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Le 10 January 2006 à 00:00 | mise à jour le 04 March 2015 à 09:06

Stage roller course "Access to Speed" 2006 de Gien (45)

Stage roller course

Voici déjà quelques années qu'Arnaud Gicquel et ses comparses ont lancé cette initiative de stage. Leur but : initier et perfectionner les patineurs de vitesse de tous niveaux aux techniques de la course. Avec Thomas Dauvergne, c'est à Gien (Loiret) que "Access to Speed" a fait étape le 7 janvier dernier. Arnaud Da Costa nous propose son témoignage...

Mis en ligne par 

Le témoignage d'Arnaud de Costa

Stage roller course Gien

Le premier Stage "Access to Speed" de l'année 2006 a été conjointement organisé par le G.R.I.L. (Gien Roller In Line), avec l'aide de Thierry Poillera son président, et Planet Roller avec la collaboration de Christine Bernard (section vitesse)

Après environ 5 ans de rando urbaine (DijonRoller) et un an de cours en club (AM-Sports), j'ai pu vérifier le réel effet positif de prendre des cours sur ma façon de patiner. Mon niveau n'est ni très élevé ni très bas : Lors des courses, je me classe en général à 4 ou 5 place du milieu du classement, ce qui fait de moi le patineur moyen de la French Inline Cup.

Lorsque j'ai appris l'existence des stages "Access To Speed", j'ai souhaité y participer. J'avais quand même une petite appréhension : le mot « speed » m'impressionnait et je craignais que le côté vitesse m'empêche d'être ''disponible'' pour m'appliquer. J'en ai discuté avec Thomas Dauvergne ainsi qu'avec deux personnes de la session 2003, et j'ai été assez vite convaincu que le stage était à ma portée. Voici donc le point de vue d'un patineur moyen sur ce stage animé par Arnaud Gicquel et Thomas Dauvergne.

A qui s'adresse un "Access To Speed" ?

A mon avis, un stage "Access To Speed" s'adresse à tout patineur à l'aise sur ses patins, c'est à dire qui ne soit pas crispé en roulant car il faut être capable d'essayer des postures inhabituelles (mais pas forcément difficiles).

Deux catégories sont ensuite à distinguer :

  • Les fous du roller : les personnes vraiment confirmées qui ont envie d'avoir encore plus et ont la performance absolue en ligne de mire.
  • Les autres : ceux qui aiment le roller, et souhaitent soit augmenter leur vitesse, soit être capable de rouler avec plus de confort (c'est à dire suivre les potes sans avoir la langue clouée au sol).

Autant dire que 80% des patineurs entrent dans l'une ou l'autre des catégories.

Le déroulement du stage

Samedi matin : Arrivée de tout le monde vers 9h30 ; Le groupe se présente, ou se reconnaît : « Ah ! On a roulé ensemble sur telle course, comment tu t'appelles déjà ? ». Les Parisiens sont manifestement venus en masse, mais beaucoup de régions sont représentées : Bretagne, Nièvre, Côte d'Or, etc.

Nous découvrons, émerveillés, la salle où aura lieu le stage : un immense gymnase chauffé avec un magnifique parquet ! L'accueil commence fort avec café, thé, mais surtout : de somptueux gâteaux : Poire Chocolat et Pomme. La barre est haute côté gastronomique !

Ensuite, la partie théorique débute. Le dossier "Access To Speed" nous est présenté et remis à chacun. Nous débutons par un rappel sur l'historique du roller, suivi d'une présentation des différents types de courses (circuits, ville à ville, etc.) puis d'un visionnage de superbes images de la French Inline Cup 2005.

Samedi après-midi

 Après le repas, c'est (enfin) l'heure de chausser les rollers. L'échauffement commence par des exercices meurtriers comme :

 

  • Traverser la salle rollers aux pieds, mais sans patiner et en levant les talons aux fesses
  • La même chose mais en montant les genoux à la poitrine.
  • Bref, ce sont des exercices abordables techniquement mais difficiles musculairement. Le ton est très vite donné sur le week-end : Nous sommes là pour progresser en travaillant : ça tombe bien, on est là pour çà !
  • Après cet échauffement, Arnaud et Thomas proposent de couper le groupe en deux, avec d'un côté les ''très bons'' et de l'autre les ''très très bons''.
  • En patineur moyen que je suis, deux options se présentent à moi :
  • Rester avec les ''très bons'', et patiner ainsi à une allure plus modérée
  • ''Monter'' avec les "très très bons" et côtoyer les plus forts du stage et profiter de leur niveau et leur énergie, mais au risque que le rythme soit trop soutenu pour que je puisse m'appliquer sur la technique.

