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Le 23 October 2012 à 22:14 | mise à jour le 23 October 2012 à 09:48

Entretien avec Nicolas Belloir, président de la FFRS (1/3)

Entretien avec Nicolas Belloir, président de la FFRS (1/3)

L'Assemblée Générale élective de la Fédération Française de Roller Sports va avoir lieu les 8 et 9 décembre prochains à Saint-Ouen. Nous avons rencontré Nicolas Belloir, président de la FFRS pour dresser le bilan de son action. Première partie...

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Bilan et perspectives

Bonjour Monsieur le président, pouvez-vous nous dresser un bilan de votre mandat ?

Nicolas BelloirLe bilan des quatre dernières années : nous avons répondu aux attentes de notre ministère de tutelle en terme d'objectif sur le développement, le nombre de licenciés et les résultats.
Concernant le nombre de licenciés, fin 2008, nous étions à 47000 licenciés, l'année dernière s'est achevée avec 54500 licenciés. On a connu sur cette olympiade une augmentation de 7500 licenciés. C'est significatif mais dans une évolution classique : la course, la randonnée et le roller-hockey ont très bien progressé. Le freestyle également. Ce sont des points à souligner. Nous aurions souhaité une évolution plus importante.

Selon vous, quels éléments ont permis cette progression sur les dernières années ?

Il y a un travail important qui est fait sur la course et le roller-hockey pour démocratiser la pratique de ces disciplines. On ne rentre pas immédiatement dans un schéma très strict, très vertical. On a des approches, ludiques, ouvertes qui permettent au plus grand nombre de les tester et de les garder, de fidéliser. Ce qui a été frappant pour moi en 2001, c'était de voir le très fort turnover, pas loin de 50% chaque année, ce qui était énorme. Aujourd'hui, on a quand même réussi à fidéliser davantage les licenciés, notamment les plus jeunes, grâce à des approches plus ludiques.
Sur la pratique de la randonnée, un effort de communication important a été fait dans les régions où les clubs ont commencé à accepter l'idée que la randonnée pouvait exister à l'intérieur du schéma fédéral, traditionnellement très compétitif. On doit dépasser ce schéma, ça commence à se faire. Les acteurs de la randonnée l'ont bien compris et surfent là-dessus. C'est un travail collectif.
Les Randos Vertes Roller initiées par Alain Pigeyre avec le concept repris et amplifié par Stéphane Casteran est vraiment dans cette logique.

Il y a eu l'arrivée d'une salariée également...

Oui.

L'arrivée des nouvelles disciplines l'année dernière comme le roller-derby a certainement joué un rôle ?

Oui, nous sommes aux alentours de 500 licenciés pour le derby. Je prône depuis que je suis à la fédération de sortir du schéma traditionnel du haut niveau. Oui, cela reste notre coeur d'activité, le développement de notre fédération passera par une consolidation de l'existant mais aussi par une ouverture sur les nouvelles pratiques sportives au sens large qui correspondent à des envies très diverses. Le roller-derby participe à cette ouverture. Je suis pour qu'on ouvre la fédération à toutes ces spécialités. Je ne parle pas volontairement de discipline, il faut que l'on sorte de cette logique là ou on va en mourir.

A l'instar du skateboard, pourrait-on voir arriver la trottinette à la Fédération Française de Roller-Sports ?

C'est une question qui a été posée au dernier bureau exécutif. Elle n'a pas soulevé beaucoup d'enthousiasme. Personnellement, en tant que président, je suis très favorable à cette ouverture pour la trottinette.

Revenons au bilan sportif...

En terme de résultats sur les quatre dernières années, la France a gardé son rang mondial. Suivant les disciplines, nous nous situons à la troisième ou à la quatrième place mondiale. C'est quelque chose qu'il faut préserver. Le sport de haut niveau est une des modalités de reconnaissance de notre sport en France. c'est le système qui veut ça en France, nous n'y pouvons rien, il faut s'y adapter. Etre troisième ou quatrième nation mondiale peut avoir du sens quand vous parlez avec des acteurs institutionnels au niveau du ministère.

Cela ne rentre-t-il pas en contradiction avec une volonté de s'ouvrir vers le grand public ?

