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Le 11 January 2011 à 00:00 | mise à jour le 06 December 2011 à 14:40

Innovations technologiques des platines roller

Innovations technologiques des platines roller

Amovible, de six à 2 roues, à essieux, à amortisseurs, il existe autant de type de platines que de pratiques. Les inventeurs ne manquent pas d'imagination et d'ingéniosité quand il s'agit de créer de nouveaux concepts... pour le meilleur et pour le pire. Nous vous proposons ici de revenir sur les dix dernières années d'évolution des châssis et des platines. Retour vers le passé...

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Article du 18 novembre 2005 remis à jour en janvier 2011

Platines en tous genres

Le principe de cet article ne consistera pas à faire un tour d'horizon exhaustif des concepts qui ont émergé ces dernière années, mais à mettre en avant les innovations les plus marquantes.

Les cycles d'innovations et le poids du passé

Il est fréquent de voir ré-émerger des concepts vieux de plusieurs dizaines d'années revenir au goût du jour. L'invention la plus ancienne, et non des moindres n'est autre que l'alignement des roues.

Le sens commun donne plus d'ancienneté au patin traditionnel à essieux qu'au patin à roues alignées, et pourtant, ce dernier est bel et bien né plus tôt dans le courant du XVIIème siècle.

Au XVIIIème siècle, Tyers utilisait déjà des patins en ligne. Le principe n'a guère évolué depuis 250 ans. Rien de plus cohérent quand on sait que ces génies de la mécanique s'inspirèrent du patin à glace.

Dans un passé plus proche, au début du XXème siècle, les patins cycles ont ouvert la voie aux rollers tout-terrain et tout-chemin. Ils utilisaient des roues de très grande tailles positionnées latéralement sur l'extérieur du pied. La plupart de ces "ancêtres" étaient équipées de pneumatiques... tout comme le Coyote de Rollerblade (1997).
Le Land Roller (2005), patin tout-chemin récemment importé d'Outre-Atlantique, peut être considéré comme le dernier en date. Ses roues de grand diamètre latérales sont inspirées des modèles que l'on trouvait aux environs de 1900.

A la fin des années 80, Rollerblade introduisit les premières platines polyuréthane et composites. Les châssis en polyuréthane sont construits à grande échelle et à un faible coût de production. Plus récemment, l'introduction des châssis vissés a favorisé l'émergence de réglages plus fins des platines par rapport à la chaussure que cela soit dans un plan latéral ou longitudinal.

Certains châssis sont composés de deux pièces ou plus. Des platines composées de plusieurs parties perdent en général leurs performances et sont souvent plus lourdes. Plus on progresse en gamme, plus les platines sont fabriquées d'un seul tenant.
Pour simplifier, on peut dire dire que l'essentiel des innovations technologiques actuelles ne sont qu'une remise au goût du jour de concepts qui ont été créés longtemps auparavant et qui n'avaient pas trouvé de débouché industriel. Il ne faudra pas non plus négliger l'importance qu'ont pu revêtir les effets de mode successifs dans l'émergence et la disparition des concepts.

Dis-moi quelle est ta pratique et je te dirai quelle platines tu utilises

Chaque discipline nécessite un type de châssis bien spécifique lié aux contraintes et sollicitations propre à la pratique. Depuis une quinzaine d'années, le marché s'est segmenté progressivement pour offrir une plus grandes variété de produits plus aptes à répondre aux attentes des consommateurs.

  • Les hockeyeurs privilégient une platine courte et le Hi-low : des roues plus grandes à l'arrière qu'à l'avant
  • Les slalomeurs misent sur de petites roues et un montage en banane : des roues plus grandes au centre et plus petites aux extrémités
  • Un châssis de tout-terrain doit pouvoir accueillir des roues larges et de très grand diamètre tout en restant aussi bas que possible
  • Les patineurs artistiques en ligne optent pour une platine en banane avec butée avant
  • Les descendeurs sont essentiellement équipés de cinq roues de 80 à 84 mm
  • La vitesse sort un peu du rang et offre une multitude de modèles : 5x80, 5x84, 5x80, 4x100, 3x100 et 1x84, 3x100 et 1x90, 3x110 et 1x100, 3x110 et 1x90, 4x110... C'est un sorte de laboratoire en quête de performance
  • Le fitness / Randonnée, petit frère de la vitesse, utilise globalement les mêmes types de produits avec quelques mois de différence. Il est fréquent que les innovations technologiques exploitées dans la course fassent tache d'huile sur d'autres pratiques comme la longue distance

Les platines articulées

S'il est une invention qui fut déclinée de nombreuses façons, c'est bien celui des platines articulées. Elles ont été utilisées en tout-chemin, en randonnée, ou en vitesse.