 

Je choisis d'intégrer le groupe premier groupe (les très bons) : vu mon niveau, c'est le groupe qui me permettra de m'appliquer et de rester concentré sur la partie technique.
C'est parti pour 1h30 de technique de virage en salle avec Arnaud Gicquel, puis 1h30 de propulsion en ligne droite à l'extérieur du gymnase avec Thomas (il fallait bien profiter de ce super parking et du beau temps non ?).
Les exercices sont très variés, et paraissent vraiment simples quand Arnaud ou Thomas les exécutent ; une fois que nous devons les réaliser, c'est tout de suite moins drôle, surtout avec l'oeil de lynx de nos deux formateurs qui pardonnent peu de choses. Enfin, c'est pas l'armée non plus, et les remarques sont évidement constructives.
Sous les remarques, j'ai  l'impression de me découvrir de nouvelles lacunes, et si je n'arrive pas forcément à toutes les combler sur le champs, les conseils aussi simples qu'efficaces me donnent des clés pour travailler à m'améliorer par moi-même par la suite.
Je lutte contre des restes de fêtes de fin d'année et une condition physique qui est à son pire niveau de l'année. J'arrive à retrouver des superbes sensations de patinage grâce à l'ensemble des exercices, des conseils et à l'effet de groupe.
Après ces efforts, direction la douche, puis le repas. Ensuite, nous visionnons les vidéos prises l'après-midi. Chacun peut se voir ou s'apercevoir. Avant l'analyse personnalisée, l'accent est mis sur les défauts communs à tout le monde. Petite remarque à propos de la vidéo : je confirme qu'il y a bien un fossé entre la façon dont on pense patiner et ce que l'on fait vraiment.

Dimanche matin

Le réveil est difficile : j'ai encore en tête les sensations géniales de la veille, mais mon corps se rappelle de façon ingrate à mon souvenir : les courbatures mettent en avant certains muscles dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Je n'avais pas conscience du fait que l'on pouvait autant les solliciter en patinant (muscles des bras par exemple).
Malheureusement, le pire est à venir ce dimanche matin : la pliométrie. Cela consiste à travailler les positions du roller en chaussures de sport (Ne faites pas comme moi : ne les oubliez pas ! ). Nous travaillons les croisés, les positions de vitesse, les sauts : 2 cm de hauteur pour moi, 50 cm pour Arnaud Gicquel. Vient ensuite le temps des étirements, avec une évocation des assouplissements, beaucoup moins douloureux (quoique...).
1h30 après ce démarrage matinal, nous chaussons pour travailler les techniques de peloton : comment s'insérer dans un peloton, comment remonter un peloton, comment aider ses camarades à mieux s'insérer dans un peloton. Les exercices à allure modérée de notre groupe permettent vraiment de bien comprendre les mécanismes et de s'appliquer.

Dimanche après-midi

Après le repas, nous avons eu droit à un exposé sur la programmation des entraînements durant lequel beaucoup de mes idées préconçues sont tombées : le plan d'entraînement est vraiment une part importante du travail, autant pour les courses que pour préparer une longue randonnée.
Vient ensuite une série d'exercice sur l'utilisation des bras ; c'est en fait l'équivalent en roller de la pliométrie du matin, sauf qu'en roller c'est tout de suite moins facile (à cause de la coordination et de la gestion vitesse/trajectoire). Thomas s'amuse à nous faire accélérer/ralentir à la cadence de ses coups de sifflet ; au début c'est rigolo, après quelques minutes, j'aurais bien posé un contrat sur ce satané sifflet.

