"CLAP" : LES "POUR" ET LES "CONTRE"

Sur glace, le « Clap » est utilisé depuis plusieurs années. il mit longtemps pour entrer dans le roller. Il fallut du temps aux instances nationales, européennes et internationales avant d'accorder leurs violons concernant la réglementation. Reste encore à savoir si le concept est efficace. Voici l’avis de quelques champions…

Clap : qu'est ce que c'est ?

S’il est un sujet sur lequel les avis divergent et se contredisent dans le monde de la vitesse, c’est bien celui du Clap. On retrouve peu de coureur qui utilise cette technologie sur piste. Les patineurs qui l’emploient courent essentiellement sur de longues distances.

Certains coureurs se sentent bien mais d’autres ne les acceptent pas. Arnaud Gicquel par exemple ne les quitte plus. En revanche, on a vu Fabien Rabeau remonter un châssis classique pour les championnats du Monde. Concernant la réglementation, la F.F.R.S. attendait pour s’aligner sur la F.I.R.S. (Fédération Internationale de Roller Skating). Au départ, la fédération française a attendu l’accord de la fédération Européenne qui autorisait le clap à partir du 1er janvier 2002. La fédération Européenne s’est finalement rétractée au 1er janvier 2001.

 Les sceptiques : « En tous cas, on ne va pas moins vite ».

(Alain Nègre, entraîneur du team international Rollerblade)
« De nombreux coureurs ont des doutes par rapport à leur capacité d’accélération et de relance avec des claps. Sur glace, la technologie est maîtrisée, les coureurs ont l’habitude de ces systèmes. En roller, il faudra un temps d’adaptation. En glace, on constate un gain de quelques pourcents d’efficacité. Les effets des claps sont visibles parce que les parcours sont normés. En roller, les circuits sur routes, les anneaux sont tellement différents qu’il est difficile de prendre des repères et d’effectuer des comparaisons. A part Arnaud Gicquel, peu de coureurs les utilisent assez régulièrement pour estimer s’ils améliorent ou pas les performances. »

 Les anti-clap : « A part Arnaud Gicquel, les autres sont revenus aux fixes »

 (Pascal Briand, Leader du team Salomon International)
" Le clap est un concept astucieux pour la glace mais pas spécialement adapté à la route où l’amplitude est plus limitée. On va ni plus vite ni moins vite....mieux quand on roule au train, mais moins précis en accélération. J’ai déjà essayé le clap aux championnats de France.... pas très concluant. Chez Rollerblade seulement un coureur les utilise : Arnaud. Les autres sont vite revenus aux fixes. "

« Les claps sur le record de l’heure, c’était surtout un gros coup de pub pour Salomon »

(Tristan LOY, Team Salomon International, Recordman du Monde de l’heure)

A.C : Quel est ton avis sur la technologie Clap ?

 "Les claps ne vont pas moins vite mais ils ne vont pas plus vite. Je n’y vois donc pas d’intérêt. Nous les avons utilisé sur le record de l'heure parce que c'était quelque chose de nouveau. On a tout de suite vu que l’on n’allait pas moins vite avec. On s’est dit qu’en adaptant le patinage et en passant du temps dessus on pourrait gagner quelque chose, mais c’était surtout un gros coup de pub pour Salomon".

A.C : Quels sont leurs défauts selon toi ?

" Le problème des claps que j’ai essayé, c’est que toute la visserie et le travail autour du point de rotation n’était pas super. Cela rendait le patin encore plus difficile à conduire. Pour un chrono ou un record de l’heure, ce n’était pas un problème vu que l’effort est régulier. Par contre, dans une course où à certains moments, on atteint les 50 Km/h, et à certains autres on roule à 25 Km/h, ce n’était pas terrible. On peut ajouter à cela, la difficulté du déplacement en peloton".
Les claps Salomon sont ceux avec lesquels j'ai le plus patiné, donc je peux être très critique avec eux,mais j'ai essayé quasiment tout les claps existant mais aucun ne faisait de différence par rapport à un fixe."

A.C : Pourquoi ne pas utiliser des Mogema qui sont plus aboutis techniquement ?
"Je les ai essayés aussi et je leur ai trouvé plusieurs défauts aussi, notamment au niveau de la prise de carre et du passage d'une carre à une autre, c'était très difficile a contrôler. Ils demandent un patinage très précis."

A.C : Parce que c'est du matériel qui sponsorise Rollerblade ?
"
C'est sûr que Salomon produisant leurs propres claps, ils auraient fait la gueule si on avait utilisé les Mogema."

A.C : Arnaud a tout raflé cette année, et il ne roule qu'avec cela, tu crois qu'il y a un lien ?
"Non, Arnaud est quelqu'un qui s'adapte très vite au matériel qu'on lui donne, aussi bien roues que chaussures ou châssis, il est capable de gagner avec n'importe quoi, je ne pense pas qu'il aille plus vite avec ses claps."

Le pro-clap : Arnaud Gicquel

(Champion du monde, vainqueur de la Suisse In Line Cup, Vainqueur du grand Prix 2001)

Depuis combien de temps utilise tu les clap ? Que t'apportent t'ils ?
"Cela fait un an maintenant que je les utilise sur toutes les courses."Le patinage est plus fluide, plus facile, la foulée est plus longue en sprint.

Côté réglementation ?
Le clap a été accepté rapidement, par contre, le clap à propulsion (ressort inversé) est formellement interdit, tout comme sur la glace.

Pourquoi toi et pas les autres ?
"Je pense qu’ils ne se sont pas assez entraînés avec. C’est un plus qu’il faut prendre le temps de maîtriser. July Glass, chez les femmes, les utilise également depuis un an. Elle en est très satisfaite."

 Y vois tu des inconvénients ?
"
Oui, il existe un inconvénient de taille. Il est difficile de passer d’une vitesse très lente à une allure très rapide sur piste. De plus, on bouge différemment dans le peloton. Pour l’instant, les clap sont un peu plus lourd mais à peine. Ils obligent à bien patiner pour être efficace."

Texte : A.C. / Photos : Droits réservés

Revenir à la page principale