Le "Clap", par exemple, a tenté de pénétrer le marché, sans réel succès. Cette technologie issue de la glace fut adaptée au roller en 2000/2001. Le talon se décollait afin de laisser la platine toucher le sol le plus longtemps possible et prolonger la poussée. Ce concept est désormais interdit en course.

En 2004, Fila proposa "l'Active Steering". Ce système, basé sur deux petites platines indépendantes permet de donner plus d'angles aux roues, de mieux tourner et de disposer d'une meilleure adhérence.Si l'on remonte quelques années en arrière, la société RolSoft, en 2000, développait une platine à 3 roues et à amortisseurs, articulée autour de la roue centrale. La même année, Rollerblade commercialisait le Perseus, un patin à 3 roues dont la platine, divisée en deux, désolidarisait les roues.

Voici un historique de quelques platines articulées qui ont disparu...

Les "Cross" et "Transit" (Spin)

Ce patin, sorti en 1997, est équipé d'une platine suspendue s'articulant avec la partie supérieure par un axe situé entre la première et la deuxième roue. L'amorti est assuré sur l'arrière par un ressort en forme de C permettant l'absorption des vibrations. Ces châssis sont exclusivement étudiées pour rouler sur un mauvais revêtement ou en tout terrain.

Le Raps (Rotrax)

C'est une platine à propulsion prolongée. Lors de l'impulsion, le talon se décolle et l'appui avant est fortement accru. Le talon décolle à la poussée en favorisant la finition du mouvement. La platine agit comme un ressort.

La platine « SplitFrame™ » (K2)

Platine Splitframe K2 Cette platine se divise en deux parties articulées autour d'un axe qui se situe à la zone de flexion avant du pied. Cette technologie devait rendre possible la flexion anatomique du pied et ainsi permettre une poussée plus longue, plus complètes en prolongeant le contact au sol à chaque poussée.

Cette innovation fut appliquée au « Rebound™ » un modèle haut de gamme de la marque K2. La technologie de ce patin est basée sur une platine articulée qui est un prolongement du système « Clap » utilisé dans le patinage à glace de vitesse.

Les Tuuk Rockers (Bauer)

Le système est basé sur un châssis articulé en deux qui permet une adaptation du positionnement des roues, de leurs dimensions. On peut ainsi combiner différentes tailles de roues pour adapter le patin à la pratique.

Dans le cas du hockey « in line », la position intermédiaire permet avec ce système, de prendre des virages plus serrés car ils se font sur moins de roues.

Le positionnement des roues de la marque « Askom »

"Askom" est une marque italienne qui a proposé, en 1998, un concept original pour ses patins de hockey en ligne. Les roues sont inclinées alternativement d'un côté et de l'autre. Ce système favoriserait les virages serrés et améliorerait la maniabilité. Lors de la prise d'un virage, seules deux roues restent en contact avec le sol. La diminution de la surface de roues au sol permet alors un rotation plus facile.

D'autres concepts ont également vu le jour :

  • Les "Technique Devotion"
  • Les Varioline (Trezeta)
  • L'Active Ground Effect (Rossignol)
  • Le système Power- Stroke (Tecnica)...

Les amortisseurs pour patins

Le confort de glisse reste un des soucis majeurs en roller. Si de nombreux fabricants ont opté des coussins en matière souple sous les talons. D'autres ont essayé d'intégrer des systèmes plus complexes permettant d'absorber les vibrations de la route. Ces concepts peuvent être des ressorts, des mousses ou des suspensions proprement dites. En voici quelques exemples.

