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Le 01 April 2017 à 11:04 | mise à jour le 18 April 2017 à 13:09

10 conséquences possibles de la disparition des randonnées roller parisiennes

10 conséquences possibles de la disparition des randonnées roller parisiennes

Voilà plus de 3 semaines que les randonnées roller parisiennes sont à l'arrêt, faute d'un accord entre les associations organisatrices et la préfecture de police de Paris. Quelles seraient les conséquences possibles d'une telle décision sur la pratique du roller dans la capitale et sur le reste du territoire national ? Analyse de la situation...

Mis en ligne par  Aurélien GACHET

Etat des lieux

La randonnée de Ride On Lille

Malgré leur inscription durable dans le paysage urbain depuis plus de 20 ans ( une génération ! ), les événements récents nous rappellent avec violence que rien n'est jamais acquis pour les randonnées roller de nos grandes villes. Les rendez-vous emblématiques de Paris, la Friday Night Fever et la randonnée Rollers et Coquillages, sont menacés de disparition.

Les grandes grèves de 1995 ont vu naître un mouvement inédit en France, avec le boom du roller. Plus de 80 agglomérations à travers tout le territoire ont vu se mettre en place des randonnées roller.

Il ne faut pas croire que leur existence a toujours coulé de source. A Paris comme ailleurs, notamment à Lille ou Montpellier, les randos rollers ont acquis leur statut et leur légitimité de haute lutte. Dans d'autres villes majeures comme Marseille, elles ont d'ores et déjà disparu. Les patineurs qui les fréquentent n'ont toujours pas le recul nécessaire pour s'en rendre compte.

1. La tentation du retour des randonnées sauvages

On le voit avec la pratique du street en roller, skateboard trottinette et BMX, l'existence d'un skatepark ne suffit pas à canaliser l'ensemble des riders en un seul et même endroit. Le roller comme les autres pratiques de glisse urbaine tire son essence de la topologie de la ville. En l'absence de manifestation officielle, les patineurs continueront de pratiquer de façon autonome, non sécurisée. Enlever des moyens, c'est déplacer le problème, voire l'amplifier.

2. La fragmentation des groupes de pratiquants

Rollers et Coquillages et Pari Roller

Pour reprendre l'image des films catastrophes : c'est bien joli de vouloir faire exploser un énorme météore qu'on aurait pu dévier si au bout du compte on se retrouve avec des milliers de fragments qui se dirigent tout autant vers la Terre. Ils seront encore plus durs à gérer ! A la pratique de masse encadrée se substitueront des petits groupes volants, mobiles, incontrôlables et erratiques, qui accroitront le risque de friction, voire d'accident. 

3. L'absence d'interlocuteur identifié pour les autorités

Qui dit randonnée sauvage dit généralement absence d'association organisatrice. A l'instar des rendez-vous informels mis en place sur Facebook ou OVS ; les autorités auront le plus grand mal à trouver un interlocuteur face à elles pour canaliser ces rassemblements "spontanés".

4. Le risque accru pour les patineurs

Randonnée Rollers et CoquillagesEn l'absence d'un encadrement qualifié et visible (gilets jaunes réfléchissants, lumières) ou en l'absence d'un encadrement tout court, les patineurs livrés à eux-mêmes se mettront davantage en danger qu'au sein d'un cortège structuré et staffé par des patineurs aguerris. Dans une manifestation officielle, griller un feu rouge bloqué par un staffeur ou un policier n'a pas les mêmes conséquences que dans une "sauvage" non déclarée en préfecture, surtout en cas d'accident.

5. Les conflits sur la voie publique

En temps normal, les rapports avec les automobilistes bloqués par les cortèges ne sont pas toujours courtois. Il reste assez fréquent qu'un conducteur tente de forcer le passage, un livreur de pizza, un piéton pressé. En général, l'arrivée des forces de l'ordre suffit à calmer les motorisés véhéments. Autant vous dire que sur une rando sauvage, une toute autre histoire s'écrira.

6. La décrédibilisation du mouvement roller

A terme, cette absence de structuration peut amener deux conséquences pour l'image du roller:

  • une désertion progressive des patineurs qui quittent le bitume au profit d'autres pratiques, faisant perdre de l'ampleur au mouvement roller
  • une identité qui devient floue et confuse, une image de pratique illégale, troublant l'ordre public.

7. La perte d'une vitrine hebdomadaire exceptionnelle pour le roller

Les grandes randonnées roller sont régulièrement mises en avant dans les grands médias depuis leur création. Elles créent un lien entre les associations et le grand public. Elles constituent souvent un lieu de recrutement pour les clubs, une porte d'entrée vers d'autres pratiques du roller. Elles rendent le roller visible. Elles montrent qu'il ne s'agit pas que d'un jeu pour enfant mais bien d'une pratique sportive à part entière.

8. Un coup porté au militantisme des transports doux

Randonnée roller en AllemagneAlors qu'une frange de dirigeants s'engagent dans la voie obscure de la négation du changement climatique, le coup porté aux randonnées urbaines en roller est un coup porté à une certaine vision de l'écologie et des modes de déplacements alternatifs. Le retour de la toute puissante bagnole ! Une régression en perspective !

9. La diminution de l'attrait touristique de la Capitale

A l'image des voies vertes qui valorisent le territoire, les randos roller permettent aux patineurs de se réapproprier leur ville, de la découvrir autrement que derrière un volant. On vient du monde entier pour parcourir les rues de Paris sur les roulettes, avec les retombées financières que cela peut générer sur l'économie locale.

10. Un effet domino possible dans les villes de province

Aujourd'hui Paris. Demain Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Lille et pourquoi pas d'autres agglomérations ? Qui nous dit que d'autres municipalités ne suivront pas l'exemple de la capitale ? Soyons derrière les randos parisiennes maintenant pour ne pas nous réveiller dans quelques mois avec les randos provinciales qui subiraient le même sort.

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Mis en ligne  le 01 April 2017 - Lu 9023 fois

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Bénévole sur REL et Spotland depuis plusieurs année je pratique le roller depuis 2008 au Skate Club Lorrain d'Hettange-Grande. Ces dernières je me suis orienté vers la pratique de la longue distance et des courses en solo. Je gère Spotland et effectue quelques articles et news sur REL, un juste retour de ce que m'a apporté ce site.

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