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Le 04 September 2005 à 00:00 | mise à jour le 03 February 2015 à 07:49

L'ascension du mont Ventoux 2005 : un défi côté

L'ascension du mont Ventoux 2005 : un défi côté

Thibaut Dejean, compétiteur licencié au Paris Université Club (PUC), a lancé depuis 2004 l’idée d’une randonnée roller sur le Mont Ventoux. L’année dernière, ils étaient 17 à se réunir. Pour cette édition 2005, ce sont 36 patineurs (dont 4 patineuses !) qui ont décidé de s’attaquer au « Géant de Provence ». Ils sont venus notamment de Caen, Paris, Lyon, Saint-Etienne, Nîmes, Avignon, Montpellier. Récit...

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L’ascension du Mont Ventoux

Le rendez-vous a eu lieu à 8h00, le dimanche 7 août à Bédoin. La montée à partir de ce village est réputée la plus difficile, 7,5% sur 21km. Après un court briefing et un échauffement nécessaire, les patineurs partent à 8h30. En bas, à 300m d’altitude, c’est un temps ensoleillé, sans vent…du moins à cet instant.

C'est parti !

A peine le départ lancé au panneau signalant la fin de Bédoin, on assiste à des attaques sur un pourcentage de dénivelé encore modéré (3-4%). Qu’à cela ne tienne ! Le G.P.S. affiche 29 km/h sur les premiers hectomètres ! Drôle de randonnée… Dès lors, des échappées se forment, suivies par un peloton compact d’une dizaine de patineurs.

Début des choses sérieuses

C’est au 5ème kilomètre que l’ascension débute réellement. Plus question d’intimidation, on monte au train avec une pente qui s’élève à 10%. Vous pouvez comprendre que ce n’est plus l’effort classique du roller de vitesse. Vidéos à l’appui, on peut juger que chacun adopte son propre style : entre un Thibaut Dejean montant en force et minimisant le nombre de ses pas, et un Alain Decayeux cherchant plutôt à mettre un pied devant l’autre, à l’instar d’un coureur à pied.

Première partie en sous-bois

La première partie s’effectue sous les bois du Ventoux : la sensation de fraîcheur est la bienvenue, le silence règne, laissant émerger parfois le chant des oiseaux. En même temps, on s’entend respirer fort, le propre écho de notre effort.

Vers 9h00 du matin, encore très peu de voitures circulent. Nous croisons en fait davantage de cyclistes. A 1400 m d’altitude, nous quittons la zone ombragée…et tombons nez à nez avec « Le Vent ». Il est en contresens cet invité, et modérément apprécié ! Il est surtout de taille, plus on grimpe, plus il souffle ! Il nous scotche parfois plusieurs secondes. Les mouvements se font plus lent, notre corps devient aussi plus amorphe en raison de l’altitude. Le dernier round contre le vent a lieu au dénommé « Col des Tempêtes » situé à 1800m d’altitude. A tel point que certains vélos en descente sont contraints de mettre pied à terre pour éviter une embardée. Car à proximité du « Géant de Provence », aucune montagne n’est à sa mesure, laissant les rafales de vent s’encastrer sur un paysage lunaire.

Coude à coude en tête

Devant, il s’agit d’une course tactique. Alain Decayeux est parti seul devant, jouant son va-tout face à une course d’équipe entre Thibaut Dejean et Cédric Sanson. Mais vous verrez dans les vidéos que des cyclistes « de circonstance » auront toute leur importance dans le dénouement final.

Moins de 2 heures

Les 3 premiers arrivent dans un mouchoir en 1h50. Tous 3 ont d’ailleurs fait cette année les 24h du Mans en solo. Il y avait une atmosphère de revanche !

La première féminine, Caroline Jean, a rallié tranquillement le sommet en 2h24. Ensuite, les arrivées s’enchaînent, avec d’abord pour chacun la fin d’une souffrance, celle-ci ne tardant pas à être vite relayée par un sentiment d’euphorie, de délivrance devant l’effort accompli. On le mesure d’autant mieux avec le panorama imprenable sur la Provence, tout ce dénivelé depuis Bédoin !

Après l'effort, le fun !

Non content de la montée, Thibaut s’offre la descente grâce à l’aide d’une roue doté d’un guidon avec frein, apparemment efficace. Benoit Gamba s’élance ensuite avec pour seule arme sa technique de slide (et ses protections intégrales). Ce descendeur lyonnais déjà vainqueur de la Coupe du Monde nous a fait une démonstration impressionnante, les voitures ne peuvent pas suivre…Pour clore cette matinée, un pique-nique nous a tous réunis en bas. L’occasion d’échanger nos sensations, avec le sentiment d’une journée pas comme les autres sur des rollers.

Vidéos (non disponibles)

Plus que ce court récit, les vidéos vous feront mieux vivre de l’intérieur notre ascension. Le son offre aussi un contraste saisissant : en bas, le champ des oiseaux. En haut, l’assourdissement du vent. En visionnant les vidéos, vous ferez connaissance avec les 36 patineurs et patineuses, tous ayant bien voulu donner leurs impressions à chaud. Les 2 premières vidéos concernent la course de tête et son dénouement. Dans les 2 suivantes, vous verrez les arrivées et le degré de fatigue de chacun une fois au sommet. Mais déjà, certains en redemandaient. Et bien, à l’année prochaine pour l’édition 2006 !

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Texte et photos : Alain Decayeux
Mis en ligne  le 04 September 2005 - Lu 1976 fois


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