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Le 08 March 2010 à 00:00 | mise à jour le 08 March 2010 à 10:26

GoldJM : entre Cabanac et Saint-Paul-Les-Dax (7/7)

GoldJM : entre Cabanac et Saint-Paul-Les-Dax (7/7)

7ème jour de mon aventure. Je m'élance entre Cabanac (33) et Saint-Paul-Les-Dax (40) avec terminus au lac de Christus. C'est reparti à nouveau, mais là, c'est pour la dernière étape, 7 heures, le septième jour, je poursuis mon aventure...

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Entre salé et sucré, je vais être obligé de m'arrêter plusieurs fois, tant ma malléole interne droite me donne du fil à retordre. Etant donné que c'est le dernier jour, je ne peux décemment pas lâcher l'affaire. Je roule en alternance sur de petites routes au gratton trépidant que je supporte de moins en moins, et sur des tronçons biens meilleurs où je lance la machine pour atteindre facilement les 25 km/h, ce qui me permet d'avaler de la distance.

Interminables landes

Les Landes : des lignes droites qui n'en finissent pas, sans voir âme qui vive, les Landes, c'est plat, mais c'est aussi vraiment long. Et, de voir cette désolation, des restes, de cette pseudo forêt, dévastée par les tempêtes successives, ça me navre. Je pense qu'il faudra 30 ans ou plus pour sa remise en état.
Je fais une pause pour boire, et parle avec une femme, qui rentre chez elle. Cette dame m'offre de l'eau, qui commence à manquer, et une pomme, depuis son pavillon. Cela fait plaisir de voir des personnes hospitalières. Après maints efforts, j'aperçois enfin la direction de Saint-Paul-Les-Dax marquée sur les panneaux indicateurs. Je pense à ce moment qu'il me reste 26 ou 28 km à couvrir... erreur fatale ! 45 serait plus juste en réalité. Mais comme, j'en ai déjà parcouru 105, depuis 7h ce matin, plein les bottes est l'expression, qui me vient à l'esprit. Pourtant d'habitude, 20 km de plus ou de moins, quelle importance ? Après plus de 700 km on comprend la relativité. A cet instant précis, 20 km qui ne sont rien en soi, deviennent une épreuve difficile physiquement et moralement.
Laissons ces mauvaises pensées au vestiaire, car maintenant la route est en pente douce comme si on avait incliné la carte de France spécialement pour moi à l'arrivée, merci la foule. Je suis partagé, entre un goût de douleur aux pieds, et une joie indescriptible, car je vois se profiler le bout du tunnel.
Le beau temps montre le bout de son museau, ça me réjouit. Dans le même temps les grattons et les trous dans la chaussée, qui s'intensifient me mettent le doute. Je passe Boos, Laluque, Buglose, mais où est Dax ? Plus je me rapproche, plus je trouve ça long.

Nuit

Saint-Vincent-de-Paul, il est 19 heures. Il fait désormais nuit noire, je stoppe pour mettre mes 3 lumières cataphotes clignotantes, deux sur les jambes et une dans mon casque (cadeaux de ma vahiné pour un anniversaire).
A 19h30, après avoir tâtonné, sur le bitume noir, les lumières de Saint-Paul-les-Dax, sont en vues, comme le serait le phare d'Alexandrie à un marin qui retrouve la cote après des heures dans la brume.

Enfin arrivé ! Ou presque...

Une joie incommensurable m'envahit, j'ai rempli mon contrat, et réussi mon challenge. 800 kilomètres en 7 jours et avec ses conditions météorologiques, je suis vraiment fier de moi.
Et bien, surprise ! Je ne peux traverser la quatre voies, tant ca roule intensément. Je vais finir par déchausser et marcher avec tout mon bardât, 4 kilomètres encore le long du rail de sécurité. J'aperçois un stade de foot éclairé. J'en profite pour prévenir maman de mon arrivée imminente. Elle me dit au téléphone : "je t'attends mon chéri, mais sois prudent", ce qui me parait être le plus judicieux des conseils.
Après cette ultime épreuve, j'arrive au Mail, le centre commercial, de la ville terminus. Des jeunes sont en discussion sur le parking, je leur demande ma direction (Le lac de Christus), en leur disant que j'arrive de Paris en roller. Ils doutent, mais moi, je m'en moque. Est-il besoin de convaincre ? Quand le GPS indique 1900 mètres de votre destination finale. Seul, vous savez ce que vous valez, et toute l'abnégation qu'il vous a fallu pour en arriver là. Je les laisse donc à leurs doutes. Rechaussant mes patins je me laisse guider par l'appareil avec la joie au ventre, mais les pieds en sang.
Ma mère qui m'attend, me guette depuis son balcon, quand elle m'aperçoit enfin, me dit "dépêche-toi, je vais te faire un bon repas". A la vue du sang sur mes chaussettes, elle est inquiète. Je la rassure. 3 jours plus tard je repatinerai. Finalement, avec de la crème, la douleur et l'oedème disparaitront sous 5 jours.

Epilogue

Après un raid pareil, je suis comme l'Oréal, si j'ai réussi, c'est parce que je le vaux bien ! (Rires). A tous et toutes, mesdames et messieurs les patineurs de Navarre ou d'ailleurs, gardez une lueur d'espoir pour vos vieux jours, car si moi, âgé de 55 ans et depuis mon mètre cinquante neuf, j'ai pu y parvenir, d'autres plus jeunes, tenteront d'autres raids et c'est tant mieux.

Moralité

Quand on veut, on peut car :
  • ni la neige
  • ni la pluie
  • ni la grêle
  • ni le vent
  • ni la douleur
N'ont réussi à me détourner de mon but ni à m'en dissuader, et on en ressort grandi ! Moi, Jean-Marc Goldenberg allias GOLD JM, je n'ai pas bougé de taille (Rires).

Remerciements

  • A ma femme qui me supporte, et ce n'est pas facile vu le mec que je suis
  • A ma mère qui m'a reçu et hébergé la semaine suivante (maman c'est pour toi)
  • A Baudouin Patinier : Oui, je sais, c'est dans la tête ! Mon ancien coach
  • A Alexandre Chartier, pour sa patience et son amour du roller
  • Et enfin à votre serviteur pour ce grain de folie.

Contacter JMGold

Tel : 06.63.20.44.73 ou goldjm@hotmail.fr

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Jean-Marc Goldenberg est un patineur spécialisé dans les longues distances. En 2007, il a remporté les 24 Heures du Mans roller en solitaire alors qu'il avait 52 ans. Il a débuté le roller à l'âge de 5 ans.Texte : Jean-Marc Goldenberg
Photos : Jean-Marc Goldenberg
Mis en ligne  le 08 March 2010 - Lu 2369 fois


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