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Le 31 August 2015 à 07:24 | mise à jour le 25 September 2015 à 23:52

Kat, Loïc et leurs Skatedrive en Finlande

Kat, Loïc et leurs Skatedrive en Finlande

Après Yann solo, l'équipe de rollerenligne.com part à la rencontre de Kat et Loïc, deux autres passionnés de raids roller. Équipés de leurs Skatedrive, ils ont parcouru la Finlande cet été...

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Rencontre...

Pouvez-vous nous parler de vos Skatedrive, appareil apprécié de nombreux patineurs ?

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Kat : Nous faisons des raids depuis 2008. C’est allé progressivement, avec la Hollande (400 km), le Danube sur sa partie allemande (600 km), La Loire de son estuaire jusqu’à sa source, située à une vingtaine de kilomètres de chez nous (1004 km, en 2 fois), puis la Suisse (983 km en 2 fois) en suivant les vallées.

Nous avons commencé nos périples en Skatedrive (SD) après deux raids en roller, accompagnés d’une voiture suiveuse pour les bagages. Mais pour la Loire en Roller, nous partions seuls, nous nous sommes donc orientés vers des SD afin de rouler en toute autonomie.

Loïc : Nous avons opté au début pour une caisse de 70 litres montée sur un porte bagages adapté sur le SD. Ces caisses en PVC ont l’avantage d’être étanches en cas de pluie et d’avoir un volume utile totalement exploitable. L’inconvénient majeur étant un centre de gravité très haut, réduisant la maniabilité à basse vitesse.

C’est notre raid en Finlande qui nous a poussés à remplacer notre moyen de portage par des sacoches, car cela facilitait notre transit par avion. La maniabilité est bien améliorée mais l’utilisation des sacoches comprend des contraintes (mise en place d’une housse en cas de pluie, ce qui condamne l’accès aux sacoches), obligation de fabrication d’une béquille pour laisser les SD en position d’attente verticale lorsque l’on est arrêté. Toutes ces adaptations et fabrications ont été exécutées par mes soins. (Il faut être bricoleur pour faire du SD, nous en reparlerons plus loin !)

Pourriez-vous nous parler de votre expérience roller ?

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Kat : J’ai commencé le roller assez tard, à 40 ans. J’ai été vite prise par le virus, et plus tard quand Loïc m’a rejoint au club, nous avons assez vite ouvert nos horizons pour rouler ailleurs qu'au Puy-en-Velay, où les montagnes sont vite à portée de roues !

1ère course en 2008 à Nîmes, en open où il nous fallait terminer les 33 km en moins d’1h30. Chose faite mais nous étions assez frustrés de faire tant de déplacement pour si peu de kilomètres. On s’est donc orienté sur les 6 heures pour amortir les voyages !

Ces courses nous ont permis également de nous entraîner pour des courses plus importantes comme les 24 heures du Mans, en équipe tout d’abord, puis n’osant pas m’inscrire en solo, j’ai tenté le duo, avant le grand saut !

J’ai terminé 3ème solo femme en 2012 et 2013 avec 380 km, cette année je suis 5ème avec 452 km ! Le niveau a vraiment monté d’un cran, et pour tout le monde. 4 femmes cette année ont bouclé leur 24 heures avec plus de 500 km au compteur...

J’ai également remporté les 24 heures de la Grol Race 2014, ainsi que le Challenge du Centre 2012, à chaque fois en catégorie individuelle.

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Loïc : La pratique du roller ne me tentait pas tant que ça. En 2006, alors que Kat en faisait déjà depuis 3 ans, une promo sur une paire de K2 a été l’élément déclencheur ! J’ai cependant très vite pris goût au truc…. Nous avons dès lors passé nos loisirs et congés à parcourir les voies vertes et routes d’Europe en roller, et d’une manière exponentielle : 100 km en une semaine sur l’ïle de Ré pour la première année jusqu’à ces 957 km en 15 jours cet été !

Les progrès ont été possibles grâce aux courses de 6 heures et aux 24 heures, (quasiment tout en solo). A cela s’ajoute les randos diverses que nous faisons toutes l’année, exceptés les 3 ou 4 mois d’hiver).