Le siège de la FFRSJe pense que l'on peut concilier les deux. Le ministère alloue des financements publics extrêmement importants pour le développement du haut-niveau à la fédération. Il est financé à 80% par des fonds publics du ministère. C'est extrêmement important, on ne peut pas s'en priver. Sur un budget de 3 millions d'Euros à la FFRS, les subventions ministèrielle réprésentent 1,2 millions. C'est vital pour nous. Ils se positionnent sur la progression des effectifs de la fédération et les résultats, sur le haut niveau.
Pour cet aspect du développement "traditionnel", il faut rentrer dans cette logique du haut-niveau fixé par le ministère de tutelle. Ensuite, et ce n'est pas incompatible, il y a tout un travail que l'on peut faire en interne pour capter de nouveaux patineurs à travers le développement des nouvelles pratiques. Ce n'est pas antinomique, ça se conjugue et se complète.
Le modèle fédéral a 30/40 ans, certains responsables dans les comités défendent ce modèle là mais si on ne part que sur cette logique là, la FFRS va régresser. Je considère que l'on est une fédération sur deux jambes avec le haut niveau "traditionnel" et le développement tous azimut pour ceux qui veulent se développer au sein de la fédération. Cela veut dire davantage de travail sur les mentalités, le fonctionnement.
C'est le sens de la réorganisation que l'on a voulu mettre en place au niveau de la fédération où la logique a été beaucoup plus confédérale, avec chacun sa façon de fonctionner, à l'artistique, à la course, au rink-hockey, au roller-hockey...
Hé bien nous, nous avons un fonctionnement fédéral, cela fonctionne dans d'autres fédérations comme le cyclisme ou l'athlétisme qui n'ont pas une structuration aussi détaillée. Il faut donc dépasser cette logique là qui créé des pesanteurs. Tout ne doit pas venir d'en haut, la fédération ne doit pas être intouchable, sclérosée... J'avais dit il y a quatre ans qu'on ne devait pas tomber dans cette logique de bureaucratisation, hé bien je le maintiens avec conviction. Il faut que les disciplines apprennent à travailler ensemble.

Vous parlez là du processus de restructuration salariale en cours au sein de la fédération...

Bien sûr. Il faut que les disciplines travaillent ensemble. Bien sûr que chaque discipline a des particularités, mais comment font-ils au niveau du cyclisme ou de l'athlétisme ? Ils ont un modèle fédéral et ils arrivent à travailler ensemble. Il faut qu'on aille vers cette logique là.

Il existe quand même une certaine unité entre les pratiques de l'athlétisme culturelle entre les différentes pratiques, alors qu'en roller on trouve de grands écarts culturels dans la façon de pratiquer le roller...
Je suis d'accord avec vous sur l'approche culturelle, mais souvent on utilise cet argument pour évacuer le sujet assez rapidement. Je trouve qu'aujourd'hui qu'au niveau de l'athlétisme, entre une pratique très structurée comme le 100 m ou les courses hors stade ou les trails, j'ai du mal à voir la logique culturelle.
Même chose pour le cyclisme, entre le travail sur les vélodromes, le VTT et le BMX, où est la logique culturelle ?
Nous sommes une fédération, pas une confédération où chacun doit défendre son pré carré et son budget. Les comités sportifs n'ont pas d'existence juridique. Nous leur avons donné les moyens de fonctionner.
Les financements publics vont baisser de l'ordre de 5% par an sur l'olympiade à venir. La logique de mutualisation répond à cet objectif. Nous devons trouver les moyens de fonctionner. Nous donnerons aussi des moyens aux nouvelles pratiques pour avoir une structuration fédérale. C'est ce que l'on fait cette année avec le skateboard, trouver des moyens financiers et humains pour répondre aux attentes du skateboard.
Quand il faut réserver un déplacement pour une équipe de France, quelle que soit la pratique, la tâche est la même. On cherche le meilleur coût par rapport à un calendrier. Même chose pour la comptabilité, quel est l'intérêt d'avoir une comptabilité éclatée en sept ou huit au sein de la même fédération ?

Je pense que la crainte des clubs porte surtout sur le fait de trouver un interlocuteur spécialisé dans leur discipline, à même de comprendre leur problématique...

Logo FFRS 2011Oui, mais nous serions dans une logique très spécifique. S'ils appellent pour une réponse technique, la logique de mutualisation ne change rien. Le club s'adresse dans un premier temps au comité régional, puis au comité national. Il ne s'adresse pas alors à la secrétaire comptable, mais plutôt au responsable technique de sa discipline. En cela, la mutualisation ne change pas le réflexe par rapport aux disciplines. C'est un faux problème.
La mutualisation est une occasion pour nous d'apporter des réponses à ces nouvelles pratiques. Dans l'absolu, cela veut dire que dans la conception du modèle fédéral que l'on connaît aujourd'hui : on veut une commission, un président, un bureau, que la fédération donne des moyens à la commission de fonctionner, un salarié. Le développement historique s'est fait ainsi, c'était justifié, mais aujourd'hui, on ne peut plus se le permettre. 

La suite prochainement...

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Texte : Alfathor
Relecture : Iggnorance
Photos : Rollerenligne.com
Mis en ligne  le 23 October 2012 - Lu 2530 fois


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