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Le 26 January 2014 à 22:37 | mise à jour le 01 March 2014 à 08:31

On a essayé pour vous... le Nordic-Blading

On a essayé pour vous... le Nordic-Blading

Voilà quelques années que le catalogue Powerslide nous montre des images de patineurs arpentant les sous-bois et les chemins avec des rollers ressemblant plutôt à des skis à roulettes tout-terrain. Cette discipline pas si éloignée reste pourtant très peu pratiquée. Nous l'avons testée pour vous...

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Impressions

Les patins

Nous sommes remontés dans les archives de rollerenligne.com pour constater qu'en 2006, il existait déjà des patins de nordic-skating. Powerslide proposait notamment des modèles équipés d'une coque de vitesse montant posée sur un châssis long d'une soixantaine de centimètres formé par deux lames d'aluminium embouties et rivetées.
Ce modèle a évolué au cours des années pour voir enfin apparaître des châssis extrudés, plus légers et moins encombrants.
Le modèle que nous avons choisi pour découvrir la discipline est le XCPath 2011, que nous testons sur le site. Il est équipé d'une coque souple/dur sur une base de Phuzion 7 Hybrid Open Air. La chaussure peut être remplacée par n'importe quel modèle de roller dans la mesure où la platine est équipée d'un double entraxe 165 mm et 195 mm.

Les bâtons

Il faut aussi choisir les bons bâtons ! Pour ce faire, nous avons contacté Olivier de RollX, spécialiste de ski-roues/rollerski. Il nous a fait parvenir des bâtons en carbone avec pointes. Pour choisir la bonne taille ? Il vous suffit de monter sur vos engins et de mesurer la hauteur entre le sol et le dessous de votre menton.

Prise en main : coordination indispensable !

Si vous faites du ski de fond, la prise en main (façon de parler), se fera sans problème. Si comme moi vous n'avez jamais vraiment fait de ski, il vous faudra quelques dizaines de minutes ou quelques heures pour bien comprendre le mouvement. Il change d'ailleurs en fonction de la configuration du terrain.
Votre but principal dans un premier temps : ne pas pousser en même temps avec les bâtons et les patins nordic ! C'est la gamelle quasi-assurée. Les bâtons s'emmêlent alors avec les patins et vous êtes bons pour aller brouter les pissenlits (pas par la racine non plus, rassurez-vous !).
Le pas du patineur nous a semble être la technique la plus adaptée à la plupart des circonstances mais le pas classique ou alternatif est également efficace. Il faudra donc maîtriser les deux techniques...

Les lieux de pratique

Si le nordic-skating semble pouvoir se pratiquer sur à peu près toutes les surfaces, nous avons quand même constaté des différences de confort et de rendement en fonction des configurations de terrain. Le mieux reste de rouler sur de la terre dure.

Comportement en milieu urbain

Nous sommes partis du centre-ville de Montpellier pour rejoindre les bords du Lez, la rivière locale. Pendant environ 1 km, c'est donc une alternance de trottoirs, de pavés auto-bloquants, de pistes cyclables que nous traversons.
Première chose : L'endroit où vous évoluez doit quand même être large d'environ 1,5 m à 2 m, sinon l'utilisation des bâtons est proscrite. Attention de ne pas éborgner un piéton ou de ne pas rayer une voiture.
Seconde chose : il n'est pas évident de piquer avec les bâtons dans un sol dur et très lisse. Il vaut mieux un revêtement en enrobé un peu grossier où les pointes ont une meilleure accroche. Bref, l'inverse du roller.
Troisième chose, il faut an-ti-ci-per ! Les engins sont longs et donc plus dur à manoeuvrer, moins réactifs. N'espérez pas rentrer un freinage en parallèle avec ces engins. Freinez en chasse-neige avant chaque intersection... et faîtes attention aux trottoirs ! Avec le faible empâtement et l'écartement important des roues, on a vite fait de frotter le châssis sur un coin de trottoir ou une marche...
Sur enrobé, les pneus doivent être très gonflés, n'hésitez pas à monter aux environ de 7 bars de pression afin de diminuer cette sensation d'être collé à la route. On roule plutôt bien sur bitume, mais cela reste moins agréable que sur une terre dure où l'on peut piquer les bâtons sans que les vibrations vous remontent jusqu'en haut des cervicales.

Dans les chemins en terre dure : c'est top !

Enfin, on va pouvoir s'exprimer ! Nous voici partis pour 500 m d'un chemin à la terre dure très caillouteuse. Les patins ne bronchent pas et absorbent les caprices du relief sans problème. Le roulage reste plutôt bon et les pneumatiques jouent enfin leur rôle. On ne ressent aucune vibration, juste des bosses adoucies par la déformation des pneus. Les bâtons trouvent enfin une bonne accroche et l'on peut pousser avec plaisir en s'aidant des bras.
Le mieux semble de caser une poussée avec les bâtons entre deux foulées de patineur, cela épargne les bras tout en faisant travailler les jambes.
Dans les montées, selon l'inclinaison, la montée en canard ou l'utilisation des bâtons sera indispensable.

La terre meuble... vous fait les bras !

