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Le 25 October 2012 à 14:04 | mise à jour le 04 November 2012 à 18:39

Entretien avec Nicolas Belloir , président de la FFRS (3/3)

Entretien avec Nicolas Belloir , président de la FFRS (3/3)

Ultime volet de notre entretien avec Nicolas Belloir, président de la Fédération Française de Roller Sports. Nous y abordons la question du statut du roller, du développement de la pratique du roller et de la question olympique...

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Ultime volet : statut du roller

En 2001, le CERTU avait publié un Livre Blanc des Modes de Déplacement Doux (alternatifs). Un statut du roller aurait dû voir le jour en 2010. Où en est-on sur ce projet ?

Le roller, un mode de déplacement douxNous avons suivi les travaux très régulièrement, participé à toutes les commissions avec le CERTU. Un travail remarquable a d'ailleurs été fait par la Commission Randonnée. Malheureusement les pouvoirs publics en place qui avaient voulu faire évoluer le code de la Route en sont restés aux grandes intentions.
Le développement d'un statut du roller est prêt. Nous avons apporté toutes les réponses au plan technique par rapport au code de la route, nous n'avons pas tellement évolué par rapport à 2001.
Aujourd'hui, les pouvoirs publics ne donnent pas suite à cette volonté de développer un statut du roller. Nous sommes seuls. Seuls par rapport à des logiques très puissantes sur les modes de déplacement doux. Des fédérations plus âgées comme les deux roues ne partagent pas les convictions de la Fédération Française de Roller. Nous sommes en difficulté. Nous n'avons pas d'alliés objectifs. Les pouvoirs publics sont plus attentifs à ce qui peut se faire autour du deux roues qu'au développement et à l'évolution du roller en ville.

Nous avons vraiment le sentiment que même si le roller est de plus en plus pratiqué sur la route, la tolérance des usagers ne cesse de diminuer...

J'ai le même ressenti. C'est un peu antinomique. De plus en plus de monde pratique sur la voie publique et inversement les collectivités locales, les préfectures sont de moins en moins réceptives à ces logiques là. Même en comparaison avec 4 ou 5 années auparavant où l'on se faisait davantage entendre. Le résultat n'est pas au rendez-vous au niveau du statut du roller. Il y a eu un travail très conséquent pour défendre le roller, participer aux ateliers, malheureusement, nous sommes seuls.

Le nombre d'épreuve de 6 Heures en roller augmente d'années en années, preuve d'un véritable engouement des patineurs pour ce format. Comment ce genre de format est-il reconnu par la FFRS ?

A partir du moment où les cahiers des charges des 6h, 12h ou 24h sont respectés, je m'en réjouis. Il faut multiplier des initiatives.

Pensez-vous qu'un circuit national pourrait se mettre en place comme au niveau des marathons ?

6 Heures Rollers de ColmarOui, cela a commencé comme ça pour les marathons, c'était l'initiative de quelques uns, ça s'est multiplié.
A terme, on peut imaginer construire un circuit. La demande sportive évolue sans cesse, quel que soit le sport. Notre société évolue comme ça. En conséquence l'offre sportive de la Fédération doit pouvoir être en phase avec les demandes sportives de notre société. Ces organisations de course d'endurance, avec de la convivialité, avec un esprit d'équipe doivent se multiplier. Si cela doit se structurer autour d'un circuit, pourquoi pas...

Le longskate est en pleine croissance, une distinction avec le skateboard est-elle envisageable ?

Je ne suis pas fermé, ce que je demande simplement c'est que la traduction fédérale ne doit pas à chaque fois signifier : mise en place d'une commission, etc. On ne doit pas fragmenter à l'infini les spécialités, ça n'aura plus de sens. Oui pour le distinguo skate/longboard, mais on doit garder une cohérence d'ensemble quand on doit regrouper ces spécialités. Je peux l'entendre, c'est naturel.

Concernant la communication : il a été dit lors de la précédente assemblée générale que la FFRS enverrait une personne sur les grandes compétitions internationales pour suivre les résultats des Equipes de France. Quels sont les moyens engagés dans ce sens ?

