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Le 01 January 2018 à 17:12 | mise à jour le 30 December 2017 à 20:13

L'histoire de John Spence, inventeur génial et méconnu d'un patin à roulettes en Grande-Bretagne

L'histoire de John Spence, inventeur génial et méconnu d'un patin à roulettes en Grande-Bretagne

La biographie de John Spence ressemble à une histoire pour enfant. Cet inventeur du début du XIXème siècle est un vrai touche à tout qui a cherché sa voie toute sa vie, nourrissant son quotidien et son imagination de rêves mécaniques...

Mis en ligne par  Vernon SULLIVAN

Biographie de John Spence

John Spence était le fils d'un tanneur de Linlithgow. Dès l'âge de 4 ou 5 ans, il montra un goût prononcé pour la mécanique. Il ne pu pas étudier la mécanique dans les livres, faute d'une connaissance suffisante des termes techniques.

Cela ne l'empêcha pas de développer ses connaissances en grandissant à travers l'observation de nombreuses machines et sur les principes de leur construction. Les roues et les leviers monopolisèrent son esprit d'enfant et il n'était heureux que quand il inventait ou construisait quelque chose de ses mains.

Cordonnier par la force des choses

A l'âge de 12 ans, il fut envoyé chez un cordonnier pour apprendre le métier mais il ne fut jamais sous contrat. Ses prédispositions étaient telles qu'après avoir regardé pendant une semaine ou deux l'artisan cordonnier travailler dans son atelier, il commença le métier par lui-même, sans avoir besoin de supervision.

De la chaussure à la vapeur

Après quelques années, il se dégoûta du travail de cordonnier et décida de partir pour Glasgow. Il y fit une tentative infructueuse pour trouver du travail dans les usines locales. Il rentra donc dans sa ville natale de Linlithgow où on lui confia le gardiennage d'une machine à vapeur. Son travail consistait à huiler la machine et à alimenter la chaudière. Ses amis ne comprirent jamais quel plaisir il trouvait à une telle occupation, mais lui semblait parfaitement heureux de cette opportunité qui lui permettait de voir les roues en action.

De la chaussure au tissu

Après deux ans à admirer le ballet toujours identique des rouages, Spence revint à la confection de chaussures... mais les forces mécaniques continaient de hanter son esprit. Il continua donc à inventer des machines pour le plus grand bonheur de sa bourse, de ses amis et de sa femme.

En 1814, il était tellement écoeuré de la fabrication de chaussures qu'il se résolut à faire commerce de tissu. Il construisit un métier à tisser dans sa quasi intégralité, s'enquit des services d'un tisserand professionnel et commença à confestionner des vêtements.

L'ancêtre de voiture de John Spence

Son désir inassouvi d'accomplir quelque chose de grand dans les arts mécaniques l'écartage bientôt de son métier à tisser. Il se concentra, entre autres, sur des machines pour se déplacer où la force de propulsion est fournie par les mains ou les pieds du voyageur. Il se rendit notamment de Linlithgow à Edinbourg dans un véhicule de sa conception, où il exposa son invention. Cette voiture reposait sur 4 roues et pouvait embarquer jusqu'à 3 personnes dont deux la propulsait grâce à des manivelles qui agissaient sur les roues.

En quête du mouvement perpétuel

Comme de nombreux inventeurs de l'époque, il s'évertua à créer une machine au mouvement perpétuel. Il annonça à ses amis avoir atteint son but entre 1814 et 1818. La nouvelle se répandit dans le pays et nombre de scientifiques, de curieux et d'étrangers visitèrent sa maison pour voir sa machine reposant sur la force magnétique. A l'époque cette force est considérée comme la source du mouvement perpétuel. Un article paraît même dans le Edinburgh Magazine de mai 1818. On lui demanda d'amener sa machine à Edinbourg afin que le monde entier puisse venir l'admirer. Les phrénologistes mesurèrent son crâne et en conclurent que c'était un génie de la mécanique. Après un mois d'activité, sa machine s'arrêta. L'inventeur ne permit à personne d'en examiner les rouages. Il perdit toute sa crédibilité.

Du mouvement perpétuel au vélocipède

Spence continua pourtant d'inventer de nouvelles machines. Il se tourna vers la construction de vélocipèdes ou de machines imitant le cheval et son cavalier. Avec une roues à l'avant et une roue à l'arrière reliées par une barre en forme de selle sur sa partie centrale, Spence voyaga d'Edimbourg à Glasgow. Il se propulsait en poussant occasionnellement sur le sol avec ses pieds de façon. Bien que peu entraîné, il finit par gagner en endurance et en dextérité. Il parvenait même à tenir debout dans les descentes sur un pied sur sa selle avec l'autre pied en l'air pour équilibrer la machine. Il gagna un peu d'argent en montrant sa machine et en apprenant aux gens à l'utiliser dans une cour qu'il avait loué à cette fin.

La maison portable de Spence

John Spence construisit également une maison en bois à Fountainbridge, une banlieue dans le Sud-Ouest de la métropole Ecossaise. Elle comportait 3 étages et pouvait être bougée au gré des volontés de son propriétaire. Ce dernier la déplaça de 10 km en une journée. Il y vécut avec sa famille pendant 2 ans et un de ses fils y naquit. Sa femme en fit un magasin de fruits. les gens venaient de loin pour admirer la "maison portable". Elle lui avait coûté environ 30 Pounds. Il la vendit à un habitant de Fife. Aujourd'hui encore, elle reste l'une des habitations les plus respectables du Royaume-Uni.

Le cordonnier garde son esprit inventif malgré les difficultés

Suite à de nombreuses vicissitudes, John Spence reprit son vieux travail de cordonnier à Edimbourg et ne le quitta plus. Il garda sa passion pour la mécanique. Son énergie se concentra sur deux invention : une moissonneuse, très ingénieuse en théorie. Elle devait être capable de moissonner un champ d'un seul coup, juchée sur roues et tractée par deux chevaux.

La dernière invention à laquelle ils se dévoua fut l'invention de patins à roulettes pour la terre ferme (par opposition à la glace). Il les conçut pour être supérieurs aux vélocipèdes de l'époque. L'un de ses fils se montra extrêmement habile avec ces petites machines et il était capable de parcourir 8 miles à l'heure (environ 13 km/h). Il devient évident qu'avec une route en macadam et un peu de pratique, tout un chacun peu voyager vite et avec aisance sur des distances considérables.

" Bien qu'une colline très escarpée soit très difficile à gravir, et pourtant sur l'ordre commun des routes d'aujourd'hui, il n'y a pas de déclivité qui ne puissent être surmontée avec la plus grande facilité. Ils ont aussi cet avantage, que si l'on se lassait d'eux, ils pourraient être facilement enlevés et portés à la main."

Chambers's Edinburgh Journal - volume 7 - 1839

Contrairement à d'autres de ses contemporains comme Tyers, John Spence ne rencontra jamais la fortune. Il fait pourtant partie de ces hommes qui n'ont jamais cessé de croire dans leurs inventions et qui ont poursuivi leurs rêves envers et contre tout. Une vraie force de la nature à laquelle on se devait de rendre hommage 200 ans après !

Liens utiles

Ouvrage parlant de John Spence (en anglais)

Mis en ligne  le 01 January 2018 - Lu 431 fois

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Passionné de roulettes devant l'éternel, le jour j'écume le bitume. Si je me crashe, si je tombe, ma peau s'arrache mais pas mon coeur de roller !



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