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Le 23 May 2014 à 18:05 | mise à jour le 23 May 2014 à 19:12

Raid en roller de Bordeaux à Biarritz avec Roller2B

Raid en roller de Bordeaux à Biarritz avec Roller2B

Alors que la Traversée des Landes va s'élancer ce weekend pour une nouvelle édition, nous vous invitons à découvrir le récit de Roller2B qui a relié récémment Bordeaux à Biarritz en roller. Un périple de 330 km à travers l'Aquitaine...

Article par 

Récit 

Piste Sud LacanauJe suis tombé dans l'univers du patinage à roulettes alors que j'avais à peine 5 ans, mon père et ma mère pratiquant ce sport dans leur jeunesse et ayant initié leurs 3 enfants. J'ai pratiqué la compétition au sein du club de Bergerac, de 1962 à 1976, puis j'ai continué pour mon plaisir. Je roulais à l'époque avec des "quads" et n'étais pas emballé par l'arrivée du roller en ligne. Je m'y suis donc mis tardivement en 2000 alors que j'avais été affecté en Corse, sans pour cela abandonner la pratique du "quad".

Cependant je n'étais pas satisfait de ce que je pratiquais, n'ayant jamais le temps ou la volonté pour m'y mettre vraiment. Aujourd'hui je suis quasiment à la retraite et le temps libéré m'a permis de concrétiser un projet parmi tant d'autres qui me trottaient dans la tête : celui d'effectuer un grand raid roller.

Consultant régulièrement des sites dédiés comme Roller En Ligne (REL), je visionnais plusieurs sujets sur les raids et randonnées. Bien sûr une rando longue distance est intéressante, mais laquelle, et comment s'y prendre ?

La publication d'un reportage et de photos sur des jeunes qui ont testé la voie verte de la Pointe de Graves à Arcachon, m'a amené à m'intéresser à ce circuit. En approfondissant, je m'aperçus que j'avais la possibilité de relier Bordeaux à Biarritz par la voie verte. Le projet était donc lancé.

Préparation

Road bookA partir des fiches trouvées sur le site de l'Association Française de Développement des Véloroutes et Voies Vertes (AF3V), j'établissais un parcours type divisé en six étapes, soit environ 60 km quotidiens, ce qui sommes toutes était réalisable en consacrant 4 à 5 heures de roller chaque jour (tranquille). Je l'ai vécu ensuite, j'avais négligé le facteur climatologique.

Je commençais donc par me procurer les cartes ad hoc mentionnant les voies vertes concernées et à établir un “road-book” du parcours à partir de Google map. En parallèle il me fallait opter pour une paire de roller adaptés pour ce défi.

Le choix du matériel

J'étudiais donc sur REL tous les tests et essais de roller fitness, vitness et courses afin d'établir un comparatif et de choisir le patin qui me conviendrait le mieux.

Après un choix cornélien, je me suis fixé sur une paire de Rollerblade Tempest 100 montés en 3x100 – 1x90. Ce sont des rollers confortables, assez légers, en tous cas plus que les Salomon pro 9, en 5x76 mm que j'avais pour débuter et offrant également une qualité de roulement supérieure.

Concernant le logement, j'opte pour la formule camping et il me faut être autonome, et donc transporter le matériel de couchage, mais aussi eau, nourriture, boîte de secours, vêtements de rechanhe et petit outillage en cas de problème technique. Je prends également un jeu de roues supplémentaires équipées de leurs roulements, et axes et visserie pour les rollers. On ne sait jamais, une fois j'ai perdu un axe sur mes Salomon et j'étais bien embêté pour rentrer.

Puis je fais le choix du moyen de transport. J'écarte le sac à dos, car même s'il n'est pas trop lourd, (j'ai l'habitude des randos pédestres) risque à la longue de me casser les reins. J'ai étudié la possibilité du Skate-Drive que l'on pousse et qui peut emporter un matériel conséquent mais trop cher à l'achat et comme j'ai un petit budget... il y a également le Carrix, qui lui se tire, et a été développé au début par les Savoyard pour le transport de blessés ou de matériel dans la neige, puis adapté pour les sols en dur par l'adjonction de roues. Ce matériel est également proposé à l'achat mais cher aussi, ainsi qu'à la location mais onéreux surtout la caution. Comme je suis bricoleur, et que j'ai le matériel adéquat, je décide donc de me fabriquer un moyen de transport adapté.