Des stages techniques nous ont également beaucoup apportés notamment dans l’amélioration de la poussée, bien que celle-ci soit différente qu’en roller, surtout quand ça monte !

Pourquoi avoir choisi la Finlande pour votre raid ?

Kat : L’année passée, un copain skatedriver nous a dit qu’il avait voyagé à vélo en Finlande, et qu’il y avait beaucoup de pistes cyclables. Comme je rêvais d’y aller depuis mon adolescence, il n’en fallait pas plus pour nous décider !

Pouvez-vous nous parler de ta préparation tant physique que pour l'organisation (voyage, SD, matériel, repas, etc.) ?

Kat : Dans le couple, nous avons chacun notre domaine de compétence/prédilection. Loïc s’occupe de tout ce qui est matériel, et moi j’adore préparer les voyages ! Pendant l’hiver, je regarde beaucoup ce qui se fait en raid vélo, ce qui me donne des idées pour le roller. Là, pour la Finlande, je me suis procuré des cartes en Finlande (je trouve que c’est important qu’elles soient éditées par le pays concerné). Ces cartes au 1/250.000 ou 1/400.000 étaient très précises, y figuraient les pistes cyclables précisant lorsqu’elles étaient asphaltées ou non. Du coup nous n’avons pas eu de surprise quant au revêtement. Les campings et endroits de baignade étaient également indiqués.

A partir de ces éléments, j’ai fait des calculs pour déterminer les étapes (entre 60 et 100 km/jour), fait des recherches sur les lieux à visiter, noté les adresses de camping….

J’ai fait un tableau récapitulatif, notant les éléments importants afin de ne pas perdre trop de temps à chercher dans les guides une fois sur place, car je ne réserve aucun camping. En Finlande, plus on monte vers le Nord, moins il y a de camping. Nous savions donc que nous ferions du camping sauvage, ce qui est tout à fait autorisé en Finlande.

Pour les repas, nous ne nous surchargeons pas. Une popote, du sel, du poivre, un produit détergeant qui sert pour la vaisselle comme la lessive. Ensuite on achète sur place en ayant toujours de quoi faire un repas d’avance, pour ne pas se faire surprendre. Et bien sûr, un petit resto de temps en temps, en général après une étape difficile.

En ce qui concerne les vêtements, c’est 3 tenues sport, plus une de ville, un imper, des tongs, et des chaussures de marche. Le minimum, donc, et le maximum aussi pour ne pas surcharger !

Au niveau pharmacie, au fil des années, nous avons réduit aussi, car finalement, on ne va pas au bout du monde !

J’avais décidé de suivre l’Eurovélo 10.

On est donc partis d’Helsinki puis suivi la côte vers l’ouest en direction de Turku, et son archipel d’îles fantastiques. Puis nous sommes remontés vers le nord, toujours en suivant la côte, jusqu’à Vaasa, en roller, soit 957 km au total en roller et Skatedrive. Au départ le souhait était de rejoindre en roller le cercle polaire, à Rovaniemi, ce que nous avons fait, mais, pour finir, en voiture.

Pourquoi ce choix d’itinéraire ?

  • La route étant déjà tracée pour les vélos, il suffisait de l’adapter en fonction des revêtements, en interprétant les cartes.
  • La route étant déjà existante, les hébergements devaient être adaptés aux randonneurs.
  • La Finlande étant un pays composé essentiellement de lacs et de forêt , j’ai pensé qu’en suivant la côte, la mer nous apporterait une diversité de paysage complémentaire.
  • Les moustiques : Ils m’adorent, et en Finlande ils sont très virulents, on a donc pensé que sur le bord de mer, ils seraient moins présents.

Quant à la préparation physique, toutes les courses d’endurance que nous faisons régulièrement nous préparent à supporter les patins toute la journée. A cela nous ajoutons un à deux week-end SD dans l’année, histoire de découvrir différentes régions de France et de voir les copains skatedriver et donc d’échanger sur les lieux où pratiquer et le matériel.

