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Le 13 June 2006 à 00:00 | mise à jour le 08 February 2015 à 15:56

Championnat du Monde Master de marathon roller 2006 à Imola (Italie)

Championnat du Monde Master de marathon roller 2006 à Imola (Italie)

Le second Championnat du Monde vétéran de marathon roller s'est déroulé le 3 juin dernier sur le légendaire circuit automobile “ Enzo e Dino Ferrari ” d'Imola. Il s'adressait aux patineurs de 30, 40, 50 ou 60 ans. Le ruban de 5 km et large de 14 m a mis les organismes à rude épreuve. On a vu quelques belles places françaises dans les différentes catégories d'âges mais une seule médaille. Bilan tricolore...

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Pas si cramés les vieux !

Le "road-trip" de Didier Chaplain, entraîneur RC3V et concepteur Diabolik

En route vers le circuit

En route pour nos premiers Championnats du Monde, direction Imola sur le célèbre circuit Enzo et Dino Ferrari, via la Suisse et le Saint Gothard.
1ère surprise : le Gothard est coupé suite à un éboulement, il faut passer par le col de San Bernardino . Nous voilà déroutés vers Zurich où nous essuyons déjà 1h30 de bouchons pour traverser la ville. Puis à partir de Chur, nous décrochons le pompon : 70 km de bouchons et ralentissements. Nous arrivons enfin en Italie à minuit et demi après 9h30 de route au lieu de 3h30. Nous faisons un arrêt dodo et nous repartons le matin.
Nous arrivons à Imola à 11 heures, la température n’est pas formidable ,15°, et le temps incertain, il ne manquerait plus qu’il pleuve. Nous arrivons à nous garer dans le paddock derrière les stands. Retrait des dossards et zou on chausse les rollers pour faire un tour de circuit avant de manger.

Découverte des lieux

Le départ s'effectue dans la ligne droite des stands. Première constatation : le revêtement n’est pas formidable, on s’attendait à un billard, c’est raté. Le circuit se compose d'une chicane, puis d'un morceau plat avec un grand virage à droite puis dans une épingle à gauche. On attaque ensuite la première montée. Là, on se rend tout de suite compte que le circuit est loin d’être plat. La montée est longue et sélective. Elle grimpe en deux temps avec un raidillon au-dessus. On pense déjà tous que ça va taper fort dans les cuisses. Vient un petit plat et ça commence à descendre dans un grand virage à gauche en bas de la descente. C'est une courbe en deux temps qui passe bien. Sans patiner en haut, on arrive en bas à 52 km/h, ça va faire vite en course ! On attaque la deuxième montée moins dure que la première mais aussi longue. On s’élance dans la deuxième descente, à la même vitesse que la première sauf qu’en bas il y a un virage à 90° à négocier et une fois encore, on atteint les 52 km/h seul sans rien faire. Ça va être chaud bouillant en course !
Maintenant, on y est, on mange, on s’équipe, on s’échauffe et ça va être le départ.

Au coeur de la course

Sur la ligne de départ, on s’aperçoit que nous ne sommes pas beaucoup : environ 200 en tout, alors que les organisateurs prévoyaient 1000 patineurs. Cela sera le seul bémol de la journée.
La course est lancée ! Je prends un bon départ, on effectue la première partie à une vitesse correcte. On attaque la première montée. Les choses sérieuses commencent : ça mine de partout ! On arrive en haut et l'on est déjà mort. Derrière, les cassures sont déjà faites.
La première descente se passe bien mais vite : je regarde le GPS : 62 km/h ! Deuxième montée : elle est presque moins dure que prévue. On attaque ensuite la deuxième descente. Je suis toujours dans le groupe de tête, entre la 10 et 15ème place, ça va toujours vite. Le virage se rapproche, tout le monde est en recherche de vitesse et là, même les premiers appréhendent. Tout le monde se relève et certains se mettent à freiner, derrière on est obligé de faire pareil, le tout à 60 km/h. On passe le virage, on tient ses appuis, ça passe bien. Quelles sensations ! On ne fait plus du roller mais de la formule 1.
On sait maintenant que pour le deuxième tour, ça passera à fond. Le premier tour est bouclé, plus que 7, et dans la deuxième montée, ça mine encore plus fort. Là, je décroche le premier groupe. Devant, je vois Philippe Poirier, le Champion de France Vétéran qui décroche aussi, alors que Jean-Marc Bigey (Asphalte Roller Rixheim) tient bon.
On finit par se retrouver à 4 avec Cédric Faron puis à 5 avec Van Tri Dong et finalement 6. Philippe Poirier a réussi à raccrocher le premier groupe, mais il m’a appris par la suite qu’il avait re-décroché dans la 3ème montée, il finira sa course tout seul pas loin devant nous. Van Tri Dong, lui décroche dans le dernier tour, victime de crampes.

