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Pour faire tirer les parisiens de leur grisaille habituelle, il fallait leur
donner envie de sortir et leur proposer un lieu de rendez vous agréable et
convivial. La chose s’est faite grâce à un partenariat entre l'U.C.P.A., la
ville de Torcy et le Conseil Régional d'Ile de France, partenaire
institutionnel de l'événement.
Chaque année, des événements multiculturels s’associent à la rando roller du
Paris-Torcy, dont le Master Mix N.R.J. cette année. L’organisation a
nécessité un budget d’environ 100.000 € pour ce grand rassemblement.
Au programme
Bien sûr, le point d'orgue de ce week-end reste pour nous amateurs de
rollers, la grande randonnée de Paris-Bastille à Torcy : 35 km de balade
familiale et sécurisée, offerte au plaisir de tous les patineurs dans une
grande convivialité et un esprit d'ouverture. C’est un vrai plaisir pour les
pieds, les yeux et même pour les spectateurs qui nous ont accompagnés tout
au long du parcours.
L’organisation
Pour bien faire, il faut donc un staff rodé (et charmant), un peu de soleil,
beaucoup, beaucoup de patineurs, jeunes, vieux, expérimentés ou non, mais
tous sachant pour le moins un peu freiner. Hé oui ! Il y a aussi des
descentes sur le parcours !
Le staff est issu pour sa majorité des rangs de l’association « Rollers &
Coquillages », qui assure depuis le départ la sécurité des randonneurs et du
parcours. Le Staff c'est bien, mais la B.R. (Brigade Roller) c'est mieux
nous diront les belles demoiselles célibataires et trentenaires qui
participent à la randonnée !
La non moins exceptionnelle et fameuse brigade est bien évidemment de la
partie comme dans toutes les randos officielles du vendredi soir et du
dimanche après-midi dans Paris intramuros. Elle assure pour nous tous un
rôle de Police important à roller. D'après certaines filles, on trouve
quelques canons dans les p'tits gars de la B.R…
Les patineurs
Ce ne sont pas moins de 6.000 patineurs que nous voyons se préparer à partir
de la place de la Bastille ce dimanche midi. 6001 même… et le 1 n'est pas
des moindres, il s'agit de Philippe Candeloro, parrain V.I.P. de la
manifestation, qui fait l'amitié aux rollerwomen et rollermen de venir
participer à cette randonnée si particulière.
Pour lui, c'est juste le début de la saison professionnelle de patinage
artistique. La manifestation, en plus d'être faite avec et par des amis, est
une bonne remise en jambe. Comme il nous le confiera en roulant, il revient
d'une blessure à l'aine.
Hypno aux pieds pour lui, rollers Décathlon, Rollerblade ou Salomon pour
d'autres, nous partons de Bastille le sourire aux lèvres, le pied léger et
les patins prêts à bouffer du bitume pour ce parcours exceptionnel.
Devant, la police assure l'ouverture de la route et la sécurité de chacun.
Avec quatre départements à traverser, plusieurs administrations, plusieurs
secteurs et donc plusieurs changements d’autorités et d'équipes
interviennent sous le regard avisé de la préfecture. Seule la B.R. nous
accompagnera jusqu'au bout du périple.
Départ !
Tout le monde est chaud pour partir, mais Philippe Candeloro se fait
attendre. Il effectue un changement de roues sur le fil.
Le départ donné. La ligne jaune de tête imprime le rythme. On trouve des
parents, quelques rollo-poussettes, des minots en catch derrière papa et
maman, de jeunes dulcinées mal assurées au bras de leur copain, des groupes
de célibataires en goguette. Tout le monde profite du parcours dans la joie
et la bonne humeur. Le temps est idéal, et les parisiennes profitent enfin
d'un soleil radieux après de nombreux jours de grisailles (On en voit même
en top léger ou petit maillots de bain... un plaisir pour les yeux.)
