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Le 23 July 2006 à 00:00 | mise à jour le 08 February 2015 à 17:15

Anniversaire du Bowl de Marseille : 15 ans déjà !

Anniversaire du Bowl de Marseille : 15 ans déjà !

Les 8 et 9 juillet derniers, avait lieu à Marseille une session anniversaire pour fêter les 15 ans d’existence du légendaire Bowl phocéen. Cet événement organisé par A.M.S.C.A.S. est parvenu à rassembler les meilleurs riders de chaque discipline pour une grande fête qui a comblé le public et les participants. Bilan du week-end...

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15 ans déjà...

Une grande famille

Le samedi matin, la presse et les officiels sont conviés à la fête. Objectif : rappeler à tous l’énorme engouement suscité par ce lieu public fabuleux, et exposer les projets associatifs concrets des riders locaux.

Pendant ce temps, les riders arrivent les uns après les autres, pour se retrouver telle une grande famille autour du Bowl. La liste des invités a de quoi faire rêver et on ne fait pas un mètre sans croiser un grand du bowl-lriding.

En skate, Medhi Salah, Julien Benoliel et Alex Giraud sont présents. En vélo, l’extraordinaire Emile DeVendt, Steve Magrot, Patrice Kharoubi et bien d’autres encore. Enfin en roller, Aktarus, Avella ou encore Gauthier ont fait le déplacement, et tous les locaux sont là. On retrouve aussi Vince Isaak et quelques riders de l’époque Out.

L’après-midi, tout le monde chausse. La session est à la mesure de la météo : torride. Le niveau grimpe comme le mercure, et chacun se fait plus aérien ou plus technique. De nombreux sourires s’échangent entre riders pour cette session hors de toute compétition. Tout cela est rythmé par plusieurs D.J. En début de soirée, un grand apéritif permet à tous de faire une pause.

Le soir, un concert (Ambo, excellent) ravit le public et accompagne quelques acharnés dans les courbes. Les autres quittent doucement le lieu pour aller prolonger la nuit à la soirée organisée au Poulpason. 

Interview de Mike Bonassi, organisateur

Les 15 ans du Bowl, est-ce un prétexte ou une date suffisante pour une telle fête ?

Non ce n’est pas juste un prétexte. Ce Bowl est un véritable monument. Il est connu de par le monde comme une référence.

Le Bowl est donc né en 1991, mais par qui et pourquoi ?

Il est né le 12 juillet 1991 pour être précis, et suivant les dessins de Jean-Pierre Colinet, architecte. Les plages étaient en train d’être réaménagées, la mairie voulait remplacer la vieille rampe de l’escale Borely. Il a proposé cette solution innovante, qui nécessitait peu d’entretien. Mais les anciens t’en diront plus que moi !

15 ans, c’est l’adolescence, pourtant on sent que le Bowl marseillais a la sagesse des anciens. N’est-il plus une référence que dans la légende ? Comment a-t-il vieilli ?

Mmm (songeur). Je crois que le Bowl va rentrer dans sa vie d’adulte, il devrait encore grandir et grossir. Pendant plusieurs années, il se skatait comme une succession de modules, jusqu’aux premiers curves. Des lignes nouvelles sont apparues, des transferts inédits. Maintenant, c’est rare que quelqu’un découvre une nouvelle ligne, alors les nouveautés viennent de la structure, en ajoutant des modules. C’est intéressant de voir l’évolution du park au Havre, il leur faudra du temps pour comprendre toutes les lignes, mais aussi pour créer des règles entre les riders. Tout ça est bien installé ici désormais.

Ce Bowl fut un précurseur, c’est ici que s’est développée la pratique du Bowl-riding en Europe. Mais il n’est pas dépassé, il reste une référence. Lorsqu’une ville veut créer son Bowl, elle vient s’inspirer de celui-ci. Mais personne n’a jamais réussi à copier ces courbes. Et puis, il y a la proximité de la mer, le soleil et la forte identité des marseillais !

Skate, roller, vélos, grapheurs et musiciens réunis en qualité et quantité dans une bonne ambiance, c’est aussi la magie du Bowl marseillais ?
Ce sont toutes des pratiques urbaines, et c’est vrai que le Bowl permet de les réunir. C’est différent d’une aire de stress qui est souvent un espace clos et plus étroit, ici il y a de la place pour tous. Il y a aussi une question d’âge, le park est surtout fréquenté par des adultes qui ont grandi ensemble autour du Bowl. On s’apprécie, on se respecte, pour ce qu’on est et ce qu’on fait.

En 15 ans on peut parler de 3 générations de riders. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

La vitesse, l’ouverture des lignes. Chaque discipline a été pionnière à un moment, et a montré la voie aux autres. Il y a aussi eu ceux qui avaient été bridés dans des petits parks et qui explosent en arrivant ici. Mais sinon, c’est toujours pareil, des minots qui commencent dans leur quartier, qui viennent au Bowl et qui se passionnent.

