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Le 20 April 2006 à 00:00 | mise à jour le 04 March 2015 à 22:09

Rouen Indoor Street Contest 2006

Rouen Indoor Street Contest 2006

Nombreux furent ceux qui décidèrent de faire le déplacement sur Rouen les 18 et 19 février dernier pour cette 3ème édition du Rouen Indoor Street Contest (R.I.S.C.). Il faut dire que ce rendez-vous est l'un des plus gros rassemblements français. Pour certains, ce fut l'occasion de découvrir ce contest qui prend un peu plus d'ampleur chaque année. Avec des dates posées en plein milieu de l'hiver, ce fut l'occasion idéal pour nous de sortir d'hibernation. Bilan du week-end…

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Samedi 18 Février

Arrivée sur les lieux

 Nous arrivons à 9h. Une fois sur place, il faut attendre l'ouverture. La pluie tombe timidement. Les voitures commencent à s'entasser devant le park. On vient de la France entière. L'organisation doit être ravie : c'est en quelque sorte une façon de reconnaître et d'apprécier tout le travail de préparation des contests passés et à venir.
Une fois le park ouvert, c'est le passage obligé à la caisse pour rentrer. S'ensuit l'inspection du park, à la recherche d'éventuels nouveaux modules. Tout le monde aura remarqué la grosse table. L'organisation l'a posée pour permettre à de nombreuses personnes de s'exprimer en rotation : hormis les quarters ce sera le seul module qui disposera d'une courbe. Le toit souffrant d'infiltrations, le park est mouillé en plusieurs endroits, notamment en bas des quarters. Quelques riders se feront de belles frayeurs en passant sur les zones humides. Contrairement au bitume, le béton mouillé glisse immédiatement.
Le DJ installe ses platines et diffuse une musique ambiance 70's. Le speaker, Thomas Buchet, fraîchement débarqué ne tarde pas à se faire également entendre et à nous sortir ses petits commentaires croustillants et imagés. Un peu plus tard dans la matinée, les inscriptions sont ouvertes, plusieurs annonces sont faites à ce sujet pour éviter les inscriptions de dernières minutes. Ce qui bien sûr arriva puisque quelques sourds et retardataires s'inscrirent directement auprès des juges.

Aragon est dans la place

Brian Aragon, de passage en France, se fera à peine remarquer. Il roula la veille lors d'une session plus ou moins privée et à peine le matin. Plusieurs personnes lui passeront devant en demandant où est-ce qu'il se trouve. Le regarder rouler fait mal aux yeux avec, pour exemple, son 360° Top Soul rentré tout naturellement sur le rail. Certains ne réaliseront qu'après coup qui était ce rider.
Les qualifications ne commençant qu'à 14h, c'est la mise en place du système « D » pour s'approvisionner en nourriture. Certains profitent d'un barbecue bien fourni mis en place derrière le bowl, tandis que d'autres font le relais au Mc Do du coin. Pendant ce temps les riders continuent d'affluer.

Tour de chauffe

La table des juges fait preuve d'une diversité remarquable avec Julien Franc le Lyonnais, Khalid Ajai le Niçois, Martin Demay le Rouennais et Brian Aragon, l'Américain en vadrouille. Dans la famille Demay on retrouve aussi Simon dans le rôle du père fouettard armé de son bâton pourchassant tous les resquilleurs qui roulent sur l'aire de street dans un semi-chaos organisé. A la fin d'un des run de qualifications, ça grouille de riders ; chacun peaufine à sa façon l'un des Tricks du run à venir ou profite simplement du park et de son ambiance. Les passages se font de plus en plus intensif, le rail tout comme le long curb commencent à être bien chaud, le contest est sur le point de commencer.
Dans le bol, on roule comme à la belle époque du park de Balard. Les riders « snakent » dans tous les sens, partant par groupes de 5ou 6, n'arrêtant pas de se croiser ou de se suivre en Grind comme en Air. Il faut une bonne dose de réflexes ou d'inconscience pour s'y aventurer. En même temps sur l'aire de Street, les Savannah tournés dans tous les sens pleuvent à n'en plus finir. On se pose des questions sur la réelle difficulté de ce grind devant le nombre des répétitions.

Les qualifications

Le contest commence avec les qualifications des moins de 17 ans. Du débutant au plus expérimenté, le niveau est bon dans l'ensemble. Plusieurs d'entre eux font plaisir à voir rouler comme le jeune Thomas Bouleau. Denis Gul surclasse tous ses concurrents par la maturité de ses lignes et de son run. Quand il sort son Disaster Negatif Acid sur le rail pour so n Last Tricks, c'est la folie dans le public. Taylor Latouche aura bien essayé à plusieurs reprises mais avec juste un timide Soul. Seul le petit Julien Cudot pourrait arriver à le concurrencer avec une démonstration de rotations fluides. Malgré son 270° Backside Royal sur le rail, on remarque un manque d'amplitude dans ses grinds. Mais à son âge, il a encore le temps pour évoluer. Parmi les autres participants on retiendra quelques noms de rider comme Luc Boucheret qui nous gratifie de belles rotations, bien hautes et bien propres, sur la fun box.
Arrive par la suite les plus de 17 ans. On ne sent pas trop d'acharnement ou de créativité dans les runs de certains pros. Wilfried Rossignol construit son run principalement sur le Curb et le rail. Il passe en Disaster de l'un à l'autre. Une telle facilitée et rapidité d'exécution, cela relève de la science-fiction !