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Loïc : Au niveau préparation des SD, j’ai donc fabriqué une béquille en alu rond de 10mm pour pouvoir faire tenir les SD en position verticale, position dont on avait pris l’habitude avec les caisses, et qui s’avère très pratique pendant les pauses et pour les rentrer dans la tente pour la nuit. Notre tente fait effectivement 4x2m ce qui nous permet de nous coucher avec les SD à l’intérieur.

Avant le départ, j’ai remplacé les pneus d’origine qui commençaient à être bien usés par des modèles renforcés, dits increvables.

Le problème est que la jante alu des SD est légèrement ovoïde et on a beaucoup de mal à centrer le pneu neuf sur cette jante. Il se produit alors une effet de sautillement du SD lorsque l’on roule (pas terrible à la longue !)

Notre trousse à outils comprends les ustensiles utiles à une réparation soit de l’huile, quelques clés allen et plates, tournevis, démonte pneus, une pince multiprise, une chambre à air, une pompe ainsi que quelques roulements, axes, une roue de rechange et une boucle micrométrique pour nos Fila Nine 100, au cas où….

Au final, une fois chargé, nos SD pèsent au total entre 24 et 27 kg, tente et duvet compris. Cette année, nous n’avions pas le choix, en avion nos bagages ne doivent pas dépasser 32 kg.

Ce fut aussi une longue réflexion pour l’emballage de tout le matériel. Nous avons finalement opté pour des cartons de vélos, que nous avons retaillés à la taille adaptée aux SD démontés et accompagnés des sacoches.

Qu’avez vous rencontré sur les routes Finlandaises ?

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Nous avons été conquis par les paysages magnifiques de la Finlande. Les villages, les maisons à la campagne sont particulièrement soignés. Par contre, les grandes villes nous ont déçus, avec un style architectural assez austère, dû aux influences russes.

Nous avons croisé régulièrement des rollers, ou ski roues. Les rollers utilisent généralement des bâtons et ont une poussée qui s’apparente plus à celle du skating, sport qu’ils doivent pratiquer une grande partie de l’année.

Nous avons grandement apprécié les séances de sauna, que l’on trouve partout et qui sont une institution dans le pays ! Ils nous permettaient de nous relaxer et de nous imprégner de la culture finnoise. Plongée dans le lac après une séance à 7 heures le matin est un vrai délice !

Les campings finlandais sont tous équipés de coin cuisine, ce qui nous a valu de faire des rencontres et d’échanger avec d’autres randonneurs, souvent intrigués par notre moyen de locomotion. Un moment fort fut la rencontre d’un cycliste allemand de 80 ans qui faisait pour la 5ème fois Brême/Le Cap Nord, et retour. Pour la première fois, il le faisait sans sa femme, et en vélo électrique !

Les finlandais sont ouverts et généreux. Ils nous ont offert de l’eau, à manger et même un accès à leur plage privée pour que l’on puisse planter notre tente ! Nous avions d’ailleurs un très grand succès lorsque nous portions notre maillot finlandais ! Alors que nous appréhendions un peu la barrière de la langue, ils parlent tous très bien anglais, du plus jeune, au plus ancien ! A ce sujet, leurs panneaux indicateurs de villes sont bilingues Finlandais/Suédois, à chaque fois 2 noms de villes très différents qu’il fallait essayer de retenir et de repérer sur les cartes, un vrai travail de mémoire….

Les 4 premiers jours de notre parcours ont été particulièrement éprouvants. Il ne faisait pas très chaud, nous avions un fort vent de face, et le dénivelé, sans être cassant, était usant. Heureusement, par la suite, le soleil est arrivé, et nous avons eu 2 semaines de très beau temps. S’ajoutait à cela une route au revêtement grattoneux, ou très énergivore. Le bitume, même neuf, est fait dans un matériau devant résister aux grands froids, il n’est donc pas agréable d’y rouler à roller.

L’Eurovélo alterne les routes et les pistes cyclables, qui suivent généralement les routes, voire les grands axes… Ayant compris que nous allions rouler très souvent au bord de routes très passantes, nous avons fait le choix de privilégier au maximum des routes secondaires. On a donc ajouté des kilomètres à ceux programmés ! Mais l’avantage de prendre ces routes, c’est que nous avons pu voir des petits trésors, perdus dans la nature ! Par exemple, au détour d’un hameau où se trouvait 2 anciens moulins, nous avons découvert, vraiment par hasard un ancien sauna abandonné, laissé tel qu’il était il y a peut-être 50 ans ! C’était vraiment un moment exceptionnel.