Bilan français

Le seul Français à finir dans le premier groupe sera Jean- Marc Bigey, il finira 7ème au scratch. Bravo ! Le deuxième français est Laurent Veyrat-Lachenal (Mont Blanc Roller - 11 ème) devant Philippe Poirier (VSF La Ferté Bernard -12 ème).
Pour ma part, je terminerai 16 ème , bon dernier de notre sprint de quatre personnes derrière Cédric Faron 15 ème.
Van Tri Dong (Montpellier Inline) est 20ème, Thomas Dauvergne finit quant à lui 23 ème (AM Sports).
Mes coéquipiers du RC3V, Luc Parmentier et Franck Mougel arriveront ensemble 25 et 26ème et cerise sur le gâteau Luc Mougel décrochera une médaille d’argent dans la catégorie M60, ce sera le seul podium français.

Dans la catégorie M30 féminine, la seule française Lydia Bichet, finira 7 ème de sa catégorie. Dans la catégorie suivante, M40, Frédéric Mugli (RSCG) prendra la 6 ème place. La 27 ème place revient à Bruno Becker (Cannes Roller), la 28 ème place sera pour Eric Tordjmann (Lou Roller de Lyon), la 35 ème place pour Thierry Vandenbroucke (Lou Roller), la 44 ème place pour Laurent Courtois (Les Roller Stones). Dans la même catégorie féminine Lidia Rainoldi (Paris Université Club) finit 6 ème.

Dans la catégorie M50, Serge Guichard (Team AM Sports) arrive dans la même seconde que le 3 ème et rate de peu le podium. Christian Courtois (Paris Université Club) arrive lui 12 ème.

Dans la catégorie M60, notre coéquipier Luc Mougel reviendra dans les Vosges avec le titre de vice champion du monde et George Vidon (C2RH Cavaillon) arrivera 9 ème.

Bilan étranger

Au final, ce sont les Allemands, les Italiens et les Autrichiens qui raflent le maximum de médailles, ce sont aussi les trois pays que nous avons vus qui avaient organisés et dépêchés une équipe nationale. Si ce genre d’événement organisé pour les vétérans, catégorie représentant un grand pourcentage des licenciés course, devait perdurer dans le temps, il serait peut-être bon que la Fédération Française de Roller Skating s’y intéresse de plus près afin de représenter la France, sous peine de rester à la traîne des autres pays.

Bilan de course de Serge Guichard (basé sur le résumé A.M. Sports)

Le peloton est parti au train pour les 42 km du marathon officiel. Si la catégorie des 30/39 ans n’est pas significative au niveau international, celles des plus de 40 ans et des plus de 50 ans sont très relevés. Les meilleurs paraissent avoir fait le déplacement : des allemands, des suisses, des italiens, des hollandais et des français.

Dès le départ, les attaques de Presti fusent. On les attendait, il est le favori et le père des célèbres frères Presti du Team International Salomon. Un groupe structuré d’allemands composé de 4 patineurs est aux avant-postes. Serge Guichard, laisse partir l’Italien. Sa tactique est la suivante : le laisser devant à 30 secondes ou 1 minutes et le reprendre à 2 tours de la fin avec les allemands puis finir au sprint ou en échappées après le passage des côtes. L’italien après ses 4 ou 5 tours tout seul devant devrait en avoir pour son compte. Cela semble être un bon choix. D’autant qu’à chaque relance de Serge dans les côtes, les autres semblent suivre difficilement. Le groupe s’écrème petit à petit. Ils sont une douzaine dans le groupe de tête dont un italien toujours bien caché et les 4 allemands.

A trois tours de l’arrivée Presti semble ne plus vraiment avancer et coince un peu. Il est temps de faire quelque chose. C’est alors que la course a pris un tournant. Les allemands contre toute logique, s’arrêtent de rouler et ne produisent plus aucun effort. Ils semblent même vouloir couper le rythme du groupe. Serge ne peut rien faire. Les patineurs bien cachés derrière lui, le laissent produire ses efforts et rouler seul en tête. A ce niveau et moment de la course, cela coûte très cher et laisse des traces. Il ne reste rapidement plus qu’un seul tour. L’affaire est entendue, le groupe ne reviendra pas avec la seule influence de Serge. Il faut s’économiser pour préparer le sprint et espérer accrocher la 2e place. Ce ne sera pas chose facile sur ce circuit. Les plus frais l’emportent donc logiquement. L’italien et l’allemand, restés au chaud pendant toute la course prennent la 2e et la 3e place. Serge se résout à la quatrième marche après avoir tout donné dans la dernière ligne droite.

Les faits de course auront donc donné raison aux italiens et aux allemands venus en nombre et bien organisés. Ils se congratulent à l’arrivée. Même si la course ne s’est pas jouée à beaucoup de choses entre lui et Presti, Serge Guichard n’aura pas démérité et n’a aucun regret à avoir après avoir animé la course comme il l’a fait. Un coéquipier pour l’aider, aurait sûrement fait la différence.

Liens utiles

Résultats complets sur le site d'Asphalte Roller (doc pdf)
Site du Championnat du Monde (Résultats et photos) 

Texte et photos : Asphalte Roller
AM Sports, Didier Chaplain
Mis en ligne  le 13 June 2006 - Lu 2748 fois


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