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Le 02 March 2006 à 00:00 | mise à jour le 05 January 2011 à 10:46

Street : Interview du team Xsjado

Street : Interview du team Xsjado

A l'occasion du passage du Team Xsjado en France, fin 2005, nous en avons profité pour aller poser quelques questions à Shane Coburn, Jeff Stockwell et Chris Farmer concernant leur vie, leur patin et leurs projets. Shane nous a expliqué avec beaucoup de précision le marché du street, Chris nous parle de son avenir et du patin, tout comme Jeff. Interview...

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Interview de Shane corburn

Bobor : Es-tu en train de préparer une vidéo pour le Team Xsjado ?

Shane : En fait, on a décidé de ne faire aucune team vidéo avec Xsjado. On veut que les riders du team puissent se concentrer sur leurs autres sponsors, comme les roues et faire la meilleure section vidéo possible ! Jeff Stockwell par exemple en prépare une en ce moment qui a l'air vraiment bien avec son sponsor Heat. Chris (Farmer) sera sur la prochaine Mindgame, que l'on est juste en train de commencer à filmer depuis le mois dernier.
La prochaine vidéo Mindgame va sortir en novembre 2006. On y retrouve plein de riders très motivés, dont deux nouveaux : Billy o'neal et Ben Schwab. Billy est passé pro. Il est vraiment impressionnant, il rentre des tricks monstrueux qui t'éblouissent à chaque fois. Les gens qui ne le connaissaient pas vont être étonnés par sa façon de rouler. Pour ceux qui le connaissent, ou qui l'on déjà vu rider, il risquent d'être réellement surpris par le niveau qu'il a pris.
Ben Schwab est un amateur qui vient d'intégrer le team. Il roule depuis longtemps pour Mindgame dans le Flow Team. Il était par exemple dans la section « Friends » de Brain Fear Gone » (première vidéo de Mindgame). On y voyait un tout petit gars de douze ans, qui roulait avec Omar Wilsong. Ils sont de la même ville. Et maintenant on est très heureux de l'avoir comme rider en amateur dans notre team. En plus, il nous aide à filmer et voyage avec nous pour préparer les sections.

Bobor : Tu vas repasser derrière la caméra pour cette troisième vidéo Mindgame ?

Shane : Oui, je pense, et j'ai en plus beaucoup d'idées de plans ou de scènes dans la tête que je n'ai pas encore réalisées, mais je n'ai encore rien fait. On travaille avec Carl Sturgess qui s'occupe des « parts » de street et a réalisé, en autre, « Killerboots »…

Bobor : une très bonne vidéo !

Shane : Une vraiment très bonne vidéo oui ! Il va filmer pour Mindgame pour la rendre plus artistique. On est content de l'avoir dans la bande.
Je ne me rendais pas encore compte à quel point faire distribuer Xsjado par Trentkiller me prenais du temps. Je ne sais pas si avec toutes ses responsabilités je peux encore prendre le temps de filmer. Je ne sais pas si on peut le faire ensemble ou si Carl le fait de son côté et moi du mien. Mais le business de xsjado m'emmène tellement loin de tout ce que je voudrais faire que je n'ai aucune idée si je vais pouvoir ou non filmer, avec tout ce qui s'ajoute, les commandes ou les pubs. Mais bon, des fois on n'a pas le choix ! (rires).

Bobor : Est-ce que le Xsjado va évoluer ou changer de ligne ou même de moule ?

Shane : Le moule du patin a vraiment coûté très cher, vraiment très cher. Ils n'y aura donc pas de grosses modifications dessus.

Bobor : Oui , on a pu lire ça dans un magazine français.

Shane : Oui, j'ai vu qu'un magazine l'a montré, mais je sais plus son nom, ni quand on l'a fait. On a parlé avec toute la production. Les ingénieurs ont rencontré ceux qui développent le patin en Chine où se trouve le plus gros de la production, même si les patins restent assemblés en Europe. Ils ont dit que si l'on voulait améliorer le concept ou le faire évoluer il faudrait plus de 250.000 dollars (Plus de 200.000 euros). Un quart de million de dollars, c'est quand même un gros investissement. Forcement, on ne peut pas le modifier tous les ans.
Il y a quelques mois, on a déjà commencé à parler de la prochaine génération de Xsjado, de ce que l'on pouvait changer. Avant de construire un moule, on cherche à viser un public et à être visible. Le street n'est qu'une petite partie du marché du roller et Xsjado en est une infime part également. C'est un patin qui s'adresse à une niche en terme de public, même si j'ai vu qu'à Paris la plupart des gens roulent en Xsjado. On doit à peine représenter 1% ou 2% du marché mondial du street. Nous devons donc attendre que l'argent revienne pour pouvoir le réinvestir dans le patin.

Bobor : En France, Xsjado est vu comme un bon produit.

