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Le 08 April 2016 à 06:04 | mise à jour le 11 April 2016 à 12:53

L'autoportrait de Xavier Bleuzen

L'autoportrait de Xavier Bleuzen

L'autoportrait de Xavier Bleuzen, arbitre international de rink hockey.

Mis en ligne par  Jean LASSUEUR

Rencontre

Mes débuts au hockey

Xavier Bleuzen

A Ergué Gabéric, le rink est une institution, donc il est normal de faire ce sport plutôt que du foot. J'ai commencé à l'école de patinage à un peu plus de 4 ans et j'ai joué jusqu'à l'âge de 10 ans. Ensuite, divers déménagements ont fait que j'ai dû arrêter.

Puis, à 18 ans je suis rentré en STAPS à Dijon, j'ai découvert internet et j'ai fait des recherches sur le rink. J'ai pris contact avec Jean Yves PHILIPPE qui était à Colmar (maintenant il est à Blain (44)). Puis j'ai été contacté par Richard PEREZ de Gleizé. J'ai repris le hockey en partant de zéro (patinage, technique, tactique). Je faisais les trajets Dijon-Gleizé 2 à 3 fois par semaine.

Comme c'était assez difficile de concilier les trajets et les études, j'ai décidé de m'installer dans la ville des conscrits. J'y suis resté 8 ans.
A la naissance de ma première fille, je suis revenu habiter à Ergué Gabéric.

Les débuts en tant qu'arbitre

J'ai passé mon examen d'arbitre régional à 20 ans, sur un match de Coupe de la Ligue Rhône-Alpes (Lyon contre Vaulx-en-Velin, les 2 équipes jouaient en N1). Et un an après j'ai passé l'examen national au tournoi international des Alobroges de Chambéry.

Pour l'anecdote, mon premier match officiel en N1 a encore été Lyon contre Vaulx-en-Velin en 2009.

Enfin, en 2010, j'ai passé mon examen d'arbitre international sur un match amical entre 2 équipes allemandes pendant le Championnat d'Europe masculin de Wuppertal.

Le choix d'être arbitre

Ce n'est pas forcément facile de se dire qu'on va se consacrer uniquement à l'arbitrage. Mais en tant que joueur, je n'aurais jamais pu atteindre ce niveau.

Je pense que si on veut être efficace dans ce qu'on fait, il ne faut pas courir plusieurs lièvres à la fois.

Si on veut être un bon arbitre, il ne faut faire que de l'arbitrage et surtout beaucoup de matches afin d'acquérir de l'expérience. Plus on commence tôt mieux c'est.

Mes objectifs personnels

A chaque fois que je commence une compétition (N1 élite, Coupe de France, Championnat international...), je me fixe comme objectif d'aller le plus loin possible ou d'arbitrer les meilleurs matches.

La saison dernière a été assez riche sur ce point avec la finale de l'Euro U17, la finale de la Coupe des Nations, la finale de la Coupe de France et la finale de la Coupe CERS.
Mais il me reste encore la finale de l'Euroleague (peut être cette saison) et la finale d'un Mondial masculin (peut être aux Roller Games en Chine en 2017).

Une chose est sûre, une fois que j'aurai sifflé la finale d'un Mondial, je pourrai considérer que j'ai fait le job, et donc je pourrai arrêter et passer à autre chose.

Mes objectifs pour l'arbitrage français

Xavier Bleuzen au mondial rink hockey 2015

Je souhaite que l'arbitrage français soit plus « professionnel ». Comme je disais avant, on ne peut pas être arbitre et joueur. De même je pense qu'il est difficile d'être arbitre et formateur. Nous manquons de formateurs en France et les arbitres en activité manquent de temps pour faire ce travail correctement.

Les arbitres de N1 Elite sont supervisés quasiment à chaque match, mais en N2, en N3, en Régionale...rien ! Le problème est là. Comme pour une équipe qui accède à l'échelon supérieur, la marche est dure à passer. Pour les arbitres c'est pareil. Passer de la N2 à la N1 Elite, c'est très compliqué. La première raison est l'arbitrage à deux. Je n'ai pas la solution, mais je pense que TOUS les matches, peu importe le niveau, devraient être arbitrés par des binômes. Ces paires d'arbitres doivent être fixes pour travailler les automatismes et la confiance. Et des superviseurs devraient être présents sur les terrains pour évaluer TOUS les arbitres et établir des classements en fonction du niveau des arbitres et non de leurs disponibilités.
Et surtout, les arbitres se sentiraient beaucoup moins seuls.

J'ai arbitré il y a peu de temps, seul en Régionale, je n'ai pris aucun plaisir.
Mais pour avoir 2 arbitres, les règles de fonctionnement doivent changer.

Mes plus beaux matches

  • Demi-finale de Coupe de France 2010 (Ploufragan – St Brieuc) avec Régis Delahaye.
  • Finale de la Coupe des Nations 2015.
  • ¼ de finale retour de l'Euroleague Barcelone – Valdagno (et un match de Ligue des Champions de hand au Barça et pour clôturer le week-end, le classico Barça-Real en foot !). Cette chance ne se représentera pas 2 fois.
  • Demi-finale Espagne - Allemagne du Championnat du Monde 2015 en France, à la Roche-sur-Yon.
  • La finale Sporting-Reus de la Coupe CERS 2015 avec mon binôme adoré Arnaud ESOLI.
  • Le dernier match de la carrière d'Arnaud, à Nantes le 11 juin contre Noisy. Je ne sais pas si ce sera le plus beau, mais je risque de m'en rappeler longtemps...

Le final four de la coupe de France 2016

Asterix et Obelix

Ce sera mon 3ème Final Four dans cette compétition (après Tourcoing et Saint Brieuc). A chaque fois, le public était au rendez-vous et c'était une réussite en termes d'organisation.
J'espère qu'il y aura des buts, du beau jeu, pas de cartons et le moins de fautes d'équipe possible.
D'ailleurs, je tiens juste à rappeler que les arbitres ne mettent pas des cartons pour le plaisir. Un match sans sanctions est beaucoup plus plaisant à arbitrer qu'un match haché par les fautes.

Un dernier mot

Je pense que le rink doit faire un effort pour évoluer.
Il y a trop peu de clubs pour qu'on se permette de se tirer dessus. Si chaque club de N1 Elite et de N2 aidait à la création de petits clubs satellites autour d'eux en permettant notamment à leurs entraineurs de faire des heures d'entrainement dans ces petites structures, on pourrait augmenter de manière significative le nombre de licenciés. Un club de 20 licenciés est aussi important que celui qui en a 300, mais pour ça, il faut de l'entraide et ne pas avoir une vision nombriliste de notre sport. Plus il y aura de petits clubs de 20 licenciés, plus l'attrait de notre sport sera intéressant.

C'est la concurrence qui fait que le marché se développe, pas le monopole. 

Liens utiles

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Mis en ligne  le 08 April 2016 - Lu 1556 fois

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Après avoir fait son apprentissage de spectateur lors de Coupes des Nations jouées à l'ancien pavillon de Montreux, suivi les évolutions du club du bout du lac il y a quelques décennies, s'être perdu longtemps dans un autre sport, a finalement retrouvé sa lucidité-rink à l'occasion de l'Euro U17 de Genève en 2011.

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