-
Le 11 December 2015 à 08:59 | mise à jour le 11 January 2017 à 19:14

Le roller : véritable moyen de déplacement

Le roller : véritable moyen de déplacement

A l'heure où la toute puissante automobile trouve ses limites dans les centre-villes engorgés, les moyens de déplacement dit "doux" ou "alternatifs", se taillent une place croissante dans les solutions de mobilité urbaine. Le roller, au même titre que le vélo, le skateboard ou la trottinette, trouve sa place dans cette logique...

Mis en ligne par  Alexandre CHARTIER

Article de 2009 mis à jour en 2015

Un déclencheur : les grèves de 1995

S'aventurer à écrire un article sur le roller en tant que moyen de déplacement sur rollerenligne.com, c'est un peu comme prêcher dans sa propre paroisse.

En effet, la population des patineurs a depuis longtemps intégré le fait que le roller constitue un moyen de déplacement à part entière. C'est son essence même, son ADN. Espérons donc que cet article sera lu par d'autres personnes que par les passionnés de la roulettes. Espérons aussi qu'il permettra d'envisager le roller comme une alternative supplémentaire et crédible au tout pétrole dans les trajets quotidiens.

Nous allons donc commencer par rappeler l'ensemble des points qui permettent de militer pour le roller en tant que véritable moyen de déplacement avant de nous pencher sur les contraintes liées à cette pratique.

La légende veut que l'utilisation du roller ait explosé en France à l'occasion des grèves de 1995. La plupart des moyens de transports étant paralysés, les travailleurs se sont rabattus sur le vélo, la marche à pied et dans une mesure toute relative vers le roller.

Les avantages

La majorité des grandes agglomérations s'équipe progressivement d'immenses parcs de vélos mis à disposition du grand public (type Vélib' à Paris, V'Cub à Bordeaux).
Le réseau de pistes cyclables voit sa densité augmenter progressivement, hormis dans certaines municipalités où la petite reine recule pour de sombres raisons politiques (heureusement, ce cas reste minoritaire).

Le roller possède de nombreux points communs avec le vélo, comme l'utilisation des pistes cyclables. Il présente aussi quelques différences qu'il est bon de rappeler ou de mettre en lumière.

Le faible encombrement

Randonnée roller du vendredi soir à Montpellier

Une paire de roller pèse environ 3 kg et ne prend quasiment pas de place, elle est donc facilement transportable et on peut la stocker facilement. Cela correspond à la même masse qu'un ordinateur portable de taille moyenne.

Si l'on compare l'encombrement d'une paire de roller avec celui d'un vélo, on constate rapidement le gain de place dans le placard ! Il n'est pas nécessaire d'avoir un emplacement pour l'entreposer en arrivant au travail ou chez soi. Ils prennent à peine plus de place qu'une paire de chaussure. On peut donc les emmener à peu près partout, même dans les ascenseurs où les vélos ont parfois du mal à rentrer.

Pas de vol

Pas non plus besoin d'un cadenas pour les attacher à un poteau dans la rue et aucun risque de revenir avec seulement sa roue avant et son cadenas ! Ils rentrent dans un casier au travail ou savent se faire discret dans un coin du bureau.

La maniabilité

Pour peu que votre niveau technique soit suffisamment bon, les rollers offrent une grande souplesse d'utilisation. On passe en un clin d'oeil du trottoir à la piste cyclable ou à la route (avec prudence ! ). Du coup, on circule en toute fluidité au coeur des villes, sans grande rupture de rythme.
En théorie, les vélos ne sont pas autorisés à utiliser les trottoirs (ce qui n'empêche pas de les y trouver régulièrement ! ) et les rollers y sont tolérés, tout comme sur les pistes cyclables. Sachez qu'en cas d'accident entre un vélo et un roller sur une piste cyclable, le vélo est dans son droit. vous n'êtes pas chez vous ! Respectez donc la circulation des cyclistes et la législation qui s'applique roller.

Les encombrements qui bloquent les voitures sont un détail : un camion est en pleine livraison en double file au milieu de la rue ? Qu'importe ! On passe sur le côté et le tour est joué. On arrive dans une zone piétonne où la circulation des véhicules est limitée ? Qu'à cela ne tienne, le roller y passe aisément, se faufilant entre les passants (à vitesse modérée bien évidemment).

Quand un obstacle se présente, la maniabilité des rollers permet des évitements plus rapides et plus efficaces pour peu que l'on ait un niveau de patinage correct. Quoiqu'il en soit, la prudence, le respect du code de la route, des autres usagers et l'anticipation s'imposent toujours !

