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Le 06 May 2010 à 00:00 | mise à jour le 06 May 2010 à 21:30

Interview : Ewen Fernandez rêve du titre mondial

Interview : Ewen Fernandez rêve du titre mondial

Il est l'un des patineurs français les plus en vue de ce début de saison. Ewen Fernandez entame sa troisième saison chez les Elites, et le voilà qui pointe le bout de ses rollers sur la marche qui mène vers les sommets. Auteur d'une performance convaincante à Rennes (deuxième de la World Inline Cup), le banlieusard nantais enchaîne les résultats sur tous les tableaux...

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"Je rêve de devenir un jour champion du monde !"

Ewen a terminé dans le Top 5 aux 3 Pistes, quatrième des championnats de France du Marathon...). Il a bien voulu faire une pause, entre ses études et les entraînements, pour évoquer son début de saison, la façon dont il se prépare pour les échéances à venir, ainsi que la structure qui le forme, à savoir le Pôle de Nantes...

Bonjour Ewen. Une première question sans échauffement, donc contraire aux règles de la course : combien de temps faut-il pour s'installer dans la catégorie Elite d'après toi ?

Pour s'imposer en Élite, chacun prend le temps qui lui est nécessaire. Il y en a, comme Alexis Contin, Bart Swings ou encore Joey Mantia, qui s'installent au niveau mondial dès leurs débuts dans la catégorie. D'autres ne s'imposent que quelques années plus tard, comme Yann Guyader par exemple. Je ne pense pas que je me suis fait une place ou un nom dans ce peloton, malgré un bon début de saison avec la WIC de Rennes : le plus dur est de confirmer. J'ai encore beaucoup de travail pour y parvenir car le talent ne suffit pas. L'entraînement est la clé de la réussite ! Il faut persister pour qu'un jour ça puisse marcher.

Ces quatre derniers mois, on a pu voir que tu étais particulièrement en forme, et ce sur tous les terrains (indoor, piste, marathon). Comment expliques-tu cette réussite ?

Depuis le début de la saison, j'ai réussi à être en forme à tous les événements importants comme les France Indoor, le Trophée des 3 Pistes et la WIC de Rennes... Pour cela, je m'entraine sur ces différents types de terrains tout au long de la saison avec le Pôle France de Nantes. Je pense que pour réussir dans notre sport, il faut être performant sur tous les terrains et dans tous les domaines, que ce soit en vitesse (pointe de vitesse max) et en fond (par exemple les meilleurs marathoniens, on les retrouve aux avants postes des courses traditionnelles...). Je ne suis pas arrivé à maturité : j'ai encore beaucoup à apprendre ! En tout cas, cette année, je prends plus d'initiative, je tente tout pour faire la course et non la subir, ce que je n'osais pas faire depuis mon arrivée en Élite. Pourquoi ? Je ne sais pas... Peut-être par peur ou par manque de confiance en moi...

Si on ne devait retenir qu'un seul résultat, on choisirait sans doute ta deuxième place sur la WIC de Rennes : les spectateurs ont pu voir la puissance et la sérénité que tu dégageais à l'avant de la course !

Je me sentais très en jambe à Rennes : dire le contraire serait mentir. Cette course me tenait particulièrement à cœur puisque la télé était présente, ce qui permettait aux membres ma famille de me voir en direct. Donc j'avais l'envie de faire un résultat afin de ne pas les décevoir. Ce marathon restera une référence pour la suite de ma saison et pour plus tard. Celui-ci m'a prouvé que je pouvais prendre des initiatives, être acteur de la course et non spectateur. Maintenant j'espère que je vais continuer sur cette lancée et réussir de belles choses...

Même si des rendez-vous importants sont déjà passés, la saison s'annonce encore riche en événements. Lesquels vas-tu privilégier ?

Comme beaucoup de patineurs, le rêve est de devenir un jour champion du monde et de réaliser la meilleure carrière possible. Mais avant de pouvoir représenter notre pays aux championnats d'Europe et du monde, il faut obtenir sa sélection, et la concurrence est très rude. Les championnats de France route et piste font partie des critères de sélection, donc ces deux prochains événements seront évidements des objectifs importants cette saison pour lesquels je me prépare !

