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Le 16 August 2011 à 08:08 | mise à jour le 25 August 2011 à 10:09

Les nouveaux coachs : Kalon Dobbin adopté par les Suisses

Les nouveaux coachs : Kalon Dobbin adopté par les Suisses

Voilà une figure très populaire du roller de vitesse mondial, et ce n’est pas rien de le dire ! Kalon Dobbin est passé pro dans le roller à un âge où normalement, on aime bien profiter encore un peu du confort du foyer parental. Le Néo-zélandais a en effet quitté son île du bout du monde avant ses 20 ans, son sac sur le dos...

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Kalon Dobbin en actionIl est parti vers l’Europe et les Etats-Unis, courant les marathons et les tournois de sprint, si, si, la WIC a aussi organisé des tournois de sprint au début des années 2000, avec le team Rollerblade. Aujourd’hui, il patine pour Powerslide. Mais toujours, quand revient le temps des championnats du monde, il troque sa combinaison de sponsor pour la tunique All Black, avec fierté. Si Kalon est très populaire, c’est parce qu’il est toujours souriant et abordable. C’est aussi un patineur loyal et très spectaculaire sur les courtes distances. Et, depuis le temps qu’il vit en Suisse pour la saison (plus de six ans maintenant), il a fini par se faire adopter par les Helvètes. A tel point qu’il est devenu sélectionneur de l’équipe nationale !

Portrait de Kalon DobbinExceptionnellement, je vais me permettre d’utiliser le « je » pour commencer cet article. Quand j’ai commencé cette enquête sur les nouveaux coachs, à l’occasion des derniers championnats d’Europe aux Pays-Bas, j’avais ma petite liste de noms en tête. Forcément, celui de Kalon en faisait partie. Dimanche midi 31 juillet, complètement par hasard et alors que le complexe de Heerde somnolait sous un soleil timide, je me suis approché vers la piste. Trois patineurs s’essayaient dans les virages relevés : deux jeunes du coin d’un côté et un certain Kalon Dobbin de l’autre. Alors qu’il laissait rouler, les mains sur les genoux, après un énième sprint dont il a le secret, je lui lançais en rigolant : « tu es trop vieux pour ça ! » Il s’est étendu de tout son long sur l’herbe du milieu de piste et je me suis approché. « Kalon, je voudrais faire des reportages sur les anciens patineurs qui sont aujourd’hui devenus coachs d’équipes nationales : est-ce que tu serais intéressé ? » Il m’a répondu oui tout de suite. « OK, pas de problème, mais juste une chose : je ne suis pas un ancien patineur ! » J’avais omis que le Néo-zélandais était encore les deux pieds dans sa carrière et qu’il allait tenter de décrocher une nouvelle médaille, voire plusieurs, à Yeosu aux championnats du monde… Autant pour moi ! Kalon ne m’en a pas trop voulu et le lendemain, entre deux courses, je commençais à l’interroger sur son rôle en tant que coach de la sélection suisse.

« J’ai débuté cette année, mais je travaille depuis longtemps avec les Suisses » explique-t-il. « Je suis en charge de nombreux stages là-bas et j’entraîne notamment le Junior Livio Wenger… On a juste rendu ça officiel pour ces championnats d’Europe. » Kalon n’a pas été choisi par hasard. Lui qui patine en tant que professionnel depuis au moins quinze ans (il en a 34) connaît son sujet sur le bout des doigts. Il a côtoyé de grands noms, à commencer par son père Roy, Bill Begg, Alain Nègre. Et bien sûr une multitude de patineurs tous aussi doués les uns que les autres, dont son propre frère Shane, deux fois champion du monde du marathon et qui s’est mis à la glace depuis 2007. Autant dire qu’il a forcément une petite idée sur la question du coaching !

« Effectivement, les Suisses m’ont choisi pour mon expérience. Ils sont très forts physiquement, mais ils manquent de technique et de tactique sur la piste, et je suis là pour corriger tout ça. » Kalon est venu avec huit patineurs à Heerde et à Zwolle : quatre filles et quatre garçons. Le Vétérans Martin Hänggi a été rappelé pour encadrer l’équipe Senior et lui permettre de participer à l’américaine. Les Seniors et les filles ont tenté des coups, notamment sur le marathon. Mais c’est sur la pépite Livio Wenger que tous les yeux se sont tournés. « A propos de Livio, je dirais que quand tu es bon, tu es bon ! » lance Kalon, qui connaît bien son protégé. « Il roule avec mes compatriotes néo-zélandais qui résident aussi en Suisse ou tout près, en Allemagne, une partie de l’année, comme par exemple Nicole Begg ou encore Scott Arlidge. Il sera le seul Suisse à partir en Corée du Sud et il se préparera pour cela avec nous : là-dessus, rien ne change. »

Kalon s’était fixé un objectif de six médailles pour les championnats d’Europe. Il lui en manquera une… En fait, Livio Wenger a été à la hauteur de son rang de leader de l’équipe helvète : la star de Schenkon a pris deux titres sur la route et deux médailles de bronze sur la piste dans les courses de fond. En revanche, il a dû prendre son mal en patience sur le marathon (il termine cinquième). Kalon rappelle qu’un de ses Juniors B avait auparavant gagné une médaille en Italie. Le bilan reste donc très correct. Et le coach, comment prend-il son rôle ? « En fait, j’apprends sur moi-même, je vois les courses sous un nouvel angle, je me pose des questions sur comment battre les autres par exemple… J’espère que ça va me donner des idées pour les championnats du monde ! » C’est ce qu’on verra très prochainement !

Est-ce le dernier défi de Kalon en tant que compétiteur ? Certainement pas ! « Je pars cet hiver me tester sur la glace. Nous allons à Salt Lake City avec DJ Nation et Shane, histoire de préparer un relais pour les prochains Jeux olympiques de Sotchi… » Définitivement, le Néo-zélandais n’est pas encore trop vieux !

Kalon Dobbin en action

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Texte : Vincent Esnault
Photos : Vincent Esnault
Mis en ligne  le 16 August 2011 - Lu 6229 fois


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