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Le 04 July 2009 à 00:00 | mise à jour le 05 July 2009 à 18:08

Thierry Godbille, rider pour une bonne cause

Thierry Godbille, rider pour une bonne cause

Thierry Godbille : ce pratiquant occasionnel de roller a été très touché par une vidéo sur internet d'une jeune fille de 13 ans atteinte de neuro-fibromatose. Après avoir correspondu avec les parents il décide de réaliser une traversée de la France à roller pour sensibiliser l'opinion aux maladies orphelines. Nous l'avons rencontré à son arrivée à Tallard...

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Comment t'es venue cette idée d'un raid en 18 étapes reliant Amiens à Tallard ?

Je voulais réaliser une action permettant de mieux faire connaître la maladie de ma « princesse ». Avec Patrick et Claire à bord d'une voiture suiveuse nous avons préparé cette opération de janvier 2009 à mai 2009 pour un départ le 16 mai.

Avais tu déjà réalisé des raids sur quelques jours avant cela ?

Non, j'ai d'ailleurs beaucoup appris sur moi-même et la façon de gérer un effort sur des étapes pendant ces 18 jours. J'ai clarifié mes doutes et apaisé mes craintes, mais aussi éliminé le superflu.

Comment t'es tu préparé ?

De janvier à février j'ai mis en place un entraînement physique, à base de vélo elliptique, de step, de rameur pour augmenter mon endurance cardio-vasculaire ainsi que de la natation pour la récupération car ce programme a débuté par 12 h / semaine et s'est terminé en avril à 20 h / semaine

Ah oui quand même ! et tu avais une salle près de chez toi ?

Non, je me rendais à Lille à une heure de train de chez moi pour trouver l'infrastructure souhaitée. C'est durant cette période là que j'ai mis en place mes habitudes alimentaires : hydratation (Powerade) barres énergétiques (Ovomaltine), pâtes etc.

Quand as-tu commencé à rouler ?

Pendant la même période, au début avec mes patins fitness puis au mois de mars avec une paire de M100 que m'a fourni Templar (Fila France), sur un circuit de routes autour de chez moi. Le changement a été radical et appréciable car mes patins de fitness n'auraient pas du tout été adaptés à de longues distances.

Et tu roulais 20 h par semaine ?

Non, en fait je faisais des sorties entre 40 et 80 km selon mon temps libre, en privilégiant les sensations de glisse, le confort, le rythme, la position. Et j'ai gardé des heures de travail en salle pour l'endurance. J'ai privilégié l'entraînement qualitatif à roller.

De quelle manière avez-vous déterminé les étapes ?

Sur carte et en prenant les routes les plus évidentes pour des étapes reliant les villes que je voulais atteindre chaque jour. Je faisais 60 à 120 km / jour, mais en découvrant l'intensité de la circulation sur les nationales, nous avons du emprunter des routes parallèles. Malheureusement l'état de ces routes était mauvais notamment entre Limoges et Brives ou le goudron était littéralement défoncé et où il m'est arrivé de marcher en canard car c'était « inrollable ».

Comment organisais-tu tes journées ?

Tout d'abord manger et beaucoup car je me suis aperçu rapidement qu'il me fallait des pâtes le matin, les céréales étant insuffisantes,2 baguettes de pain à midi et encore des pâtes le soir : un régime Tour de France en fait. Puis le départ en ville, le plus désagréable, sur les trottoirs et les rues en mauvais état, au milieu de la circulation ; pas terrible comme échauffement !
Ensuite je m'efforçais de rouler à 20/22 km/h de moyenne sur les bonnes portions, sinon 15 à 20 km/h.
Au début, du coté d'Amiens, ce fut assez dur en raison des grands vallonnements propres à cette région (80% de côtes) du vent (souvent) de face et du revêtement caillouteux.
L'état des routes en France est terrible, j'ai dû emprunter 20% de bonnes routes sur mon parcours.
Ce qui a été le plus difficile c'est que je ne pouvais jamais savoir comment gérer mon rythme ne sachant pas ce qui m'attendais ; donc je ne forçais pas mon allure pour pouvoir assurer l'étape jusqu'au bout.

As-tu connu des problèmes techniques ?

A part un saut de tranchée qui m'a endolori une cheville, pas vraiment.
Par contre, mon accompagnateur m'a aidé à régler mes platines, chose que je n'avais pas pris en compte ; vu de derrière ils avaient constater que mes chevilles n'étaient pas droites et en rentrant les platines j'ai été immédiatement soulagé. Comme quoi j'ai pas mal de choses à apprendre encore sur le roller et ce raid m'a beaucoup aidé en terme d'expérience.

La logistique est donc prépondérante pour toi sur un raid ?

Pas seulement la logistique, mais surtout la complicité et l'amitié : Avec Patrick et Claire nous sommes très liés à présent et c'est un bonheur de plus qui c'est réalisé avec ce raid, en plus de la joie de ma princesse à l'arrivée.

Une semaine après où en es-tu dans ta tête et dans ton corps ?

Je reconnais être un peu déphasé, je ne garde pas trop de souvenirs de mon périple comme si je l'avais rêvé. Physiquement je me sens bien, d'ailleurs nous sommes à roller et c'est agréable de rouler avec toi dans la vallée de Tallard. J'ai une insensibilité des doigts de pied, mais rien de gênant.

Et l'an prochain ?

J'ai un projet plus important encore en distance : 2.000 km ; je ferais d'abord une reconnaissance à moto pour ne pas retomber dans des zones « pourries ».
Il faut faire connaître cette maladie et insister sur la communication encore et encore, il faut que les gens soient sensibilisés aux maladies orphelines qui touchent injustement des centaines d'enfants chaque année.

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Informations sur les neurofibromatosesTexte : Thierry Feutrier
Photos : droits réservés
Mis en ligne  le 04 July 2009 - Lu 2711 fois


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