La rapidité

Un patineur pratiquant régulièrement peut aisément se déplacer à la vitesse d'un cycliste (entre 15 et 30 km/h, voire plus). Les temps de transport entre la maison et le travail sont donc quasi-équivalents à ceux du vélo et souvent meilleurs que ceux de la voiture dans les grandes villes. La maniabilité du roller permet souvent de gagner un peu de temps. Et puis, quoi de plus marrant que de mettre une pilule à un vélo avant d'embaucher ?

La dimension ludique

Etre acteur de son déplacement, c'est quand même plus agréable que d'être passif derrière son volant à ruminer dans les bouchons ! Un parcours entre deux points peut s'avérer amusant : on slalome entre des poteaux, on monte et on descend des trottoirs, on passe des bosses, on voit les automobilistes rager dans la file de voiture embouteillée alors que l'on file nonchalamment vers son objectif...

Les bienfaits pour la santé

Hormis quelques chutes inévitables, le roller est une activité excellente pour votre condition physique, elle améliore vos capacités cardio-respiratoires, renforce votre ceinture lombaire, améliore votre équilibre. Nous avons consacré un article complet sur ce sujet, n'hésitez pas à aller le consulter.

La dimension écologique

Peu polluant, silencieux, le roller offre de sérieux atouts au plan écologique. Il permet un déplacement souple avec un très faible impact sur l'environnement. Les rejets se limitent à ceux émis lors de sa production, à un peu d'huile qui file des roulements et à l'usure de la "gomme" des roues sur la chaussée.

Le roller : un maillon de l'intermodalité

Roller et Tramway à Montpellier

La notion d'intermodalité, vous connaissez ? Il s'agit en fait de combiner plusieurs moyens de transports pour se rendre d'un point à un autre rapidement et efficacement.

On le sait, les déplacements dans de nombreuses agglomérations, notamment en région parisienne sont fastidieux, en particulier de banlieue à banlieue. On peut donc utiliser différents moyens de transports pour se rendre dans un lieu donné : partir de banlieue en RER ou en voiture, atteindre la périphérie de la ville, chausser les rollers pour atteindre un quartier mal desservi.

En comparaison, le roller est souvent aussi rapide que le métro ou le tramway.

Les limites


Maintenant que l'on vous a peint un magnifique tableau des avantages du roller comme moyen de déplacement, nous allons pouvoir nuancer notre propos. Que cela ne vous décourage pas pour autant de chausser les roulettes !

Le niveau de maîtrise nécessaire au déplacement

Le premier facteur limitant reste pour beaucoup de patineur reste leur aisance en patin : pratiquer dans une salle avec un sol lisse, sans aléa, avec un moniteur à côté dans un environnement stable, cela n'a rien à voir avec la jungle urbaine !

Les trottoirs, les pavés, les bandes anti-dérapantes, les plaques d'égoûts, les flaques d'eau, d'hydrocarbure, les passants, les laisses de toutous, les autres usagers sont autant d'obstacles potentiels qui se dressent devant vous.

Il convient donc de s'initier à quelques techniques de patinage pour que ces ces gênes (toutes relatives) deviennent banales et se transforment en jeu.
Une fois les rollers maîtrisés, patiner en ville est un réel plaisir. L'environnement urbain reste le terrain de jeu privilégié des patineurs.

Les variations climatiques

Le roller, au même titre que la moto ou le vélo, reste soumis aux conditions climatiques. Il est tout à fait possible de patiner par temps de pluie, simplement, l'exercice peut s'avérer périlleux si l'on adapte pas sa technique de patinage et son équipement.

Le sol rendu glissant nécessite une adaptation de votre patinage : des foulées plus courtes, moins amples et moins puissante, une position plus fléchie. Il vous faudra aussi énormément de temps et de patience en rentrant à la maison pour nettoyer et entretenir le matériel si vous n'êtes pas équipé de roulements anti-rouille.

L'hygiène

Fier comme Artaban sur vos roulettes, vous arrivez en vainqueur au bureau. Vous avez esquivé le chihuahua vengeur et sa traitresse de laisse télescopique, frôlé la vicieuse borne en bois au milieu de la piste, évité de peu la bouche de gaz au couvercle volé sur la chaussée, filé à la façon d'un lémurien nonchalant sur roulettes à travers la ville, vous êtes joué de tous les pièges... et vous êtes en sueur, puant des aisselles !

Si votre entreprise est équipée d'une douche, pas de problème. Sinon, votre patron risque de regarder vos auréoles sous les bras avec un oeil suspicieux.