A l'opposé, on retrouve des amateurs qui roulent à bloc, peut-être dans l'espoir d'arriver en final le lendemain ou d'assurer le spectacle pour représenter leur scène. Ca roule tellement qu'on à l'impression de voir les modules s'user à vue d'oeil. Jon matter, lors de son run, se prends le pieds dans un trou qui vient d'apparaître et chute en descendant le quarter accolé au bowl.

Les Sudistes sont bien représentés avec Roman Abrate qui nous lâche ses meilleurs rotations comme son CorksCrew 900° ou encore un 450° Royal ; dommage que le dernier ne soit pas replaqué. Notons aussi Adrien Anne, auteur d'un Backside Unity Budget Backside Savannah. Au chapitre des tricks originaux on retiendra le Fackie Backflip de Romain Godenaire sur la longue table.

On notera la présence d'Aurore Costabile fraîchement remise d'une déchirure ligamentaire. On ne peut que saluer son courage d'affronter autant de mâles en quête de douleurs. Contrairement à ce qu'on pourrait croire il s'agit de la seule fille inscrite au contest, Alexia n'étant qu'une erreur de retranscription car il s'agit ni plus ni moins que d'Alexis Coron. On imagine que celui-ci n'aura que moyennement apprécié cette erreur.

L'épreuve de bowl

Avec pas moins de 91 inscrits dans les deux catégories, les qualifications de Street prennent du retard ; l'épreuve de bowl prévues à 16h ne commencera pas avant 17h30. Contrairement au Street, il n'y a qu'une seule catégorie. L'ordre y règne d'avantage que sur l'aire de Street. Ce qui permet de faire passer tous les inscrits en un temps record.
Pour bon nombre de riders, les runs sont simplistes, avec un peu trop de pause entre 2 Tricks : Dommage, cela casse un peu l'ambiance. Rares sont ceux qui arrivent à gérer les 45 secondes sans s'arrêter. Dans cette catégorie on constate qu'il y existe deux façons différentes de rider. Ceux qui roulent rapide en enchaînant des Grinds de bonne longueur et des rotations propres comme Mathias Silhan en 270° Backside Full Torque To Soul ou ceux qui enchaînent de grosses rotations avant de poser un Tricks comme Romain Godenaire avec des 450° Backside Royal. Dommage que ceux-ci se retrouvent amputés sur la longueur. Yogi fraîchement descendu de sa rampe de Viroflay fait un peu bande à part en nous sortant des enchaînements aussi rapide qu'impossible à retenir ; à croire qu'il a ridé ce bol pendant des années.
Organiser un contest, c'est parfois se retrouver face à des situations totalement inattendues, voir cocasses. A la fin des qualifications de bowl, la pile du micro du speaker décide de lâcher. Deux riders se retrouvent quasiment à faire leur run en même temps ; avec la majorité du public croyant que l'un d'eux squatte le run du précédent.

La soirée

Le soir venu, c'est l'expédition vers les hôtels. Sacs et riders s'entassent de nouveau dans les voitures pour se changer et se préparer pour la suite des évènements. Un contest digne de ce nom n'étant pas qu'une suite de figures en tous genres, c'est donc tout naturellement que l'organisation nous a réservée une soirée dans un établissement à vocation nocturne de la ville. Direction : l'Emporium Galorium ; un pub avec une cave. C'est au fond de celle-ci que se trouve la soirée. Pour y accéder il faut avoir les bracelets que possèdent les inscrits ou se délester de 2€. Tandis que certains semblent commencer leur nuit à même le sol, dans un nuage de fumée nous assistons à l'avant-première d'un blockbuster Américain. Par la suite, un DJ mixera une bonne partie de la nuit. Au milieu de la soirée, des rumeurs circulent au sujet d'une contre soirée au Velvet, autre endroit stratégique de la Jet-set. D'autres se contenteront de girafes de bières amputées sur le contenu pour un prétexte plus ou moins saugrenu. Cela n'empêchera pas quelques soiffards de venir s'y greffer. Au même moment des plaisantins s'amusent avec des morceaux de pizza et des poignées de porte dans les hôtels.

Dimanche 19 Février

Les résultats sont tombés

Peu après l'ouverture du park, les résultats sont affichés. Pour certains c'est la déception, car ils se seraient bien vu mieux notés, voire qualifiés. Pour d'autres c'est le début du calvaire, car, pensant pas être qualifiés ils doivent digérer les restes de la soirée ; et se mettre à la recherche de lignes pour construire leur deux runs à venir.
En effet, pour les finales, chaque participant a le droit à deux passages, le meilleur des deux sera retenu et donnera le classement final. Rien qu'à voir les noms des qualifiés, ça promet du spectacle. Malgré la longue soirée d'hier, les riders roulent plus fort qu'hier. Le park se remplit de plus en plus, bientôt les quarters se retrouvent plein à craquer de monde. Certains n'arriveront que le Dimanche pour voir les finales.

