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Le 27 March 2013 à 13:03 | mise à jour le 28 March 2013 à 08:16

Rencontre avec Fabian Arcila, président de la fédération vénézuelienne de patinage

Rencontre avec Fabian Arcila, président de la fédération vénézuelienne de patinage

ReL a eu l'opportunité de rencontrer Fabian Arcila, président de la fédération vénézuelienne de patinage à l'occasion des nationales de Tulua (Colombie). Il nous dresse un panorama du roller dans son pays...

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Entretien...

Entrevista: Fabian Arcila, presidente de la federación venezolana de patinajeBonjour Fabian pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, je suis Fabian Arcila, président de la fédération du Venezuela de patinage depuis 2007, j’ai la tache de traiter tous les aspects techniques  et administratifs de la fédération.

Quel est votre but ?

J’ai beaucoup d’attente pour cette année avec mon équipe, c’est pour cela que nous avons recruté deux techniciens étrangers : le premier est Yann Guyader. Son arrivée nous remplit d’espoir quant aux résultats pour cette année. Mais surtout, une nouvelle ère débute pour l’équipe du Venezuela. Nous avons prévu de participer à plusieurs compétitions en Colombie et à un tour européen qui commencera par les 3 Pistes.

Comment se porte le roller au Venezuela ?

Je pense que le roller au Venezuela  a beaucoup grandi ces dernières années. Je suis fier du travail et du devoir accompli, mais il reste beaucoup à faire. Et je suis sûr que quand je ne serais plus à la fédération, le roller sera un des sports les plus dynamiques de notre pays.

Combien d’entraineurs avez-vous contacté avant d’engager Yann Guyader ?

Il y a en a  eu plusieurs avec de grand noms qui étaient intéressés pour venir entrainer le Venezuela mais le choix a été vite fait car j’avais besoin de quelqu’un de motivé pour diriger l’équipe. Il fallait quelqu’un qui comprenne les problèmes de l’équipe et qui la motive. Quelqu’un qui soit à l’intérieur du groupe. Quelqu’un qui sente ce que les membres de l’équipe peuvent ressentir et trouve les moyens de les aider. Mais il nous fallait aussi quelqu’un qui connaisse bien les aspects techniques du matériel afin de nous dire ce que nous devons faire pour obtenir des résultats. Et celui qui connait tout ça c’est Yann Guyader.

Je suppose que vous saviez aussi que c’est quelqu’un qui a un fort caractère et qu’il exige beaucoup ?

Oui Yann est très connu pour son franc-parler, c’est un européen et c’est une personne très exigeante qui pourra remettre les choses qui ne vont pas dans le bon sens.

Vous savez que ça va être dur pour des sud-américains de s’adapter aux exigences d’une personne comme lui ?

Oui c’est le caractère que je voulais pour mon équipe, car je pense que mes patineurs ont beaucoup de qualités, mais la chose que je souhaite le plus c’est que le caractère de mon équipe mûrisse. Avec l’aide du colombien Orlando Cortines et de Yann Guyader qui est actuellement un athlète de haut niveau, nous devrions y arriver.

Allez-vous investir au niveau des infrastructures au Venezuela ?

Oui nous ne pouvons pas nous battre au niveau mondial si nous n’avons pas de moyens pour le faire. Nous sommes en ce moment en train d’étudier différents scénarios avec le gouvernement. Nous penchons plutôt en faveur des circuits routiers que des pistes. Sur ce point je veux créer un plan pilote, pour l’olympisme car le comité  international course a essayé de faire homologuer des pistes, et depuis 2004 jusqu’à aujourd’hui, cela été refusé. Car ils n’ont pas pu faire en sorte que toutes les pistes du monde soient identiques car il y a des erreurs sur la conception de ce type d’infrastructure. C’est pour cela que je vais m’efforcer de travailler sur ce thème surtout sur la partie route car je veux créer beaucoup de circuits pour qu’on se spécialise dans ce domaine.

