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Le 13 January 2012 à 07:01 | mise à jour le 13 January 2012 à 14:08

Interview de Klaudia Hartmanis (Pologne)

Interview de Klaudia Hartmanis (Pologne)

Klaudia Hartmanis était encore inconnue sur la scène mondiale du Freestyle Slalom il y a un an, mais elle a réussi à s’imposer tout au long de l’année, grâce à son style frais et énergique qui devient de plus en plus original et maîtrisé avec le temps, ainsi qu’à un bon répertoire technique qui grossit et se complexifie de plus en plus...

Article par 

Par Close Yr E’s, janvier 2012

Interview Claudia Hartman

Interview Claudia HartmanL’implication qu’elle met dans son patinage en fait un espoir très prometteur. Elle a commencé à jouer dans la cours des grands... et déjà c’est un succès : Elle est actuellement Vice-Championne du Monde de Classic Freestyle, et est classée dans le Top 10 en Freestyle et en Speed slalom (6e et 9e).

Et n’oublions pas qu’elle a la particularité d’avoir offert à la Pologne sa toute première médaille mondiale !

Pas mal pour une ado polonaise qui n’était que 61e au classement mondial il y a douze mois !

Fiche technique

Nom : Klaudia Hartmanis
Date de naissance : 16 août 1995
Nationalité : Polonaise (Rzeszów)
Activité : Lycéene à  Rzeszów
Slalomeuse depuis : Août 2008

Une définition personnelle

Quelle est ta vision du freestyle : Comment décris-tu ta discipline à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler ?

D’après moi, le slalom c’est plus qu’une discipline banale, parce qu’on peut créer notre propre style et exprimer notre propre personnalité au travers du patinage. Le freestyle slalom pour moi c’est de la danse avec une liberté de mouvements entre les plots, et de la musique bien sûr ! Il y a certaines règles en compétition que je dois suivre, mais je peux aussi apporter mon « quelque chose » à moi. De plus, grâce à ce sport on peut sculpter notre corps, devenir plus forts et développer nos ambitions. Mais le plus important reste de s’amuser, prendre plaisir à rouler et rencontrer des riders du monde entier ! 

La genèse : Comment as-tu connu le freestyle ?

Interview Claudia Hartman

Je me souviens que je jouais souvent à des jeux du type cache-cache avec mes amis. Avec nos patins, c’est plus rapide et plus sympa. Ca a été une bonne base pour mon slalom parce que je suis à l’aise sur des patins.

Puis j’ai fini l’école primaire et je me demandais dans quel collège aller. C’est à ce moment précis que toutes les écoles essaient d’attirer leurs futurs élèves. L’une d’elles organisait une journée de « sports extrêmes » avec une compétition pour quiconque savait patiner, et mon ancienne école nous avait tous invité. Honnêtement, je ne voulais pas y aller mais ma mère m’a convaincue. Et grâce à cet événement, je suis entrée au collège à Rzeszów. J’ai choisi cette école parce que l’un des profs donnait des cours de roller ! Et j’avais aussi entendu que c’était une bonne école – profs accessibles, et petite école donc tout le monde se connaît. Pour résumer, c’était l’école idéale pour moi.

Ma première compétition était Battle Warsaw 2009. Là, j’ai rencontré des slalomeurs au top dont Chloé, Seba, Igor, Xuan Le... et je les ai regardés rouler avec fascination. Ils m’ont montré que le slalom, c’est un truc de FOU – du style et des tricks technique combinés avec du fun !

Quels sont les moments-clés dans ton évolution ?

  • Je roule depuis l’école primaire (patins en plastique, puis un peu mieux achetés par mon père)
  • J’ai eu des Powerslides au collège, et j’ai été dans la Team Powerslide quelques mois.
  • Le vrai moment-clé a été en octobre 2010 quand on m’a demandé de rejoindre le Seba Team. Les patins Seba que je préfère sont les iGoRs. Seba m’a offert d’énormes possibilités pour développer mon slalom et réaliser mes rêves. Je roule avec un équipement de super qualité et je fais le tour du monde.
  • En seulement un an, j’ai rencontré des gens géniaux, visité et participé à un tas de compétitions à l’étranger. Sans hésiter, c’était la meilleure année de ma « carrière » de slalomeuse 

Interview Claudia Hartman

    Influences : quel a été le rôle joué par les médias dans ton entraînement ?

