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Le 03 September 2011 à 21:55 | mise à jour le 08 November 2016 à 10:41

Championnat du monde roller course 2011 à Yeosu (Corée du Sud) : la délégation pakistanaise

Championnat du monde roller course 2011 à Yeosu (Corée du Sud) : la délégation pakistanaise

Nous continuons notre tour des délégations méconnues présentes au championnat du Monde de roller de vitesse à Yeosu (Corée du Sud). La délégation pakistanaise est composée de 10 athlètes, 5 seniors et 5 juniors. Tous sont des hommes, élèves ou étudiants, maîtrisant un anglais parfait...

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Etape n°2 : bienvenue au Pakistan ! پاکستان میں دوراہہ کا خیر مقدم !

La délégation pakistanaise aux championnats du Monde

L’anglais est la langue nationale officielle utilisée par l’administration pakistanaise car le pays fut une colonie du Royaume-Uni jusqu’en 1947 ; l’Ourdou est également une langue nationale mais n’est pas utilisée dans les documents officiels. Aucun d’eux n’est professionnel ou semi-professionnel. « S’il n’y a pas de femmes, c’est principalement pour des raisons diplomatiques et politiques, mais nous comptons bien pouvoir en intégrer dans la délégation dès l’an prochain ! » explique le coach Mohammad qui réside à Miami et qui bénéficie de la double nationalité américaine et pakistanaise. « En fait, je fais des aller-retour régulièrement entre la Floride et le Pakistan pour m’occuper du club que j’ai fondé au Pakistan et poursuivre le développement de notre sport sur place ».

Le roller au Pakistan

Au Pakistan, il n’y a ni piste, ni circuit routier. Les patineurs s’entrainent sur des parkings ou sur des « autoroutes », et comme en Inde (soyons rassurés !), il y a une voiture balai à l’arrière du peloton pour sécuriser les coureurs… Sans surprise, le roller est un sport qui n’est ni commun, ni connu ! Les sports les plus populaires du pays sont le cricket, le hockey sur gazon et le football.

La fédération pakistanaise de roller compte une dizaine de clubs et entre 150 et 200 licenciés. Le PSSC (Pakistan Speed Skating Club) est le premier club de roller pakistanais. Il fut créé par Mohammad lui-même et c’est ce club qui a donné naissance aux autres. Les 10 Pakistanais présents en Corée du Sud sont tous licenciés au PSSC. « Il faut reconnaitre qu’il existe de nombreux autres patineurs dans le pays qui auraient pu répondre aux critères de sélection, mais ils n’ont pas pu venir pour des raisons financières » a précisé Mohammad. Justement, la sélection se fait à travers des pré-qualifications qui tiennent compte de l’expérience des coureurs (participation à d’autres championnats du monde), mais également de leurs temps sur des distances données. La sélection finale se fait en fonction des résultats obtenus à l’occasion des championnats nationaux du Pakistan, qui se tiennent chaque année en décembre, et des championnats d’Asie.

Plusieurs projets de développement du roller sont en cours au Pakistan : un système de partage des entraineurs a été mis en place avec les voisins iraniens et indiens. « C’est plus difficile de solliciter des entraineurs européens, il y a une différence de culture, de civilisation entre l’Orient et l’Occident, il y a surtout beaucoup d’appréhension et probablement des a priori de leur part. » explique Mohammad.

Les moyens financiers et matériels de la délégation

Voici l’une des grandes questions ! Celle que se sont posés tant de personnes sur le bord de la piste en constatant les rollers que 3 des 10 coureurs avaient aux pieds… « Pourquoi ces jeunes Pakistanais participent à un championnat du monde avec des rollers fitness, non seulement semblant de mauvaise qualité, mais paressant en plus particulièrement usagés ? »

La délégation pakistanaise aux championnats du MondeEn fait, explique Mohammad « c’est moi qui leur fournis les rollers en principe. Cette année, nous avons eu un problème de communication et de transmission des informations entre le Pakistan et les Etats-Unis qui ne m’a pas permis d’équiper tous les patineurs »… Peu importe désormais puisque l’un d’eux vient juste de recevoir de nouveaux rollers « mais je ne veux pas qu’il les utilise en Corée car je ne souhaite pas qu’il termine à l’hôpital ! » ajoute le coach. Quant aux deux autres, ils devraient être équipés à leur retour au Pakistan. Et c’est tant mieux !

Ici à Yeosu, c’est en grande partie grâce au soutien financier du PSSC que les patineurs ont pu effectuer ce déplacement. Les effectifs de cette délégation du sixième pays le plus peuplé au monde (170,6 millions d’habitants) n’ont cessé d’augmenter ces dernières années et Mohammad en est très fier d’autant que des représentants d’autres nations se sont déplacés pour le féliciter et constater le développement de l’équipe pakistanaise.

Les objectifs des Pakistanais

En termes d’objectifs, les coureurs doivent fournir le meilleur d’eux-mêmes et au moins prendre de l’expérience à travers chaque course. « Ils font plutôt du bon boulot, je trouve » affirme encore Mohammad. Les jeunes ont les yeux écarquillés et se sentent flattés d’entendre leur entraineur parler d’eux ainsi. Il faut reconnaitre que du bord de piste, certaines personnes se demandent même pourquoi ils prennent le départ. Les coureurs pakistanais sont en effet détachés du peloton, le plus souvent dès le départ, dès les premiers mètres de course, et ne parviennent qu’à effectuer 2 ou 3 tours avant d’être sortis par le corps arbitral. Et quand un Senior effectue les 2 premiers tours du 15KM à éliminations dans le paquet (même si c’est à l’arrière), cela constitue un véritable exploit. « Il l’a fait, il l’a fait ! » s’exclament les juniors sur le bord de la piste. Voilà une satisfaction. Les progrès se feront petit à petit…

En attendant, du bord de la piste, Ali, Faisal, Arsalan, Shafique, Tariq et les autres admirent et encouragent les patineurs de leurs délégations préférées. « Nous trouvons que Chinese Taipei est une équipe très forte, nous aimons aussi les Iraniens, car nous voyons qu’ils se battent vraiment, ils progressent beaucoup » raconte l’un d’eux. Puis Mohammad ajoute « qu’ils amirent aussi les Coréens du Sud, il faut dire qu’ils sont formidables avec nous, cela fait déjà deux ans qu’ils nous aident ». Et avant de nous quitter, tous réitèrent leurs propos sur la France « on les adore ! »

Pour la petite histoire, les Pakistanais n’ont cessé de nous saluer sur les bords de piste depuis la réalisation de cet entretien. Timidement, certains ont même demandé à prendre une photo pour poser avec des Français. Ces jeunes Pakistanais sont d’une gentillesse remarquable, nous ne pouvons que leur souhaiter de pouvoir poursuivre leur rêve sur de beaux rollers, pour que plus tard, leurs résultats cette fois, attirent les regards sans susciter de compassion, mais des félicitations !

Voici en exclusivité, une petite note de Mohammad :

“The Pakistan team has been looking at the French team for their great come back, and our athletes impressed by Yann Guyader as he had a bad fall during its elimination race and made it back to the end. I hope to learn from French with their great leadership as it has always been through history.

Thank you for all!”

Mohammad Ishak

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Texte : Léa Réguer-Petit
Photos : Léa Réguer-Petit et Daniel Busser
Mis en ligne  le 03 September 2011 - Lu 4877 fois

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