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Le 04 May 2011 à 00:00 | mise à jour le 28 June 2011 à 09:32

Un nom, une marque : Mariani

Un nom, une marque : Mariani

Pour beaucoup de patineurs, le nom de Mariani est avant tout une marque. Des chaussures moulées design, de qualité, mais aussi assez chères. Pour certains, Mariani évoque bien plus : un ancien patineur, une famille, une équipe... C'est un peu tout cela à la fois ! C'est ce que nous allons révéler, en partie, dans cet article...

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Dans les empruntes du fabricant de chaussures italien

Saviez-vous que Yann Guyader a débuté sa carrière de sportif professionnel dans l'équipe Mariani au milieu des années 2000 ? Il en a gardé ses dons de polyglotte, tout comme Davide d'ailleurs ! Comme Yann, quelques patineurs français contribuent ou ont contribué au développement des chaussures moulées Mariani, donnant des conseils, évoquant leur ressenti...

Depuis 1997

L'entreprise Mariani est née en 1997. A cette époque-là, les seules paires de patins moulés viennent des Pays-Bas (la marque Viking) ou d'Australie (Bont, toujours présent). La plupart des autres rollers en ligne sont standards et encore rudimentaires. Davide Mariani est un patineur célèbre, connu en France pour ses apparitions à Rennes sur Roulettes (déjà) ! Mais sa carrière s'achève et il doit penser à son avenir professionnel : il devient employé dans une entreprise pharmaceutique.

« Ca n'a pas duré longtemps : je m'ennuyais et j'ai préféré bifurquer... Passer à la fabrication de chaussures moulées, c'est venu presque naturellement. C'était aussi un moyen pour moi de revenir dans le monde du roller ! »

Voilà donc 14 ans que cela dure. L'entreprise s'est rapidement développée et prospère désormais.

« Nous sommes cinq à travailler, quatre Italiens et un Ghanéen, chacun à son poste. C'est très difficile de recruter, car les métiers manuels n'attirent plus trop les jeunes : pourtant, ce n'est pas un travail à la chaîne, loin de là ! »

Avis aux amateurs ! Davide s'impose une seule règle cependant, celle de ne jamais recruter de patineurs ou d'ex-patineurs. Et ce pour une raison simple, l'espionnage industriel : « il y a trop de risques qu'on essaie de copier tout le savoir-faire accumulé... » avoue-t-il.

Des locaux de 400 m² flambants neufs en attendant un nouveau site web

 

Espionnage industriel, savoir-faire : voici des termes qui donnent l'impression d'entrer dans le monde des grandes entreprises ! Évidemment, l'industrie du roller n'est pas (encore) à la hauteur de l'industrie automobile par exemple. Quoique... Concevoir et fabriquer des chaussures moulées de roller de vitesse nous en rapproche d'une certaine façon. Mariani a ainsi dû augmenter sa surface de travail en attendant d'ouvrir un nouveau site web :

« nous travaillons dans des locaux de 400m² flambants neufs dans la banlieue de Milan. »

Les chaussures que vous voyez sur les stands ou que vous portez à vos pieds sont l'aboutissement d'heures de travail considérables et d'années de développement.

« Je veux être au maximum à l'écoute des clients et de leurs besoins. En tant qu'ancien patineur, j'ai aussi mon ressenti, et il compte. Ensuite, en ce qui concerne le design de la chaussure, je me suis beaucoup inspiré de la Formule 1. J'essaie de chasser la fantaisie de mes modèles : pour moi, l'important, c'est que les chaussures soient sobres et élégantes. »

 

L'impact de la crise

Les modèles Mariani demeurent parmi les plus onéreux du marché. D'aucuns diront que la qualité est à ce prix. L'explication est plus complexe.

« Je dois faire face à la fluctuation constante du coût de la matière première, une fluctuation plutôt à la hausse ces temps-ci, explique Davide. Or, je ne veux travailler qu'avec des matériaux italiens afin d'en contrôler au maximum la qualité. Il faut donc que je trouve le prix final le plus juste... »

C'est effectivement un exercice difficile au moment où les salaires des clients ont tendance à stagner de leur côté.
Quand on parle de qualité des produits, ce n'est pourtant pas une parole en l'air.

« Aucun produit ne sort de l'entreprise sans être passé entre mes mains. C'est une question de respect. »

On sent Davide encore très proche de la compétition, très impliqué par ce que donneront ses chaussures dans les pieds des patineurs. Ce qui le fait bondir également, c'est la concurrence pas très légale de fabricants de moulées peu scrupuleux des règles fiscales qu'il subit en Italie.

Les patineurs le font avancer

  Mais il ne tarit pas d'éloges envers les patineurs qui le font avancer. Pendant dix ans, entre 1998 et 2008, il a ainsi collaboré avec Yann Guyader, notamment au temps où ce dernier écumait l'Europe avec le team éponyme, au contact des célèbres Stefano Galliazzo et Garikoitz Lerga.

« Grâce à Yann, nous avons pu aboutir à une technique de production sous vide qui permet de mieux épouser encore la forme du pied. Ses diagnostics et ses remarques étaient précis. Et même quand il avait mal aux pieds, il faisait les tests ! »

D'autres Français participent à ce renvoi d'ascenseur, comme par exemple Gwendal Le Pivert : le sprinter roule depuis un an maintenant avec un prototype. Cet aspect du développement des produits est évidemment tout aussi primordial pour avancer : sans essai, pas d'évolution ! Un fabricant qui stagne est condamné à régresser. Ce n'est certainement pas le cas de Mariani, qui produit 1.500 paires par an.

L'avenir, ce sont les enfants !

Mariani s'est récemment lancé dans des modèles pour enfants, des modèles qui connaissent d'ailleurs un vif succès. Ils sont verts, roses ou bleus. Ces nouveaux modèles sont particulièrement renforcés au niveau des chevilles afin d'assurer un meilleur maintien. L'avenir, ce sont les enfants ! Le futur passe aussi par la diversification.

« Après cinq ans de recherche et de développement, je me sens prêt à passer un cap pour commencer la production de chaussures de short track, explique Davide. Nous avons fait de nombreux essais et les derniers sont concluants ! »

Un scoop pour finir : vous pourrez bientôt vous lancer sur la longue piste avec des chaussures Mariani. Voici en effet un an que Davide concocte un produit haute gamme... De nouvelles aventures pour la marque en perspective. Mais croyez-le, Davide sait déjà où il met les pieds ! 

Liens utiles

Site officiel de Mariani

Texte : Vincent Esnault
Photos : Vincent Esnault et droits réservés
Mis en ligne  le 04 May 2011 - Lu 9854 fois


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