Quand aux 3 générations, je crois que les succès de Toto et Vincent (N.D.L.R. : Ghali et Isaack) ont porté l’image du Bowl marseillais à travers le monde. Ils ont aussi amorcé le dialogue avec les partenaires, et nous ont transmis tout ça.  Cela permet de construire sur ces bases en évitant les erreurs du passé. Mais il y a 10 ans entre la génération de Toto et la mienne, et seulement 5 entre la mienne et celle de Sabri (N.D.L.R. : Ali Messaoud). C’est difficile de les aider autant que Toto l’avait fait pour nous.


Revenons à l’événement ; malgré une communication plutôt discrète et l’absence d’enjeu, les meilleurs de chaque discipline ont fait le déplacement. C'est un succès qui ferait rêver bien des organisateurs. Quelle est votre recette ?

Ce n’est pas un secret, nous avons fait jouer notre réseau pour les contacts. Ensuite, nous leurs avons préparé ce que tout rider attend d’un tel événement, là c’est notre expérience qui paie. Qu’il n’y ait pas d’enjeu est à double tranchant, car ceux qui sont venus sont décontractés et agréablement surpris. Mais même temps, cela fait relativiser notre réussite car il nous faudra transformer l’essai avec une vraie compétition. On se félicite tout de même du succès auprès des officiels, la mairie par exemple. 

Il n’y a pas de bracelet, pas de vigile, et on vous entend rarement rappeler le programme. Malgré cela, les horaires sont respectés et il n’y a pas d’incidents. Avouez-le, vous aviez répété ?
Oui c’est vrai que tout s’est bien passé, c’est aussi grâce à l’aide de partenaires comme Fondamental qui nous ont épaulés. Et puis tous les riders présents sont responsables, quand un dérape, il y a un autre pour lui faire remarquer. Là encore, plutôt que de s’enflammer, on s’interroge sur nos capacités à gérer plus de monde moins discipliné.

L’événement est organisé par A.M.S.C.A.S. On peut en savoir plus sur cette association ?

A.M.S.C.A.S. est une association fondée en Janvier 2004 par Kevin Quintin et moi-même. L’objectif est de soutenir toute création artistique ou sportive… à travers le monde ! (rires) Nous avons organisé avec succès l’Out-In*, une compétition de street. Notre principale ressource, provient des cours que l’on donne, des initiations fitness, street et Bowl, surtout avec les jeunes. Cela permet à l’association de fonctionner et de participer à des actions au bénéfice de la Croix Rouge, ou du Secours Populaire. Nous avons aussi été dans les Balkans pour promouvoir le roller dans les pays de l’Est.

Pourquoi A.M.S.C.A.S. n’était pas associé à la dernière édition de la Bowl Cup ? Cela contraste avec le bel esprit du week-end...

Le problème est complexe et c’est difficile d’y répondre simplement. Pour résumer, A.S.G.U.M. (qui organise la Bowl Cup) et A.M.S.C.A.S. divergent sur l’état d’esprit et les objectifs. Il n’y a pas un bon et un méchant, mais deux associations différentes. Nous n’avons pas non plus le même vécu. Minots, on s’est fait avoir avec les sponsors, ça nous a échaudés. Et puis c’est vrai que ce Bowl et sa population, on les connaît mieux que quiconque, alors ça fait bizarre de voir des personnes extérieures se l’approprier, même pour un week-end. Tu vois, A.M.S.C.A.S. ne serait pas à l’aise pour organiser une compétition de descente, chose que A.S.G.U.M. maîtrise à merveille, chacun son truc.

Graph, D.J., concert, apéro, soirée, ce sont les grands moyens ! Qui finance ce cadeau d’anniversaire ?
Nous avons réussi à trouver beaucoup de partenaires, tu me donnes l’occasion de les remercier. Dans le désordre : Rollerskate, Roll’s, Found Da Mental, Krms, Koïna, Xoxo, Ambo, la Ville de Marseille et la mairie du 8°.

Ce n’est pas facile de trouver des points à critiquer, à part le manque de communication, avant et pendant l’événement… A moins que ce soit voulu ?
Oui c’est vrai que nous avons de grosses lacunes au niveau communication. A fond dans l’organisation de l’événement, nous n’avons pas pris le temps de communiquer. Ensuite, pendant l’événement, on a eu un désistement du speaker, ça n’a pas aidé à la communication ! Mais il y aurait d’autres points à critiquer, par exemple le fait qu’on ait voulu trop faire de choses le samedi, au détriment du dimanche. Des erreurs donc, mais qui nous bénéficieront dans les organisations futures.

15 ans du bowl de Marseille

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Out'in Mars'
Site d’AMSCAS (en construction)
ITW de Jean Pierre Colinet, l’architecte du Bowl

Texte et photos : 8WD/ReL
Mis en ligne  le 23 July 2006 - Lu 6105 fois


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