad a écrit le 05/02/2009 à 13:21:12 :

Je suis bien content que des mesures soient prises à ce niveau mais je vous avoue ne pas encore avoir pu profiter de ces "nouveaux droits"... En effet, cela fait quatorze ans que je pratique le roller (street/fitness et agressif) et les deux plus grosses chutes que j'aie faite sur ces années sont dues à des imbéciles d'automobilistes croyant que la route leur appartient et qu'eux seuls ont des droits. Deux chutes qui sont dues à des non-respect de la traditionnelle priorité de droite !!! J ai alors écrit au ministre des transports qui m'a conseillé de m adresser à l'échevin des voiries, etc... Tout cela pour relever l'incohérence entre leur discours "Déplacez vous intelligemment; prenez des moyens de transport économiques et non polluants..." et la réalité; aucunes pistes cyclables nous permettant de se déplacer en sureté, le flou quant à la juridiction de ce mode de transport et surtout... la non intervention des policiers dans ce genre de situation car ils ne savent sur quel pied danser ! Et quand je demande aux représentant de l'ordre ce que je dois faire, ils me répondent "Portez un gilet jaune fluo et des petites loupiotes le soir!" en bref "Ressemblez à un sapin de noël et on évitera de vous malmener"




Alpi a écrit le 21/02/2009 à 15:01:05 :

voici un texte de proposition de loi deposée par un sénateur :
"PROPOSITION DE LOI
Article unique
Le piéton victime d'un accident de la circulation dans lequel est impliqué un cycliste ou tout usager d'un moyen de déplacement à roues ou à roulettes est indemnisé par celui-ci des dommages qu'il a subis, sans que puisse lui être opposée sa propre faute, à l'exception de sa faute inexcusable lorsqu'elle a été la cause exclusive de l'accident.
Dans le cas visé à l'alinéa précédent, le piéton n'est pas indemnisé lorsqu'il a volontairement recherché le dommage qu'il a subi."
Ce texte reduit encore nos marges de manoeuvres car quelle que soit la responsabilité réelle, il incombera quasi systématiquement à la charge du pratiquant de roller la faute, la responsabilité, d'un accident avec un piéton.
, je vous laisse aller voir sur le site du sénat "l'exposé des motifs" avancé par ce sénateur pour asseoir ce texte
http://www.senat.fr/dossierleg/ppl08-153.html ,
co president d'un club de roiller je me permettrai de répondre à ce sénateur avec les chiffres du bilan sécurité routière de 2007 ( lui se base sur 2006 alors qu'il possède un assistant!) et sa manière d'amalgamer les choses et le peu de profondeur et de documentation dont il fait preuve pour asseoir cette proposition liberticide pour les pratiquants de roller.
salutations




lulu a écrit le 08/07/2009 à 18:09:47 :

prenons a clermont ferrand ! on nous parle tous de développement durable ... etc .. mais a coté de sa comment circuler en rollers ou en skateboard sur des trottoirs neufs faits avec des pavés ou des graviers ?? Comment faire ?



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