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Le 20 March 2012 à 09:59 | mise à jour le 10 May 2012 à 21:34

Interview : Benjamin Macé, patineur longue piste

Interview : Benjamin Macé, patineur longue piste

Beaucoup de patineurs ont d'abord connu le français Benjamin Macé à travers ses performances sur glace. Pourtant, ce jeune et talentueux athlète a bel et bien débuté par le roller avant de découvrir les sensations de glisse de la courte piste puis de la longue piste. Rencontre...

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Du roller au short track et à la longue piste

Benjamin Macé

Bonjour Benjamin, à quel âge as-tu commencé le patinage ?

J'ai commencé le roller quand j'avais 6 ou 7 ans. Je m'en rappelle encore. Nous étions à Gujan-Mestras à ce moment-là. Comme souvent, nous faisions une sortie en patins quad avec mon père et mon frère sur l'anneau routier, quand nous avons croisé la route du Roller-Skating Gujan-Mestras Club... Je me souviens encore de la tête de mon père quand il a vu pour la première fois des rollers en ligne... Evidemment pour ceux qui ne le connaissent pas, Loïc Macé, compétiteur dans l'âme, s'est lancé derrière le peloton armé de ses quads Galaxy 4 roues et comme vous vous en doutez, il n'a pas tenu longtemps ! C'est comme ça que nous avons fait la découverte du roller et que je me suis lancé aux côtés de mon frère dans ce sport.

Tu as donc débuté par le roller et pas par la glace...

Oui. La patinoire la plus proche de Gujan est celle de Bordeaux et si je me trompe pas, il me semble qu'il n'y a jamais eu de short track là-bas. C'est seulement en arrivant à Dijon que j'ai découvert ce sport, lorsque je me suis inscrit au Roller Skating Dijon Bourgogne, club dirigé par la même personne que celle qui entrainait le SIDB (club de short track de Dijon).
En effet, les patineurs de short-track se joignaient à nous pour les entrainements d'été et c'est donc comme cela que j'ai fait leur connaissance. Au tout début, je ne participais qu'aux matchs de hockey sur glace qu'organisaient les short-trackeurs, le mercredi soir. Ayant un bon feeling avec toute l'équipe, j'ai décidé de passer plus de temps avec eux et de les rejoindre aux entrainements sur glace. Cela m'a tout de suite plu. Les sensations de vitesse sont beaucoup plus fortes qu'au roller.

Benjamin Macé en action

As-tu fait d'autres sports ?

Non. Je n'ai absolument rien fait d'autre que du patin

Peux-tu nous parler de ta carrière en short track ?

Ma carrière en short track n'a pas été très longue. J'ai commencé à le pratiquer en 2005 pour rigoler et je l'ai ensuite vu à la télé en 2006 aux Jeux Olympiques de Turin. Cela a déclenché une vraie motivation, mais surtout le plus important, un OBJECTIF, faire les Jeux Olympiques de Vancouver en 2010. C'est ce à quoi je me suis accroché pendant 5 ans, car je vous cache pas que celles qui ont suivi n'ont pas été faciles, notamment l'année qui a précédée les jeux a été particulièrement dur. J'ai cumulé travail à Mac Donald et entrainements intensifs. Cela aura sans doute été l'année la plus dure de ma carrière en short track.

Qu'est-ce qui t'a fait passer de la courte piste à la longue piste ?

Ce qui m'a fait passer de la courte piste à la grande piste, ce n'est pas compliqué si vous vous remémorez la finale du 1500 m aux JO de 2012 : les 3 coréens sont en tête de la course jusqu'au dernier virage, le 3ème tente de dépasser le 2ème et ils finissent tous les deux dans les tapis de protection (ou au tapis). Cette action montre bien à quelle point le short track est un sport complètement aléatoire et ou 4 années d'entrainement peuvent être à la merci du dépassement hasardeux d'un concurrent. J'ai pris également conscience que mon « gabarit » correspond plus à la grande piste qu'à la courte piste. Ce sont les principales raisons qui m'ont fait basculé et pour tout vous dire, je ne suis pas déçu de mes choix.

Benjamin Macé, Alexis Contin...

Utilises-tu le roller en complément de ton entraînement sur glace ?