Le dilemme est là. On veut se déplacer en réduisant son impact sur l'environnement et en prenant soin de sa santé mais rares sont les sociétés qui sont équipées d'une douche pour leur salariés. Au regard du nombre croissant de personnes qui vont travailler autrement qu'en voiture, la chose finira peut être par s'imposer.

En attendant, prévoyez un jeu de vêtements de rechange dans votre sac et au bureau.

Le manque d'infrastructure adaptées

Si le roller trouve parfaitement sa place comme moyen de transport intra ou péri-urbain, qu'en est-il en milieu rural ?

Voie verte d'Evreux

Aux revêtements non adaptés des routes de campagne, s'ajoute aussi le manque de pistes cyclables permettant de circuler en toute sécurité. Il faut donc se contenter des départementales les moins fréquentées. Pour votre sécurité, n'oubliez pas d'être visible en hiver ou en soirée !

La capacité de transport de marchandise

Une paire de rollers peut vous emmener sans problème au supermarché mais vous n'aurez sans doute pas le droit d'y rentrer juché sur vos roulettes.

Si le patin ne nécessite pas de place pour se garer, la capacité de stockage est limitée quand il s'agit d'y transvaser un caddie plein à ras-bord des courses hebdomadaires. Vous pouvez toujours utiliser un cabas à roulettes que vous pourrez trainer derrière vous... à moins de pousser le caddie jusqu'à chez soi et de le ramener au magasin ?

Un statut qui reste à améliorer / définir ?

Voilà quelques années, plusieurs personnes qui utilisaient leurs patins pour se déplacer ont eu la mauvaise surprise d'être verbalisées par les autorités, en vertu d'un article de loi de 1876 qui interdit les jeux sur la voie publique.

Heureusement, après procédure en justice, la plupart de ces procès-verbaux ont été annulés et la jurisprudence a joué. Toujours est-il que le statut reste en suspens. En attendant, le fait d'être assimilé à un piéton laisse quelques libertés...

Quelques conseils

Pour que le roller trouve sa place parmi les autres moyens de déplacement, un minimum de courtoisie et de savoir-vivre doivent s'installer.

Respecter le code de la route et les autres usagers

Les rollers ne sont pas des barbares, contrairement à l'image que certaines municipalités s'entêtent à communiquer. Prouvons-leur que le roller est avant tout un citoyen !

Les rollers ne sont que tolérés, où qu'ils soient :

  • Sur les trottoirs, roulez au pas en surveillant toujours les réactions des piétons.
  • Sur les pistes cyclables, les vélos sont prioritaires.
  • Sur les voies vertes, tous les usagers ont les mêmes droits. La cohabitation ne peut se faire que si chacun respectent les règles communes.
  •  De nuit ou en zone sombre, portez un équipement réfléchissant ou lumineux pour être vus. C'est d'ailleurs obligatoire dans certains pays.
  • Sur la route, Les voitures restent les reines du bitume. Tout comme les cyclistes, les rollers ne pèsent pas lourds face aux armures d'acier, même s'ils ne sont pas en tort. Inutile de jouer les gros bras, jetez toujours un oeil derrière vous et serrez quand une voiture passe, quitte à arrêter de patiner. Votre mouvement est ample et peut surprendre l'automobiliste.
  • Ne circulez pas face à la circulation comme un piéton, même si le code de la route le demande, cela fait peur aux conducteurs qui ne s'attendent pas du tout à vous voir là.

La courtoisie n'a jamais fait de mal à personne

Saluez les autres usagers, remerciez-les s'ils font l'effort de vous laisser passer, anticipez les croisements en choisissant rapidement votre sens de circulation, ralentissez aux abords des virages sans visibilité, des croisements, ou en passant à côté des piétons qui peuvent être surpris par votre vitesse.
Inutile de rappeler aux gens qui laissent leur chien et leurs enfants sans surveillance qu'ils ne sont pas respectueux des autres personnes ou qu'ils mettent en danger leur descendance, dans ces cas là, quoi que vous disiez, la personne en face trouvera toujours une excuse pour vous incendier, vous le grand méchant roller...

"Et je plierai comme un roseau dans le vent" ...ZEN !

Bonne route !

Liens utiles

Texte : Alfathor
Photos : Alfathor, Roller91
et droits réservés
Mis en ligne  le 11 December 2015 - Lu 19729 fois

Mis en ligne par :
Fondateur et webmaster de rollerenligne.com. Alexandre est un passionné de roller en général et sous tous ses aspects : histoire, économie, sociologie, évolution technologique... Ne le branchez pas sur ces sujets sans avoir une aspirine à portée de main !

Site web Google+ facebook Twitter


Envie de nous rejoindre ? Contactez-nous !

PUB