Le « Shockz » (Oxygen)

Une partie de la gamme 1999 de la marque Oxygen était équipée d'un système dont le concept rappelle étrangement les cadres suspendus des V.T.T. La marque précise d'ailleurs dans son catalogue 1999 que le procédé est né de la comparaison avec la Formule 1 et le motocross.

Les patins équipés du «Oxygen Shockz System », sont montés avec un châssis suspendu. On trouve des similitudes avec le modèle « Descender » de Rossignol.

Le « Shock Absorption System » (Roces)

Comme son nom l'indique, ce système était destiné à absorber les chocs. Il était composé d'une mini suspension à l'arrière du châssis au dessus et entre la 3ème et la 4ème roue. Il était muni d'un ressort permettant de régler la dureté au moyen d'une molette positionnée sur le haut du châssis. Ce système devait permettre de limiter les vibrations transmises à la colonne vertébrale et au dos.
Actuellement, la plupart de ces systèmes ont disparu. L'essentiel des marques se contentent d'un chausson en matière absorbante. Comme quoi les principes simples sont souvent les plus éprouvés.

Les boules...

Parmi les inventions extravagantes de la dernière décennie, il ne faudrait pas oublier les Rollerball. Cette marque a créé sa petite révolution à travers une gamme complète en 1997 et 1998. Elle proposait des patins équipés de deux boules en guise de roues à l'avant et à l'arrière. Elles donnaient aux patins des propriétés de maniabilité différentes.

Quoi de neuf en Street depuis 15 ans ?

Les platines de roller agressif ont beaucoup évolué depuis la renaissance du patin en 1989. Les châssis étant mis à rude épreuve dans cette pratique urbaine. Le changement des techniques, notamment avec l'introduction des slides, a obligé les fabricants à repenser complètement la structure des produits. Voici quelques innovations qui ont marqué la pratique.

La norme U.F.S

La standardisation des pièces est un processus nécessaire et indispensable. Si les marques ne semblent pas s'entendre sur une homogénéisation de certaines pièces comme les tampons de frein, la norme U.F.S. (Universal Frame System) a bien simplifié la tâche des consommateurs désireux de remplacer leurs platines ou de personnaliser leurs patins d'agressif.

Les grind plates

Les « grind plates » sont des plaques que l'on vient fixer sur les flancs de la platine, entre les deux roues centrales, de part et d'autre du U. Elles permettent de limiter l'usure lors des slides. Elles possèdent une encoche sur la partie inférieure afin d'épouser la forme des barres ou des murets.

Les soul plates

La surface de glisse de part et d'autre de la platine : dorénavant, la plupart des marques proposent des produits où l'on peut remplacer les soulplates usées. Durant la même période, les marques ont également aplani les surfaces de coque positionnées Les riders ont ainsi pu caler des slides (en soul) plus facilement.

Le H-Block

Il apparut rapidement. Il s'agit d'une sorte de petites cales qui vient se positionner dans le creux entre les deux roues centrales. Il constitue une surface lisse et incurvée entre les roues qui permet de se poser sur les barres ou les murets et de glisser plus facilement. Ce concept permet d'accroître considérablement la durée de vie de la platine car il est remplaçable.
Petit à petit, les fabricants ont proposé des platines "pré-rainurées" en grande série, dans le milieu et le haut de gamme. La chose parait anodine de nos jours, mais ce fut un grand pas à l'époque.
L'espace entre les roues centrales s'est élargi au cours des années. Elles ont été remplacées par des anti-rockers, de plus petit diamètre.

Les platines freestyle

Sur les platines actuelles, la mode freestyle prend une importance croissante. Les deux roues centrales ont carrément été enlevées pour offrir une surface de glisse plus importante et une assise large sur les murets ou les barres de grand diamètre. Cela permet d'éviter les blocks qui vous envoient au tapis.

