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Le 08 August 2012 à 00:29 | mise à jour le 09 August 2012 à 14:04

A 26 ans, Julien Sourisseau raccroche les patins

A 26 ans, Julien Sourisseau raccroche les patins

A 26 ans, Julien Sourisseau raccroche ses patins de course pour se consacrer pleinement à sa vie professionnelle. Nous avons voulu en savoir plus sur sa carrière et les raisons qui l'ont poussé à tourner la page...

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Interview...

Bonjour Julien, tu achèves ta carrière sur roulettes à 26 ans seulement... mais à quel âge as-tu débuté ? 

Julien SourisseauLa première fois que j’ai chaussé une paire de patins je devais avoir 6 ans, mais il aura fallu attendre 3 ans de plus pour me voir fouler la piste de l’Ile aux Sports, au Mans, où j’ai réellement effectué mes premiers tours.


Peux-tu nous raconter tes débuts en roller ?

J’ai débuté en club à l’âge de 10 ans, dans la catégorie poussin. Je me suis immédiatement passionné pour cette discipline et tout ce qui l’entourait. J’ai passé un an au club des Sablons (Le Mans) puis j’ai souhaité rejoindre un club avec davantage de possibilités pour progresser et j’ai signé à Coulaines pour ma rentrée chez les benjamins. J’ai obtenu ma première breloque aux championnats de France sur le 120 mètres à Grenade sur Garonne. J’ai ensuite obtenu davantage de médailles chez les minimes, en vitesse et fond puis intégré l’équipe de France jeune.

Comment es-tu arrivé à la vitesse ?

L’école de patinage de la ville du Mans avait la chance d’organiser ses cours sur une piste relevée de 200 mètres. Il m’arrivait de devoir y rester après les séances et là je pouvais admirer les compétiteurs à l’entraînement. J’étais émerveillé chaque fois que je les regardais et évidemment j’ai eu envie de troquer mes rollers en plastique contre une paire de patins de vitesses (les fameuses Risport rouges, pour les amateurs).

Tu as testé d'autres pratiques sportives ou d'autres pratiques du roller ?

Avant de débuter le roller, j’ai pratiqué le football  pour être avec les copains les mercredis et samedis après-midi. J’ai vite compris que le sport collectif n’était pas fait pour moi, ayant découvert très tôt que je ne souhaitais pas que mes performances dépendent des autres, même si en murissant on comprend qu’il faut savoir fonctionner à plusieurs.

Pour ma préparation en roller, je faisais beaucoup de cyclisme sur route et de la course à pieds (rendue plus intensive à partir de 2007, sous l’impulsion de Matthieu Boher,  mon coach pour trois saisons).

J’ai pratiqué le squash dernièrement mais simplement dans un esprit de gentille camaraderie (quoique ça dépend de l’adversaire) et j’ai eu la chance lorsque j’étais en pôle de monter à bicyclette sur le vélodrome de Bordeaux, à plusieurs reprises.

Pour les autres pratiques du roller: un peu de slalom dans les pelotons, un mélange d’acrobatique et un soupçon d’artistique pour les chutes. Ah et aussi du hockey avec des cross de rink dans le gymnase de Talence. En somme pas vraiment d’autres discipline du roller à proprement dit, même si j’ai toujours voulu apprendre à freiner comme un descendeur.

Quel sera le meilleur moment pour toi sur ces années de patinage ?

Julien SourisseauJ’ai quelques victoires qui me viennent à l’esprit et de nombreux moments de partage. Si je ne devais en retenir qu’un ce serait mon premier titre de champion de France (14 juillet 2001) obtenu sur la course à élimination à Valence d’Agen. C’était la première fois que je ressentais une telle joie, quand on est gamin, c’est d’autant plus fort et indélébile. C’était de plus avec le maillot de Coulaines, mon club de (presque) toujours.

Quel est ton principal regret ?

Bien sûr on aurait toujours pu faire différemment pour obtenir de meilleurs résultats. Evidemment on pouvait continuer de rêver à plus de médiatisation et de reconnaissance pour le roller. Certaines décisions en sélection m’auront laissé un goût amer. Cependant je ne peux pas avoir de regrets, j’ai profité au maximum de tout ce qu’avait à m’offrir cette discipline. Je me suis exprimé et illustré dans un sport, ça aura été une superbe école de la vie, quant au travail, à l’investissement et à l’autodiscipline. Je suis satisfait de mon parcours et je me sens armé pour la suite, c’est ça qui est important.

Quels sont les facteurs qui t'ont fait arrêter la compétition ?

J’ai réussi tant bien que mal à mener carrière sportive et université de front.  J’ai eu la possibilité d’avoir une pratique de haut niveau et de préparer en même temps un master en école supérieure de commerce et je savais que lorsque ce pourquoi j’avais étudié devrait commencer, la cloche aurait sonné. Je sais désormais que c’est difficile d’exceller dans deux domaines à la fois, et qu’on n’est pas toujours au maximum dans l’un ou dans l’autre.  Je souhaite aujourd’hui réussir ma reconversion et m’y investir à 100%.

Les chutes et les blessures ne vont pas me manquer non plus. Je n’aurais pas vraiment été épargné durant mes années séniors et un problème au ménisque survenu fin 2011 n’aura fait que davantage motiver ma décision de mettre un terme à ma carrière.

On te reverra sur les rollers en loisir ? Au Mans peut-être ? 

Julien Sourisseau

Le roller en loisir, je n’ai jamais essayé à vrai dire et je pense qu’il serait difficile pour n’importe quel compétiteur de haut niveau de l’aborder ainsi. Cependant le roller est un super moyen de déplacement (un peu sauvage, certes) qui est relativement efficace surtout pour des patineurs expérimentés.

Pour ce qui est du Mans il n’est pas impossible que je refasse une apparition aux 24 heures, surement plus pour le fun cette fois (avec des chronos jamais sous les 7 minutes en d’autres termes).

Quels sont tes objectifs professionnels ?


Ils ne sont pas encore très clairs, rappelez-vous, j’ai mis 3 ans avant de me mettre au roller. J’ai besoin qu’il s’agisse d’un métier qui me passionne et dans lequel je puisse exceller. Si j’ai un master en finance, je n’ai aucune expérience professionnelle car à aucun moment ça n’aurait été compatible avec le sport de haut niveau. Je dois faire de ce handicap un atout malgré cela car le temps n’a pas été utilisé à mauvais escient, bien au contraire.

Qu'est ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?

Que tout continue d’aller comme sur des roulettes, même sans roller aux pieds.

Merci Julien, bonne continuation !

Palmarès éclair

  • Champion d'Europe de la course à points
  • Champion d'Europe relais
  • Champion de France marathon
  • Double vainqueur de la Trans'roller
  • 2ème au Classement Général de la French Inline Cup 2007 et 2009
  • Vainqueur des 100 km de New-York
  • Vainqueur des 24 heures du Mans Roller

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Interview : Alexandre Chartier
Relecture: Iggnorance
Photos : FFRS & droits réservés 
Mis en ligne  le 08 August 2012 - Lu 2388 fois


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