On avait commencé à initier cela sur la saison 2011/2012 avec un dispositif pour informer nos licenciés et la presse. Pour moi, la formule était excellente. j'ai trouvé ça très bien parce que l'on avait de l'information rapidement. Cela permettait de suivre les manifestations et nos athlètes.
Pour la saison à venir, on va certainement connaître un recul à ce niveau là, pour des questions budgétaires. On a des épreuves très éloignées. On a privilégié l'investissement sur le sportif. C'est l'équipe technique qui va partir qui va assurer ce suivi. Nous n'aurons pas le même niveau d'exigence. Nous serons en deçà de ce que l'on pouvait envisager en 2013.

C'est un peu ce qui s'est passé avec la course au mondial 2012 en Italie...

Oui, mais ceux qui le souhaitaient pouvaient suivre en direct les épreuves à travers un dispositif live mis en place par l'organisation.

Comment avance le dossier olympique ? C'est une question qui intéresse beaucoup de monde en ce moment...

Roller et Jeux OlympiquesLa France doit retrouver une place dans les instances internationales au niveau européen ou au niveau international. Je défends la candidature de Jean-Paul Chiffoleau au Comité Européen de rink-hockey. C'est d'actualité. Nous devons investir ce champ international. Depuis 2 mandats, je me consacre surtout au plan national. C'est peut-être une orientation qu'il faudra envisager dans les années à venir pour davantage faire entendre la voix de la France au plan de la Fédération Internationale.
En ce qui concerne l'olympisme, c'est inéluctable si on veut avoir cette reconnaissance et ne pas être considéré comme un petit sport, parce qu'on fera partie de cette famille de l'olympisme. Ce travail de lobbying doit être fait au niveau international, ça passe par des déplacements, des rencontres, des échanges. Il faut là aussi sortir des gymnases. La place des responsables et des dirigeants du roller doit se faire dans ces instances extérieures pour faire entendre la voix du roller en France et à l'international.

Quel sera votre objectif pour la prochaine olympiade ? On imagine que vous vous présentez comme candidat à votre propre succession ?

J'ai un ego très modéré. Je ne suis pas là pour défendre des intérêts personnels. Depuis 10 ans, je suis dans une logique de rassemblement, d'être consensuel, de ne pas chercher l'affrontement, parce que de toute façon, on est obligés de tous travailler ensemble. Je veux continuer dans cette optique là, faire progresser le roller en France et à l'international. Que ça se fasse avec moi ou sans moi, ce n'est pas ça la question. Ce qui m'intéresse dans cet engagement, c'est que l'on parle du roller. Qu'on parle de Belloir n'a pas tellement d'importance. Je préfère qu'on parle du roller.

Mon objectif dans les années à venir là où je serai, si je suis président, sera de continuer en équipe, à défendre et à ouvrir le roller. Je n'ai rien contre la structure fédérale, contre la construction très institutionnelle, très compétitive, c'est encore une fois notre coeur d'activité qu'il ne faut pas renier. Mais notre développement dans les années à venir passe aussi par une autre logique d'ouverture et de développement de toutes les spécialités pour répondre à cette demande sportive. Si nous ne sommes pas en mesure de répondre à cette demande sportive, nous allons plafonner. Si on doit faire un bilan dans les 10 années à venir, on aura régressé, ce n'est pas ma logique. Continuons à investir, mais ce n'est pas une seule personne qui doit le faire, la démarche est collective. Chacun à son niveau doit se sentir engagé pour faire progresser la cause du roller...

Il faut casser cette image d'une fédération qui se situerait au dessus de tout le monde, inaccessible, cette logique de bureaucratisation je la récuse, je veux être accessible. Nous avons peut être notre part de responsabilité. Cela passe aussi peut être par des éléments symboliques comme un compte Twitter, une page facebook, des rendez-vous trimestriels entre l'équipe dirigeante et le monde du roller, peut être une réflexion collective à travers des états généraux du roller en France. Cela participe d'une logique collective.

Tribune libre...

Je reprendrai le point qu'on vient juste d'aborder.
Démocratiser, ouvrir la relation que l'on a avec le roller, vers les gens qui sont dans les clubs ou non. La Fédération doit avoir un dialogue permanent avec les gens qui font du roller qu'ils soient licenciés ou non.

Liens utiles

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Le roller mode de déplacement doux - chapitre 1 du Livre Blanc du CERTU
Le roller mode de déplacement doux - chapitre 2 du Livre Blanc du CERTU

Texte : Alfathor
Relecture : Iggnorance
Photos : droits réservés
Mis en ligne  le 25 October 2012 - Lu 1744 fois


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