Innovations dans les autres pratiques

Rando/urbain : les patins à platines détachables

Le concept de patin à châssis amovible, tel que le connaissons aujourd'hui est relativement récent. Mais il faut remonter aux origines du patin en ligne pour comprendre que le système existait déjà sous une forme plus rudimentaire. Les patins de Tyers se fixaient à l'aide de courroies qui s'inséraient dans la platine.
Deux types de procédés se sont disputés le marché. Le premier proposait une chaussure indépendante du châssis, le second consiste à utiliser un chausson amovible en conservant l'unité platine/chaussure.
Le système le plus connu est issu de brevets déposés par la marque Hypno. Il fut ensuite adopté par la marque Rossignol qui a acheté une licence. Rollerblade a proposé une variante à ce système avec la gamme W.B.S. (Walking Blade System). La chaussure montante est posée sur le châssis, fixé à l'avant à l'aide d'une cale, et à l'arrière avec un système de bras proche de celui de Hypno. La différence réside dans le faut que l'attache se fait par une courroie à velcro.
Récemment, Rossignol a affiné le concept en lançant le "S.I.S." : Step In System.
Les tendances actuelles du marché semblent s'orienter vers des produits utilisant une véritable chaussure que les utilisateurs viennent caler dans une coque, comme c'est le cas pour les Xsjado en street.

Un autre concept ancien remis au goût du jour : Le Rockering

C'est le réglage particulier des roues de roller en hauteur ou en longueur. Ce procédé n'est disponible que sur certains modèles. Le but de ces modifications est en général d'améliorer la maniabilité globale du patin pour des disciplines comme le hockey ou le slalom. Le nombre de roues en contact avec le sol variant, la maniabilité est modifiée.
Ce système permet de « changer la forme de la ligne virtuelle joignant les quatre roues » (Roller Saga n°2 ).
Les patins d'agressif, de fitness, de hockey, sont susceptibles de posséder un système « Rockering ». Les procédés de réglages diffèrent. En agressif, le système le plus couramment employé joue sur l'orientation des « spacers ». Les « spacers » sont de petites pièces qui viennent s'insérer entre les roulements et la platine. Elles évitent les frottements intempestifs. Les fabricants proposent un nombre de positions de réglages variables.
Là encore, les patins de Tyers proposaient des roues que l'on pouvait positionner différemment, voire les remplacer par un frein.

Les entraxes changent en vitesse

En vitesse, l'arrivée des roues de 100 mm a bouleversé la donne des entraxes en introduisant le 195 mm. Auparavant, un espacement de 165 mm s'appliquait entre les fixations avant et arrières des châssis de la plupart des modèles de roller. Il arrive encore de trouver quelques marques utilisant des écarts de 190mm ou autre.

Quelles innovations pour le futur ?

Les concepts de patins à amortisseurs n'ont pas encore été complètement exploités. Il est possible que ce système soit réutilisé à terme. On a d'ailleurs vu voilà quelques jours une platine suspendue Shockliner.

Son principal inconvénient est le surplus de poids qu'il engendre pour un gain de confort discutable et une hauteur supérieure.
Les systèmes de freinage semblent connaître un ralentissement en terme d'innovations. Il semblerait que le bon vieux tampon ait encore de beaux jours devant lui, malgré quelques tentatives intéressantes avec notamment le système ABT de Rollerblade.

Les châssis en fibre composites devraient continuer à se développer. On trouve quelques platines en carbone sur le marché, voire des patins moulés d'un seul tenant (coque+platine). Ces produits devrait continuer à se placer sur le marché mais à plus long terme. On arrivera probablement à de plus en plus de personnalisation et de customisation des platines, à l'instar de BJ Concept.
En slalom, les fabricants finiront par proposer des patins équipés d'un montage banane en série.

Les produits détachables/amovibles, après avoir connu une période creuse après la mode du roller, devraient continuent à évoluer au fil des années et prendre une part plus importante du marché, en particulier en milieu urbain pour les déplacements quotidiens. Ils s'inscrivent bien dans la logique d'intermodalité.

Le diamètre des roues a longtemps augmenté pour atteindre aujourd'hui les 110 mm. Désormais, cette croissance devrait s'arrêter ou ralentir car on sollicite de plus en plus les limites physiologiques du corps. La structure des châssis devraient également changer un peu. Peut-être verra-t-on émerger des platines équipées de roues de grand diamètre aux extrémités et de petit diamètre sous le pied afin d'améliorer la garde au sol et la stabilité. Plein de choses passionnantes à venir ! platine suspendue

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Texte : Serge'R et Alfathor
Photos : Alfathor et fabricants
Mis en ligne  le 11 January 2011 - Lu 13222 fois


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