Shane : C'est grâce à Wilfried (Rossignol), c'est un bon gars !

Bobor : Il représente la marque ?

Shane : Il a été super durant tout le projet. Quand on a voulu faire un team autour du patin, on a cherché des gens qui représentaient bien l'esprit de la marque. On a Jochen Smuda en Allemagne, Wilfried ici, en France. Je ne peux pas venir des Etats-Unis à Paris trop souvent, au maximum, une fois par an. Wilfried peut faire l'intermédiaire, par son cercle de relation. On le voit avec ces patins au pied, et le mec dit : « Je les veux ! ».
Comme pour un shop, il faut un support, un team, et de la communication. Wilfried fait aussi beaucoup pour développer le projet sur le marché français.

Bobor : Es-tu content du succès de Xsjado ?

Shane : Oui, en partie. Je suis vraiment content du produit. C'était vraiment mon but de faire le meilleur patin possible. Pour les prochaines idées, il faudra attendre, au mieux, peut-être, 2008. D'ici là, on a le temps de voir. C'était vraiment mon premier objectif.
Cela n'a pas non plus facile, on a des marchés royaux ici et à Munich, ainsi que quelques villes aux U.S.A. où ça marche vraiment bien, mais dans le reste du monde les gens restent très distant face à cette technologie. Ils ne comprennent pas le produit. Il y a des gens qui ont un petit niveau et dans des shops comme All Mighty, avec des gars comme « Manou » ( « Manu », le gérant du shop ;-) Bah ouais, il le dit comme ça), qui peuvent expliquer le produit, les mômes ne sont pas perdus. Dans d'autres magasins comme ceux de ski, ils ont un coin roller, où les patins sont là et les vendeurs n'en savent rien. Le roller n'avance pas grâce aux Xsjado car ils effraient beaucoup trop par leur aspect. C'est l'une des critiques qu'on a le plus souvent c'est que ce n'est pas un patin qui attire, ça ne ressemble pas a une pompe de sk8.
Mais bon j'entends ces gars et quelque part, j'espère qu'ils vont comprendre que ce n'est pas un simple concept. Par exemple lorsque l'on regarde quelqu'un descendre la rue en patin, et y'en a plein ici a paris, y'en a pas autant aux states, on a du mal à voir si c'est un patins de street ou de fitness mais si on le voit en Xsjado, on le reconnaît direct ! J'aime ça, et je pense que certain riders apprécient ce principe aussi. Le patin a du succès dans quelques endroits et c'est déjà important pour moi. Petit à petit, ça prend du volume.

Bobor : Est-ce que le concept du xsjado va être adapté à d'autres disciplines ?

Shane : Oui. Pas tout à fait le même concept, mais la même technologie. Salomon développe la même idée avec une autre technologie pour le freeride et le patinage urbain : le Smartskate. Pour ma part, je n'ai rien à voir dans ce projet. C'est la même idée avec une chaussure dans le patin, mais c'est vraiment différent. On ne retrouve pas le même support pour la cheville ou encore la même façon d'envisager le spoiler. C'est vraiment très différent, mais l'approche de la chaussure dans le patin n'a pas la même finalité. Pour nous c'est une sorte d'inconvénient ou plutôt une sorte d'effet secondaire du patin. Pour eux, c'est juste le fait de pouvoir marcher qui les intéressent.

Macro : Je voulais vous dire aussi que la vidéo words est pour moi l'une des meilleurs que j'ai jamais vu !

Shane : Merci, c'est vraiment un très grand compliment que tu me fais, on me le dis pas souvent.

Bobor : Pourtant, en France, beaucoup pensent que cette vidéo est vraiment l'une des meilleures.

Shane : C'est dingue, quand j'ai eu Julien de Crazy Roller, il m'avait dit qu'il ne l'avait pas aimée. Je suis très surpris de votre réaction et par celle du public en France. J'adore, pour ma part, la seconde partie d'Aron Feinberg. C'était aussi la première vidéo pour Chris (Farmer) aussi qui roulait enfin pour nous. Ce fut vraiment un très bon moment pour nous tous.

Bobor : En France, on parle beaucoup en ce moment de « Killerboots », mais dans toutes les conversations sur les vidéo de roller « Words » revient toujours comme référence.

Shane : J'en suis très content et je vais essayer de faire vraiment mieux pour la prochaine vidéo. C'est toujours dur de faire mieux ou différent parce qu'on garde en tête l'expérience de celle d'avant. Avec « Words » on mettait en avant simplement trois riders avec beaucoup d'idées et de concepts pour un si petit team à l'époque.
Dans la prochaine vidéo, il y aura le plus gros team qu'on ait jamais eu, avec des riders qui n'ont jamais eu de section et donc une grosse envie de bien faire. Ça me rappelle un peu Jon Elliot et Brian Shima sur « Brain Fear Gone », qui, tous les jours écrivaient sur quels spots ils voulaient rouler et quels tricks ils voulaient passer. Les deux nouveaux m'appellent tout le temps pour me dire qu'ils vont à portland au skatepark, ou pour me dire : « je vais voir Farmer au Texas ». Ils bougent beaucoup et filment autant. J'ai un peu peur de la durée que va prendre ce prochain film. Mais je suis sûr qu'il sera bon.