Dans le chapitre des difficultés, un petit mot tout de même sur les routes «unasphalted», bien que les quelques tronçons que nous avons empruntés aient été souvent plus lisses que les routes goudronnées ! Elles sont en effet faites en terre battue et lorsqu’elles sont en bon état, il est assez agréable d’y rouler, surtout que ces routes sont très peu utilisées par les autochtones.

Suite à cette succession de routes difficiles, Loïc a développé une tendinite au dessus de la cheville, au bout de 15 jours, et 917 km. Du coup, nous avons dû arrêter le périple à roller et louer une voiture pour rejoindre la destination finale dont nous avions convenu : Le Cercle Polaire.

Cet événement, au delà de la déception de devoir arrêter notre périple en SD, nous a permis de faire le point sur ce que nous avions déjà parcouru et ce que nous souhaitions faire par la suite. Nous avons donc décidé d’aller plus à l’Est, à l’intérieur des terres, pour découvrir des paysages que nous n’aurions pas vu en roller, notamment en traversant des zones inhabités où nous avons pu croiser des groupes de rennes sauvages. Nous avons eu également plus de temps pour faire des visites de musées. Une fois rendue la voiture, nous avons rejoint Helsinki en train puis repris un peu le roller, pour quelques liaisons portant le nombre de kilomètres parcourus en Finlande à 957.

Quels conseils donneriez-vous à un roller désirant se lancer tant un tel raid ?

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De ne pas hésiter ! On peut partir dans un premier temps 2/3 jours autour de chez soi, et puis petit à petit augmenter la durée et le nombre de kilomètres.! Bien préparer son itinéraire est important, afin de perdre moins de temps et d’énergie une fois sur place.

Il faut se ménager, savoir s’arrêter pour admirer le paysage, et ne pas avoir peur de revoir ses prévisions, s’adapter en fonction de sa forme, du temps, et de la route !

Peu importe la destination, le nombre de kilomètres parcourus, un raid réussi est celui qui vous laisse l’envie de repartir.

Un dernier mot pour conclure ?

Loïc : Lorsque l’on part seul, le périple me parait plus tourné vers une démarche initiatique et de réflexion personnelle, un peu comme un pèlerinage.

A deux, c’est un peu la même chose mais avec le plaisir d’échanger et de partager lors des pauses. Les décisions également se prennent à deux, ce qui est plus facile… ou pas !

A plusieurs, c’est le plaisir des rencontres et la convivialité.

Ce mode de transport permet en raison de la faible vitesse moyenne (15km/h) une grande proximité avec les choses, les paysages et les gens. En effet, à cette allure, rien n’échappe à notre vision et chaque curiosité peut être observée facilement.

Les arrêts photos, pour contrôler la carte ou discuter avec les gens sont également plus facile en SD qu’en véhicule motorisé.

Kat : Merci à REL, sans qui je n’aurai jamais connu ni eu l’envie de me lancer dans des raids. Ceux vécus et racontés par Appache, en Hollande, puis le long du Danube m’ont largement inspirée…. Lire les récits de Pierre Labaune nous a aussi donné l’envie d’évasion et de voyager en autonomie….

Merci pour la diversité d’information qui permet à chacun de piocher au gré de ses envies ou de sa curiosité.

Merci aussi à toutes les personnes qui nous ont aidé matériellement ou moralement sur ce raid, elles se reconnaîtront !

Liens utiles

La rubrique raid de rollerneligne.com

Les solutions de portage pour le raid longue distance

Yann Solo de retour de son raid roller 2015 entre Dunkerque et Colmar

Du nord au sud de la France par la côte avec Yann solo

Le Raid Trip de Yann Solo – Edition 2013

 Récit: Kat & Loîc
Photos: Kat & Loîc
Relecture et mise en page : Sanglier76 & Alfathor

Mis en ligne  le 31 August 2015 - Lu 1494 fois


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