    Au début, je regardais énormément de vidéos tutorielles de tricks, avec quelques angles de vue et des ralentis. Je suis convaincue que ça a été un moyen assez facile et pratique pour développer mon slalom. Je me suis aussi beaucoup intéressée aux vidéos de compétition. Ca m’a permis de voir et de mieux comprendre de nouveaux combos et tricks, le comportement des riders et l’atmosphère. C’est sûr que c’est mieux d’être sur un événement que de le regarder en vidéo, mais c’est aussi une expérience intéressante.

    Quel type de freestyler t’inspire ?

    Personnellement, il y a un tas de styles que j’aime. Mes caractéristiques idéales, c’est la combinaison d’un style spécifique et dynamique avec des tricks difficiles. Petit à petit je me crée mon propre style qui inclut tout ce que je viens de citer.

    La compétition à Shanghai m’a énormément motivée : là-bas j’ai pu voir des riders asiatiques sans limites qui réussissent des tricks ultra-techniques avec légèreté et fluidité.

     

    World Freestyle Skating Championship in Geisingen / Classic Freestyle, by Frozwheels

    Tu es la Vice-Championne du Monde de Classic actuelle, juste derrière l’indétrônable ChenChen (Chn) qui détient le titre depuis 2008. Est-ce que tu visais un podium ? Etait-ce une surprise ?

    J’ai changé et amélioré mon programme de Classic après les compétitions de Paris et à Londres. Je me suis attachée à ce run et à cette musique. J’ai passé beaucoup de mois à m’entraîner dessus. Mais je ne pensais pas finir sur le podium. Toujours, quand je vais sur une compétition, je veux réussir mon slalom de sorte que je n’aie pas de regrets après. Pas de stress, amuse-toi et souris. Mais je ne pense jamais « Il faut que je finisse première ». D’après moi, c’est plus important de prendre plaisir que d’aller à la pêche aux résultats. Oui, c’était une grande surprise de décrocher la 2e place parce que, derrière moi, il y avait beaucoup de Super filles.

    Tu as offert à la Pologne sa première vraie médaille mondiale ! C’est un honneur… quelles ont été les conséquences de ton titre ?

    Oui c’est un grand honneur pour moi. La plus belle surprise a été lorsque je suis retournée à l’école : ma classe m’avait préparé une fête en cours d’histoire ! J’ai reçu une énorme carte de félicitations et plein de bisous… et même un gâteau – c’était génialissime. Et les riders polonais étaient très contents de ma réussite aussi. Maintenant les gens me regardent différemment. Parce que quand ils entendent le titre de « vice-championne du monde », leur regard change.

    2011 World Freestyle Skating Championship / Pair Classic

    A quoi ressemble une session typique avec toi ?

    Ca varie entre été et hiver. La meilleure période de l’année c’est pendant les vacances parce que j’ai beaucoup de temps libre. Je me lève tôt et je vais m’entraîner tous les jours. En hiver les journées sont courtes et j’ai moins de temps. Mais j’essaie de l’utiliser du mieux que je peux. En général, je roule 5 fois par semaine pendant à peu près 3 heures, et plus le weekend ! En été c’est facile : je peux m’entraîner dehors, ce que je fais le plus que je peux parce qu’il ne faut pas non plus que j’oublie l’école, c’est très important aussi.

    Je m’entraîne rarement avec mon amie Magda Mosiężny, mais je préfère m’entraîner avec Michał Sulinowski. Quand on est ensemble, le temps file et on roule souvent pendant des heures et des heures.

    La cour du collège est un très bon spot : c’est grand et juste à côté de chez moi. C’est pourquoi je vais m’entraîner là-bas la plupart du temps.

    Pendant une session, j’essaie de faire le plus de tricks que je connais… en général je les combine avec des tricks de style pour faire du deux-en-un ! Quand j’apprends un nouveau trick, je change au bout d’un moment pour ne pas m’en lasser. Je ne pense pas que mon entraînement soit très différent des autres riders. Il y a peut-être un détail : je ne dis jamais que je n’arriverai pas à faire quelque chose. Je crois toujours en moi !

