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Le 15 February 2009 à 00:00 | mise à jour le 24 January 2015 à 08:58

Innovations technologiques récentes des roues de roller

Innovations technologiques récentes des roues de roller

Voilà près de 250 ans que nos roues tournent. En bois, en ivoire, en métal, pneumatiques, en caoutchouc, ou encore en uréthane, elles sont passées par toutes les matières. C'est aussi grâce à elles que le roller a connu un second souffle dans les années 90. L'utilisation des matières plastiques dans leur fabrication en 1979 fut une petite révolution. Tour d'horizon des innovations qui ont marqué l'histoire de nos chères roulettes...

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De toutes les matières... c'est le PU qu'on préfère

Le polyuréthane (PU) est un composite de matière plastique (Polymère thermoplastique) intervenant dans la fabrication des rollers en ligne. Il a été utilisé pour la première fois en 1979 dans la fabrication des roues de roller et de skate. Depuis lors, il s'est généralisé sur tous les modèles, à quelques exceptions près (pneumatiques sur certains modèles en roller tout-terrain et patins de très bas de gamme).

Auparavant les roues pouvaient être en bois (du buis pour la vitesse), en ivoire, en métal, en caoutchouc, voire pneumatiques. Elles s'usaient rapidement ou transmettaient trop de vibrations. L'utilisation du PU a permis de concilier souplesse, confort et résistance à l'abrasion.

Certains produits bas de gamme et distribués en grandes surfaces proposent des roues en PVC. Ce matériau est dur et offre un confort de glisse rudimentaire.

La segmentation du marché

L'utilisation du polyuréthane, matière simple à produire et à transformer, a favorisé une véritable segmentation du marché. Il a alors été possible de concevoir des roues répondant aux besoins des utilisateurs en fonction de leur pratique : dures, souples, et de petit diamètre pour la rampe ou tendres et de grand diamètre pour la randonnée ou la course, crantées pour le tout-terrain, etc.

Au plan esthétique, la création de roues transparentes a également augmenté l'éventail de choix des utilisateurs.

En ce qui concerne le nombre de roues des rollers, on peut dire sans prendre trop de risque que le design dominant pour la plupart des pratiques se stabilise maintenant à 4. Il n'y a guère qu'en vitesse (de 3 à 5 roues) et en agressif (2 ou 4 roues) que leur nombre varie un peu. Quelques marques ont proposés des patins à 3 roues entre 1997 et 2000 : Rollerblade avec le Perseus ou le Coyote, Spin avec le Cross, Roces avec le Big Cat S.A.S. Aujourd'hui, les configurations à 3 roues pourraient aussi revenir avec le 3x125 mm en roller course.

Les roues de roller street grandissent

Chaque discipline nécessite un profil de roue, un noyau et un surnoyau particulier. Les contraintes exercées en roller street, par exemple, imposent d'utiliser des roues plates, de faible diamètre, dures et à noyau plein. Depuis quelques années, la dureté des roues de roller agressif a légèrement diminué (3 shores en 3 ans entre 1997 et 2000), alors que leur diamètre a augmenté entre 2004 et 2014. 

La randonnée dans la foulée de la course

Les roues de fitness sont devenues plus grandes au fil des années, tout comme en roller course. Avant 2000, on trouvait fréquemment des modèles avec roues de 76 à 80 mm. Désormais, le 80 mm est le plus petit diamètre disponible pour un roller adulte... et on peut monter à 110 voire 125 mm !

Le roller tout-terrain connaît une seconde jeunesse

Les patins tout-terrain ont présenté diverses originalités liées à leur usage. Les marques ont habilement joué avec les stéréotypes pour attirer les consommateurs. Le polyuréthane ne règne plus en maître.

Le « redimensionnement » des roues reste le principal aspect distinctif du roller tout-terrain. Le nombre de roue varie de 2 à 4 mais 3 semble devenir le standard actuel.

Roue K2 Continental

Le caoutchouc est utilisé pour ses qualités d'adhérence et de souplesse sur sol humide. Il glisse moins que le polyuréthane sur un revêtement mouillé. Afin de favoriser l'adhérence sur terrains variés, certaines marques ont brièvement cranté leurs roues en polyuréthane. L'efficacité reste sujette à discussions !

Le diamètre moyen équipant les modèles sortis en 1998 et 1999 était proche de 105 mm, contre 82 mm pour les plus grandes roues de fitness référencées durant la même période. Aujourd'hui, le seul modèle disponible propose des roues de 150 mm. En tout-terrain, les diamètres ont varié entre 90 mm pour le « Outback » et 150 mm pour le « Coyote » ou le Vi SUV Powerslide.

Et sur sol mouillé ?

Peu de marques se sont penchées sur le problème de l'adhérence sur sol mouillé. A notre connaissance, Continental a ouvert la voie. Le brevet semble avoir été racheté par K2 les années suivantes.

P.S.I a proposé également des modèles équipées de roues noires en caoutchouc dont les qualités d'accroche sur l'humidité ont fait mouche. La marque n'existe plus à l'heure actuelle.

En 2011, la marque MPC a repris le flambeau avec les fameuses Storm Surge, un modèle qui offre une excellente adhérence sous la pluie.

Le principal inconvénient des roues pluie est qu'elles collent trop et s'usent vite sur les sols secs.

Les roues bi-densité (K2)

Ce concept inédit sur le marché du roller en ligne a fait l'objet de plusieurs brevets dont un a été déposé par K2 en 1997. Le principe repose sur l'utilisation de deux densités de polyuréthane dans la fabrication du sur-noyau.

Vous pouvez retrouver un article entièrement dédié à cette innovation ici.