Le Contest reprend avec les moins de 17 ans

Denis Gul fût la sensation du week-end, du haut de ses 15 ans, il est le seul de sa catégorie à lancer des Disaster sur le rail tel un marteau-pilon, avec, par exemple, un Royal Up to disaster Soul to 360° réglé comme du papier à musique. A l'issue des finales des moins de 17 ans, les juges décident de le passer dans la catégorie supérieure, jugeant qu'il y a plus sa place.

Suite du contest avec le Bowl

Wilfried apparement en pleine forme nous fait la démonstration d'un run fluide avec des grinds bien longs suivis de rotations en sortie, à croire qu'il ne s'arrêtera jamais. Le run de Mathias paraît un peu plus timide à côté malgré une bonne maîtrise de la courbe avec, pour exemple, son 450° Kindgrind To 360° Off. Jeremy Suarez le Show-man de l'an dernier nous refait ses transferts d'une belle hauteur. Il mit tout le monde d'accord quand il vint se caler sur la barrière accolée au bowl. Dommage qu'il ait chûté lors de son second run.

Les plus de 17 ans : du délire dans l'air

Wilfried nous ressort des Tricks des âges anciens comme son Alley-Oop Shoppin Cart To 360° Off. Pour son deuxième passage, s'étant fait une béquille à la cuisse, il essaya un subterfuge à l'aide de son complice Momo Sylla. Celui-ci enfila son sweat et tenta de se faire passer pour Wilfried. Tout le monde s'aperçut immédiatement de l'imposture et c'est sous les fou-rire du public que « Momo Rossignol » réalisa un run aussi original qu'humoristique.
A la fin des finales, tout le monde s'attendait à un duel au sommet entre Mathias et Stéphane, deux visions diamétralement opposées dans leur façon de rider. L'un roulant aussi propre que léger dans ses tricks, l'autre martelant littéralement les rails et les courbes. Avec plus de 5m avant d'atterrir sur le rail, son Disaster 360° Soul Reverse Off fût aussi énorme que déconcertant de facilité. Mathias nous sortit sa spécialité Zero Spin Disaster 720° True Mizu. Certes un peu court puisque il le réalisa sur la poutre rectangulaire.

Mais personne n'attendait Ilia Koutchoukov qui réussit à exploiter au maximum l'air de street avec un style discret bien à lui. Rotations, Grinds tout y est. C'est donc tout naturellement qu'il s'empare de la seconde place ; place à laquelle tout le monde s'attendait à voir Stéphane Alfano. A l'inverse d'une jam session où quelques gros Tricks suffisent ; pour un run pas pour bâtir un run et satisfaire les juges.


Les chûtes furent nombreuses et heureusement on assista à peu d'interventions des secours. Au rayon des blessés, 3 riders sortirent de l'aire de Street en civière. Tout d'abord Sylvain Richard qui samedi, 10 minutes après l'ouverture du park se démettra l'épaule, Pierre Akrich en tentative de 270° Backside Backslide et un autre rider dont on a oublié le nom. On ne peux que leur souhaiter bon rétablissement. Par ailleurs la foule fit une ovation comme on en voit rarement pour chaque départ du brancard. Voilà qui fait chaud au coeur.

Le court de la vie reprenant petit-à-petit, l'annonce des résultats se fit dans un park en cours de désertion. Chacun ayant un avion, un train ou une voiture à prendre. C'est donc dans un park à moitié vide que le public restant apprends les résultats. Les personnes restantes ayant pour mission de diffuser les résultats sur internet.

On tient à remercier les organisateurs tout comme les riders pour nous avoir permis d'assister à un tel contest. Il est rare de voir un événement où règne si bonne ambiance et où de nombreuses personnes sont prêtes à traverser la France entière pour venir affronter le climat Normand. Nous espérons se donner rendez-vous l'an prochain.

Résultats

Finales du Bowl

1) Wilfried Rossignol
2) Mathias Silhan
3) Jérémy Suarez
4) Romain Godenaire
5) Yoji Kakata
6) Thomas Lieurey
7) Lilian Puissey
8) Tchiki
9) Mathieu Bosso
10) Anthony Aymard

Finale Street + de 17 ans

1) Mathias Silhan
2) Ilia Koutchoukov
3) Stéphane Alfano
4) Stéphane Luchie
5)Nicolas Auroux
6) Geoffrey Lopes
7) Warren Digne
8) Denis Gul
9) Arigna Phaviseth
10) José Garnier

Finale Street - de 17 ans

1) Denis Gul
2) Julien Cudot
3) Lukas Boucheret
4) Thomas Bouleau
5) Taylor Latouche
6) Thomas Dalbis
7) Jérôme Sindicas
8) Julien Montel

Galerie photo

Liens utiles

Interview de l'organisation
Présentation du R.I.S.C. 2006

Texte : JFBest
Photos : J.M et J.C. & JFBest
Mis en ligne  le 20 April 2006 - Lu 4541 fois


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