    Interview Claudia Hartman

    Et la suite... Quelle est ta prochaine étape dans la maîtrise de tricks ?

    Je travaille sur des combos et tricks en wheeling. Les figures assises en wheeling sont assez addictives aussi… en particulier les christie wheeling !

    Quels sont tes plans pour la prochaine saison ? Est-ce que tu sais à quelles compétitions tu vas participer ?

    Je suis sûre pour Battle Warsaw et toutes les compétitions en Pologne. A part ça, Paris et les Championnats du Monde. J’aimerais aller au plus d’événements possible.

    Tu es actuellement #6 au classement mondial. Comptes-tu aller plus haut ? As-tu prévu de conserver ton titre de Vice-Championne du Monde de Classic ?

    Interview Claudia Hartman

    C’est compliqué de prévoir de telles choses. Tout ce dont je suis sûre c’est que je compte continuer à m’éclater et faire ça bien. Mais je respecte les organisateurs et les autres riders, donc je me prépare pour chaque événement afin de présenter un slalom au plus haut niveau possible.

    A côté... La première fois que je t’ai remarquée c’était pour la PSWC 2011. Tu roulais sur du Christina Aguilera pour ton Classic en chantant les paroles à tue-tête. J’ai pensé que tu étais fan, mais en fait tu sembles connaître chaque musique qui passe sur les compétitions par cœur. Quelle influence a la musique sur ton patinage ? As-tu besoin de musique pour slalomer ? Pourquoi ?

     

    Oui, bien sûr j’ai besoin de musique pour m’entraîner. Je n’imagine pas rouler sans ! En général je chante parce que ça me fait ressentir la musique dans tout le corps. Et les tricks entre les plots deviennent plus faciles parce que mes jambes bougent toutes seules.

    As-tu d’autres passions que le freestyle ?

    Je suis ceinture marron de Karaté traditionnel. J’ai pratiqué pendant 7 ans. Ma coach était Marta Niewczas, une championne du monde. Le Karaté m’a appris à être forte, ne jamais abandonner et toujours jouer franc jeu !!! Ca a aussi été une bonne base pour le slalom.

    Qu’est-ce que tu fais dans la vie quand tu ne patines pas ?

    La charité ! J’aide les autres si je peux. Je rejoins souvent des œuvres de bienfaisance à l’école. L’école et les études, c’est la base de ma vie. Chaque année, je finis avec les félicitations et une bourse. Pendant mon temps libre, j’adore faire plein de sports comme du volley, du handball, du basket, etc. Récemment j’ai commencé le squash. L’hiver je vais faire du snowboard. J’ai jamais essayé le ski, alors peut-être cette année ?

    Remerciement ?

    Je voudrais remercier Sébastien pour le soutien et pour m’avoir invitée dans le Seba Team ! C’est un honneur et un réel plaisir pour moi. Merci à mes parents, ma famille et mes amis ! Merci à Igor et à the Apache pour les petits trucs et les bons conseils, et merci à Marina Boyko pour m’avoir fait des vidéos tutorielles !

    Rafal Rackmann, Naomi, la Blue Bear Team, Polina, Chiara, Christina, Martin, Julia Kulagina, Ksenjia, Lika, Megan, Tim, la Team France, la Team espagnole, la TEAM POLAND, KSJ et tous les riders asiatiques… et je pourrais continuer longtemps… un GRAND merci à tous les riders du monde entier ! Merci tout le monde ! Sans vous, le freestyle slalom ne peut pas exister !

    Merci à l’Elite Talent Club ! Et un remerciement spécial à toi, Chloé !

    Liens Utiles

    2011 World Freestyle Skating Championship – Pair Classic
    World Freestyle Skating Championship in Geisingen – Classic Freestyle, by Frozwheels

    Texte : Close Yr E’s
    Photos : Mon Hurbanova
    inline.sk 
    Mis en ligne  le 13 January 2012 - Lu 10040 fois


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