Des roues de roller en polyuréthane gonflables

Le magazine "Sport Première" mentionnait la création, par la marque américaine Hyper, de roues en polyuréthane gonflable. Elles auraient été exposées au Salon de Chicago en 1999. Ce type de roues permettrait une adaptation à tous les types de terrains et de pratiques, par un simple réglage de la pression.

Nous n'avons jamais trouvé de modèle équipé de ces roues dans les catalogues fournisseurs de l'année 2000.

A la même période, Hyper a proposé des roues en polyuréthane équipées d'une chambre à air en logée au coeur du noyau. Nous n'en avons pas retrouvé de traces depuis...

Les noyaux en aluminium

L'efficacité, la solidité et la rigidité des noyaux sont des préoccupations constantes pour les fabricants.

L'aluminium s'est imposé comme une solution simple efficace mais qui trouve ses limites dans le confort de la roue. On a trouvé brièvement ce type de produits en roller de vitesse (P.S.I et Intzcore), en freeride (P.S.I), tout-terrain (Land Roller) et en street (Exile).

Les jantes aluminium offrent une rigidité et une solidité bien supérieure à celle des matériaux classiques mais elles ne plient pas. Elles sont donc raides, peu confortables et provoquent une usure prématurée du polyuréthane qui subit tout le stress du patinage. Les roues de roller en aluminium sont sont souvent un peu plus lourdes et risquent de se voiler en cas de choc. Enfin, leur coût de production supérieur limite leur entrée sur le marché.

Un système anti-louvoiement

Au rayon des curiosités dont on a plus de nouvelles, en 2000, Hyper a conçu un système d'équilibrage destiné à limiter le louvoiement des roues à grande vitesse. Le principe réside dans l'insertion d'un lest entre les branches du noyau, tout comme cela peut se faire pour l'équilibrage des roues de voitures.

Les jantes en carbone

Dans la lignée des jantes en aluminium, certaines marques de roues comme Hyper (encore) ont proposé des roues équipées de noyau en carbone.
Le modèle "Helium", par exemple en était équipé. Le surcoût engendré par l'utilisation de cette technologie n'est pas négligeable. L'apport de rigidité et l'économie de masse sont assez importants.

Les roues OCRA

La course, laboratoire au service de la performance, a vu la marque coréenne O.C.R.A. entrer sur le marché avec des roues singulières.

Elles avait la particularité d'abriter des billes calées par des ressorts dans les branches de leur noyau. Avec l'inertie et la force centrifuge, les billes partent vers l'extérieur du noyau, augmentant ainsi l'effet gyroscopique des roues. Selon leur inventeur, le gain de performance avoisinerait les 2 à 3%.

Les roues lenticulaires

2006 a été l'année des roues lenticulaires. Les gammes vitness Fila ont brièvement vu passer ce concept. Si l'efficacité du concept est encore à prouver, la marque rouge et blanche en a équipé son produit phare.

En cyclisme, les roues lenticulaires sont utilisées pour améliorer l'aérodynamisme, mais les résultats ne sont guères concluants et cette technologie est vouée à disparaître au profit des roues paraculaires et à bâtons.

Quelques innovations propres au roller street

Les anti-rockers sont des erzatz de roues. Ce sont de petites "cales" fixes entre lesquelles viennent se caler les barres. Elles améliorent considérablement la glisse en slide. Elles évitent de rester bloqué durant l'exécution des figures.

Les roues sans noyau sont apparues parce que les riders de street n'utilisent que des roues de petit diamètre très dures. Il n'est dont plus nécessaire d'insérer une structure très rigide pour fixer les roulements.

Nous vous avons parlé des roues à jantes en aluminium. La marque Exile a propose des modèles avec un noyau en aluminium réutilisable. Une fois la gomme usée, on peut aller en racheter en magasin.

Roller hockey et freeride

Le hi-low consiste à positionner le patineur en bascule avant en utilisant des roues de grand diamètre sous le talon et de diamètre inférieur sur l'avant du pied. Cela procure un patinage plus nerveux et de meilleures relances.

En freeride, on trouve aussi des roues pleines. Ce ne sont pas des roues sans noyau, mais celui-ci n'est pas ajouré. Là encore, le but est de gagner en rigidité et en réactivité. En freeride, les Hyper Concrete utilisent ce principe et fonctionnent plutôt bien sur le marché.

Le slalom à la banane

Après le hi-low, il était impossible d'oublier le montage en banane ! Sous cette métaphore fruitière se cache un principe dans le même esprit. Les roues centrales sont d'une dimension supérieure à celles positionnées aux extrémités.

Cette astuce offre une maniabilité accrue et permet des virages plus serrés.

Quelles innovations pour le futur ?

Comme nous avons pu le voir, aucune innovation majeure n'est réellement apparue depuis l'utilisation du polyuréthane dans la fabrication des surnoyaux. En cela on peut dire que les roues ont atteint un standard, un design dominant. L'essentiel des modifications qu'ont connu les roues peuvent être considérés comme des optimisations par rapport aux pratiques dans lesquelles elles sont sollicitées.

Les prochains défis à relever pour les constructeurs peuvent être multiples : ils devront par exemple réussir à concevoir une roue qui possède une excellente adhérence sous la pluie tout en gardant d'excellentes performances sur sol sec. Les difficultés qui seront rencontrées dans la conception sont celles de toutes les autres pratiques sportives : gagner en solidité sans pour autant augmenter la masse, optimiser la masse sans perdre l'inertie, améliorer les performances sans pour autant sacrifier le confort. On peut se demander si le roller restera un marché suffisamment porteur pour que les marques daignent encore investir véritablement dans la recherche et le développement...

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Texte : Alfathor
Photos : Alfathor
Mis en ligne  le 15 February 2009 - Lu 29047 fois


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