Rollerblade Tempest 100

Bricolage

A partir d'une carcasse de landau, d'un lit de camp, et de tubes de tente, ainsi qu'un harnais de sécurité, je fabrique un petit chariot à tirer. Je récupère les roues avants du landau, tronçonne les tubes di lit de camp à dimension et les adapte sur le train de roulement, installe des barres transversales issues des tubes de la tente et découpe et recoud la toile du lit de camp pour le support.

Une fois ceci fait, un  coup de peinture dessus (du bleu, j'aime bien le bleu) et je peux procéder aux essais. Bonne réaction du matériel sur le plat et en montée et descente. Bien sûr je n'ai pas le freinage du Skate-Drive mais je m'en accommoderais en étant prudent. J'ai testé également le chariot chargé, le sac pesant environ une quinzaine de kilos et je dois pouvoir porter sans difficultés une trentaine de kilos.

Justement comme je risque de trouver quelques dénivelés importants, notamment vers le Pyla, Biscarosse ou Hossegor, il me faut m'informer des différents moyens de freinage. Je trouve toute la documentation nécessaire sur Roller En Ligne. J'étudie les neufs moyens proposés mais je ne pourrai me servir que de 4 sur 9, handicapé par le chariot tracté (tampon, godille, T ou chasse neige).

Un intéressant article sur l'utilisation d'une voile pour freiner, notamment chez les skate-boarder et les planchistes, me donne l'idée de créer ma propre voile. Achat de bandes velcro cousues sur un drapeau Corse que j'avais en réserve, plus l'adjonction de poignées sur le haut, me font un excellent moyen de freinage (et qui on est !).

j'ai parlé de mon projet à mon cousin, ancien patineur et officier chez les pompiers qui a posé la semaine de congé afin de m'accompagner dans mon périple avec son camping-car. Il me déposera le premier jour au départ de Bordeaux, ira positionner son camping-car à la ville étape (Lacanau) et devrait me rejoindre à mi chemin à vélo ou avec ses patins. Nous effectuerons la seconde partie de l'étape ensemble, lui à vélo, moi à roller. Toutes les étapes devraient se faire de cette manière, du moins c'est ce que nous avons décidé. Comme j'avais prévu de tracter mon matériel, je maintiens cette option, comme cela j'aurai une expérience lors d'un prochain raid, et si des fois il ne pouvait m'accompagner jusqu'au bout (rappel au service, pépin quelconque), je ne resterai pas sans rien.

J'appréhende un peu cette expédition, car quinze jours avant de partir, en m'entraînant, j'ai roulé sur une bande humide et je me suis fait une élongation au niveau de la cuisse. J'ai souffert le martyr durant 4 jours, mais à force de massages et de cachets, la douleur s'est envolée, mais je suis encore un peu fragile.

Le chariot

1ère étape   Bordeaux / Lacanau

  • 28 avril 2014
  • Distance : 55 km 
  • Temps à rouler : 5h45
  • Vitesse moyenne : 9,27 kmh

Départ dimanche soir. Nous installons le camping-car près de la caserne des pompiers à Bruges, à 1 km du point de départ. Il pleut des cordes et le temps ne laisse rien présager de bon.

Le lendemain Antoine, grand pratiquant de raid et habitant Bordeaux est présent  au rendez vous Place Ravezies. Je charge mon matériel sur le chariot. Il pleut, mais pas tant qu’hier. Départ à 10 heures. La piste de Bordeaux à Blanquefort est fermée en raison des travaux du tramway. Il nous faut donc prendre un itinéraire bis qui n’est pas signalé, et heureusement qu’Antoine connaît le chemin. Cela nous  rallonge de 3 Kms environ. La piste n’est  pas très bonne, pleines de bosses, de nids de poules ou de saletés jusqu’à St Médard. Je chute 2 fois entre Bordeaux et St Médard et m’aperçois que le chariot est un handicap pour moi. Trop lourd, il balance trop et me ralenti. Sur les conseils d’Antoine, je décide d’abandonner le chariot , d’autant que nous avons franchi 3 ponts à lamelles de bois qui glissent comme sur une patinoire, et je chute même sur le premier pont, et passe donc les 3 en crabe. Dés que je me suis débarrassé de mon chariot, il est vrai que je me sens plus léger.

