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Le 09 November 2015 à 07:11 | mise à jour le 09 November 2015 à 08:30

Rencontre avec Carlos Nicolia, champion du monde de rink-hockey 2015

Rencontre avec Carlos Nicolia, champion du monde de rink-hockey 2015

Carlos Nicolia un joueur de rink hockey originaire de San Juan en Argentine. Il évolue actuellement au sein du SL Benfica de Lisbonne. En juin 2015, il est devenu champion du Monde de rink hockey à La Roche-sur-Yon avec l'équipe argentine...

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"J'ai rêvé 20 ans de devenir champion du Monde"

Carlo Nicolia au premier planDans l'interview avec le Diaro de Cuyo, Nicolia parle de sa vie, de ses débuts en tant que hockeyeur, de son fils Cristiano et du titre de champion du Monde.

Bonjour Carlos, as-tu réalisé ce que tu as atteint il y a quelques mois ?

Je suis en train de comprendre. Chaque joueur en rêve dès le début de sa carrière sportive. J'ai commencé à l'âge de 3 ans avec Olimpia et j'en ai rêvais petit déjà. Si tu m'avais demandé il y a quelques mois quel était mon rêve, cela aurait été ce titre. J'ai passé 20 ans à rêver du titre de champion du Monde.

T'es-tu imaginé que cela pourrait se réaliser de cette façon ?

Jamais. Bien que l'on renonce à beaucoup de choses pour participer à un championnat du monde, je n'aurais jamais imaginé gagner ainsi contre le Portugal et encore moins contre l'Espagne. Peut-être que je croyais gagner 1:0 voire 2:1 en prolongation ou aux tirs des penalties, mais jamais par 6:1.

Tu as signalé avoir renoncé à beaucoup de choses. Du soutien a-t-il manqué ?

Cela me dérange beaucoup. Dans le hockey, c'est une honte que nous, de San Juan, qui est le lieu par excellence du hockey argentin et malgré notre histoire, nous ne jouissions d'aucun soutien ni de la logistique nécessaire. Nous avons renoncé à beaucoup de choses pour l'équipe nationale. À Vigo, par exemple, nous achetions nous-mêmes nos vêtements, en Angola nous avons payé nous-mêmes jusqu'à nos cafés, maintenant en France nous avons lavé nous-mêmes notre linge et avons dû acheter même les shorts et les pull-overs, mais le rêve était toujours de devenir champion du monde. C'était l'unique espoir qui nous poussait en avant. C'était le rêve d'un tas de joueurs qui s'est réalisé.

Si tu devais choisir ton plus beau but, tu choisirais sûrement le 5:2 contre le Portugal (Nicolia a réussi un coup franc direct en passant la balle entre ses jambes avant de battre le gardien de but).

Sans doute bien que le 4:2 de Nalo García réussi sur base de ma préparation m'ait aussi fait plaisir. J'apprécie toujours de préparer des buts. J'ai aussi aimé le 5:2 parce que le gardien de but portugais est de Sporting et moi de Benfica et que nous sommes rivaux. Je voulais le réaliser ainsi et, heureusement, cela a réussi.

Te considères-tu comme un modèle ?

Comme gamin, Panchito Velazquez était mon idole, comme une exception terrestre. Maintenant, je ne me vois pas comme lui. Bien que je sois champion du monde, je me sens normal. Je jouis de la reconnaissance des gens, l'accueil a été exceptionnel. Ce sont de très beaux moments mais ensuite, tu vas à la maison et tu es comme d'habitude.

Mais, pourtant, dans ta famille, tu es sûrement une idole...

La maison de mes parents est un musée. Des photos de moi partout. C'est quelque chose que j'ai commencé à comprendre quand mon fils Cristiano est venu au monde. Je me souviens que quand je suis devenu champion du monde U20, je me suis fâché avec mon père parce qu'il couvrait la maison de papiers à mon sujet. Aujourd'hui, en tant que père, je comprends mieux la fierté de mon père à l'égard de son fils. Ils m'ont toujours soutenu, mais simultanément aussi maintenu les pieds sur terre. Ma mère disait toujours, quand j'étais petit, une expression du genre "comme il joue bien Carlitos, quand l'école est finie..."

Tu l'as finie, l'école...

L'Argentine, championne du monde de rink hockey 2015

Oui, parce qu'elle était professeur et m'y a presque obligé. J'ai passé les première, deuxième, troisième et la quatrième années, toutes. Après la cinquième année, je voulais aller en Europe.

Tu n'as jamais réfléchi à suivre une formation ?

Non et pourtant avec un père médecin et une mère enseignante. Il ne m'est jamais venu à l'idée "que vais-je étudier ?" J'avais une seule chose en tête : je devais devenir hockeyeur, le plus longtemps possible

T'es-tu repenti une fois de ta décision ?

Jamais. Quand je suis parti pour la première fois à l'âge de 17 ans en Europe, ma famille est venue me dire au revoir à l'aéroport de Mendoza ... J'était heureux parce qu'un rêve se réalisait. Mais alors dans l'avion, j'ai déjà pensé : "Aïe, que fais-tu ? Je m'éloigne de 15.000 km, seul, sans rien". Mais je ne m'en suis pas repenti. Pour moi une seule chose compte dans la vie, c'est de regarder toujours en avant même si 90% sont d'un autre avis.

Quel est ton but ?

Mon rêve était de devenir champion du Monde et je l'ai atteint. Maintenant, je veux gagner la Ligue des Champions en Europe. 

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Notre page du championnat du monde de rink hockey 2015

Texte : Diaro de Cuyo
Traduction : Jean Lassueur
Photos : Alexandre Silva
Mis en ligne  le 09 November 2015 - Lu 1084 fois


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