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Le 18 February 2012 à 08:06 | mise à jour le 17 February 2012 à 08:06

Interview : Reyda Messaoudi, la voix du roller

Interview : Reyda Messaoudi, la voix du roller

Il officie dans le roller depuis de nombreuses années, il est aussi vif dans ses commentaires que sur ses roulettes, il est capable de transformer l'ambiance d'une course de quartier en un véritable championnat du monde, rencontre avec Reyda Messaoudi, la voix du roller...

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Rencontre...

Bonjour Reyda, depuis quelques années, tu es devenu l'un des principaux commentateurs d'épreuves roller en France, mais on sait finalement assez peu de choses de ton passé rolleristique... A quel âge as-tu démarré le roller ?

A 2 ans... Ca peut paraître dingue mais d’après mon père je serais monté sur une paire de roller en ferraille avant même de faire mes premier pas. Faut dire que je tiens d’une maman qui patinait à la « Main Jaune » lorsqu’elle était enceinte !

Tu as atteint un excellent niveau il me semble...

Reyda Messaoudi au Trophée International des 3 Pistes 2011Excellent le mot est peut être un peu fort. J’ai commencé la compétition en poussin, glané pas mal de médailles en championnat de France, un titre à Valence d’Agen chez les seniors et puis les sélections en équipe de France chez les jeunes ( Minime et Cadet ). 15 ans passé sur le circuit avec à l’époque pas mal de piste au menu ! beaucoup plus qu’aujourd’hui... et du spectacle aussi, avec la « Team Sunjet » : Eric Crepeau, Richard Lecomte et Mustapha Moufek. Certains s'en souviennent, les juges notamment.
Vers 21-22 ans j’ai arrêté la vitesse, trop exigeante compte-tenu de mon emploi du temps professionnel. J’ai attaqué le roller-hockey avec mon équipe Levalloisienne. Nous nous sommes hissés jusqu’aux phases finales de Championnat de France en N3. Je jouais en attaque.

Le roller te manque-t-il ? Tu continues de pratiquer ?

Oui ça me manque. L’enseignement, surtout. Titulaire d’un Brevet d’Etat avec mon acolyte de toujours Astrid Morel, nous avons formé des milliers de patineurs au LSC, club dirigé par mon père Khire Dine Messaoudi. Permettre au plus grand nombre de patiner et d’accéder à notre discipline est une très grande fierté sportive et personnelle. Dès que j’en aurais le temps j’envisage de rejoindre un club en région Toulousaine où je réside, mais pour le moment je patine juste pour le plaisir dans les rue de Toulouse ou au bord du Canal, y’a pire !

Revenons à nos moutons, les commentaires. Quand as-tu débuté ? Dans quelles circonstances ?

Avant d’être aux commentaires des courses de roller, je suis journaliste radio de formation. La radio, c’est mon métier depuis 12 ans maintenant. La combinaison, de mon métier et ma passion m’a propulsé vers les commentaires sportifs. Pourtant, c'est avec l’escrime en Coupe du Monde que j’ai fait mes premières armes bien avant que les organisateurs Roller ne me fassent confiance !

C'est une vocation ?

Clairement oui. Mais c’est d’abord la radio, qui pour moi est le moteur premier. Elle permet d’évoluer dans un cadre technique de prise de parole et d’offrir un résultat propre et professionnel lors d’une animation en extérieur, ou à moto comme pour Rennes sur Roulette ; Une manière de mettre en lumière le travail formidable de certain organisateurs.

Quel est ton métier à l'heure actuelle ?

 J’ai commencé comme assistant de Daniel Bilalian ( directeur des sports de France Télé désormais NDLR ) sur BFM. Ensuite, j’ai pris un virage vers les musicales, Fun Radio, et AdoFm. Désormais je suis Animateur/ Chroniqueur/Producteur et chef de projet au sein de l’AFP audio, pour 180 radios réparties sur la France.

Que t'apporte ta connaissance du milieu roller par rapport aux autres speakers ?

