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Le 21 August 2011 à 18:07 | mise à jour le 20 August 2011 à 18:33

Les nouveaux coachs : Mathieu Grandgirard au four et au moulin pour l’Autriche

Les nouveaux coachs : Mathieu Grandgirard au four et au moulin pour l’Autriche

Le roller de vitesse manque parfois de mémoire. Si Mathieu Grandgirard revenait un jour sur les bords d’une piste pour un championnat de France quelconque, peu de jeunes sauraient le reconnaître. Le Francilien de naissance n’est pourtant pas n’importe qui : il a arpenté les équipes de France jeune et Senior...

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Interview de Mathieu Grandgirard, entraîneur de l'Autriche

Mais voilà, Mathieu s’est installé en Autriche depuis presque sept ans maintenant et il s’est marié à Elisabeth Schrenk, une Viennoise dont on reparlera et qui coache l’équipe du Danemark. Il ne revient pas souvent dans l’Hexagone, en tout cas pas pour le roller : il est bien trop occupé par ailleurs par toutes ses activités. Et notamment celle de coach de la sélection autrichienne...

Interview de Mathieu Grandgirard, entraîneur de l'AutricheMathieu n’est pas un inconnu du bord des pistes. A 35 ans cette année, il a pratiquement tout connu dans le roller de vitesse : la naissance et la croissance des circuits des marathons internationaux, les équipes de marques (il a notamment couru pour Tecnica, Fila et Rollerblade ILA Speedodrom), le déclin du circuit des marathons ainsi que la ferveur des sélections pour les championnats d’Europe et du monde (il a honoré de nombreuses sélections chez les jeunes et chez les Seniors).

« Cette année, j’ai décidé de raccrocher. En début de saison, je me suis aligné sur un marathon, mais j’ai mis cinq jours à récupérer... Je ne m’entraîne plus assez ! » Aucune nostalgie ni aucun manque palpable dans ses propos. Mathieu constate juste qu’il a trop de travail par ailleurs, il vient d’ouvrir un deuxième cabinet de kinésithérapie et d’ostéopathie à Vienne, pour pouvoir s’entraîner correctement.

Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il s’occupe aussi à plein temps de ses athlètes autrichiens. Il connaît les Seniors sur le bout des doigts pour les avoir coaché dans le team Rollerblade Autriche depuis quatre ans. Il les suit encore toute la saison, s’occupe de leurs entraînements mais joue aussi le rôle de kiné et d’ostéopathe pour ces jeunes athlètes. Il est vraiment au four et au moulin pour eux !

De ce point de vue, inutile de dire que la sélection autrichienne n’a pas été difficile à trouver. Mathieu a puisé dans le vivier de ses protégés, à savoir les frères Tristan et Jakob Ulreich ainsi que le néophyte Christian Kromoser.
« Il n’y a que deux ou trois Seniors en Autriche, donc c’est très difficile de constituer une équipe solide... » constate Mathieu. Il a fixé des objectifs dans le Top 5 à tous ses patineurs, tout en étant conscient que les tactiques d’équipe des autres nations seraient difficiles à contrer. A l’impossible, nul n’est tenu : le Junior Tristan Ulreich lui a « offert » une belle médaille de bronze dans l’épreuve finale du marathon !

Mathieu voit cependant plus loin. « Nous ne progresserons jamais si les grandes nations du roller, comme la France par exemple, ne mutualisent pas leurs moyens : elles pourraient envoyer un entraîneur diplômé quelques jours par mois dans les pays les moins bien dotés d’Europe, histoire de développer et de consolider le roller de vitesse partout sur le Vieux continent... » De son côté, Mathieu fait le maximum, mais il sent bien que la raison pourrait rapidement l’emporter sur la passion. « J’ai déjà stoppé ma carrière récemment car cela me demandait trop d’investissement : quand on est en Autriche, on est loin de toutes les compétitions internationales et il faut trop souvent prendre l’avion... »

Mathieu concède donc quelques jours à la sélection autrichienne pour les championnats d’Europe, mais quelques jours pris sur son temps de travail. « Je suis ici pour apporter à mes jeunes mon aide d’un point de vue logistique : je leur donne quelques petits conseils, j’essaie d’améliorer leur hygiène de vie. Comme nous nous côtoyons toute la saison, c’est là-dessus que je peux leur être utile ! ».
Le sélectionneur des rouge-et-blanc est cependant réaliste : il dit lui-même qu’il n’est là que pour dépanner. Espérons qu’il transmettra le témoin dans les meilleures conditions pour ce petit pays de 8 millions d’habitants dans lequel le roller n’est qu’un sport mineur...

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Texte : Vincent Esnault
Photos : Vincent Esnault 
Mis en ligne  le 21 August 2011 - Lu 2064 fois


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