Pour finir, nous procédons à deux courses :

  • Une course par élimination : interdit de doubler Thomas et à chaque passage sur la ligne, le dernier est éliminé.
  • Une course ''par ligue'' (je ne sais pas s'il y a un nom) : nous sommes divisés en 4 groupes, chaque groupe court,  les deux premiers montent dans un groupe plus rapide, les deux derniers redescendent d'un groupe.

C'est l'occasion de voir quelques glissades et des ''épaules contre épaules'' plutôt vifs parmi les premiers. Vive le parquet qui permet de tomber sans trop de dégâts ! A ce moment là, mon corps ne réponds plus : je suis capable d'accélérer pendant 10 secondes puis plus rien ; c'est bon signe : le stage a été efficace.

Il est temps de faire le bilan du stage, globalement très positif : le duo Dauvergne/Gicquel est à mon avis complémentaire et efficace. En marge du contenu du stage : je retiendrai l'émulation et le partage entre les participants. Il ne faut pas oublier non plus que toutes les personnes qui étaient là avaient envie d'apprendre et de progresser et beaucoup viennent avec des habitudes de patiner différentes. J'ai été motivé par le fait de m'investir totalement dans l'exercice et de bénéficier des remarques qui étaient faites aux autres : quand on entend Arnaud Gicquel dire à un collègue « Ne balance pas tes bras aussi fort », on corrige et on essaie de mimer ce qu'il y a de bon chez les autres ; lors des exercices à deux, c'est aussi très sympa de voir qu'on peut aider ne serait-ce qu'un peu son binôme et profiter aussi de ses conseils et de son expérience.

Dimanche soir : déjà fini ?

J'ai appris pas mal d'exercices, découvert de nouveaux défauts dans mon patinage et je vais pouvoir travailler pour corriger tout ça. Idéalement, je n'hésiterais pas à repasser sous l'oeil d'un expert dans un prochain "Access To Speed" d'ici un an ou deux pour encore corriger le tir.  Une fois à la maison, avec encore plein d'exercices et d'idée roller dans la tête, je m'endors en moins de 45 secondes.

Questions à Thierry Poillera (Gien Roller Inline)

Comment avez-vous fait pour que le stage se déroule à Gien ?

Le stage d'Access To Speed s'est passé à Gien par le fait du hasard. Un jour j'ai reçu un appel téléphonique de Christine Bernard, qui me demande si un stage d'Access to Speed pourrait se faire à Gien et nous intéresserait, je lui ai répondu que le plus dure pour nous était de récupérer une salle.

Cela n'a pas été trop dur de trouver une salle ?

J'ai fait une demande à la Mairie de Gien, adressée à Mr Guillaumin, adjoint au service des sports, et à Mr Bouleau, responsable du service des sports, en espérant avoir une salle de sport normale. J'ai bien expliqué ce que Christine m'avait dit : que le stage était animé par Arnaud Gicquel (5 fois champion du monde et 50 fois champion d'Europe) et Thomas Dauvergne, également très connu dans le monde du roller.
Alors, pour nous, petite Association du Giennois, quelle surprise quand nous avons vu que la Mairie nous prêtait la plus belle salle de Gien !
Quand Arnaud Gicquel et Thomas Dauvergne sont rentrés dans cette superbe salle (presque 2000 mètres carré, tout en parquet, propre et chauffée, avec une salle contiguë pour faire les cours et les repas, il furent très surpris et enchantés. Je remercie encore la Mairie de Gien de nous avoir prêtée cette salle.

Vous renouvellerez l'expérience ?

Je souhaite vraiment qu'il y ait d'autres stages "Access to Speed". Nous avons rencontrés de nombreuses personnes de Villes, de Clubs ou d'Associations différentes. Pour nous tous, ces deux jours n'ont été que ravissements et plaisirs. De plus je dois l'avouer, surtout vous ne le dites à personne, mais à chaque fois que je vois Arnaud Gicquel, je suis comme un gosse qui se retrouve devant son idole, pour certain c'est Zidane, moi, c'est Arnaud.

Liens utiles

Texte : Arnaud DA COSTA & Rollerenligne.com
Photos : Sylvain Rouillard (rollerenligne.com)
Mis en ligne  le 10 January 2006 - Lu 2997 fois


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