A St Médard la pluie cesse un peu mais nous avons le vent de face. L’état de la piste s’améliore et sans le chariot, nous menons bon train. Malgré ceci nous arrivons à 13h45 à Sainte Hélène où nous sommes accueillis chaleureusement par un couple d’ami de Patrick, Léon et Carine qui nous ont préparé un repas chaud. C’est un bien pour nous patineurs  trempés et frigorifiés. Après manger comme nous sommes tout prés de la route de Lacanau, nous décidons d’abandonner la piste au profit  de la route et la qualité de roulement s’en trouve améliorée. Certes il y a le danger du à la circulation mais nous sommes prudents et le parcours se passe sans incidents. Nous avons même gagné en kilométrage par rapport à la piste.

Je suis cassé en arrivant et j’ai même songé un moment à abandonner, mais ce serait décevoir tous les gens qui  m’ont fait confiance pour cette expédition. Le soir nous sommes logés à la caserne des pompiers de Lacanau, tandis qu’Antoine est ramené par Carine à Bordeaux.

Arrivée Sainte Hélène

2ème étape Lacanau / La Teste      

  • 29 avril 2014
  • Distance : 6O km 
  • Temps à rouler : 5h40
  • Vitesse moyenne : 10,6 km/h

Au départ j’essuie une petite pluie et un peu de vent jusqu’au Porge. Arrêt à la gare du Porge pour ravitaillement, puis de Lège Cap Feret

Ensuite la pluie cesse mais le vent s’amplifie jusqu’à Ares. Comme la piste est impeccable, je roule bien jusqu’à  Andernos malgré le vent de face  qui souffle à environ 50 km/h. Halte à Andernos  sur un parking ombragé face à une grande surface où m’attend mon cousin pour déjeuner. Je repars. La piste est toujours aussi belle, mais traverse nombres de rues car je suis sur une succession d’agglomérations et ceci sur tout le pourtour du bassin d’Arcachon. Peu avant Biganos je fais une belle rencontre. Une dame d’environ 55 ans qui marche sur le bord de piste. Elle se rend à Saint Jacques de Compostelle. Je m’arrête à sa hauteur et adopte son rythme.

Petite conversation :

Elle : « il y a loin jusqu’à Biganos ? »

Moi : «  oh, environ 4 km »

Elle : « j’aurai du apprendre le roller, j’aurai été plus vite avec ces pistes qui n’en finissent plus ».

C’est que les longues lignes droites des pistes  traversant la forêt des Landes, semble parfois interminables à roller, alors à pied...  A nouveau la pluie s’invite au Teich.

Note à moi-même : prévoir pour le prochain raid un essuie glace sur les lunettes.

La piste est un billard très agréable à patiner sur 80 % du parcours, mais très dégradée à Biganos, ainsi qu’une partie au Teich qui passe dans les bois.

Je me perds dans Gujan-Mestras tellement ça a changé et les derniers mètres avant l’arrivée sont du gratton aussi ai-je du mal, mais cela ne m’empêche pas de faire 2 tours de l’anneau routier de Gujan que je n’avais jamais testé. En même temps une jeune fille venue de Rouen avec son père, s’entraîne durant ses vacances sur ce même anneau en prévision des championnats de France qui auront lieu dans quinze jours à Valence d’Agen.

Arrivée sur Mimizan

3ème étape  La Teste / Parentis    

  • 30 avril 2014
  • Distance : 51 km   
  • Temps à rouler : 3h45
  • Vitesse moyenne : 13,4 km /h

