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Le 17 December 2017 à 21:12 | mise à jour le 17 December 2017 à 22:42

Charles Choubersky et les patins bicyclettes (1835-1891)

Charles Choubersky et les patins bicyclettes (1835-1891)

Charles Choubersky a marqué son époque par la diversité de ses inventions. Cet ingénieur dans les chemins de fer a initié le grand virage des patins bicyclettes à la fin du XIXème siècle. Biographie...

Mis en ligne par  Alexandre CHARTIER

Ingénieur, inventeur et homme d'affaire

Patins Bicyclettes en 1905Charles Choubersky (1835-1891) a réalisé la première paire de "patins bicyclettes". Cet inventeur curieux de nature a l'idée de placer les roues de part et d'autre de la chaussures pour rabaisser les patins. Il peut ainsi utiliser des roues de grand diamètre, plus confortables et plus roulantes, tout en gardant un centre de gravité plus bas. Ses diverses inventions l'ont rendu célèbre à travers le monde entier.

Sa jeunesse

Né en 1835 à Toula (Russie), il était ingénieur et spécialiste des chemins de fer, tout comme son père. Dès l'age de 10 ans, il se passionne pour les problématiques de mouvement perpétuel. Son père l'envoie au Lycée impérial de Saint-Pétersbourg puis le transpère à l'Institut du Corps des Ingénieurs en Communication. Il est major de sa promotion durant 4 années avant d'obtenir son diplôme d'ingénieur en 1855. Il est élevé au rang de lieutenant.

Alors qu'il est encore à l'Institut, il invente une nouvelle méthode de conception des ponts, qu'il publie dans le Communications Journal en 1855. Suite à cette parution, il est envoyé par le Directeur des Communications et des Bâtiments Publics à l'étranger pour étudier la construction de chemins de fer, en particulier sur les pentes abruptes, et aussi la fabrication de locomotives.

C'est au cours de ce voyage que l'idée du « Makhovoz » lui est venue à l'esprit, qu'il devait ensuite mettre en pratique, avec malheureusement un succès limité et de nombreuses polémiques. Le but de cette invention : emmagasiner de l'énergie lors des descentes pour la restituer dans les motnées. Il observe attentitivement tous les équipements ferroviaires étrangers et s'en inspire pour les améliorer.Il travaille même comme monteur ordinaire à l'usine de locomotives Maggei à Munich pour maîtriser toutes les techniques.

Une carrière toute tracée dans les chemins de fer

De retour de l'étranger, Charles est chargé de réaliser une étude pour une voie de chemin de fer reliant Varsovie à la frontière prussienne. Il étudie ensuite les lignes Oryol-Gryozi, Azov et Rostov-Vladikavkaz. Il travaille de nombreuses années dans les chemins de fer mais au début des années 70, à la mort de son père, il décide de changer de direction. Ce dernier lui ayant laissé un héritage confortable, il refuse une promotion de son gouvernement pour partir à l'étranger et créer une société afin de développer ses projets.

Le grand virage

Il vit d'abord à Vienne, puis à Bruxelles, puis à Paris. Charles créé un certain nombre d'inventions différentes, notamment d'un réchaud portatif, connu sous le nom de poêle Choubersky, qui lui apporte une large publicité et de vastes profits. Il construit lui-même un grand atelier à Paris, avec une section spéciale pour ses inventions. Il dépense beaucoup de temps et d'argent pour diverses expériences, qui lui coûtaient parfois des dizaines de milliers de francs (des sommes faramineuses pour l'époque ! ). Pour lui, l'argent n'existet que s'il peut être dépensé. Chaque année, il dépense jusqu'à 100.000 francs pour la publicité de ses inventions au moyen d'articles, de notices, de photos et de journaux illustrés.

Le succès

Affiche des Patins Bicyclettes Richard ChouberskyIl ouvre trois belles boutiques à Paris où ses inventions sont vendues. Peu avant sa mort, il en construit même une quatrième sur le boulevard Montmartre, remarquable par son élégance et sa beauté. Tous les détails, bronzes, cheminées ont été dessinés par des artistes et des architectes de renom, parmi lesquels Garnier, architecte du nouvel Opéra de Paris. La dernière des des inventions de Charle fut « l'armoire-lavabo », qui se répandit à Paris après sa mort. Deux caractéristiques de la nouvelle invention ont été particulièrement appréciées: les petites dimensions et la modeste dépense d'eau. Au cours de ses dernières années, Charles s'est surtout attaché à perfectionner les objets les plus simples, après avoir affirmé que les grandes inventions sont généralement moins profitables que l'amélioration des objets de la vie quotidienne.

Les inventions de Charles lui ont valu une renommée mondiale. Il était particulièrement populaire à Paris, si bien qu'il a été cité dans la liste des célébrités parisiennes contemporaines de " l'Histoire du siècle : 1789-1889", sorti à Paris pour l'Exposition internationale de 1889.

Une fin tragique

Cependant, ni la popularité ni le confort matériel ne satisfaisaient Charles et il paraissait souvent malheureux de vivre, surtout dans les dernières années de sa vie. Il se suicidé à l'arme à feu en 1891, à l'âge de 57 ans.

Malgré tout, ses patins restent connus, plus d'un siècle après sa mort, grâce à cette affiche réalisée par le peintre illustrateur et affichiste Roumain Jean de Paleologu (ci-contre). Ses patins ont été utilisés sur la période de 1870 à 1914.

Des courses sont mêmes organisées en France par des journaux sportifs aux alentours de 1898 avec des patins cycles de marque Richard-Choubersky qui ressemblent à des ski-roues. A Paris, elles ont eu lieu au Bois de Boulogne et sur le parcours Paris-Versailles.

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Mis en ligne  le 17 December 2017 - Lu 665 fois

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Fondateur et webmaster de rollerenligne.com. Alexandre est un passionné de roller en général et sous tous ses aspects : histoire, économie, sociologie, évolution technologique... Ne le branchez pas sur ces sujets sans avoir une aspirine à portée de main !

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