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Le 21 June 2011 à 08:32 | mise à jour le 21 June 2011 à 09:01

Interview avec Raphaël Planelles

Interview avec Raphaël Planelles

C’est le numéro 1 en France dans la catégorie Cadet. Raphaël Planelles (Les Fous Rollant de Villetelle) a fait main basse sur tous les titres de champion de France à Angers en mai, réussissant toutes ses courses, des plus courtes (le 200m chrono) aux plus longues. Des résultats incroyables qui le mettent forcément en lumière...

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« Je me sens très motivé pour les championnats d’Europe ! »

Interview Raphael PlanellesMais Raphaël n’a pas un tempérament à se reposer sur ses lauriers. Il se projette déjà sur les championnats de France piste de Valence d’Agen, sur les championnats d’Europe, ainsi que sur le circuit des marathons qu’il découvre cette année. Comment se prépare-t-il pour ce programme ? Quelles sont ses motivations ? Le jeune Languedocien lève le voile dans cette interview...

Bonjour Raphaël. Nous sommes déjà fin juin et les championnats de France piste arrivent à grands pas. Ce rendez-vous est-il un objectif de ta saison ?

Portrait Raphaël PlanellesOui, les Championnats de France piste font partie de mes objectifs, sachant qu’aux championnats d’Europe, nous ne faisons que la piste. Donc si je veux être leader sur les courses de fond, je me dois de bien y figurer. Les pistes, c’est toujours plus dur pour moi, car c’est très technique : les prises de bonnes trajectoires sont capitales ! Je me sens moins à l’aise que sur la route, donc je travaille encore plus pour faire la différence sur le physique et la technique de patinage.

Concrètement, comment te prépares-tu pour l’événement ?

Après mes résultats d’Angers, j’ai vu que le physique était là. Je continue sur ma lancée, c’est à dire des entraînements quotidiens, voire bi-quotidiens. J’ai la chance d’avoir un anneau de 180m avec de grands virages(en bitume) dans le lycée où je suis mes études : j’y ai accès tous les jours, tous les week-ends et toutes les vacances. Je fais également des stages durant les vacances scolaires, à raison de deux à trois entraînements par jours. J’ai fais un stage sur la piste de Valence d’Agen pendant la deuxième semaine des vacances de Pâques, justement pour étudier, vidéos à l’appui, ce qui sera mon point faible : les trajectoires. Je repars une semaine en stage à Valence d’Agen du 25 juin au 1er juillet avec mon club, « Les Fous Rollant de Villetelle », pour continuer ma préparation et m’habituer à cette piste avec les roues appropriées. Enfin, j’ai modifié mes entraînements à l’approche du France piste en faisant essentiellement de la vitesse - car j’avais beaucoup travaillé le foncier avec de gros volumes cet hiver...

Il faut aussi te poser la question de tes objectifs à Valence d’Agen...

Effectivement ! Vu mes très bons résultats d’Angers, j’espère faire de même à Valence d’Agen, c’est-à-dire remporter les cinq autres titres (j’ai fais un pari avec mon père que je garde secret...) du 300, 500, 1000, points et élimination. Je pense que cela sera plus dur, car mes adversaires auront certainement mis les bouchées doubles pour prendre un titre de champion de France. Mes principaux adversaires au 300, 500 et 1000m seront Alexandre Guyomard de Guingamp, Lucas Mesdom de Villeparisis, Clément Chaduc de l’ALVA et Benoit Soriano du VRS qui voudront prendre leur revanche. Sur les courses de fond, Yassine Baroudi (Roller du Touch), Elphège Pédicone (AM Sports), Lucas Mesdom et Kévin Duguet (ROBB) seront des adversaires très dangereux à prendre au sérieux.

Tu habites près de Montpellier, une région dans laquelle on ne trouve pas beaucoup de clubs de compétition. Est-ce un désavantage ?

Ma situation géographique présente des avantages et des inconvénients. Le plus dur et le plus éprouvant pour moi, c’est bien sûr la solitude : j’habite dans une région où la course est quasi inexistante en termes de structures et d’infrastructures. Je m’entraîne contre mon chrono. Le fait d’être loin de tout nous oblige à faire beaucoup de kilomètres pour se mesurer aux autres patineurs dans les quatre coins de la France et de l’Europe. Pour ce qui concerne les avantages, le fait de vivre dans le Sud, au soleil toute l’année, me permet de m’entraîner tous les jours sans subir des semaines de pluies comme dans les régions plus au Nord... Le manque de groupe ou de peloton est aussi un inconvénient car là, pas de travail « d’entrée et de sortie de peloton » ou de travail d’équipe possible. Le seul petit avantage de ne pas avoir de peloton, c’est la chute d’un patineur devant : ça n’est pas prêt de m’arriver ! Comme je suis seul, mes séances sont personnalisées, alors que peut-être, dans les gros clubs, l’entraînement est le même pour tout le monde... Mon entraînement se fait essentiellement sur l’anneau de 180m (en bitume), la Voie Verte de la Vaunage de 42 km et les routes du département derrière un scooter pendant l’hiver. Je suis aussi licencié d’un club de vélo route, le « Lunel Bike », et je pratique le plus possible. C’est ma mère qui m’entraîne depuis toujours et qui prépare mes plans d’entraînement : elle est BEES 1° course et elle est inlassablement à l’affût des nouvelles méthodes de travail et de préparation physique. Elle est toujours de très bon conseil. Elle est souvent en relation avec Pascal Briand, qui nous aide et nous conseille sur le contenu d’entraînement : quand elle a un doute sur un point particulier, Pascal est présent pour donner les bonnes informations.