Au réveil il pleut, mais bien vite la pluie cesse et au départ il n’y a plus que des nuages. La piste est du velours. Plusieurs descentes et quelques montées mais sans incidences, ça passe bien, il faut anticiper le risque de chute par une bonne trajectoire ou un freinage correct. Je rencontre beaucoup de cyclistes et de randonneurs à qui je donne le bonjour, mais un sur quinze me répond. Les valeurs se perdent. Il est l’heure de manger lorsque j’arrive à Biscarosse plage à l’endroit où la piste s’écarte de la route pour filer vers le Lac de Sanguinet et Biscaosse ville. Après manger, sur les conseils d’Antoine, je décide de rejoindre Biscarosse ville par la route (la D146). De fait je gagne 5 km et surtout j’évite une zone dangereuse, la piste présentant par endroit des pentes à 10% et des descentes à l’avenant, parfois terminées par un virage à angle droit. Plusieurs accidents ont été signalés dans ces passages. Sur la route, Il y a une grosse montée au départ mais la descente qui suit est agréable, ensuite c’est gérable. La piste repart peu avant Biscarosse ville et se termine à l‘entrée de la ville au niveau du poste de Police Municipale. Il faut traverser la ville par les rues mais il y a peu de circulation et ça se passe bien. Je retrouve la piste, un billard, au niveau d l’ancienne gare. Hélas elle coupe  des routes et rues assez souvent et il faut sans cesse réduire sa vitesse aux carrefours. La piste prend des allures agréables lorsqu’elle longe un canal avant Parentis .

Le temps a été superbe tout l’après midi. Nous passons la nuit dans un camping familial « camping Calède » à Parentis quasiment vide. Au moins nous aurons la tranquillité. Comme il est tôt Patrick et moi décidons de prendre les vélos et de se rendre en ville à quelques 3 km de là, pour y faire quelques courses. Le départ de demain se trouve proche des commerces et je m’aperçois que la voie est fermée par des barrières métallique. Il y a des travaux et la section se rendant à Ychoux est complètement détruite. Par chance le départ vers Mimizan est intact. Après manger nous allons marcher sur la route qui borde le lac. Là nous croisons 2 jeunes filles qui font du roller. Comme nous leur disons bonsoir, l’une d’elle nous répond, « nous n’avons que 14 et 15 ans. De là à en conclure qu’il s’agit du bonjour landais, Patrick et moi annonçons notre âge chaque fois que nous croisons quelqu’un. Ils sont bizarres ces landais. La pluie recommence à 22 h.

Halte à Saint-Girons Plage

4ème étape  Parentis / Cap de l’Homy

  • 1er mai 2014
  • Distance  :  54 km  
  • Temps à rouler : 4h55
  • Vitesse moyenne :  10, 98 km/h

Avant le départ il pleut mais la pluie s’arrête lorsque je pars. La piste est fermée mais je passe par-dessus les plots pour rejoindre la partie praticable à 200 mètres. Peu après le départ il y a une belle descente sur 20 mètres avec un virage à 90 ° mais je le négocie bien ensuite la piste est bonne mais très sale. A sainte Eulalie j’aurai du traverser en ville mais une liaison a été créée pour relier les 2 parties de la piste. Cela permet d’éviter le danger routier. Peu avant Mimizan, je rencontre environ 2 km de piste en très mauvais état, mais cela s’arrange ensuite.

A Mimizan plage repas sur l’aire de camping car. Je repars mais me perd à la sortie de la ville. Les indications ne sont pas très claires. Je trouve enfin la piste et file vers Contis plage puis vers Cap de l’Homy. La piste tout le long serpente à travers bois en une succession de montées et de descentes. L’arrivée se fait sur une belle descente.

Le camping où nous passons la nuit ouvre juste ses portes et nous sommes les premiers clients. Cap de l’Homy est un petit hameau tapie derrière la dune qui borde l’océan, mais nous trouvons tout de même une crêperie, seul des 2 commerces du coin ouvert où nous pouvons boire un verre. Le patron est un ancien rugbyman, et c’est l’occasion de parler de l’actualité « rugbystique ».

5ème étape Cap de l’Homy / Cap Breton

  • 2 mai 2014
  • Distance : 55km400  
  • Temps à rouler : 5h20
  • Vitesse moyenne : 10,39 km/

Il a plu peu avant le départ, mais le ciel se dégage bien vite et je pense que je vais avoir du beau temps. Je pars de bonne heure et il fait un peu frisquet. La piste en bon état, est très humide et se compose de petites montées et de grandes descentes jusqu’à Saint Girons plage. Ensuite jusqu’à Vielle elle inverse la tendance et aligne les grandes montées et les petites descentes qui peuvent parfois  être dangereuses. Le soleil pointe son museau et je vois même un petit serpent qui se prélasse en milieu de piste profitant des premiers rayons. Je fais un petit écart pour ne pas l’écraser. A 4 km de Vieux Boucau, je rencontre une patineuse Espagnole (la première après tant de cyclistes), montée en 4x100, qui est en vacance dans la région. Nous roulons ensemble un moment. Peu après midi j’arrive à Vieux Boucau où m’attend Patrick pour déjeuner. Vieux Boucau semble être une jolie petite ville, mais je n’ai hélas pas le temps de visiter.

