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Le 04 March 2010 à 00:00 | mise à jour le 08 March 2010 à 10:27

GoldJM : Montmoreau / Cabanac-Et-Villagrains (6/7)

GoldJM : Montmoreau / Cabanac-Et-Villagrains (6/7)

6ème jour de Montmoreau (16) à Cabanac-Et-Villagrains (33). C'est reparti ! Après un petit déjeuner extra. Il va falloir faire attention, j'en suis déjà à 6 oeufs en 3 jours, les protéines, oui, le cholestérol et l'albumine, non...

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Ouf ! Enfin le relief, commence à se montrer plus clément. Cela me redonne du peps et le moral. Me disant, qu'il n'y a plus que 2 jours à tenir. Je roule super bien tout le matin. La pente est douce et j'ai bien parcouru 68 km quand j'arrive aux abords de Libourne, au niveau de Bordeaux.
Je me prends la tète, avec un automobiliste mal embouché (sur 10.000 voitures, il n'y a que dix mauvais coucheur, dont un plus que les autres). J'ai tiré le gros lot, bizarre, que j'en ai hérité, d'ordinaire je les évite. Bref, un spécimen ! Celui-là au diner de cons, il partait avec une bonne tête de vainqueur (rires) !

Quand dame nature s'en mêle

Je continue mon bonhomme de chemin en me re-décontractant, ce n'est pas ce charlot, qui va me faire échouer, ni me détourner de mon but initial. Super content de la distance couverte, je me laisse prendre par une certaine lassitude, qu'à cela ne tienne, dame nature va y remédier, et m'envoyer deux coups de semonce dont elle a le secret.
A 15 minutes d'intervalle, ce sera l'horreur avec une première giboulée de grêlons, d'environ un centimètre de diamètre. Elle sera suivi par une autre, dont les impacts de deux centimètres, m'obligeront à stopper et à mettre mes mains sur la tète par dessus mon casque pour me protéger.
La route est complètement blanche. Je suis obligé de sortir ma cape pour ne pas être délavé. Dans le même temps je quitte la route, par peur qu'un poids lourd, chargé de bois ne dérape et ne vienne me dire bonjour.
Après ce petit intermède, progressivement, la route s'assainit : les deux giboulées successives étaient localisées.

A la recherche d'un toit pour dormir

Le soir commence à tomber vers 17h30, on gagne 3 minutes de soleil par jour. Je demande au patron d'un camion pizza en stationnement, où je pourrais passer la nuit. Il me dit : "demande au bar à coté, moi je ne sais pas bien, eux ils sont d'ici".
Je rentre dans le bar à Roller et commande un Monaco, un tango panaché quoi. Le propriétaire et deux acolytes, qui fument dans ce lieu public, se moquent un peu de moi, en disant qu'en TGV ca aurait été plus vite. Je m'en serai pas douté tout seul. Vu le niveau des zozos, et ce qu'ils ont dû ingurgiter comme liquidités, je ne relève pas.
Le patron du bar me dit de retourner sur mes pas, que seulement à la ville nommée, La brède, je trouverai un asile pour la nuit, dans un nouvel hôtel récemment construit... mais ce, en me détournant de 7 km par rapport à mon road book. Je dis, "oui, oui".

Rebelote

Sur la route en sortant, je fais tout le contraire. Je prends la direction opposée, en leur jetant un : « dieu y pourvoira ».
Histoire de narguer un peu ces hurluberlus .Je roule encore une quinzaine de kilomètres. J'arrive à une petite ville, sur une place où est implanté un petit centre commercial. Je vois une belle femme brune, qui tient une fillette par la main. Je lui demande où je pourrais dormir vu que je viens de Paris à roller et que la nuit tombe. Elle me dit : "écoutez monsieur, vous faites demi -tour et à 150 mètres dans l'impasse, à votre droite, vous verrez une maison, en forme de soucoupe volante".
Je la remercie cordialement, et m'oriente vers ce lieu intriguant, précédemment cité. Un portillon équipé d'un œil électronique, veille sur cette demeure curieuse. Je sonne, un monsieur m'ouvre et me dit que dans son domespace, il ne fait que de la collocation au mois. Je lui exprime mes doutes et doléances, alors il me demande de patienter une minute sur le palier. De toute façon, je suis cuit, il n'y a plus âme qui vive dans un secteur de 20 km à la ronde et il fait désormais nuit noir. Ai-je été trop présomptueux ?
Il revient la minute écoulée, me sonde de la tête aux pieds et me lance un : "allez rentre, on va s'arranger..." et çà, en territoire hostile, cela vaux tout les bonheurs du monde.

Une nuit dans l'espace

Je monte les quatre marches de bois me tenant à la rampe, sur le palier intérieur, je déchausse, il m'annonce que pour 25 euros j'aurais le droit à un lit de camp, le repas du soir et le petit déjeuner. Il me propose également un bain en me disant qu'il sait qu'il va me faire plaisir... et c'est tellement vrai. Le dieu des patineurs m'aurait-il entendu ?
Il m'accompagne à l'étage, et allume la poire de douche, me confiant qu'un gadget, offert par sa fille et venant d'Angleterre fait que la douchette émet de la lumière grâce à des leds en fonction de la température de l'eau. Bleue pour l'eau froide puis en passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel jusqu'au rouge pour l'eau chaude. Une fois que mon bain est quasi plein, une coupure totale d'électricité nous plonge dans le noir. Moment magique où seule la poire de douche illumine l'eau du bain et la pièce.
Finalement, c'est bien une soucoupe volante, les petits hommes verts vont-ils apparaitre ? Non ce ne sera que sa femme, qui, de derrière la porte, me lance un : "le repas à 19 heures ! " et la lumière fut.
A l'heure précitée, et après mes soins, je rejoins les colocataires pour un repas vraiment excellent, avec gésiers, endives aux noix, fromage et dessert. Un top pour patineur en détresse.
La nuit sur le lit de camp, ne sera pas, malgré les 3 duvets, des plus confortables, mais cet accueil si chaleureux fait que je repartirai super bien. Un des colocataires m'a même préparé un vrai café avant de partir travailler.
Même s'il y a des abrutis sur la route, les personnes biens nous les font oublier. Je repars avec une note optimiste dans la tète. Le monsieur fait de l'ULM et prévois un Cabanac (Landes) au Mali (en Afrique). Respect à lui, qui a déjà fait deux tours du monde et 12.500 km en moto sur les routes des Etats-Unis. Cet homme est un dessinateur. Un de ses projets d'avion léger spécial a reçu un prix. Avant mon départ il me proposera à moi, comme à mon épouse, de voler en ULM avec lui, je ne dis pas non.

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Jean-Marc Goldenberg est un patineur spécialisé dans les longues distances. En 2007, il a remporté les 24 Heures du Mans roller en solitaire alors qu'il avait 52 ans. Il a débuté le roller à l'âge de 5 ans.Texte : Jean-Marc Goldenberg
Photos : Jean-Marc Goldenberg
Mis en ligne  le 04 March 2010 - Lu 1572 fois


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