Le roller a toujours été un sport que j'affectionne particulièrement bien que je l'ai un peu délaissé ces dernières années. J'essaie toujours de pratiquer un peu pendant l'inter-saison quand nous n'avons pas de glace et d'aller voir une ou deux courses, histoire de me rappeler d'où je viens. Cette année, j'envisage même de participer au championnat de France route dans un premier temps et si mon emploi du temps me le permet, pourquoi pas sur piste aussi. Cela mettra un peu plus de rythme dans l'entrainement d'inter-saison qui est souvent ennuyeux par manque de compétition.

Quelle est la fréquence de tes entraînements et leur contenu ?

Je m'entraine environ 2 fois par jour et 6 jours par semaine. En général, on patine le matin et l'après-midi, on fait soit du vélo ou de la musculation. Ensuite, la durée de chaque entrainement ainsi que son contenu peuvent varier du tout au tout en fonction de la période dans laquelle on se trouve. Ils nous arrivent de faire des séances de 10 min sur la glace (celles-ci sont mes préférées) comme des séances de 2 heures.

T'entraînes-tu avec Alexis Contin, Ewen Fernandez et Tristan Loy ?

Oui, et avec d'autres patineurs de la Kia Speed Skating Academy, mais également avec le deuxième coach, Jeremy Wotherspoon. C'est un centre d'entrainement pour les patineurs comme nous qui n'avons pas de structures adaptées au sport de haut niveau dans leur pays. C'est un projet qui a été réalisé par Marnix Wieberdink, grande figure extérieur au monde du patinage de vitesse grande piste, à qui l'on peut dire un grand merci de nous donner les moyens de nos ambitions.

Quels sont tes objectifs pour la saison les années à venir ?

Bien évidemment, la médaille olympique est l'objectif principal. Néanmoins, j'ai également d'autres objectifs en ligne de mire. Pour commencer, dans moins d'une semaine, je participe au championnat du monde où j'aimerais refaire un top 5 sur 1500 m et un top 10 sur 1000 m histoire de finir l'année en beauté. Pour ce qui est de la saison prochaine, mes objectifs seront bien évidemment de faire mieux que cette année, et j'espère que les moyens dont je disposerai me permettront de tenir ces objectifs.

As-tu un métier ou poursuis-tu des études à côté du roller ?

Je ne poursuis pas d'études et je n'ai pas de formation me permettant d'exercer un métier. J'ai uniquement un BAC S passé l'année qui a précédé les Jeux Olympiques de Vancouver. Actuellement, je suis dans une situation plus que précaire, n'étant ni étudiant, ni demandeur d'emploi. Ce qui explique plus précisément ma réponse à la question précédente en ce qui concerne les objectifs. Même les études par correspondance deviennent compliquées.

Que penses-tu du manque d'infrastructure en France ?

Il est évident que tout serait plus facile si nous avions un anneau en France, mais malheureusement, ce n'est pas le cas. Je n'ai pas vraiment d'avis sur ce problème et suis plutôt fataliste et résigné. Je ferais probablement toute ma carrière à l'étranger comme tout « bon patineur français » (clin d'œil à Alexis qui vit cette situation depuis bien plus longtemps).

Tu t'entraînes à l'étranger... mais vis-tu à Inzell toute l'année ?

Oui, à l'Academy, avec Ewen Fernandez et d'autres patineurs étrangers. Cette année, j'aurais passé 8 mois là bas sans compter le mois de mars que nous passons en compétition, isolé de tout et de tout le monde. Ce n'est pas tous les jours faciles comme situation, nous partageons une chambre de 9 m² à deux et l'on ressent parfois le manque d'intimité. Mais Inzell, c'est aussi un formidable cadre d'entrainement : nous sommes à 5 minutes, à peine, de l'anneau. Tout est fait pour que nous ne pensions qu'à une seule chose : patiner.

Nous n'avons pas d'équipe à proprement parler... pourquoi selon toi ?

Je n'ai pas de réponse à cette question.

Un mot pour conclure ?

A bientôt pour les championnats du monde à Heerenveen

Benjamin Macé

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Texte : Alfathor
Photos : Cadomotus et droits réservés
Mis en ligne  le 20 March 2012 - Lu 6397 fois


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