Je reprend la route et bientôt arrive sur Hossegor. L’entrée dans la ville se fait sur une piste en excellent état,  longeant un boulevard très vallonnéV), en bordure de dune, entrecoupé de nombreux rond points. La piste contourne ces rond points par des virages à 90 ° qui peuvent s’avérer dangereux en descente. J’en fait l’expérience peu après lorsque après avoir dépassé un groupe d’une dizaine de jeunes gens au sommet d’une côte, j’entame le descente et m’apercevant que j’ai pris trop d’élan je tente un coup de poker pour passer le rond point. Après une cinquantaine de mètres de descente sur lesquels j’ai tenté de freiner en vain j’arrive sur le premier virage à 90 ° à gauche que je passe, suivi d’un virage 90 ° droit, 10 mètres ligne droite, puis virage 90 ° droit que je passe également, suivi d’un virage à 90 ° gauche, et là je passe sur le pied droit relevant le gauche pour ne pas rouler dans l’herbe ce qui signifie la chute assurée. Les jeunes sont éblouis par ma maîtrise, mais je dois avouer que plus que de la maîtrise,j’ai eu beaucoup de chance. J’arrive enfin au pont qui franchit le canal d’Hossegor , le traverse et entre dans Capbreton. La piste descend tranquillement en parallèle d’une avenue avant d’arriver 3 km plus loin sur le port de plaisance que je remonte jusqu’au pont suivant. L’arrivée se fait là mais le camping car n’ayant pu entrer en ville, mon coach (je peux l’appeler comme ça) m’attend sur le parking du Leclerc à environ 1 km. Un kilomètre difficile à travers rues défoncées et trottoirs quasi inexistants. Le rafraîchissement avalé au bar de la galerie marchande est le bienvenue. Nous sympathisons avec la serveuse et l’un de ses habitués, et gentiment ils nous indiquent un camping tout prés où passer la nuit.

La piste à Bayonne

6ème  étape : Capbreton / Biarritz

  • 3 mai 2014
  • Distance : 40 km  + 5 km
  • Temps à rouler : 3h15
  • Vitesse moyenne : 12,30 km/h

Fin du raid

J’ai passé une bonne nuit malgré les joueurs de guitare à côté de nous qui ont donné un concert tard dans la soirée. La piste passant juste derrière le camping, je décide de partir de là en empruntant le portillon à l’arrière du camping. Cela devrait me faire gagner environ 3 km. Une bien belle piste large et roulante et un temps magnifique. Je longe le Boudigau petite rivière qui alimente Capbreton et roule bon train. A un moment je patine sur une longue ligne droite d’environ 2 km et double un cycliste. Ce dernier regarde son compteur effaré, me regarde, regarde à nouveau son compteur, puis revient à ma hauteur en m’annonçant : « vous m’avez dépassé à 28 km/h, je le savais qu’il ne fallait pas que je fasse la nouba hier soir. » J’arrive à l’entrée du village d’Ondre. La piste rétrécie de moitié, devient « gratoneuse » , est humide et parsemée de nids de poule et de remontées de racines. A la sortie d’un virage une portion d’une quinzaine de mètres est même inondée présentant une profondeur de 15 cm environ mesurée au passage d'un cycliste qui vient d’en face et traverse cet étang improvisé. Je passe sur le côté dans la boue, les patins n’aiment pas beaucoup. Sortie de Ondre elle redevient bonne jusqu’à Tarnos où elle se termine. A 100 mètres une nouvelle piste démarre qui devrait m‘emmener jusqu‘à Tarnos plage où m‘attend le ravitaillement. Je l’avais repérée sur mon itinéraire, mais ma surprise est grande de voir qu’elle se transforme au bout de 200 mètres en une piste en terre battue. J’aurai du la remonter sur 2200 m, mais force est de décider de prendre la D85. Hélas pour moi la D85 passe sous l’avenue qui remonte vers Tarnos Plage et je me retrouve sur un rond point dans la zone industrielle de Boucau. Je prends alors la direction de Tarnos centre et rejoint enfin Tarnos plage par la route. Les 3 km de gain du départ sont annulés par ce demi tour impromptu. Gain égal Perte.