Tu diversifies pas mal également...

Raphaël Planelles - actionJe pratique le triathlon, le duathlon et le Bike & Run depuis cinq ans. Au collège, pendant quatre ans, j’étais dans une section sportive de triathlon à raison de 6h d’entraînement par semaine en plus du roller. J’ai participé aux championnats nationaux UNSS : j’y ai été champion de France de duathlon, vice champion de France de Bike & Run et vice champion de France de triathlon. J’ai été licencié deux ans au club de triathlon de la Grande-Motte. Je suis au lycée cette année, de nouveau en section triathlon, mais la natation demande beaucoup trop d’entraînement, alors je ne fais que des duathlons et du Bike & Run. Je pense que le fait de pratiquer ces autres sports m’apporte des entraînements complémentaires au roller, très physiques, et surtout, cela m’évite la monotonie !

On t’a vu poindre le bout de ton nez sur les marathons, à Dijon notamment : c’est un passage obligé pour un patineur de vitesse ?

Oui je pense. J’ai fais deux marathons en coupe de France cette année : Lille et Dijon. Je ne peux pas dire si c’est judicieux... Tout dépend du profil du patineur : je pense que je suis fondeur, en tout cas je préfère les épreuves d’endurance et de fond comme le marathon. J’aimerais par la suite faire plus de marathons car l’ambiance n’est pas la même que sur les courses traditionnelles. Prendre un départ aux côtés des meilleurs patineurs du monde, ça apporte de drôles de sensations, du stress, du plaisir, de la peur... Aux championnats d’Europe et du monde, il y a des marathons au programme : si j’ai la chance de pouvoir les faire, il faut m’y préparer à l’avance pour pouvoir être le plus possible compétitif possible et faire mieux que de la figuration. En général, je préfère les épreuves de longue distance...

On imagine que cette saison ne va ni s’arrêter à Dijon, ni à Valence d’Agen. Dans quel état d’esprit abordes-tu l’été qui se profile déjà ?

En effet, je me projette sur l’Italie et Pollenza où se dérouleront les championnats d’Europe piste, car la France et d’autres pays européens, ont décidé de ne faire que la piste. J’ai déjà prévu des entraînements chez moi, à Villetelle, avec d’autres patineurs, s’ils sont aussi sélectionnés pour les championnats d’Europe. Je me sens très motivé : bien que Cadet première année, j’ai déjà eu la chance de participer à deux championnats d’Europe en Minime. Je commence à connaître un peu les adversaires les plus sérieux et les prétendants aux titres de Champion d’Europe. Je suis impatient d’y être aussi ! J’ai pu me mesurer avec les meilleurs patineurs européens à Gross-Gerau et aux 3 Pistes... Je sais donc que ça ne va pas être facile, mais j’ai hâte de me retrouver en équipe de France avec Pascal Briand comme entraîneur : avec l’expérience qu’il a, il va nous sortir des courses d’équipe avec des tactiques « à la Briand ». Pour finir, je suis aussi très curieux de ce qui se fait à l’étranger : j’ai déjà pu visionner les résultats des championnats nationaux italiens, allemands, néerlandais ou encore espagnols... Il n’y a pas de surprise, les meilleurs sont aux avant-postes. En revanche, il n’y a pas de Championnat du monde pour les Cadets : ce sont les moins de 20 ans qui sont pris. Les places vont être chères, mais j’y pense aussi, pourquoi pas...

Raphael Planelles vainqueurConnais-tu ton programme et/ou celui de l’équipe de France ?

Je ne connais pas mon programme. J’espère qu’il sera identique à celui de l’année précédente aux championnats d’Europe, où j’ai fais toutes les courses sur piste et sur route en vitesse et en fond. Je crois qu’il n’y a pas de stage de prévu pour les jeunes : nous partons trois jours avant le début du championnat pour nous y préparer. On attend... Je pense en savoir un peu plus à Valence d’Agen, où nous connaitrons les équipes de France au complet. Ma préparation va continuer sur sa lancée car les championnats d’Europe sont programmés le 16 juillet et nous partons pour l’Italie le 13, donc nous n’aurons pas trop de temps pour patiner avec les autres patineurs.

Une question d’un autre ordre pour finir... Tu viens d’obtenir ton passage en première S : félicitations ! Comment concilier les études et le sport de haut niveau ?

Merci ! Il va falloir travailler un peu plus cette année, car les choses sérieuses commencent aussi de ce coté-là ! Pour cette année, mon lycée (Victor Hugo de Lunel) a mis en place un « aménagement ». En fait, la Direction Régional, la FFRS et l’Education nationale ont monté un dossier auprès du chef d’établissement pour me faciliter la tâche. Je peux rattraper les contrôles quand je suis absent, je termine tôt tous les soirs (à 15h30) et, comme je m’entraîne sur place, mes absences sont excusées, je n’ai pas de problèmes de transport ou de déplacement. Enfin, les professeurs font de leur mieux pour que tout se passe bien et ils sont très compréhensifs. Je pense que j’ai un environnement idéal pour pouvoir continuer le roller et mes études jusqu’au Bac : après, ce sera une autre histoire, qui se poursuivra peut-être à Toulouse en IUT ou bien en École d’ingénieur. J’ai encore deux ans pour y réfléchir...

Merci Raphaël et bonne préparation pour Valence d’Agen !

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Blog des Fous Rollants de Villetelle

Texte : Vincent Esnault
Photos : droits réservés
Mis en ligne  le 21 June 2011 - Lu 2685 fois


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