Tout et rien à la fois, puisque j’exerce pour bien d’autres disciplines ( badminton, ski Freestyle, épée, judo...). Ma connaissance permet d’ajouter une flamme à l’animation, une passion, un supplément d’âme. Je ne veux surtout pas être trop technique, mais pédagogue. J’essaie de travailler une animation ouverte sur le public pour le garder le plus longtemps sur l’évènement, l’inviter à saluer la performance des sportifs et lui donner envie de monter sur des patins. La maîtrise de la prise de parole radio, permet de conférer aux commentaires un aspect qualitatif certain aussi.

 Quel est le meilleur moment que tu aies vécu en commentant une course ?

Difficile de trouver, un moment, une date. Mais j’aime l’exercice à moto, et commenter l’intégralité de la course. J’ai adoré commenter les 3 pistes sur le net, mais plus généralement, je me suis régalé sur les courses où les Français brillent ( Alexis Contin, Yann Guyader, Julien Levrard, Nathalie Barbotin, Angèle Vaudan...), notamment en WIC ! Cela réchauffe mon côté chauvin, et me permet de prendre les spectateurs à partie !

Et le pire ?

On trouve toujours de quoi s’amuser sur évènement, aussi mal organisé soit il !

Les français ont de plus en plus de mal à trouver une place sur l’échiquier international, à quoi est-ce dû selon toi ?

Reyda Messaoudi interviewe Yann GuyaderOn a connu des périodes fastes, entre Arnaud Giquel et Pascal Briand, Franck Cardin et autres Baptiste Grangirard. Je viens d’un club où gamin, je patinais avec Pascal Gravouille, en matière de champion et de caractère j’avais la un bel exemple. Et je me dis que demain, d’autres Alexis Contin et d'autres Yann Guyader verront le jour. Ils ont d’illustres exemples devant eux. Il suffit de s’accrocher même si c’est juste en petite catégorie, l’exemple de Yann, doit ouvrir la voie à d’autres.
Celui d’Alexis également pour une ouverture sur glace... D’ailleurs il est en passe de décrocher une médaille olympique, ce que je trouverais absolument extraordinaire ! Et je ne dis pas ça parce qu’il a été pensionnaire de mon club. Il y aura d’autre champions Français y compris chez les femmes, ce sera le cas j’en suis sûr. Je suis d’ailleurs très agréablement surpris par la classe technique de certain patineur français, on reconnaît la patte de nos meilleurs techniciens.

Que manque-t-il au roller selon toi pour une plus grande reconnaissance dans les médias ?

La liste serait longue. Mais je dois surtout noter un manque de professionnalisme dans les relations médiatiques de notre Fédération. L’exemple est simple : je travaille au sein de l’AFP et malgré mon immersion dans le monde du roller je ne reçois aucune inforomation sur les compétitions. J’ose à peine imaginer pour mes confrères en télé, le manque est criant !
Il faut revoir les fondamentaux, et ne pas hésiter à accepter les services de professionnels, surtout lorsqu’ils viennent du sérail. Je regrette aussi qu'au micro depuis 10 ans lors des plus grandes manifestations de roller de vitesse, je n'ai jamais échangé un seul mot avec le président de la FFRS... Et que contrairement à d'autres sports, nous n'ayons jamais entrevu de signer de convention pour envisager le travail dans la longueur. Daniel Mangeas et le cyclisme devrait nous inspirer. Il nous faut trouver une dynamique et offrir à ce sport l'exposition nationale qu'il mérite. Les expériences en région et sur France 3 nous rappellent que notre sport est riche d'images, de sensations et d'émotions.

Penses-tu que le roller sera sport olympique un jour ?

Je l’espère de tout cœur, comme ça je pourrais piquer la place de Nelson Montfort ! (Rires) 

Comment vois-tu l’avenir du roller ?

Il faut lancer une diversification, de l’offre de glisse , le roller derby incarne cette mutation. Nous devons aller vers une ouverture toujours plus grande à destination du public ( courses open ), et je l’espère vers un côté spectaculaire pour la vitrine qui nous fais défaut ! Les disciplines roller sont nombreuses et nous avons les moyens de contenter pas mal de riders !

Merci Reyda et à bientôt sur le bord des circuits !

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Texte : Alfathor
Photos : ReL, Nordin Saidou et droits réservés 

Le live des 3 Pistes, du projet à la réalité

Mis en ligne  le 18 February 2012 - Lu 3098 fois


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