La piste repart en haut de l’avenue et devrait m’amener après 2,5 km, sur les bords de l’Adour sur une petite rue qui rejoint la zone industrielle. Méfiant, je demande à une jeune femme qui sort de cette même piste si elle est bitumée jusqu’au bout. Elle me répond par l’affirmative. Je prends donc allègre cette piste tout en descente tranquille. La piste est bien bitumée, mais la route qu’elle rejoint ne l’est pas (mélange de sable, goudron, cailloux, ciment, le tout défoncé). Je marche donc patins au pied sur environ 850 mètres avant de retrouver la D85 qui se transforme en D309 jusqu’au pont Henri Grenier qui entre dans Bayonne. Je roule donc durant 4 km et demi dans la zone industrielle peu fréquentée par la circulation (il est midi et demi). Cependant un abruti trouve le moyen de me faire une queue de poisson et si je ne me jette pas dans l’herbe du bas côté, il me percute avec son aile arrière. Je me fait mal à l’épaule en tombant.

Passé le pont il ne me reste plus que 4,5 km avant la patinoire où m’attend mon cousin, le camping car ayant quelques difficultés à rejoindre Biarritz.

Ce sont 4,5 km de galère la piste n’étant pas très bonne car coupée de dos d’âne à chaque entrée de propriété, ouverte à plusieurs endroits et mal refermées parfois pour passer l’eau ou l’électricité. Je trouve le moyen de rouler sur l’une de ces tranchées mal refermée et revoici l’élongation  d’avant mon départ. Arrivé au petit port de plaisance d’Anglet qui est très joli, la piste bifurque et descend rapidement sur les quais avec un virage à gauche à 90 ° au bout. Le virage raté, on plonge dans l’Adour. C’est pourquoi je freine à mort, essaye de m’accrocher aux barrières éparses, et finit sur le fessier. Allons y gaiement !

L'arrivée

Enfin se profile l’arrivée. Sur cette étape la plus courte de toute, j’ai souffert plus que les quatre précédentes, mais j’ai relevé mon défi et la joie et la fierté de la performance accomplie sont là.

Après manger et une petite sieste Patrick et moi décidons de finir l’étape à roller et de nous rendre à la Chambre d’Amour. Nous descendons sur une belle piste et je ne sens plus les douleurs de mes chutes.

Nous nous offrons un bon restaurant et il nous faut regagner à roller le camping-car, mais c’est un tel plaisir.

Epilogue

Pour résumer ce périple, je dirais que si j’avais beaucoup d’appréhension au départ, j’ai trouvé la force de me dépasser et même de prendre du plaisir à effectuer ce raid. J’avoue que dès les premiers kilomètres, j’étais à deux doigts d’abandonner et je ne remercierai jamais assez  Antoine qui a été d’un précieux conseil et a bien voulu m’accompagner sur cette première étape et ainsi m’insuffler la force de continuer. Il y a eu aussi l’accueil chaleureux de ce jeune couple (Léon et Carine) le premier jour qui a beaucoup contribué au maintien du moral, mais surtout Patrick qui a pris sur ses congés pour m’accompagner et a été un soutien permanent.

J’ai appris que si le chariot peut être un avantage pour celui qui veut garder son petit confort, il est à utiliser si on ne se fixe pas d’objectif quotidien car il ralenti beaucoup la progression. Ainsi il y aura des jours où l’on avancera de quelques kilomètres et d’autres de plusieurs dizaines suivant les aléas du climat ou du terrain.

J’ai illustré le dicton inscrit sur mon cartable alors que j’allais encore à l’école : « quand on veut, on peut »

Et comme on dit souvent en Corse : « ça c’est fait ! »

Liens utiles

La rubrique longue distance de rollerenligne.com

Texte et photos : Roller2B
Mis en ligne  le 23 May 2014 - Lu 1616 fois


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