Nous décidons de sortir un peu des sentiers battus pour aller taquiner la terre un peu plus meuble. Immédiatement, on sent que le rendement baisse. L'endroit est plutôt plat et le sol un peu gras, la vitesse chute. Il faut alors davantage jouer des bras... et ça a vite fait de vous cramer les pectoraux ou les dorsaux. On ressent moins de plaisir de glisse, même si ça passe encore. Bref, la terre meuble, ça passe, mais ce n'est pas extraordinaire.

Et les descentes ?

Soyons fous, filons vers les bords du lez en contrebas, une petite descente d'une trentaine de mètres en terre et en herbe nous fait de l'oeil. Ni une, ni deux, nous voilà dans le dénivelé, on prend de la vitesse rapidement malgré un terrain accidenté et l'on redoute l'arrivée. Surtout, ne pas paniquer ! On se place sur l'arrière, pieds légèrement décalés, et ça passe tout seul, non sans une petite montée d'adrénaline... ça reste quand même beaucoup moins maniable qu'une paire de Coyote à cause de la longueur, même si c'est plus stable.

Bah, maintenant que t'es descendu, t'as plus qu'à remonter !

Et là, les histoires de coordination reprennent le dessus. Sur un petit raidillon, le pas en canard semble la seule technique valable. On peut un peu soulager les jambes en poussant sur les bâtons de temps en temps. L'encombrement des patins, malgré une relative légèreté, fait qu'on se sent comme un goéland qui tente de décoller sur 3 m² (imaginez un albatros si vous êtes fan de Baudelaire...).

Avantages par rapport au roller

  • On travaille les bras en plus des jambes, ce qui en fait un sport bien plus complet
  • La sollicitation au plan moteur fait que l'on améliore son habileté
  • On peut passer dans des chemins où le roller ne peut même pas imaginer s'aventurer. A nous les grands espaces !

Inconvénients

  • Le sentiment de glisse reste moins fort
  • La maniabilité est moins bonne qu'en roller
  • La terre doit quand même être suffisamment ferme pour que cela reste agréable
  • Difficile de freiner (sans le frein) dans les descentes

Powerslide Nordic Cross skating from SKRITUĻSLIDOŠANA on Vimeo.

Et les gens réagissent comment ?

Forcément, quand vous êtes harnachés avec ce type d'engin, difficile de passer inaperçu. Les enfants adorent et ne manque pas de signaler votre passage à leurs parents. Les jeunes sont plutôt indifférents voire légèrement moqueurs, les personnes plus âgées font invariablement la comparaison avec le ski de fond... "Ski", le mot est lâché. Personne ne prononce le mot roller tant la comparaison avec le ski de fond est immédiate. Tout comme le ski-roue, cette discipline serait une excellente préparation estivale...

Où en tirer le meilleur parti ?

Les bords de canaux nous semblent être le meilleur endroit pour pratiquer le nordic-skating. Une terre damée ou du stabilisé en bon état offre une glisse optimale, on peut alterner les poussées bâtons et patins sans trop réfléchir et atteindre une bonne allure de croisière. Les chemins forestiers en sous-bois peuvent également être agréables. Oubliez la ville où l'évolution n'est pas des plus agréables...

Le développement de la pratique

En Allemagne, on compte près de 200 "Nordic Center" labellisés par la DSV (Fédération de Ski allemande). Elles utilisent 1.200 routes et pistes sur une longueur totale de 8.500 km. On y pratique le ski de fond, le nordic-walking, le nordic-blading ainsi que les raquettes. 5 millions de personnes feraient du ski de fond en Allemagne.

Jürgen Pfizner (Powerslide)

"Le marché français offre un potentiel important, ne serait-ce qu'au regard du nombre de skieurs de fond en hiver. Ce sont tous des clients potentiels en nordic-skating. La France fait partie de l'élite du ski de fond. La discipline peut également séduire les patineurs qui veulent entretenir leur condition physique. Ils patinent seulement sur asphalte et pourraient avoir envie de tester quelque chose de nouveau.
Les triathlètes, les coureurs à pied et les cyclistes qui veulent faire de l'endurance sont également des clients potentiels. Le Nordic-Skating est un sport qui demande beaucoup de ressources physiques, il fait travailler tout le corps et pas seulement les jambes comme en vélo, en patin ou en course à pied.
Les derniers et pas des moindres sont les nouveaux venus qui sont intéressés par les sports nordiques apportant santé et forme. Ils ont peut être déjà essayé le Nordic Walking, un peu trop ennuyeux et pourraient accrocher au Nordic Skating, plus rapide, plus excitant.
Bref, il existe un gros potentiel pour cette pratique en Europe..."

Liens utiles

Définition du pas du patineur sur haute-savoie-nordic.com
Vidéo de ski de fond montrant quelques techniques de ski de fond
Vidéo de nordic-blading de Powerslide (2008)
Nordic-Skating à Sauerland en juillet 2009
Fiche détaillée du produit sur rollerenligne.com
Site de Powerslide
Rubrique Nordic Trainer sur le site Powerslide

Texte : Alfathor
Photos : Powerslide
Relecure : Iggnorance 
Mis en ligne  le 26 January 2014 - Lu 27170 fois


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