" Attention, on lève les bras ! Ca ralentit ! PpaAvVéESs... "
Nous effectuons une pause au sortir de Paris. Nous sommes rejoints par de
valeureux deux roues des forces policières (des mob’ comme quand on était
petits). Premiers changements de policiers. Les patineurs sont heureux,
l'ambiance est détendue et le staff particulièrement poli.
La première partie du parcours est plutôt plane et laisse à tous le loisir
de patiner tranquillement.
Une grosse pause avec ravitaillement en barres de céréales et boissons est
prévue à Noisy le Grand. Après 2h de roulage, elle se fait un peu attendre.
Arrivés à Noisy, les patineurs se ruent sur les bouteilles et la nourriture
qui nous attendent. Un vol de sauterelles à roulettes semble s'abattre sur
les pyramides de bouteilles fraîches. Un agglomérat de bulots et autres
mollusques se prélassent sur les pelouses à l'ombre ou au soleil, bouteille
à la bouche.
Cette pause est le moment attendu par tous et surtout par le staff, qui, une
fois n'est pas coutume, se retrouve en queue de manifestation pour faire le
point sur la suite : les difficultés, les montées et descentes, mais aussi
le planning. Ils sont sur le pont depuis 11h30 au moins. Voilà enfin le
moment de se sustenter tranquillement.
Après la pause…
Le départ de Noisy se fait avec 45 minutes de retard sur l'horaire prévu. Il
faut avancer. Pour notre plaisir de patineur, la Mairie de Torcy a obtenu la
fermeture de bretelles d'accès à l'autoroute à des horaires précis. Le
cortège met au minimum 10 minutes à passer chaque point névralgique : un
stress pour le staff et la police qui ne se répercute absolument pas sur les
patineurs ici présents.
On attend les retardataires, encouragés et aidés par le services de
"Tortues", le staff de queue de cortège. Il précède deux ambulances de la
Croix Rouge, un fourgon de police. On trouve aussi un bus spécialement
affrétés pour prendre en charge les patineurs émérites mais épuisés qui
souhaitent se retrouver à Torcy plutôt que de regagner Paris par le RER. Les
derniers kilomètres sont les pires. Après Noisy, les descentes succèdent aux
montées et l'odeur de gomme chaude se mélange aux râles de patineurs
essoufflés. Tout le monde garde le sourire, le Graal n'est pas si loin et
c'est tellement bien.
L’arrivée sur Torcy
Nous atteignons la dernière Montée avant l'arrivée : un Everest pour les
patineurs non habitués, un colosse pour les plus jeunes, l'aboutissement du
plaisir pour les masos. Personnellement, je profiterais d'abord d'une
voiture de police pour m'amener à mi-montée (c'est ça d'être reporter
officiel pour R.E.L.) puis du bus de queue ensuite (trop « gazolifiant ») et
enfin de ma propre force motrice.
Dans cette Montée, la majorité des gens souffrent, le staff aide en poussant
certains patineurs, comme ils en aideront d'autres à freiner dans les
descentes. Dans la dernière descente, nous arrivons sur la base de Torcy les
sourires illuminés, les visages fatigués, mais heureux d'être parvenus au
bout.
L'eau est là qui coule à flot : Des palettes entières de bouteilles
attendent les patineurs. La sono annonce notre arrivée, le lac de Torcy
s’offre aux les plus bouillantes et aux plus bouillants. Nous sommes
arrivés.
Nous retrouvons sur place le Stand Rollers & Coquillages et ses jolies
hôtesses. Pour nous, il faut déjà repartir pour Montpellier.
Certains fous ou acharnés décident de faire le retour vers Paris en rollers.
Les autres profitent de la base de Torcy un peu avant de rentrer avec des
navettes gratuites qui les ramènent à la station de R.E.R. de Torcy. C'est
fini pour cette année mais quelques nouveautés sont déjà prévues pour 2007.
Merci à Alain Canet, président de R&C mais aussi personnalité Roller
faisant partie du comité d'organisation de Paris Torcy. |