Pour revenir à Rennes sur Roulettes, en décrochant l'argent, tu te places pour le général de la French Inline Cup...

La French Inline Cup est un événement important pour le roller français, même si cette année est une saison difficile marquée par la disparition de certaines étapes. Mais les marathons restent les courses qui amènent le plus de patineurs, de spectateurs et même la télévision occasionnellement. A vrai dire, cette année, je n'avais pas comme objectif de gagner le général de la French Inline Cup. Mais vu comment s'est déroulée la première étape, j'espère que les suivantes se passeront aussi bien, voire mieux. Donc cela me semble possible, surtout que cette année, il n'y a que quatre étapes malheureusement...

Quel type de préparation envisages-tu pour préparer la suite ?

Je fais partie du Pôle France de Nantes donc, comme tout les athlètes du Pôle, nous avons tous plus ou moins la même préparation. Nous nous préparons pour les différents championnats internationaux afin de ramener des médailles à la France. Je suis fondeur, c'est pourquoi je travaille plus ma résistance et mon endurance. Je n'oublie pas, bien évidement, de travailler le sprint car dans le roller, pour gagner, il faut savoir aller vite, et même très vite ! La pointe de vitesse est un élément capital : nous en avons besoin tout le temps, ainsi que de la capacité à changer de rythme rapidement.

Au niveau international, la concurrence semble de plus en plus rude, entre les Américains, les Asiatiques et les autres nations européennes... Quels sont les points forts de la France dans ce contexte d'après toi ?

Il est de plus en plus dur de faire une médaille en championnat du monde car la concurrence est de plus en plus élevée. Et il y a de plus en plus d'athlètes possédant le niveau pour accrocher la médaille ou le titre au départ d'une course. Au dernier championnat du monde, l'équipe de France était très jeune, surtout chez les Elites hommes, avec une moyenne d'âge inférieure à 20 ans à cause du désistement des deux meilleurs Français pour diverses raisons que je respecte. Donc je pense que le point fort de notre pays est d'avoir un effectif jeune, avec peut-être parmi ces athlètes de futurs champion du monde, comme le furent leurs ainés qui sont des modèles et des exemples à suivre.

Tu fais partie du Pôle de Nantes depuis quelques années déjà : qu'est-ce que cette structure t'a apportée ?

Tout d'abord, le Pôle m'a permis de concilier mes études et le sport depuis ma rentrée en seconde, ce qui est encore le cas aujourd'hui en BTS. Nous avons des horaires aménagés afin de dégager du temps pour s'entraîner plus facilement. S'entrainer avec des patineurs de niveau international comme Yann Guyader, Thomas Boucher, Nicolas Pelloquin, Julien Despaux et bien d'autres est très motivant car il y a une bonne dynamique de groupe : cela nous permet de progresser. De plus, nous sommes encadrés par des entraîneurs renommés comme Chrystelle Bouchet et Arnaud Gicquel qui nous apportent leur expérience et nous donnent des conseils dans le but de progresser plus rapidement.

Pour voir plus loin, comment envisages-tu ta carrière dans les cinq ou six ans qui viennent ?

Je n'aime pas me projeter dans l'avenir et je vis au jour le jour : carpe diem comme on dit ! Mais comme tout athlète, j'ai un rêve, celui d'être un jour champion du monde. C'est pour cela que je m'entraîne, dans le but de le réaliser. Je ferai tout pour y arriver un jour, en espérant que cela puisse me sourire !

Et bien merci Ewen et tous tes supporters souhaitent que tu réalises ton rêve un jour prochain !

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Matter recrute Ewen Fernandez (2007)
Record du monde pour Ewen Fernandez (2009)
Site de la French Inline CupTexte : Vincent Esnault
Photos : droits réservés
Mis en ligne  le 06 May 2010 - Lu 3653 fois


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