Justement à propos d’infrastructures ; votre patineuse Solymar Vivas, nous disaient dans son interview, que les conditions d’entrainement qu’elle avait dans son lieu d’habitation (Valencia) et l’éloignement avec Caracas ne permettait pas une bonne pratique du patinage. Qu’en pensez-vous ?

Entrevista: Fabian Arcila, presidente de la federación venezolana de patinajeOui c’est vrai. Quand je parle d’essais ratés, ça va avec le fait que ce sport ne se développe plus dans le monde. Car on a voulu vendre un sport très compliqué. Quand on parle de patinage, on parle d’investissement très couteux. Or nous n’y arrivons pas car les moyens financiers manquent, que ce soit au Venezuela ou dans les autres pays. Il nous faut investir dans une infrastructure pilote pour que les gens disent : « ça c’est la meilleure piste du monde » et que partout dans le monde les autres nations suivent. Il faut bien sûr prendre en compte différents critères, à savoir comment se sentent les patineurs, comment se sentent les entraineurs et surtout comment attirer les spectateurs. Au Venezuela, nous avons la chance de pouvoir construire ce genre de circuit dans toutes les municipalités,  et nous allons avoir des circuits identiques partout au Venezuela. Les mêmes formes et les mêmes projections de courbes. C’est notre but avec les gens qui m’accompagnent à la fédération avec ce nouveau cycle qui commence. Je vais prendre l’exemple de la Hollande. Ils n’ont pas ou peu de pistes, par contre ils sont très forts en route. Qu’ont-ils fait ? Ils ont fait ce que voulait faire la Suisse, à savoir, organiser seulement des évènements sur route, et cela les a fait progresser car ils se sont focalisés sur une seule spécialité. C’est ce que je veux faire et je veux le faire comme un exemple pour le monde, c’est à dire que je veux que tout le monde y ai accès car ce sport a mal progressé. Il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas le patinage, nous ne leur avons pas montré le patinage car c’est un milieu fermé.

Fabian, vous savez que l’avenir du patinage peut se jouer sur la participation ou non de ce sport au Jeux Olympiques, qu’en pensez-vous ?

Entrevista: Fabian Arcila, presidente de la federación venezolana de patinajeOui c’est sûr que si le patinage ne va pas au Jeux, cela va être une grande déception, non seulement pour les sportifs qui se battent pour être au sommet. Mais si nous ne réussissons pas à être élus pour ces élections qui viennent en octobre à Buenos aires, il faudra envisager une restructuration globale. Du moins, c’est ce que je vais faire du Venezuela en direction du monde. Nous sommes un petit pays avec des contraintes identiques à beaucoup d’autres pays.
Si je prends exemple sur les Jeux Bolivariens qui vont avoir lieu au Pérou, j’ai demandé à la fédération du Pérou pourquoi le patinage n’était pas représenté alors que pratiquement tous les pays bolivariens ont des patineurs… mais le Pérou n’a pas de patinage et ils m’ont répondu que la construction d’un patinodrome coûte cher. Et là je leur ai dit que c’était une grosse erreur, car on peut faire de très belles compétitions sur route. Et montrer au CIO que ce sport peut proposer des évènements de cette ampleur sans nécessairement investir dans un projet d’un sport que le pays hôte ne pratique pas.
De plus cette infrastructure peut servir pour d’autres activités comme le vélo ou autre. D’après ce que je crois comprendre, le succès des sports olympiques repose sur le fait qu’ils sont facilement compris par tout le monde. C’est à dire que si vous et moi on décide d’aller jouer football, on connait plus ou moins les règles. Maintenant si on décide d’aller patiner, on doit pouvoir aller le faire sans restriction de lieu ou de règles. Et ça c’est primordial, il faut montrer au comité international que l’accès au patinage est universel.