Bobor : merci encore.

Chris Farmer

Bobor : Es-tu content du concept du patin ?

Chris : Le patin me permet vraiment de faire ce que je veux, mais en même temps cela reste le concept et le ressenti de Dustin Latimer. Pourtant, je les sens vraiment comme mes propres patins. Ils me permettent de me sentir bien dedans et de vraiment pouvoir faire ce que je veux. Franchement ça me permet de construire vraiment ma façon de rider et de l'améliorer. C'est un dur travail mais c'est cool.

Bobor : Comment as-tu perçu le changement par rapport à tes anciens patins ?

Chris : Avec Rollerblade ? J'ai roulé aussi en Deshi après Rollerblade, ce ne sont pas vraiment des patins que j'ai aimé. Il y a vraiment eu un grand changement mais je suis vraiment content des patins avec lesquels je roule actuellement.

Bobor :Est-ce que tu choisis les couleurs de ton patin ou encore le design de la chaussure ?

Chris : (rires) Oui ! Je porte ce que je porte et donc la couleur de mes patins doit aller dans ce sens. Ce n'est pas tout à fait ce que je voulais mais le concept de base est là, donc ça me va. C'est vraiment des patins avec lesquels j'ai envie de rouler.

Bobor : Mais là, tu aimes ton patin tel qu'il est ?

Chris : Oui c'est bien. Il y a juste les couleurs qui sont un peu différentes de ce que je voulais. Je voulais vraiment un spoiler clair et un talon un peu plus sombre, vraiment noir. Sinon le reste est bon.

Bobor : Tu arrives à bien vivre du roller ?

Chris : J'arrive à assez bien vivre du roller. Je vis avec mes moyens, j'ai mon propre appartement. C'est quand même bien de pouvoir vivre de son sport même s'il n'est pas si populaire que ça. Je n'ai pas d'autre job et j'en vis bien. Je sais pas, je suis sûrement un mec chanceux.

Bobor : Et ton futur tu le vois comment ?

Chris : Je ne sais pas vraiment. Je roule, pour le moment, et je ne me vois pas faire autre chose que du roller pour le moment. Tant que mes jambes tiennent…je fais ça comme un professionnel c'est mon travail. Je ne sais pas ce que ce que je peux faire d'autre, peut-être l'école ou bien la musique ?

Bobor : Tu fais de la musique ?

Chris : Oui j'aime ça, ma famille en fait. J'ai la chance d'avoir une famille de musiciens. Avec mon frère et ma soeur, on a grandi dans ce milieu, on a toujours travaillé la voix et joué de différents instruments. Peut-être que je ferais quelque chose plus tard avec un groupe.

Macro : Pourquoi as-tu changé de style ?

Chris : Je ne pense pas que j'ai vraiment changé de style, peut-être de vêtements, mais non pas vraiment. Je ne pense pas.

Macro : Pourtant tu ne fais plus les même tricks ?

Chris : Je pense que si au contraire, je fais toujours les mêmes. Je continue à avoir la même façon de rouler. Je sais pas c'est sûrement qu'on les voie différemment. Mais voilà, j'ai changé de fringue, un peu de façon de rouler, mais naturellement. C'est comme ça, ça fait partie de ma vie.

Gnaf : Tu fais de la rampe ?

Chris : La rampe ça craint les gars ! Non sérieux, c'est horrible et effrayant. Ce n'est pas un truc que j'aime. Tu ne me verras jamais faire un double flat spin. Mais je roule un peu sur rampes mais… ça craint trop. C'est mon analyse de la choses c'est comme ça.

Macro : merci !

Jeff Stockwell

Bobor : Qu'est ce que tu penses de ton patin ?

Jeff : Ce que je pense de mes patins ? Les nouveaux ? Ce sont vraiment de bons patins. J'aime beaucoup les nouvelles lignes et les nouvelles couleurs. Il y a aussi le nouveau strap qui est plus dur et un peu plus large, donc qui tient vraiment mieux le pied.

Bobor : Quelles différences ressens-tu entre Razors et Xsjado quand tu roules ?

Jeff : Y'a pas photo ! Il y a moins de problème qu'avec Razors, c'est vraiment plus maniable et confortable. Ton pied est moins serré vu que c'est une chaussure, et pas une coque. Tu ressens vraiment le patin.

Liens utiles

Test du Xsjado Dustin Latimer (2005)Interview : Bobor et Macro
Merci au Team Xsjado
Mis en ligne  le 02 March 2006 - Lu 10269 fois


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