Votre discours nous impressionne et si Yann ne nous avait pas confirmé que vous étiez un monsieur très sérieux, on vous aurait pris pour un charlatan. En effet, les fédérations en Amérique du sud sont très éloignées des besoins de notre sport. Regardez par exemple les installations de Tulua qui reçoivent une des plus importantes compétitions nationales, c’est vraiment honteux autant par les installations que par l’organisation. Vu par un vénézuélien qu’en pensez-vous ?

Oui pour moi c’est alarmant, avec tout le respect et l’amitié que j’ai pour la Colombie, les dirigeants sont peut-être issus d’autres sports que le patinage et c’est peut-être pour ça qu’ils ne comprennent pas  certaines choses. Car pour nous c’est une passion et une famille. Nous voulons le meilleur pour nos patineurs. Quand on voit un pays avec le meilleur niveau mondial organiser des compétitions de cette ampleur, dans de telles conditions, c’est dommage. On se rend compte ici, qu’ils ne valorisent pas ce qu’ils ont, des écoles d’un très haut niveau. C’est la force de la Colombie : Ils ont créé des lieux de compétitions qui ne se ressemblent pas, des pistes et des routes différentes. Ils ont réussi à créer des espaces et en créant des espaces, à attirer les gens. C’est la grande réussite de la Colombie. C’est ce  qu’il faut faire dans le monde : Il faut que les autres nations créent des espaces pour attirer les gens, des espaces pour voir le meilleur patinage mondial.

Justement, vous savez que nos lecteurs sont  très au courant des évènements qui viennent de se passer au Venezuela, ne croyez-vous pas que ses expectatives peuvent changer suivant les élections?

Entrevista: Fabian Arcila, presidente de la federación venezolana de patinajeOui c’est vrai, mais je suis sur d une chose, c’est que ce  que nous a légué Chavez va rester. Car ce legs avec toutes ces années de la culture et de transformation politique, ne pourra pas changer du jour au lendemain, car c’est ancre dans l’esprit des vénézuélien. L’ambiance pour le moment est pesante, car il y a beaucoup de point de vue politique, mais je suis sûr que quel que soit le résultat au soir du 14 avril, ne changera pas le fait que nous avons un sport entre nos mains, qui est brillant et qui doit être vue par le monde entier.

Fabian pour terminer j’aurais aimé savoir ce que vous faites pour les autres amoureux de la petites roues, comme le rink-hockey, le roller-hockey  l’artistique ?

Oui vous avez raison, le patinage touche beaucoup de sports, nous avons l’équipe 5 fois championne du monde de roller inline hochey, nous avons aussi le patinage artistique qui a été représenté aux jeux sud-américains et aux championnats du monde. Nous avons des compétitions de trottinette, de skateboard, de l’agressif. La seule spécialité que nous n’avons plus c’est le rink-hockey. Nous sommes en train de remettre en place avec une équipe dévouée à ce sport.

En parlant de Hockey en roller, que pensez-vous de l’idée d’unir les deux sports ?

Oui c’est sûr, malheureusement il y a une grande rivalité entre eux, et c’est très difficile de leur expliquer le pourquoi de cette union. Nous avons deux Hockey complétement identiques et complètement diffèrent à la fois. .L’un est resté dans le passé et l’autre est l’évolution de celui resté en arrière. Mais à mon avis le roller-hockey est le futur du rink-hockey.

J’aimerais avoir votre avis sur le roller derby et si vous pensez l’implanter au Venezuela ?

Oui j’étais justement en réunion avec des gens qui s’occupent de roller derby aux Etats-Unis et ils veulent implanter ce sport au Venezuela en organisant des parties d’exhibition pour commencer à capter l’attention des jeunes filles vénézuéliennes. Nous allons organiser ces parties de roller derby dans un futur très proche.

Merci Fabien pour le temps que tu as consacré aux lecteurs de rollerenligne.com et d’apporter à notre sport tant de générosité.

Liens utiles

Interview : Solymar Vivas, sprinteuse du Vénézuela

Texte et photos : Didier Valero
Mis en ligne  le 27 March 2013 - Lu 2976 fois


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